Archive de la catégorie «Intérêts personnels»

Cadeau d’anniversaire

octobre 25, 2009

Pour ma fête, je veux qu’on m’offre de savoir danser comme lui, et avec une partenaire comme elle. J’ai déjà dit tout le bien que je pense de Ben Morris ici, et tout le bien que je pense de Tessa Cunningham ici. On ne pouvait donc que s’attendre, le jour où le tirage au sort d’un Jack & Jill les unirait pour une danse, que ça donne un spectacle exceptionnel. C’est le cas. Avec ce vidéo, bien sûr l’un de mes préférés, on atteint des sommets.

Constructions humaines

octobre 10, 2009

Je suis allé voir Laisser-Porter vendredi dernier. Je venais d’achever une étape de mon travail, et j’avais envie de quelque chose qui sorte de mon quotidien pour me changer les idées. Vive, donc, la Tohu et ses prix abordables (et vive les réductions pour étudiants!). Le spectacle était assez peu fréquenté pour que je me permette d’acheter mon billet le soir même, et avoir une très bonne place, section 3. Une bonne chose pour moi, mais c’était un peu dommage pour un spectacle de cette qualité d’avoir une salle à moitié remplie.

La première partie était faite par Mick Holsbeke, clown tout frais sorti de l’École nationale de cirque. Toujours drôle, bien que sur les trois numéros qu’il a fusionné, j’en avais déjà vu deux. Le numéro de présentation était nouveau, fait pour la circonstance, et présentait Mick dans sa loge, angoissant parce qu’il vient d’être engagé pour son premier show. Il y a de l’idée, mais ça demande encore à être travaillé. Ce n’est pas aussi efficace que la suite. Vient ensuite le premier “vrai” numéro, où Mick endosse son rôle de clown (celui dont la phrase fétiche est “tu peux faire N’IMporte quoi avec ça!”). À l’origine, “la boîte à jonglerie”, c’était une improvisation à l’école qui avait remporté un vif succès. L’idée a été retenue, retravaillée et adaptée. J’en avais vu un premier avatar un Lion d’Or il y a deux ans. La nouvelle version vendredi, avec ses surprises propres (c’est ce qui est bien avec les numéros en évolution, il y a toujours du nouveau!). Et puis son numéro de jonglerie avec chapeau, déjà présenté au spectacle de fin d’année, puis au Vieux-Port cet été. Avec, lui aussi, ses nouveautés. Présenter le même numéro dans des contextes aussi différents en force l’évolution, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Après la première partie clownesque, Laisser-Porter nous transporte dans une ambiance très différente. J’ai beaucoup pensé à MayB, de Maguy Marin, spectacle de danse contemporaine que j’avais vu à la Comédie de Montpellier et qui s’inspirait directement des ambiances des romans de Dickens. Les deux spectacles évoquent des personnages qui “voyagent”, soit réellement, soit comme une métaphore de la vie. Les actions faites par les personnages sont très abstraites, mais les interprètes sont tellement expressifs qu’on s’y intéresse. Ça accroche l’attention, on veut voir comment la situation va évoluer.

Ils ont des valises et des planches de bois. Ils ont des corps. Et avec ces trois éléments, ils font des constructions humaines. Ça se développe, ça se transforme, ça multiplie les images. La manière dont ils parviennent au résultat final est tout aussi intéressante à regarder que la construction. Parce qu’ils sont, plus que des matériaux, des personnages. Parfois ils se reposent, parfois ils jouent. Ils avancent, se découragent. On les voit collaborer, on les voit compétitionner pour arriver les premiers à destination.

Le tout est d’une grande poésie, non dénuée d’humour.

L’avis des gars d’Alonzocirk:  Guy et Claude

Swing-out! – One more time, with style

septembre 26, 2009

Je parlais récemment du fait que la fille interprète le guidage (d’habitude, on appelle ça du styling). Aujourd’hui, je vous montre un vidéo où c’est particulièrement visible.

