Archive de la catégorie «Quotidien et tranches de vies»

Remarques à propos d’hier

octobre 29, 2009

- Danser avec une dizaine de partenaires en à peu près trois minutes et demi, c’est toujours un plaisir.

- Wonder Woman fait de très jolis swivels.

- Je commence tranquillement à entrer dans les jams (les “vrais”, pas ceux pour les anniversaires où il y a belle lurette que je ne me gêne plus). Vive sing sing sing! Par contre, certains semblent me surestimer et croire que je vais y faire des acros… no way, ça va prendre un boutte avant que je sois prêt à ça!

- Certaines fins de soirées s’étirent longuement en des festivités imprévus. On ne s’en plaint pas.

- Je ne suis pas raisonnable.

- J’ai mangé du McDo pour la première fois depuis 3 ans et je suis encore en vie. Je dois avoir un bon système immunitaire.

- 30 minutes à pied, c’est moins long quand il y a quelqu’un pour faire la conversation.

Gravatar et découverte cool

octobre 12, 2009

En parallèle avec mon travail, ma procrastination du jour consiste à me graver des avatars sur Gravatar. Ma première idée a été une image typique de machine à voyager dans le temps. La seconde, dans la même veine, est un mécanisme de montre. Les suivantes, dans une autre veine, des dessins de danseurs de swing. J’aurais aimé une danseuse de swing peinte par Picasso, mais apparemment Google ne peut pas (encore) étendre son rayon de recherche dans les réalités parallèles. Je suppose qu’il faudra attendre l’invention de l’ordinateur quantique. J’en étais à me satisfaire des avatars ainsi gravés et à retourner au travail quand ce dernier m’a amené à découvrir (une fois de plus) à quel point les savants de la Renaissance tardive étaient des gens cool.

Une partie de mon travail s’intéresse à l’histoire des discours et des formes de persuasion. Ça concerne, entres autres, la lecture. Si les livres étaient déjà le principal support de la connaissance, l’époque (le XVIe siècle) imposait ses lourdes contraintes: l’analphabétisme de la majorité de la population, le contrôle accru d’une Église catholique (ou plus largement des élites intellectuelles) ébranlée par la Réforme protestante. L’interprétation des textes de cette époque, souligne Roger Chartier, doit prendre en compte les conditions de lecture en fonction desquelles les livres sont produits et interprétés. La lecture est souvent faite par un lettré à un illettré. Les lettrés, par ailleurs, faisaient bon nombre de lectures en relation étroite avec un directeur de conscience.

Bref, tout ça pour dire que je faisais une recherche sur l’histoire de la lecture quand j’ai découvert un certain Agostino Ramelli, ingénieur de son état, qui, en 1588 dessinait une machine d’une coolitude extrême: la roue à livres.

Image particulièrement saisissante pour celui qui, comme moi, est toujours en train de lire plusieurs livres à la fois, toujours débordé par les pages, et qui empiles les livres ouverts (ce qui, à long terme, tend à les abîmer, bien sûr) partout sur son bureau.

Bon, le meuble étant un peu encombrant, et je suis pas sûr qu’il me serait d’une très grande utilité. J’ignore aussi où je mettrais mon ordinateur. Bref, pour le contexte contemporain, le truc demanderait quelque adaptation. Il reste que j’ai un plaisir certain à voir des types morts il y a 400 ans partager quelques-unes de mes préoccupations.

Malheureusement, transposé en avatar, l’image manque de définition. Je vais donc probablement retourner à la machine à voyager dans le temps.

Le Parler et le Silence

septembre 28, 2009

“Le postulat d’une révélation. Par ce postulat, l’épistémologie chrétienne articule la connaissance mystique sur du langage. Dieu a parlé. “Le Verbe s’est fait chair.” Premier clivage historique, par rapport à d’autres configurations religieuses. Ainsi, une tradition gréco-romaine conduit l’esprit veres le silence [...], désigne par l’ “ineffable” non pas seulement une critique du langae mais son absence, et s’en va vers un dieu inconnu (agnostos theos) qui fait taire toute pensée parce qu’il est au-delà de l’être. [...] Le silence grec traverse encore le Logos de l’Antiquité chrétienne. Il fascine la théologie patristique. Il a fallu un long temps et une autonomie de l’Église pour que prenne forme le paradoxe chrétien d’une langue mystique [au Moyen Âge]. [...]

