Archive de la catégorie «Volet personnel»

Remarques à propos d’hier

octobre 29, 2009

- Danser avec une dizaine de partenaires en à peu près trois minutes et demi, c’est toujours un plaisir.

- Wonder Woman fait de très jolis swivels.

- Je commence tranquillement à entrer dans les jams (les “vrais”, pas ceux pour les anniversaires où il y a belle lurette que je ne me gêne plus). Vive sing sing sing! Par contre, certains semblent me surestimer et croire que je vais y faire des acros… no way, ça va prendre un boutte avant que je sois prêt à ça!

- Certaines fins de soirées s’étirent longuement en des festivités imprévus. On ne s’en plaint pas.

- Je ne suis pas raisonnable.

- J’ai mangé du McDo pour la première fois depuis 3 ans et je suis encore en vie. Je dois avoir un bon système immunitaire.

- 30 minutes à pied, c’est moins long quand il y a quelqu’un pour faire la conversation.

Cadeau d’anniversaire

octobre 25, 2009

Pour ma fête, je veux qu’on m’offre de savoir danser comme lui, et avec une partenaire comme elle. J’ai déjà dit tout le bien que je pense de Ben Morris ici, et tout le bien que je pense de Tessa Cunningham ici. On ne pouvait donc que s’attendre, le jour où le tirage au sort d’un Jack & Jill les unirait pour une danse, que ça donne un spectacle exceptionnel. C’est le cas. Avec ce vidéo, bien sûr l’un de mes préférés, on atteint des sommets.

Gravatar et découverte cool

octobre 12, 2009

En parallèle avec mon travail, ma procrastination du jour consiste à me graver des avatars sur Gravatar. Ma première idée a été une image typique de machine à voyager dans le temps. La seconde, dans la même veine, est un mécanisme de montre. Les suivantes, dans une autre veine, des dessins de danseurs de swing. J’aurais aimé une danseuse de swing peinte par Picasso, mais apparemment Google ne peut pas (encore) étendre son rayon de recherche dans les réalités parallèles. Je suppose qu’il faudra attendre l’invention de l’ordinateur quantique. J’en étais à me satisfaire des avatars ainsi gravés et à retourner au travail quand ce dernier m’a amené à découvrir (une fois de plus) à quel point les savants de la Renaissance tardive étaient des gens cool.

Une partie de mon travail s’intéresse à l’histoire des discours et des formes de persuasion. Ça concerne, entres autres, la lecture. Si les livres étaient déjà le principal support de la connaissance, l’époque (le XVIe siècle) imposait ses lourdes contraintes: l’analphabétisme de la majorité de la population, le contrôle accru d’une Église catholique (ou plus largement des élites intellectuelles) ébranlée par la Réforme protestante. L’interprétation des textes de cette époque, souligne Roger Chartier, doit prendre en compte les conditions de lecture en fonction desquelles les livres sont produits et interprétés. La lecture est souvent faite par un lettré à un illettré. Les lettrés, par ailleurs, faisaient bon nombre de lectures en relation étroite avec un directeur de conscience.

Bref, tout ça pour dire que je faisais une recherche sur l’histoire de la lecture quand j’ai découvert un certain Agostino Ramelli, ingénieur de son état, qui, en 1588 dessinait une machine d’une coolitude extrême: la roue à livres.

Image particulièrement saisissante pour celui qui, comme moi, est toujours en train de lire plusieurs livres à la fois, toujours débordé par les pages, et qui empiles les livres ouverts (ce qui, à long terme, tend à les abîmer, bien sûr) partout sur son bureau.

Bon, le meuble étant un peu encombrant, et je suis pas sûr qu’il me serait d’une très grande utilité. J’ignore aussi où je mettrais mon ordinateur. Bref, pour le contexte contemporain, le truc demanderait quelque adaptation. Il reste que j’ai un plaisir certain à voir des types morts il y a 400 ans partager quelques-unes de mes préoccupations.

Malheureusement, transposé en avatar, l’image manque de définition. Je vais donc probablement retourner à la machine à voyager dans le temps.