C’est du lindy hop, avec Peter Strom (connais pas beaucoup, donc je ne le présente pas plus – de toute façon, ce billet est pour parler des filles) et l’excellente Emily Hoffberg, une vrai reine du styling (ça paraît que je l’aime bien?).

Au tout début (entre 0:14 et 0:22), elle se fait guider trois swing-out de suite. Vous observerez par contre que le résultat est très différent à chaque fois. C’est pourtant exactement le même guidage à chaque fois. C’est l’interprétation de la danseuse qui fait toute la différence. Évidemment, elle continue à interpréter tout au long de la danse, mais disons que ces trois premiers swing-out sont un cas d’école.

Du balboa en guise de procrastination limitée

septembre 23, 2009

Il faut absolument que je travaille aujourd’hui. Mais j’ai toujours autour de moi mes habituelles tentations à la procrastination. Dont ce blog. Alors, comme je ne fais qu’un billet par jour, j’en fais un très bref, comme ça se sera fait.

Un vidéo qui contient du balboa et du collegiate shag. Comment faire la différence? Le faut-il vraiment? Bon, quelques éléments: s’ils dansent collés avec les bras très haut en l’air, c’est du shag. S’ils dansent collés, mais avec le bras à hauteur du corps, c’est du balboa. S’ils dansent en agitant leur doigt, c’est du shag. Si c’est drôle et burlesque, c’est du shag. Si c’est plutôt élégant, c’est du balboa.

Devine qui s’invite à danser ce soir?

septembre 18, 2009

Dans les danses sociales, l’homme dirige et la femme suit. On le sait, c’est dit, voilà.

Mais il y a des nuances.

Déjà, le gars ne guide pas tout à fait tout. Il guide un mouvement que la fille peut interpréter de diverses manières. Ou, plus exactement, à sa manière. Cette capacité d’interprétation sans nuire au guidage est ce qui fait la marque des bonnes danseuses.

Il y a quelques rares mouvements où la fille prend des initiatives qui vont un peut plus loin que la simple interprétation. Il y a deux semaines, j’apprenais justement un cas où la fille fait un spin sur place quand je guide un changement de place. Dans ce cas de figure, le danseur attend simplement que la fille ait fini de tourner (en dansant sur place, histoire de pas avoir l’air trop con, mais de toute façon c’est pas si grave parce que tout le monde regarde la danseuse anyway). Quand ça arrive sur le plancher de danse, ça surprend.

Et puis il y a, en west coast swing, l’invitation. C’est comme ça qu’on appelle le cas de figure où la fille prend, un bref instant, le lead. En gros, ça consiste à bloquer son partenaire au milieu d’un mouvement, faire quelque pas de danse, puis lui signaler qu’il peut reprendre le lead. On dit alors que la fille s’invite. Ça aussi ça surprend. Surtout que les filles ne le font pas souvent. En fait, elles oublient très souvent qu’elles ont cette possibilité. Du coup, parfois, les gars ont envie de voir la danseuse s’inviter, alors ils essaient de l’inciter en répétant des mouvements faciles à bloquer. Il l’invite à s’inviter, quoi. Mais si la fille veut pas, elle veut pas.

Par exemple ce vidéo de Maxence et Melina. J’en profite pour vous les présenter: Melina Ramirez est la partenaire régulière de Ben Morris, dont j’ai déjà dit beaucoup de bien. Maxence Martin est un vétéran également, mais je dois dire que je ne le connais pas beaucoup.Je n’aime pas beaucoup l’angle de la caméra, mais on y voit très bien Melina “s’inviter”, à 0:26.

René Girard face à Popper

septembre 11, 2009

Sur la Plaine, récemment, l’une des discussions (attention: 110 commentaires!) a dérivé sur les idées de Popper et sa plus grande contribution à la science actuelle, la falsification. En gros, Popper dit que pour être valable scientifiquement, une hypothèse doit être “falsifiable”, c’est-à-dire qu’on doit pouvoir imaginer une expérience dont l’un des résultats serait la démonstration que l’hypothèse est fausse. Cet exercice permet de tracer une ligne de démarcation entre le scientifique et le non-scientifique et d’éviter de polluer la science avec des impostures et des raisonnements qui tournent en rond.

Comme vous le savez, ces derniers temps, je lis quelque peu René Girard (mentions ici et ici). René Girard a une formation en littérature à la base, mais il s’est depuis longtemps tourné vers l’anthropologie, tout en demeurant exclusivement théoricien en la matière. Autrement dit, il ne fait pas de la recherche de terrain qu’on considère habituellement comme la consécration de l’anthropologue, se contentant de lire très largement les travaux des anthropologues de terrain pour élaborer des vastes théories. Ou devrais-je dire UNE théorie? Car chez Girard, tout se rapporte à la violence originelle chez l’être humain. Son origine (le désir mimétique donnant lieu à des crises mimétiques) et sa solution-type (le bouc émissaire). En gros, il estime que les sociétés humaines sont régulièrement confrontées à des crises sociales causées par le fait que les humains désirent tous la même chose et entrent donc en conflit les uns avec les autres pour l’obtenir. Quand la crise devient insoutenable, les sociétés détourneraient leur violence en rejetant la responsabilité de la crise sur un bouc émissaire qui est alors lynché (ou sacrifié); le sacrifice du bouc émissaire réglant la crise sociale, les humains intérioriseraient le processus sacrificiel et construiraient leurs religions et leurs cultures sur cette pierre fondatrice.

Très intéressantes en elles-mêmes, les théories de Girard sont par contre irritantes pour deux raisons: d’une part, elles se rapportent généralement à des faits invérifiables, postulant leur réalité sans bien la démontrer. L’autre raison tient lieu à la personnalité de Girard lui-même, très prompt à affirmer que seule sa théorie explique tous les faits, et tellement convaincu que la vérité de sa théorie est évidente qu’il semble plus soucieux de trouver un moyen de bien la communiquer que de trouver un moyen de la prouver.

Rapportée à la notion de falsification de Popper, la théorie de Girard serait-elle infalsifiable, condamnée à être rejetée du champs de la science, voire de la vérité? Dans Les origines de  la culture, Girard répond à ces critiques dans le style qui est le sien. Plutôt que d’en prendre acte et de confronter le problème de la vérifiabilité de sa théorie, il préfère rejeter la validité du critère de falsifiabilité et revendiquer la vérité scientifique. Il tente une analogie avec la “non existence de la sorcellerie”, qui, à son avis, est une vérité scientifique, bien qu’elle soit infalsifiable au sens de Popper.

Sceptique face à cette argumentation, j’ai soumis l’extrait à Enro, webmestre du Café des Sciences. Enro écrit beaucoup sur son propre blog sur les questions de la méthode scientifique et de la sociologie des sciences, j’étais donc curieux de voir ce qu’il en dirait.

Je retranscris ici les deux commentaires les plus pertinents dans la discussion:

Le mardi 8 septembre 2009 à 23:48, par Déréglé temporel

Mon commentaire n’est pas vraiment lié au sujet du billet, sinon qu’un avantage des blogs est de permettre de poser des questions. J’ai cherché un vieux billet d’épistémologie pour la poser, mais je constate que dans tous les vieux billets, les commentaires sont fermés. Ici, donc, et je m’excuse si ça paraît déplacé.

Je suis en train de lire des entretiens de René Girard, anthropologue théoricien qui s’intéresse aux origines de la culture et de la religion. Aux critiques qui lui reproche d’avancer une théorie invérifiable et infalsifiable, il reconnaît implicitement qu’elle est infalsifiable, mais conteste l’importance de ce critère dans les termes suivants:

“Il y a beaucoup de choses absolument certaines, indubitablement vraies, qui ne sont ni vérifiables ni falsifiables au sens de Popper. La nature illusoire de la sorcellerie, par exemple. L’inefficacité de la sorcellerie est une vérité fondamentale pour notre conception des droits de l’homme et de la démocratie. Nous ne pouvons pas nous passer de cette certitude. Nous ne pouvons pas la qualifier de “religieuse”, puisque nous sommes résolument laïques. Ce n’est pas non plus une certitude idéologique. C’est donc une certitude scientifique. La science nie effectivement la possibilité que certains individus aient sur la réalité un pouvoir occulte qui transcende le savoir scientifique. Le scepticisme au sujet de la sorcellerie doit donc se définir comme scientifique plutôt que religieux ou idéologique. La preuve qu’il en est ainsi c’est que, dans le monde moderne, nous révisons tous les procès faits jadis aux prétendus sorcières et sorciers et nous réhabilitons toutes les victimes. Nous savons qu’en agissant ainsi nous sommes dans le vrai, au sens le plus solide de ce mot, qui pour nous est scientifique: aux yeux de la science, la sorcellerie n’existe pas. Son inexistence a un caractère scientifique.”

Je me suis fait ma propre idée sur cet extrait, mais n’étant pas familier de Popper et d’autres auteurs d’épistémologie, je voulais inviter un vrai scientifique à le commenter. Peut-on qualifier l’inexistence de la sorcellerie de “scientifique” comme le fait Girard? L’exemple est-il valide?

7. Le mercredi 9 septembre 2009 à 11:20, par Enro

@Déréglé : Merci de venir poser cette question ici, ce n’est pas grave si tout n’est pas bien rangé dans des cases ! En ce qui concerne la réfutabilité des théories scientifiques, ce qui est indispensable dans une approche poppérienne de la science ne l’est pas dans toutes — et on ne peut à mon avis envoyer paître les théories de Girard sur ce seul motif. D’ailleurs, on comprend souvent Popper de travers : il ne dit pas que les théories scientifiques doit être réfutables mais qu’on ne connaît que ce qui est faux, et que la science progresse en éliminant le faux et en serrant de plus en plus près le vrai.

Je ne suis pas convaincu non plus par l’exemple que Girard donne pour se justifier. Si l’inexistence de la sorcellerie est “vraie” mais ni vérifiable ni falsifiable au sens de Popper, c’est bien qu’elle n’est pas scientifique au sens de Popper (puisque sinon elle serait soit fausse soit non-fausse). En fait, elle repose sur l’idée quasi-viscérale selon laquelle nature et culture sont séparées, qui caractérise nos sociétés dites modernes. Girard en fait une idée “scientifique” parce que ça arrange sa démonstration mais il me semble qu’on est au-delà de la science, dans une stratégie de civilisation qui a par exemple été décrite et discutée par Bruno Latour dans Nous n’avons jamais été modernes

Cela dit, au vu de l’ensemble de la théorie de Girard, je pense qu’elle pourrait être découpée en segments potentiellement falsifiables, même si je n’ai pas d’idées bien précises sur la méthodologie qu’il faudrait suivre (je ne suis ni psychologue, ni anthropologue de terrain, ni archéologue, ni paléontologue, toutes des disciplines qu’il faudrait mettre à contribution).

C’est drôle, j’ai eu pas mal de discussions tournant autour de Popper et de l’épistémologie ces deux dernières semaines. Les commentaires sont ouverts pour les intéressés.

Je suis un mutant

septembre 3, 2009

J’ai entre 100 et 200 mutations dans mon organisme.

Et vous aussi d’ailleurs.

Je note un commentaire intéressant dans la discussion qui suit l’article:

Ce qui est le plus remarquable est la confirmation du rôle primordial joué par les mutations dans l’évolution des espèces. Pour plusieurs, il n’y a qu’à rappeler le nom de Darwin pour insinuer que tout a été dit. Mais, la théorie de l’évolution Darwinienne repose sur la ‘’sélection naturelle” et rien d’autre. S’il est vrai que les individus mal adaptés d’une espèce ne survivent pas, c’est par la grande diversité créée les mutations que les espèces peuvent se perpétuer, faisant de la mutation avec la reproduction sexuée, les premiers mécanismes de l’évolution. (par un pseudommé Trebor)

J’aimerais beaucoup voir un billet sur ce sujet sur le blog 2009: Année Darwin (vous connaissez déjà si vous avez exploré le Café des Sciences, c’est l’un des blogs les plus actifs de ce portail) bientôt. Si par la même occasions ils peuvent en profiter pour se moquer un peu des créationnistes, je suis preneur.

Shazam

juillet 31, 2009

Prenez cinq couples ayant tous au moins une fois remporté le championnat américain. Mettez-les dans la même équipe. Laissez mijoter. Dans ce genre de situation, le seul véritable danger, c’est que les égos se courcircuitent. Manifestement, dans le cas de Shazam, rien de ce genre n’est venu entraver la performance de Shazam.

Dans l’ordre, de gauche à droite, on y voit Arjay Centeno & Melissa Rutz, Parker Dearborn & Jessica Cox, Kyle Redd & Sarah Van Drake, Jordan Frisbee & Tatiana Mollman, Ronnie DeBenedetta & Brandi Tobias. Aux lecteurs de ce blogue, seuls le dernier couple et Sarah Van Drake sont encore inconnus. Notez que chacun commence avec son partenaire régulier, mais il y a au cours de la chorégraphie de nombreux changements de partenaires (au moins quatre).

Je ne suis ni particulièrement friand de chorégraphie, ni follement intéressés aux groupes. Je leur préfère habituellement les improvisations en couple. Mais n’ayant rien d’un intégriste, j’y fais quelques glorieuses exceptions. L’intérêt d’une chorégraphie, c’est de faire ce qui ne peut pas être improvisé et, de la même manière, l’intérêt d’un groupe, c’est de faire ce qui est inaccessible à un couple seul.

Les deux aspects ici sont parfaitement représentés: l’accent est mis sur le groupe. Même quand une personne ou un couple prend l’attention, c’est pour jouer sur un effet de groupe: le contraste entre l’individu et le groupe. La manière dont les figures se composent est remarquable.

C’est tout simplement un modèle du genre.

Les deux couples chéris du WCS

juillet 29, 2009

Le dernier vidéo de danse que j’ai mis sur ce blog remonte à mai (bon, je ne compte pas celui de Fred Astaire parce que, même si c’est de la danse, c’est surtout du cinéma; ni celui de Doug et Dax parce que, bon, c’est plus pour rire). Et aujourd’hui, j’ai un prétexte en or pour en présenter à nouveau (je sais, je n’ai pas besoin de prétexte, mais ça ne fait pas de mal non plus). Vous connaîtrez mon prétexte demain, je commence par le vidéo.

Aujourd’hui, donc, je vous présente les deux couples de l’heure en matière de WCS. Sans rien enlever à tous ces autres couples super talentueux qui se produisent dans les compétitions en ce moment, quand j’entends parler des grands danseurs de West Coast en ce moment, les premiers noms qui sortent sont les leurs: Jordan Frisbee et Tatiana Mollman, Parker Dearborn et Jessica Cox. Je vous ai déjà présenté cette dernière, dansant avec Max, ici. Je tiens par ailleurs à souligner que Tatiana figure dans mon top-3 personnel des meilleures danseuses de WCS, toute notoriété mise à part; en plus de son évident talent technique, elle fait preuve en improvisation des talents que j’admire le plus, notamment la créativité.

Mais bon, ce vidéo n’est pas une impro. C’est une démo chorégraphiée de WCS faite par les deux couples. Classique, selon les auteurs du blog Live Your Dance (ne vous fiez pas au titre, le blog est en français). Dernière réflexion: si avant que je me mette au WCS on m’avait dit que je pourrais admirer quoi que ce soit en rapport avec les Pussicat Dolls, j’en aurais été très étonné. Comme quoi la danse peut changer bien des perspectives.

La ville s’en bal: entre succès et flop

juillet 28, 2009

Jeudi dernier avait lieu l’événement La ville s’en bal, dans le cadre de Juste pour danser, à l’intérieur du volet Arts de la rue du festival Juste Pour Rire (ne demandez pas de précision, je sais que ça fait compliqué, mais je ne peux pas expliquer l’organigramme byzantin du festival). Concept enthousiasmant et ambitieux qui invitait le public à s’approprier la rue pour danser. Le tronçon de Ste-Cath qui y était dévolu comportait six scènes: tango, western, ballroom, traditionnel québécois, danses latines, hip hop.

J’avais un cours de tango ce jour là et il y avait aussi la soirée westy swing du Studio. Je suis donc passé à l’événement deux fois, au tout début, puis vers 10h, pour voir.

Au regard de mes deux passages, le bilan est mitigé, et variable selon les scènes. Les danses en ligne, western et traditionnel québécois, avaient l’avantage de présenter des danseurs pas trop intimidants. Certains avaient même l’air un peu gênés de se trouver sur scène, ce qui aurait été dommage pour un spectacle, mais était de bon ton dès lors qu’il s’agissait d’inviter le quidam a danser. Sauf que ça ne semble pas être allé plus loin: on avait l’impression d’assister à leur trip depuis l’extérieur et de n’être pas invité à nous y joindre. C’est bien beau la danse en ligne, mais c’est inaccessible à qui n’en connaît pas les pas à l’avance. La scène québécoise, du reste, est celle qui semble avoir attiré la plus faible audience, et était pratiquement délaissée à mon deuxième passage.

La scène de tango a attiré un bon nombre de spectateurs. Le terme est choisi à dessein: je n’en ai pas vu un seul danser. Le hip hop, je n’ai pas trop remarqué, mais il semble que ce soit resté à l’état de spectacle également. Un bon point pour la scène de danse latine, quand j’y suis passé, l’animateur prenait le temps d’expliquer ce que les danseurs faisaient au public… mais ce n’est pas encore de la participation. Le meilleure note va à la scène ballroom, où j’ai vu donner un cours de valse. Cela dit, même sur cette scène on voyait surtout des danseurs donner un spectacle.

Côté audience, l’événement est un succès. Côté “réappropriation de la rue”, pas trop.

Quel est le problème? Toujours difficile à dire. À la base, les gens ne sont pas portés à danser d’eux-mêmes, ils sont spectateurs dans l’âme. Mais je pense que quelques éléments de l’organisation ont accentué ce côté:

  • Les scènes surélevées. Monsieur/madame tout-le-monde ne veut surtout pas aller danser sur une scène surélevée où tout le public va pouvoir le/la voir. La scène surélevée distribue d’emblée les rôles: il y a un spectacle sur la scène, un public en bas. Il eût été plus judicieux de poser des planchers de danse à même le sol.
  • L’organisation de l’animation. L’organisation était assurée par des danseurs qui voyaient surtout l’événement comme l’occasion de faire un peu de publicité à leur école. C’est de bonne guerre, mais ça donne aussi l’envie de montrer ce dont on est capable. D’où beaucoup de démonstrations et peu de participation. La consigne donnée aux danseurs de ne pas se montrer intimidants pour le public était insuffisante. Les cours étaient une bonne idée, mais idéalement ils auraient dû aller directement inviter les gens à danser. Symptômatique, une phrase de l’animatrice de la scène de tango “Si vous savez danser le tango, on va même vous inviter à venir danser avec nous plus tard. ” Pleine de bonne volonté, la dame, mais la tournure de l’annonce était propre à décourager l’assistance de participer. Il eût fallu dire “On vous invite à venir danser, même si vous ne dansez pas le tango.

Cela dit, malgré le relatif échec de l’objectif participatif, l’événement aura participé à la nouvelle visibilité des danses sociales. Si les écoles de danse engagées y ont trouvé de nouveaux élèves, on retrouvera une partie d’entre eux sur les planchers de danse de Montréal l’année durant, ce dont on ne peut certainement pas se plaindre.

À ce propos, j’aimerais signaler l’excellente initiative de la journaliste Marie-Hélène Papillon de créer une site, VoulezVousDanserAvecMoi qui recense toutes les occasions de danser à Montréal. Sous le pseudonyme de Cendrillon, elle y offre également quelques articles de sa plume sur le thème des danses sociales.