Au XVIer siècle, les manières de parler mystiques semblent manifester l’instabilité de cette réussite médiévale. Elles réintroduisent dans cette “langue technique” quelque chose du grand Silence d’autrefois qui fait retour avec les classiques anciens, ou à travers l’Aéropagite, ou encore par les traditions juives et musulmanes. [...] Pourtant, le postulat d’une révélation n’en est pas moins présent dans la conviction qu’il doit y avoir un “parler de Dieu”.” Michel de Certeau, la fable mystique, XVIe-XVIIe siècle.

Pas une lecture facile, Certeau. Mais je trouve ce passage fascinant.

Quoiqu’il en soit, depuis que j’ai lu l’expression agnostos theos, j’ai décidé de changer mon profil facebook pour changer “agnostique” par “LE point d’interrogation”. Pourquoi “LE”? c’est parce que je me suis dit que “point d’interrogation”, tout seul, ça pouvait vouloir dire “pas d’interrogation”. Je me suis auto-pinaillé.

Protégé : Dans les yeux des autres (1)

septembre 2, 2009

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Échecs

août 29, 2009

J’ai maintenant un jeu d’échec sur mon ordi. Mis au niveau maximum, parce que le niveau par défaut était vraiment trop poche. Là je peux mesurer combien j’en ai perdu, depuis le temps. Beaucoup. Je fais des vrais erreurs de con.

Du tango et du cirque

août 17, 2009

Soirée agréable au Vieux-Port. Le vendredi soir, en août, la place des vestiges est investis par les danseurs de tango, réunis pour une milonga (c’est le nom donné à un bal de tango). Grâce à un groupe invité, on a droit à du tango joué live, en plein air, avec un température idéal, pas trop fraîche, pas trop humide, pas trop chaude.

Comme mon autobus a voulu que j’arrive une demie-heure d’avance, j’ai profité de ma présence au Vieux-Port pour partir à la recherche de quelques circassiens. Le Vieux-Port propose en effet cet été une promenade des arts du cirque, où se présentent les artistes des Sept doigts de la main et de la Loupiote. Je ne me souvenais pas des sites exacts où les spectacles devaient se produire, mais comme la Loupiote est un bateau, je me suis dit qu’en longeant le quai je devrais finir par l’apercevoir. Puis mon regard a été attiré par deux gars, l’un en équilibre sur les mains de l’autre, du côté du parc. Je presse le pas dans cette direction, mais je me rends vite compte que le contexte est trop informel pour être un numéro. Je rebrousse chemin en cherchant où je pourrais me renseigner, et j’avise à une table un finissant de l’école de cirque, sûrement pas là par hasard. Je pense une seconde aller lui demander où et quand a lieu le prochain numéro. Si je l’avais fait, il m’aurait sûrement répondu “ici, dans 30 secondes”. Dans ledit délais, une jeune fille arrive à la table “ah, t’es là? ça fait une heure que je t’attends là-bas…” à priori, ça ressemble à une querelle de couple, et c’est presque crédible. Sauf que les répliques suivantes et la gestuelle de la demoiselle indiquent clairement que j’assiste au début d’un numéro. Le manège des deux artistes attire les badauds, jusqu’au moment où la jeune fille monte sur la table, puis sur son partenaire. La scène de ménage devient un numéro de main à main, qui sera suivit un peu plus tard par un numéro d’équilibre de la part d’un “serveur”. Je pars à la recherche des autres sites, mais à l’exception de la Loupiote, ils ont tous terminé leurs spectacles pour la journée. Je repasse donc devant le premier site (la Scena), où j’assiste encore à un numéro de jonglerie déguisé en publicité pour des “energie box”. Mais la milonga doit commencer, alors je m’éloigne un peu.

