Les affres de la gestion du réveil-matin

novembre 21, 2009 par Déréglé temporel

Je hais ce petit objet méprisable. Sa nature profonde est d’être à la fois agressant et inefficace. Et depuis que j’ai des horaires souples, c’est encore pire. Parce que je ne l’utilise qu’occasionnellement.

Alors quoi? On a inventé le buzzer, pour qu’on sursaute. Le but c’est d’avoir un bruit violent et agressant pour être bien réveillé, et de très mauvaise humeur. Le buzzer massacre à tous les jours l’ambiance de centaines d’autobus qui convoient des néo-réveillés stressés prêts à mordre la première alerte.

Sinon, y’a toujours la musique. Ah, non, pardon, la radio, ce n’est pas tout à fait pareil. Passons sur ces gens qui dorment malgré la musique, ce n’est pas mon cas. Passons sur le fait que la plupart des radios-réveil ont un son exécrable. Mais, déjà, quand en lieu et place de musique, on se fait réveiller par un commentateur qui fait un bilan des violations des droits de l’enfance partout sur la planète, y’a comme quelque chose là-dedans qui ne donne pas envie de se lever. Mais là n’est pas la question. Même si c’est de la musique… elle a quelque chose le matin qui donne envie de briser quelque chose. Au fait, l’ironie est déconseillée aux radios qui ont l’ingrate tâche de me réveiller: la partie du cerveau qui gère l’humour n’est pas la première à s’éveiller.

Et puis il y a le snooze. 9 minutes de paix entre deux vacarmes. C’EST UN PIÈGE. Pas seulement parce que, buzzer ou pas, on prend rapidement l’habitude de “snoozer” 11 fois avant de se lever. Mais parce que la radio a beau être insupportable quand elle est constante, elle est pire quand elle est irrégulière. À chaque fois, ça fesse un peu plus. C’est la même différence que d’avoir -20ºC pendant un mois complet et avoir -5ºC un jour, -20ºC deux jour, en alternance pendant un mois. Pas le temps de s’habituer, chaque journée froide tape à plein. Ben la radio, au réveil, c’est pareil. La première fois on veut frapper la radio, la deuxième fois on veut la broyer, la troisième on veut l’anéantir, la quatrième on veut réduire en miette le meuble sur laquelle elle repose, la cinquième on pense sérieusement envoyer des lettres de menace au constructeur, etc… alors à la onzième fois, imaginez… bonjour l’ambiance dans les autobus qui rassemblent des dizaines de psychopathes en puissance…

Pour éviter le snooze, vieux truc: placer le radio-réveil loin du lit. Pour s’obliger à se lever pour l’éteindre. Je l’ai fait. J’ai constaté à quel point je sous-estimais la capacité d’un corps en état de semi-réveil à faire mécaniquement un trajet complexe en boucle, du lit au lit en passant par le snooze. Aussi mécanique qu’un simple mouvement de bras, y’a aucune différence. C’est absolument fascinant à observer, mais le sujet n’est pas en condition pour observer le phénomène…

À défaut de pouvoir réveiller sans rendre grincheux, reste une mince possibilité de s’en servir pour se réveiller à temps. Fonction pas aussi évidente qu’il n’y paraît. Deux solutions: 1) conjuguer l’usage du réveil-matin et de la volonté… mauvaise solution: encore faudrait-il se convaincre que se lever est vraiment une priorité, sans quoi une volonté de fer ne permettra jamais que l’exploit de dormir malgré le plus criard des buzzers; 2) se mentir à soi-même. Modifier l’heure du radio-réveil et se convaincre qu’on ne l’a jamais fait… prendre compte du changement d’heure au printemps, mais pas en automne. Tout pour qu’à la dernière minute, on se lève à la course… au moins une heure d’avance.

Les pommes et les oranges

novembre 20, 2009 par Déréglé temporel

J’ai eu un flash-back de ma première année au primaire aujourd’hui.

On apprenait à compter. Ma prof Florence nous apprenait un principe de base: on ne peut pas additionner des pommes et des oranges. Je ne sais plus comment elle formulait la chose, mais je me souviens de l’essence de l’explication.