Constructions humaines

octobre 10, 2009

Je suis allé voir Laisser-Porter vendredi dernier. Je venais d’achever une étape de mon travail, et j’avais envie de quelque chose qui sorte de mon quotidien pour me changer les idées. Vive, donc, la Tohu et ses prix abordables (et vive les réductions pour étudiants!). Le spectacle était assez peu fréquenté pour que je me permette d’acheter mon billet le soir même, et avoir une très bonne place, section 3. Une bonne chose pour moi, mais c’était un peu dommage pour un spectacle de cette qualité d’avoir une salle à moitié remplie.

La première partie était faite par Mick Holsbeke, clown tout frais sorti de l’École nationale de cirque. Toujours drôle, bien que sur les trois numéros qu’il a fusionné, j’en avais déjà vu deux. Le numéro de présentation était nouveau, fait pour la circonstance, et présentait Mick dans sa loge, angoissant parce qu’il vient d’être engagé pour son premier show. Il y a de l’idée, mais ça demande encore à être travaillé. Ce n’est pas aussi efficace que la suite. Vient ensuite le premier “vrai” numéro, où Mick endosse son rôle de clown (celui dont la phrase fétiche est “tu peux faire N’IMporte quoi avec ça!”). À l’origine, “la boîte à jonglerie”, c’était une improvisation à l’école qui avait remporté un vif succès. L’idée a été retenue, retravaillée et adaptée. J’en avais vu un premier avatar un Lion d’Or il y a deux ans. La nouvelle version vendredi, avec ses surprises propres (c’est ce qui est bien avec les numéros en évolution, il y a toujours du nouveau!). Et puis son numéro de jonglerie avec chapeau, déjà présenté au spectacle de fin d’année, puis au Vieux-Port cet été. Avec, lui aussi, ses nouveautés. Présenter le même numéro dans des contextes aussi différents en force l’évolution, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Après la première partie clownesque, Laisser-Porter nous transporte dans une ambiance très différente. J’ai beaucoup pensé à MayB, de Maguy Marin, spectacle de danse contemporaine que j’avais vu à la Comédie de Montpellier et qui s’inspirait directement des ambiances des romans de Dickens. Les deux spectacles évoquent des personnages qui “voyagent”, soit réellement, soit comme une métaphore de la vie. Les actions faites par les personnages sont très abstraites, mais les interprètes sont tellement expressifs qu’on s’y intéresse. Ça accroche l’attention, on veut voir comment la situation va évoluer.

Ils ont des valises et des planches de bois. Ils ont des corps. Et avec ces trois éléments, ils font des constructions humaines. Ça se développe, ça se transforme, ça multiplie les images. La manière dont ils parviennent au résultat final est tout aussi intéressante à regarder que la construction. Parce qu’ils sont, plus que des matériaux, des personnages. Parfois ils se reposent, parfois ils jouent. Ils avancent, se découragent. On les voit collaborer, on les voit compétitionner pour arriver les premiers à destination.

Le tout est d’une grande poésie, non dénuée d’humour.

L’avis des gars d’Alonzocirk:  Guy et Claude

Le Parler et le Silence

septembre 28, 2009

“Le postulat d’une révélation. Par ce postulat, l’épistémologie chrétienne articule la connaissance mystique sur du langage. Dieu a parlé. “Le Verbe s’est fait chair.” Premier clivage historique, par rapport à d’autres configurations religieuses. Ainsi, une tradition gréco-romaine conduit l’esprit veres le silence [...], désigne par l’ “ineffable” non pas seulement une critique du langae mais son absence, et s’en va vers un dieu inconnu (agnostos theos) qui fait taire toute pensée parce qu’il est au-delà de l’être. [...] Le silence grec traverse encore le Logos de l’Antiquité chrétienne. Il fascine la théologie patristique. Il a fallu un long temps et une autonomie de l’Église pour que prenne forme le paradoxe chrétien d’une langue mystique [au Moyen Âge]. [...]

Au XVIer siècle, les manières de parler mystiques semblent manifester l’instabilité de cette réussite médiévale. Elles réintroduisent dans cette “langue technique” quelque chose du grand Silence d’autrefois qui fait retour avec les classiques anciens, ou à travers l’Aéropagite, ou encore par les traditions juives et musulmanes. [...] Pourtant, le postulat d’une révélation n’en est pas moins présent dans la conviction qu’il doit y avoir un “parler de Dieu”.” Michel de Certeau, la fable mystique, XVIe-XVIIe siècle.

Pas une lecture facile, Certeau. Mais je trouve ce passage fascinant.

Quoiqu’il en soit, depuis que j’ai lu l’expression agnostos theos, j’ai décidé de changer mon profil facebook pour changer “agnostique” par “LE point d’interrogation”. Pourquoi “LE”? c’est parce que je me suis dit que “point d’interrogation”, tout seul, ça pouvait vouloir dire “pas d’interrogation”. Je me suis auto-pinaillé.

Swing-out! – One more time, with style

septembre 26, 2009

Je parlais récemment du fait que la fille interprète le guidage (d’habitude, on appelle ça du styling). Aujourd’hui, je vous montre un vidéo où c’est particulièrement visible.

C’est du lindy hop, avec Peter Strom (connais pas beaucoup, donc je ne le présente pas plus – de toute façon, ce billet est pour parler des filles) et l’excellente Emily Hoffberg, une vrai reine du styling (ça paraît que je l’aime bien?).

Au tout début (entre 0:14 et 0:22), elle se fait guider trois swing-out de suite. Vous observerez par contre que le résultat est très différent à chaque fois. C’est pourtant exactement le même guidage à chaque fois. C’est l’interprétation de la danseuse qui fait toute la différence. Évidemment, elle continue à interpréter tout au long de la danse, mais disons que ces trois premiers swing-out sont un cas d’école.

Du balboa en guise de procrastination limitée

septembre 23, 2009

Il faut absolument que je travaille aujourd’hui. Mais j’ai toujours autour de moi mes habituelles tentations à la procrastination. Dont ce blog. Alors, comme je ne fais qu’un billet par jour, j’en fais un très bref, comme ça se sera fait.

Un vidéo qui contient du balboa et du collegiate shag. Comment faire la différence? Le faut-il vraiment? Bon, quelques éléments: s’ils dansent collés avec les bras très haut en l’air, c’est du shag. S’ils dansent collés, mais avec le bras à hauteur du corps, c’est du balboa. S’ils dansent en agitant leur doigt, c’est du shag. Si c’est drôle et burlesque, c’est du shag. Si c’est plutôt élégant, c’est du balboa.

Devine qui s’invite à danser ce soir?

septembre 18, 2009

Dans les danses sociales, l’homme dirige et la femme suit. On le sait, c’est dit, voilà.

Mais il y a des nuances.

Déjà, le gars ne guide pas tout à fait tout. Il guide un mouvement que la fille peut interpréter de diverses manières. Ou, plus exactement, à sa manière. Cette capacité d’interprétation sans nuire au guidage est ce qui fait la marque des bonnes danseuses.

Il y a quelques rares mouvements où la fille prend des initiatives qui vont un peut plus loin que la simple interprétation. Il y a deux semaines, j’apprenais justement un cas où la fille fait un spin sur place quand je guide un changement de place. Dans ce cas de figure, le danseur attend simplement que la fille ait fini de tourner (en dansant sur place, histoire de pas avoir l’air trop con, mais de toute façon c’est pas si grave parce que tout le monde regarde la danseuse anyway). Quand ça arrive sur le plancher de danse, ça surprend.

Et puis il y a, en west coast swing, l’invitation. C’est comme ça qu’on appelle le cas de figure où la fille prend, un bref instant, le lead. En gros, ça consiste à bloquer son partenaire au milieu d’un mouvement, faire quelque pas de danse, puis lui signaler qu’il peut reprendre le lead. On dit alors que la fille s’invite. Ça aussi ça surprend. Surtout que les filles ne le font pas souvent. En fait, elles oublient très souvent qu’elles ont cette possibilité. Du coup, parfois, les gars ont envie de voir la danseuse s’inviter, alors ils essaient de l’inciter en répétant des mouvements faciles à bloquer. Il l’invite à s’inviter, quoi. Mais si la fille veut pas, elle veut pas.

Par exemple ce vidéo de Maxence et Melina. J’en profite pour vous les présenter: Melina Ramirez est la partenaire régulière de Ben Morris, dont j’ai déjà dit beaucoup de bien. Maxence Martin est un vétéran également, mais je dois dire que je ne le connais pas beaucoup.Je n’aime pas beaucoup l’angle de la caméra, mais on y voit très bien Melina “s’inviter”, à 0:26.

René Girard face à Popper

septembre 11, 2009

Sur la Plaine, récemment, l’une des discussions (attention: 110 commentaires!) a dérivé sur les idées de Popper et sa plus grande contribution à la science actuelle, la falsification. En gros, Popper dit que pour être valable scientifiquement, une hypothèse doit être “falsifiable”, c’est-à-dire qu’on doit pouvoir imaginer une expérience dont l’un des résultats serait la démonstration que l’hypothèse est fausse. Cet exercice permet de tracer une ligne de démarcation entre le scientifique et le non-scientifique et d’éviter de polluer la science avec des impostures et des raisonnements qui tournent en rond.

Comme vous le savez, ces derniers temps, je lis quelque peu René Girard (mentions ici et ici). René Girard a une formation en littérature à la base, mais il s’est depuis longtemps tourné vers l’anthropologie, tout en demeurant exclusivement théoricien en la matière. Autrement dit, il ne fait pas de la recherche de terrain qu’on considère habituellement comme la consécration de l’anthropologue, se contentant de lire très largement les travaux des anthropologues de terrain pour élaborer des vastes théories. Ou devrais-je dire UNE théorie? Car chez Girard, tout se rapporte à la violence originelle chez l’être humain. Son origine (le désir mimétique donnant lieu à des crises mimétiques) et sa solution-type (le bouc émissaire). En gros, il estime que les sociétés humaines sont régulièrement confrontées à des crises sociales causées par le fait que les humains désirent tous la même chose et entrent donc en conflit les uns avec les autres pour l’obtenir. Quand la crise devient insoutenable, les sociétés détourneraient leur violence en rejetant la responsabilité de la crise sur un bouc émissaire qui est alors lynché (ou sacrifié); le sacrifice du bouc émissaire réglant la crise sociale, les humains intérioriseraient le processus sacrificiel et construiraient leurs religions et leurs cultures sur cette pierre fondatrice.

Très intéressantes en elles-mêmes, les théories de Girard sont par contre irritantes pour deux raisons: d’une part, elles se rapportent généralement à des faits invérifiables, postulant leur réalité sans bien la démontrer. L’autre raison tient lieu à la personnalité de Girard lui-même, très prompt à affirmer que seule sa théorie explique tous les faits, et tellement convaincu que la vérité de sa théorie est évidente qu’il semble plus soucieux de trouver un moyen de bien la communiquer que de trouver un moyen de la prouver.

Rapportée à la notion de falsification de Popper, la théorie de Girard serait-elle infalsifiable, condamnée à être rejetée du champs de la science, voire de la vérité? Dans Les origines de  la culture, Girard répond à ces critiques dans le style qui est le sien. Plutôt que d’en prendre acte et de confronter le problème de la vérifiabilité de sa théorie, il préfère rejeter la validité du critère de falsifiabilité et revendiquer la vérité scientifique. Il tente une analogie avec la “non existence de la sorcellerie”, qui, à son avis, est une vérité scientifique, bien qu’elle soit infalsifiable au sens de Popper.

Sceptique face à cette argumentation, j’ai soumis l’extrait à Enro, webmestre du Café des Sciences. Enro écrit beaucoup sur son propre blog sur les questions de la méthode scientifique et de la sociologie des sciences, j’étais donc curieux de voir ce qu’il en dirait.

Je retranscris ici les deux commentaires les plus pertinents dans la discussion:

Le mardi 8 septembre 2009 à 23:48, par Déréglé temporel

Mon commentaire n’est pas vraiment lié au sujet du billet, sinon qu’un avantage des blogs est de permettre de poser des questions. J’ai cherché un vieux billet d’épistémologie pour la poser, mais je constate que dans tous les vieux billets, les commentaires sont fermés. Ici, donc, et je m’excuse si ça paraît déplacé.

Je suis en train de lire des entretiens de René Girard, anthropologue théoricien qui s’intéresse aux origines de la culture et de la religion. Aux critiques qui lui reproche d’avancer une théorie invérifiable et infalsifiable, il reconnaît implicitement qu’elle est infalsifiable, mais conteste l’importance de ce critère dans les termes suivants:

“Il y a beaucoup de choses absolument certaines, indubitablement vraies, qui ne sont ni vérifiables ni falsifiables au sens de Popper. La nature illusoire de la sorcellerie, par exemple. L’inefficacité de la sorcellerie est une vérité fondamentale pour notre conception des droits de l’homme et de la démocratie. Nous ne pouvons pas nous passer de cette certitude. Nous ne pouvons pas la qualifier de “religieuse”, puisque nous sommes résolument laïques. Ce n’est pas non plus une certitude idéologique. C’est donc une certitude scientifique. La science nie effectivement la possibilité que certains individus aient sur la réalité un pouvoir occulte qui transcende le savoir scientifique. Le scepticisme au sujet de la sorcellerie doit donc se définir comme scientifique plutôt que religieux ou idéologique. La preuve qu’il en est ainsi c’est que, dans le monde moderne, nous révisons tous les procès faits jadis aux prétendus sorcières et sorciers et nous réhabilitons toutes les victimes. Nous savons qu’en agissant ainsi nous sommes dans le vrai, au sens le plus solide de ce mot, qui pour nous est scientifique: aux yeux de la science, la sorcellerie n’existe pas. Son inexistence a un caractère scientifique.”

Je me suis fait ma propre idée sur cet extrait, mais n’étant pas familier de Popper et d’autres auteurs d’épistémologie, je voulais inviter un vrai scientifique à le commenter. Peut-on qualifier l’inexistence de la sorcellerie de “scientifique” comme le fait Girard? L’exemple est-il valide?

7. Le mercredi 9 septembre 2009 à 11:20, par Enro

@Déréglé : Merci de venir poser cette question ici, ce n’est pas grave si tout n’est pas bien rangé dans des cases ! En ce qui concerne la réfutabilité des théories scientifiques, ce qui est indispensable dans une approche poppérienne de la science ne l’est pas dans toutes — et on ne peut à mon avis envoyer paître les théories de Girard sur ce seul motif. D’ailleurs, on comprend souvent Popper de travers : il ne dit pas que les théories scientifiques doit être réfutables mais qu’on ne connaît que ce qui est faux, et que la science progresse en éliminant le faux et en serrant de plus en plus près le vrai.

Je ne suis pas convaincu non plus par l’exemple que Girard donne pour se justifier. Si l’inexistence de la sorcellerie est “vraie” mais ni vérifiable ni falsifiable au sens de Popper, c’est bien qu’elle n’est pas scientifique au sens de Popper (puisque sinon elle serait soit fausse soit non-fausse). En fait, elle repose sur l’idée quasi-viscérale selon laquelle nature et culture sont séparées, qui caractérise nos sociétés dites modernes. Girard en fait une idée “scientifique” parce que ça arrange sa démonstration mais il me semble qu’on est au-delà de la science, dans une stratégie de civilisation qui a par exemple été décrite et discutée par Bruno Latour dans Nous n’avons jamais été modernes

Cela dit, au vu de l’ensemble de la théorie de Girard, je pense qu’elle pourrait être découpée en segments potentiellement falsifiables, même si je n’ai pas d’idées bien précises sur la méthodologie qu’il faudrait suivre (je ne suis ni psychologue, ni anthropologue de terrain, ni archéologue, ni paléontologue, toutes des disciplines qu’il faudrait mettre à contribution).

C’est drôle, j’ai eu pas mal de discussions tournant autour de Popper et de l’épistémologie ces deux dernières semaines. Les commentaires sont ouverts pour les intéressés.

Je suis un mutant

septembre 3, 2009

J’ai entre 100 et 200 mutations dans mon organisme.

Et vous aussi d’ailleurs.

Je note un commentaire intéressant dans la discussion qui suit l’article:

Ce qui est le plus remarquable est la confirmation du rôle primordial joué par les mutations dans l’évolution des espèces. Pour plusieurs, il n’y a qu’à rappeler le nom de Darwin pour insinuer que tout a été dit. Mais, la théorie de l’évolution Darwinienne repose sur la ‘’sélection naturelle” et rien d’autre. S’il est vrai que les individus mal adaptés d’une espèce ne survivent pas, c’est par la grande diversité créée les mutations que les espèces peuvent se perpétuer, faisant de la mutation avec la reproduction sexuée, les premiers mécanismes de l’évolution. (par un pseudommé Trebor)

J’aimerais beaucoup voir un billet sur ce sujet sur le blog 2009: Année Darwin (vous connaissez déjà si vous avez exploré le Café des Sciences, c’est l’un des blogs les plus actifs de ce portail) bientôt. Si par la même occasions ils peuvent en profiter pour se moquer un peu des créationnistes, je suis preneur.