Je ne cesse pas d’être spectateur pour autant: la soirée commence par une démonstration de tango faite par des danseurs chevronnés. La fin du spectacle est le début d’un cours d’initiation au tango auquel je ne prends pas part, malgré le peu d’expérience que j’ai encore de cette danse. Quand j’ai commencé le swing, je faisais toujours ces cours d’initiation au début des soirées. Je ne ressens pas un tel besoin pour le tango. Je profite de l’interlude pour discuter avec des amis qui viennent d’arriver. À 20h30 je m’éclipse un moment pour aller du côté de La Loupiotte. Le numéro auquel j’assiste est tout en poésie, incluant des équilibres sur le bastingage et dans le mat, un peu de main à main et, surtout, du tissu dans le gréement du bateau. Ma curiosité satisfaite, je reviens vers la Place des vestiges, où la danse commence pour de bon.

Il me faut un moment avant de tâter de la piste de danse. Le tango m’incite moins à foncer tête baissée que ne le faisait le swing. Ça ne m’empêchera pas d’inviter quelques inconnues au cours de la soirée, quitte même à donner, du haut de mes quatre grosses semaines d’expérience, un petit cours d’introduction à l’une d’elles (y doute de rien, le gars!). La piste n’est pas de la plus belle qualité: c’est du béton, ça ne glisse pas. Une de mes partenaires m’averti de ne pas abuser des ochos (voir seconde 40), qui, quand ça ne glisse pas, arrachent les semelles. Voilà qui limite considérablement mon répertoire… heureusement que ce n’est pas un interdit total.

Il est agréable de danser en plein air, quoique les expériences sont très diverses. Swing l’été, de midi à 17:00, a une ambiance de gros pique-nique sous le soleil. Cela se déroule aux Serres de Verdun, comme le tango du mercredi soir. Ce site a l’avantage de présenter peut-être la seule piste de danse en plein air sur laquelle les souliers peuvent aisément glisser, une piste qui offre par ailleurs beaucoup d’espace pour évoluer. Il est aussi relativement isolé, ce qui fait que les danseurs se retrouvent entre eux. Sur la place des vestiges, c’est un peu différent. La piste est d’une taille acceptable, mais nettement plus modeste. Et surtout, elle se trouve au milieu du vieux-port, lieu touristique et très passant. Autour de la piste de danse se trouvent autant les amateurs que les curieux. Ça n’est pas désagréable, et ça donne une visibilité certaine à la chose, mais l’ambiance est différente. Avantage de l’événement du vieux-port toutefois, on y danse sur la musique d’un band live, ce qui est toujours apprécié. Et comme c’est proche de tout, il y a un dépanneur pas très loin pour les distraits comme moi qui oublient toujours leur bouteille d’eau.

Au final, entre les mercredis aux Serres de Verdun et cette expérience au Vieux-Port, je commence vraiment à apprécier le tango, sa marche groundée, son énergie tranquille, sa gravité ravigorante… cette nouvelle incursion dans ce monde, bien plus positive que la première, sera sans doute plus qu’une simple incursion.

Protégé : Tentation…

août 12, 2009

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Remarque curieuse

août 9, 2009

Quand j’étais à la maîtrise, tout le monde me parlait de la “thèse” que je devrais rédiger, je devais régulièrement corriger les gens et leur rappeler qu’à ce niveau, c’est un mémoire.

Maintenant que je suis au doc et que je dois rédiger une thèse, tout le monde me demande où en est mon “mémoire”…

Observation empirique

août 7, 2009

Les danses swing sont dures pour les chevilles.

Le tango est dur pour les cuisses.

C’est le constat que je dresse après ma première soirée complète de tango, hier.

Regarder danser, puis danser…

juillet 30, 2009

Samedi dernier j’ai assisté à une projection spéciale. Le studio DanceConmigo, où je prends mes cours de tango et où je vais à l’occasion pratiquer mon West Coast Swing, avait en effet obtenu la permission de projeter le film “Love’N Dancing” avant sa sortie officielle. La séance de cinéma était suivie d’une séance de danse. Le film étant centré sur l’univers du West Coast Swing, cette dernière danse était à l’honneur au cours de la soirée, mais histoire de ne pas limiter le public (c’est une danse qui a encore assez peu d’adeptes), la soirée mélangeait allègrement les danses, WCS, salsa et autres danses latines, tango…

Mais parlons du film.