Reformulons:

5 pommes + 3 oranges = 8 pommes – l’affirmation est fausse, il n’y a pas 8 pommes, évidemment.

5 pommes + 3 oranges = 8 oranges – l’affirmation est fausse, il n’y a pas 8 oranges non plus.

Donc on avait appris qu’on ne peut pas additionner des pommes et des oranges.

Je me souviens que je n’étais pas d’accord avec elle. Pour moi, il ne faisait aucun doute qu’on pouvait additionner des pommes et des oranges:

5 pommes + 3 oranges = 8 fruits – l’affirmation est vraie. CQFD.

Déjà à l’époque, j’étais chiant…

Le syndrôme de Cassandre

novembre 18, 2009 par Déréglé temporel

Dans la mythologie grecque, Cassandre était une princesse troyenne qui avait reçu le don de prophétie, et la malédiction de ne jamais être crue. Curieusement, aujourd’hui nous appelons des “cassandres” les prophètes de malheur, dans le but de les ridiculiser et de les décrédibiliser, oubliant que, dans la mythologie, toutes les prédictions de Cassandre se sont réalisées et que les Troyens auraient été bien inspirés d’y prêter attention. Cassandre me paraît donc être une bien meilleure analogie pour les intellectuels incapables de vulgariser leurs connaissances, enfermés par conséquent dans la solitude du savoir.

C’est bien à cela que j’ai pensé lorsque je suis tombé sur cet extrait du livre “Why Some Ideas Survive and Other Die”, qui traite du “Curse of Knowledge”: la malédiction du savoir, dit l’auteur, est que, dès lors qu’on sait, il devient difficile d’imaginer qu’on puisse ne pas savoir. D’après l’auteur, c’est ce qui fait que, dramatiquement, les gens les plus susceptibles d’émettre de grandes idées sont aussi les moins capables de les communiquer clairement.

Je me suis interrogé en lisant ces lignes sur mes propres expériences en la matière. Je me suis demandé ce que je comprenais bien, et ce que j’expliquais bien. Et je m’aperçois que je n’arrive pas à faire de corrélation entre les deux. Je me souviens avoir expliqué une fois un livre que je comprenais mal, et l’avoir compris moi-même au fil de l’explication; pire, je me souviens même avoir expliqué une théorie linguistique que je ne comprenais pas à une fille qui la comprenait encore moins que moi, et qu’à la fin, mon interlocutrice la comprenait, et moi toujours pas (d’ailleurs, j’ai coulé l’examen, et pas elle). Il semblerait donc, bien que ça défie toute logique, qu’il soit possible d’expliquer clairement des choses qu’on ne comprend pas. Ça ne marche pas tout le temps, bien sûr. Il y a pas mal de fois où j’aurais mieux fait de gober une pilule d’humilité et de fermer ma gueule; ça, au moins, c’est logique.

A contrario, il y a un certain nombre de chose que je pense comprendre, mais que j’explique mal. Et cela, bien que (nouveau paradoxe) j’ai tendance à penser que quand on est incapable d’expliquer simplement quelque chose, c’est qu’on ne le maîtrise pas tout à fait. Mais il y a aussi des choses que j’estime bien connaître, et que j’estime aussi bien expliquer. Et je me base là-dessus sur des feeds-backs positifs que j’ai reçus par le passé.

À bien y penser, ce que j’explique le mieux, c’est peut-être les choses dont je me souviens comment et pourquoi je les ai apprises. Je suis alors à même d’emprunter à d’autres leurs meilleures explications, celles qui ont eu cette force d’apprendre au moins une fois quelque chose à un ignorant (moi). Je suis aussi alors à même de les reformuler de différentes manières, augmentant mes chances de toucher au but. Mais c’est beaucoup plus difficile si je n’ai pas ce genre de point de départ. Les connaissances qui me sont les plus difficiles à expliquer sont sans doute celles que j’ai acquises sans m’en rendre compte. C’est d’ailleurs presque toujours là-dessus que je me fais coincer sur un “je ne comprends pas” ou un “ce n’est pas clair”: quand je pense avoir dit une évidence.

Drôle de relation, donc, compliquée, entre connaissance et communication. Comment concilier les deux? C’est un sujet super important, je trouve. La vulgarisation et la pédagogie sont ce qui fait le lien entre les chercheurs et la population, on pourrait dire que c’est par eux que l’intellectuel devient utile.

L’humaine condition

novembre 17, 2009 par Déréglé temporel

J’ai retrouvé un lien récemment, totalement par hasard. Et il se trouve que j’en avais parlé récemment sur la Kaverne. Après Scrat l’écureuil préhistorique de Ice Age et le Coyote de Road Runner, bien que moins connus, les Nestor et Polux (les deux premiers albums sont en ligne) de la bande dessinée sont à placer au panthéon des personnages représentant la condition humaine. Ils se nourrissent exclusivement de yaourt, adorent la saveur à la framboise, mais doivent, ô malheur, prendre du yaourt au pruneau une fois sur deux. Les premières planches ne sont pas terribles, mais elles servent à mettre en place les runnings gags nécessaire à la suite. Amusez-vous bien.

Bien entendu, dans ce panthéon, il faut aussi faire une place à Charlot, cet homme à la recherche du bonheur, même si pour cela il doit… travailler! Il n’a pas pris une ride depuis sa création.

Parcours de battante

novembre 16, 2009 par Déréglé temporel

Il m’arrive assez souvent de finir des livres aux petites heures du matin, après une nuit de lecture. Un bon roman, trop peu de pages restantes pour vouloir poser le livre en se disant qu’on le remettra à demain, trop de pages restantes en revanche pour le finir à une heure raisonnable. C’est en gros ce qui est arrivé cette nuit quand j’ai achevé le troisième tome de Millenium. J’ai parlé du premier ici, et je n’ai pas parlé du deuxième parce que les tomes 2 et 3 ne constituent pas des lectures indépendantes. Quand on lit le deuxième, il faut lire ensuite le troisième.

Encore une fois, c’est très bon, quoi que dans un style différent du premier tome. Ce dernier ressemblait à un polar traditionnel, suivant, donc, une enquête où on cherche à résoudre une énigme, avec un argument inhabituel, c’est-à-dire que l’énigme à résoudre se situait loin dans le passé d’une riche dynastie industrielle suédoise. D’une manière logique, on avait exclusivement le point de vue des enquêteurs, pour préserver le mystère. Dans le deuxième tome, on demeure dans le polar, avec un argument plus habituel (une enquête sur un double meurtre), mais on suit plusieurs enquêtes en parallèle: celle de la police, celle de Millenium, celle d’un groupe de sécurité, celle de Lisbeth Salander, ce qui amène une multiplication des points de vues. Le troisième tome achève une transition du polar d’enquête à ce qui s’apparente plutôt à un thriller d’espionnage et, suivant les règles de ce dernier genre, on a droit, finalement au point de vue antagoniste. Pour les lecteurs, la préférence d’un tome sur un autre dépendra donc beaucoup du genre qu’ils préfèrent. Mais chacun dans son genre est très efficace.

À partir du deuxième tome, Millenium s’affirme résolument comme étant l’histoire de Lisbeth Salander. Elle est au centre de toutes les intrigues, ces dernières révèlent son histoire et approfondissent ses motivations. Les principales préoccupations de l’auteur sont à nouveau fouillées: le journalisme et, surtout, la violence faite aux femmes. Il se réserve d’ailleurs quelques intrigues secondaires qui n’étaient pas nécessaire à l’histoire pour pouvoir approfondir ces thèmes, mais comme ce sont des histoires efficaces en elles-mêmes, on s’en réjouit. On sent également à travers son histoire sa préoccupation constante de ne pas faire des femmes des victimes. Cela se sent à travers non seulement Lisbeth, mais plusieurs personnages secondaires et, dans le troisième tome, par une introduction à chaque partie sous la forme d’une page sur les femmes guerrières dans l’histoire (pages très intéressantes, mais à prendre avec des pincettes… je projette un autre billet éventuellement pour examiner le thème). Pas étonnant que les féministes aient encensé la série. Du reste, elle le mérite, car l’engagement de Stieg Larsson ne tombe jamais dans la niaiserie politiquement correcte, et n’occulte jamais le plus important: l’histoire.

À ce titre, les tomes 2 et 3 ont les mêmes forces que le premier: une écriture efficace (qui n’évite pas à l’occasion une ou deux longueurs), des personnages bien campés et généralement attachants, une intrigue bien ficelée, pas toujours vraisemblable, mais suffisamment pour satisfaire la plupart des lecteurs. Les qualités sont largement suffisantes pour faire pardonner les défauts.

De la bonne qualité, donc. Mais je ne dirais pas que “quand on a lu Millenium, on ne sait plus quoi lire après”, c’est très largement exagéré. Je sais très exactement ce que je vais lire après: La Faim de la Terre.

Tousser et exterminer l’humanité

novembre 14, 2009 par Déréglé temporel

L’actualité, en ce moment, donne très envie de jouer à Pandemic, jeu flash très populaire où on joue une maladie (qui peut être causée par un virus, une bactérie ou un parasite) avec pour objectif d’exterminer l’humanité. Le jeu est assez sympathique dans son genre. Le joueur a devant les yeux une carte du monde, avec notamment les frontières, les aéroports et les ports qui servent à suivre la propagation de la contagion. Du moins on peut s’amuser à essayer de repérer les premières étapes, puis on peut observer quand il n’est plus possible de propager sa maladie dans de nouveaux pays (parce que tous les pays non infectés ont fermé les frontières, les aéroports et les ports).

Le joueur ne contrôle qu’une seule chose: les mutations de la maladie, qui lui permet de contrôler sa résistance aux diverses formes de climat ou aux médicaments, sa capacité à se transmettre par les insectes, l’eau ou l’air, et ses effets. Ces derniers se traduisent par trois traits: lethality, infectivity et visibility. La stratégie de base (on m’a dit qu’il y a des subtilités, mais je ne les ai pas encore trouvé) consiste à réduire le plus possible la visibilité et la létalité de la maladie en début de partie et à augmenter le plus possible son “infectivité”, histoire de contaminer le plus possible de pays avant que la communauté internationale ne prenne de mesures, et à augmenter la létalité en fin de partie pour achever le boulot. Une fois les principaux choix faits, il ne reste qu’à contempler le désastre, tout sourire, en imaginant avec sadisme les terribles effets de sa maladie massacrer tout le monde. On suit le tout grâce aux nouvelles qui défilent et aux matrices épidémiologiques (vivants, sains, infectés, morts) de chaque pays. On perd la partie quand plus personne n’est infecté par la maladie.

Je n’ai jamais gagné, n’ayant jamais réussi à infecter l’île de Madagascar, dont le port, unique point d’accès, assez peu fréquenté d’ailleurs, se ferme toujours avant qu’un bateau contaminé n’y arrive.

Brève constatation du jour

novembre 12, 2009 par Déréglé temporel

Une heure et demi d’exercices de fast lindy, ça met la langue à terre.

Science, religion, E-T

novembre 10, 2009 par Déréglé temporel

Non, ce billet ne parle pas des raëliens. Il parle plutôt du film Contact avec Jodie Foster, que j’ai pu écouter pour la première fois hier à canal Z. Je voulais l’écouter surtout par curiosité, une de mes correspondante ne jurant que par ce film. Mes attentes étaient moyennes. Je me souvenais qu’il avait déçu à sa sortie. Finalement, je lui donne une note positive. L’écouter en 2009 lui donne probablement une lecture différente que le faire à sa sortie en 1997, puisque son thème principal est désormais beaucoup plus d’actualité: les relations entre science et religion. Mais s’il avait été fait aujourd’hui, il y a fort à parier que le traitement aurait été moins nuancé. La petite analyse qui suit révèle l’intrigue (faut-il encore servir ce genre d’avertissements 11 ans après la sortie du film? bon, je ne prends pas de chances).

Contact est de ce type de science-fiction qui paraît ennuyants aux amateurs exclusifs de Space-Opera à la Star War parce que l’action est lente et sert surtout à aborder des thèmes philosophiques ou des enjeux de société. C’est un assez long film, presque trois heures, qui peut se diviser en trois partie et un interlude, chaque partie abordant un thème spécifique.

Dans la première partie, on découvre une jeune et brillante scientifique qui “sacrifie” une carrière prometteuse pour travailler sur le programme SETI, la recherche d’intelligences extra-terrestres. Elle rencontre une espèce de théologien engagé (mais laïc et sans voeu de célibat) qui critique la “déification” de la technologie. À ce stade, le sujet traité est surtout le problème de la recherche fondamentale, sans gratification immédiate ni promesse de progrès dans un horizon raisonnablement proche. Elle rencontre des difficultés de financement, des bureaucrates qui lui mettent des bâtons dans les roues, parfois même pour “l’aider” (en l’incitant à employer son potentiel à une carrière plus productive). Dans cette partie, donc, la scientifique désintéressée et le religieux altruiste se rejoignent sans grandes difficultés, unis dans une quête de vérité sans compromis.

La deuxième partie commence au moment où Jodie capte un signal venu de l’espace. La dynamique change, le rythme devient un peu plus nerveux. Il faut décoder le message, certes, mais aussi prendre des décisions sur ce qu’on va en faire. La nouvelle s’étant répandue trop vite pour être étouffée, le propos de cette partie est beaucoup plus sociologique. On parle un peu de la paranoïa sécuritaire, de la politisation des enjeux… mais surtout de la religion. L’annonce des chercheurs fait bondir les religieux, bouleversés dans leurs fragiles certitudes. Quand vient le moment de choisir un ambassadeur pour représenter la Terre auprès des extraterrestres en passant dans un genre de super module intestellaire, notre scientifique se fait recaler au moment où son ex-copain religieux (sur le comité de sélection) lui pose la question qui tue: croyez-vous en Dieu. Incapable d’esquiver la question, trop honnête pour dire oui, elle est éliminée de la sélection sous prétexte que pour représenter une planète où quelque 95% des habitants ont une forme ou une autre de croyance religieuse, on ne peut pas choisir une athée. Accessoirement, ça lui sauve la vie, puisque cette deuxième partie se termine sur l’attentat à la bombe d’un fanatique chrétien (aujourd’hui on aurait choisi un fanatique musulman) contre l’engin spatial. Ici, donc, opposition du scientifique et du religieux, sur la base du système de pensée, de la méthode, des certitudes.

Interlude: on apprend que les gouvernements, prévoyants, ont eut la bonne idée de se mettre un petit trilliard de côté pour construire une autre machine spatiale (au cas où, des fois…). Jodie, cette fois, est sélectionnée. Elle se réconcilie avec son copain religieux, puis embarque dans la machine. S’ensuit une grande suite de clichés: elle est catapultée à l’autre bout de l’univers à travers un tunnel qui ressemble à ceux de Stargate, rencontre un E-T qui a prit l’apparence de son père pour lui faciliter la vie, bavarde un peu avec Daddy-E-T, se fait dire (cliché puissance 10) “vous êtes une espèce intéressante: vos-rêves-y-sont-beaux-pis-vos-cauchemars-y-sont-pas-beau”, puis est renvoyée chez elle. C’est relativement court et il n’y a pas vraiment de thème porteur, c’est pour ça que je dis que c’est un interlude. Tout l’intérêt est plutôt de préparer la suite.

Troisième partie: rentrée chez elle, elle apprend que son voyage n’a duré qu’une fraction de seconde, que sa caméra n’a enregistré que des parasites et que personne ne pense qu’elle soit réellement partie. Son récit est pris pour une hallucination. Son hypothèse d’une distorsion spatio-temporelle expliquant que 18 heures pour elle ait pu paraître une fraction de seconde pour les autres est balayée de la main et ridiculisée. Devant une commission d’enquête, elle se retrouve avec un récit sans argument et sans preuve, et se heurte à l’incrédulité des juges. Elle voit retournés contre elle tous les arguments qu’elle a avancé contre Dieu dans la deuxième partie (notamment le rasoir d’Ockham). Au pied du mur, elle reconnaît qu’ils n’ont aucune raison de la croire, mais refuse de se rétracter, arguant de la valeur que l’expérience a eu pour elle. Elle se retrouve, en pratique, dans la situation d’une personne qui prétend avoir eu une révélation divine de nos jours. Le comportement qu’elle adopte (reconnaître qu’il est normal qu’elle ne soit pas cru, mais persister dans sa position) est certainement la posture que le scénariste veut nous présenter comme exemplaire. À cette occasion, c’est évidemment pour elle le moment de se rapprocher de son amoureux religieux, qui, pas mesquin, se garde bien de lui sortir un truc du genre “je te l’avais dit” ou pis.

Cette partie se termine sur une subtile prise de position en faveurs de la science: une dame au gouvernement remarque que, bien que la caméra du voyage n’a enregistré que des parasites, elle a enregistré 18 heures de parasites… le scénariste a soigneusement relégué cet élément à la fin pour confronter son personnage, ignorante de la preuve, à la position des religieux, mais cet élément ramène la démarche scientifique à l’avant-plan. Accessoirement, il permet aussi de préparer la happy-end: La scientifique, en charge de gros budgets de recherches, prenant le temps de faire une visite guidée de ses installation à des enfants, leur enseignant les vertus du doute, un doute que de toute évidence elle vit sereinement.

Love N’Dancing: les danses

novembre 8, 2009 par Déréglé temporel

Sur une impulsion, j’ai eu l’idée d’aller voir sur YouTube pour voir si les scènes de danse de Love N’Dancing étaient déjà accessibles. C’est le cas, du moins pour certaines d’entre elles. Vu que l’intérêt du scénario est à peu près inexistant, on pourra bientôt s’épargner la peine de le voir et se contenter des morceaux visuels.

Le principal blog disponible fait 8 minutes et constitue également le plus gros morceau de danse du film, la compétition de la fin. Il comprend cinq chorégraphies. Les quatre premières sont assurées par des célébrités du milieu:

1. Jordan Frisbee et Tatiana Mollman

2. Benji Schwimmer et Heidi Groskreutz

3. Markus Smith et Deonna Ball

4. Parker Dearborn et Jessica Cox (ma préféré dans le lot)

Quand à la cinquième chorégraphie, elle est assurée par les héros du film.

J’ai aussi trouvé cette scène dans laquelle le héros et sa première partenaire de danse font une performance dans une école, ce qui convainc l’héroïne de prendre des cours. Et surtout la très étrange scène de Lindy Hop mettant notamment en scène Ben Morris et Carla Heiney. Étrange parce que la musique sur laquelle on les voit danser n’a rien à voir avec du swing; encore plus étrange quand on voit une scène plus tard dans le film, qui ressemble beaucoup à celle-ci, mais qui met en scène du West Coast Swing… avec une musique swing en fond! le monde à l’envers. Est-ce que le monteur s’est mélangé dans les scènes?

Edit: ajout des pages wikipédia de Benji Schwimmer et Heidi Groskreutz

Il est sorti!

novembre 5, 2009 par Déréglé temporel

C’est le billet le plus consulté de ce blog depuis sa création. En moyenne, il a attiré une visite par jour, mais ces derniers jours, c’est plutôt une moyenne de 8 visites par jours. Je parle bien sûr du billet où je parle de la sorti du prologue de La Faim de la Terre et la sortie prochaine du dernier volet des Gestionnaires de l’Apocalypse. La sortie était annoncée pour le 5 novembre sur le site des éditions Alire, mais c’est en réalité hier que je l’ai vu sur les rayons et me suis procuré mon exemplaire. Question: est-ce que les petits cartons signalétiques qui étaient encore dedans signifient que j’ai acheté les premiers exemplaires reçus par la librairie où je les ai achetés? Anyways.

Toujours un plaisir de renouer avec Théberge et compagnie. Un dialogue entre Théberge et son vocabulaire inventif et l’inspecteur Rondeau (celui atteint du syndrome de Tourette), ça vaut de l’or. C’est à regret que je vais le mettre de côté quelques jours, le temps d’achever la lecture du troisième Millénium.