Soyons clair: quand vous avez vu le titre, vous connaissez l’histoire. Vous voulez quand même un résumé? Ok. Elle est institutrice. Lui c’est un ancien chamption de WCS, mais il a renoncé à la compétition, se contente de donner des cours. Elle s’inscrit avec son fiancé pour des cours de danse en vue du mariage. Son fiancé est un gros con qui ne pense qu’à sa carrière. Bon, voilà, vous pouvez déduire le reste.

Elle va apprendre le pas de base en 30 secondes (cela en a fait pouffer quelques-uns dans l’assistance). En quelques semaines, elle va être assez douée pour qu’il lui demande de faire de la compétition avec lui. En quelques mois, ils montent sur le podium du championnat américain. Un vrai conte de fée, l’inventivité en moins. Remarquez, quelques répliques semblent avoir touché une corde sensible chez quelques danseurs de l’assistance, notamment ceux qui, avoir avoir eu la morsure, ont réorganisé tout leur horaire de travail pour pouvoir danser plus et mieux. Il y a ici et là des détails dans lesquels la plupart des danseurs peuvent se reconnaître. Mais ça n’excuse pas vraiment un scénario aussi mauvais.

Reste la danse. Parce comme dans tout film de danse, l’intérêt réside moins dans le scénario que dans les chorégraphies, celui-là n’étant qu’un prétexte à introduire celles-ci. Et là, il n’y a pas à se plaindre. L’acteur principal est lui-même un danseur, pas professionnel, mais convainquant. Et le scénario est tellement minimaliste qu’il y a toute la place pour truffer le film de scènes qui mettent en vedette le gratin du WCS. J’ai ainsi repéré Kyle Redd & Sarah Van Drake, Arjay Centeno & Melissa Rutz, John Lindo (je n’ai pas reconnu sa partenaire), Markus Smith & Deonna Ball, Parker Dearborn & Jessica Cox, Tatiana Mollman et Jordan Frisbee. J’étais loin du compte. Alain, qui organisait la projection, a envoyé la liste des danseurs qui font une apparition:

Robert Royston • Nicola Royston • Benji Schwimmer • Heidi Groskreutz • Jordan Frisbee • Tatiana Mollmann • Parker Dearborn • Jessica Cox • Kyle Redd • Sarah Vann Drake • Marcus Smith • Deonna Ball • Arjay Centeno • Melissa Rutz • Ronnie DeBenedetta • Brandi Tobias • Ben Morris • Carla Heiney • Laureen Baldovi • John Lindo • Michael Kiehm • Dawn Kiehm • Bill Cameron

Je m’étonne et m’en veut presque d’avoir raté Ben Morris. Je regrette un peu aussi d’avoir manqué Carla Heiney et Bill Cameron. Il était peut-être dans les couples dansant le Lindy au début du film, je n’y avais pas prêté attention. Anyway.

Un film à voir pour le West Coast Swing, et seulement pour ça.

Quant à l’idée d’une projection suivie d’une soirée de danse, elle était excellente! Vous savez l’état semi-léthargique dans lequel on se trouve souvent à la fin d’un visionnement? Quel meilleur moyen de le secouer? Et des soirées qui mélangent les genres de danse, il en faudrait plus. C’est amusant de passer d’une danse qu’on connaît bien (le WCS) à une danse où on débute (le tango) pour ensuite faire semblant qu’on sait en danser une autre (la salsa) pour revenir ensuite a une danse bien maîtrisée (le WCS) avec une fille qui n’y connaît rien, mais pleine de bonne volonté.

Occasion aussi pour moi de voir à quoi ressemble une rueda, forme de salsa dansée en cercle où les figures se terminent par un changement de partenaire. Je ne trippe pas trop salsa, mais la rueda a l’air d’être un vrai plaisir.

Bande-annonce du film: