Archive de la catégorie «Ze marge»

Coup de sonde sur l’esprit critique

novembre 3, 2009

C’est quoi, pour vous, avoir l’esprit critique?

Ne vous gênez pas à répondre, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponse. Ceci est un coup de sonde, parce que je me suis posé la question à moi-même et je suis curieux de savoir ce que vous en pensez pour vous-mêmes.

Les fromages d’ici ont mauvais goût

octobre 9, 2009

Les fromages d’ici ont mauvais goût, et je ne l’aurais jamais su s’ils ne s’étaient pas mis à faire de la publicité. J’aurais continué à manger des fromages d’ici et à les apprécier. En fait, c’est ce que je vais faire, parce que je ne penserai pas à la publicité quand je mangerai des fromages… preuve que la pub n’est pas toute-puissante. Mais en attendant, je suis incapable de circuler à Montréal sans être dégouté par les fromages d’ici. Beurk.

C’est que nos amis les travailleurs du terroir ont décidé de “valoriser” leurs produits, un peu comme à une époque en Afrique du Sud on valorisait les Blancs. Notez bien que je n’ai rien contre les produits du terroir, ni contre le fait de valoriser l’achat local. J’en ai juste après la campagne.

En affichage, l’offensive se décline en panneaux et en abribus dans les différentes villes du Québec sous le thème “[Cet endroit] est réservé aux amateurs de fromages d’ici”.

Un exemple parmi dautres de cette campagne ignoble

Un exemple parmi d'autres de cette campagne ignoble

“Cet abribus est réservé aux amateurs de fromages d’ici.”  “Ces tourniquets sont réservés au amateurs de fromages d’ici.” “Cet autobus est réservé aux amateurs de fromages d’ici.” etc…

Voulez-vous bien me dire quel espèce d’esprit malade a eu la brillante idée de faire la promotion des fromages d’ici en utilisant le langage de la ségrégation????

Comment est-ce qu’on peut en arriver à se dire: “hey! je vais faire comme dans les pays racistes où on exclu la moitié de la population, mais avec un produit, là! ça va donner aux gens l’envie d’acheter!”  euh… genre.

Je suis supposé me dire quoi en voyant une pub comme ça, comme consommateur? “Yé! j’ai le pouvoir de décider si je vais être du côté des exclus ou du côté des oppresseurs! C’est donc ben cool!” “Yé! si j’achète du fromage, je vais être du côté des salauds!”

Qu’on me comprenne bien: je ne pense pas que les concepteurs de la campagne sont des racistes ou quoique ce soit du genre. Je pense seulement que ce sont des crétins finis, au-delà de tout espoir. Quand tu fais une campagne qui suggère la confiscation des biens publics pour une minorité de privilégiés en te disant que c’est vendeur, c’est que tu es déconnecté de la réalité, malade, indigne.

Vivement qu’on retire ces affiches. Parce que je n’ai jamais eu autant envie de mon existence de vandaliser quelque chose.

Auteurs-cultes

octobre 5, 2009

On sait qu’un auteur a atteint un statut particulier, hors-normes, quand on invente un adjectif à partir de son nom de famille.

Exemples:

Cartésien: relatif au rationalisme de René Descartes (usage très extensible)

Darwinien: relatif aux théories de Charles Darwin

Foucaldien: relatif à la pensée de Michel Foucault.

Certalien: relatif à la pensée de Michel de Certeau.

Popperien: relatif à la pensée de Karl Popper.

Le bal est ouvert. Quels noms proposez-vous?

La vérité de la semaine

septembre 25, 2009

Elle a été mon statut facebook pendant une journée, et je la mets ici parce que je pense encore qu’il s’agit d’une vérité profonde sur le fonctionnement du monde:

Les hôpitaux psychiatriques accueillent des fous, les confient à des fous et espèrent qu’ils sortiront sains d’esprit

Les universités espèrent accueillir des gens sains d’esprit, les confient à des fous, les rendent fous, puis les embauchent.

Voilà.

Instruire les profs

septembre 24, 2009

Pour qu’il y ait un scandale, il faut qu’il y ait une surprise. C’est pourquoi cette nouvelle ne provoquera pas de scandale. Ça ne veut pas dire qu’il n’y ait pas matière à s’en scandaliser. Alors, à défaut de savoir s’en scandaliser (faute de surprise), il ne reste qu’à s’inquiéter.

Les enjeux se résument vite. Les filles de La mère blogue s’inquiètent du manque de profs. Quelques commentaires qui nous viennent de l’orbite. Mario Roy résume quant à lui assez bien qu’on a laissé un problème structurel s’installer:

la société [...] est en train de perdre cette compétence pas du tout transversale consistant à transmettre d’une génération à l’autre des connaissances.

Mario Roy fait souvent usage de démagogie, mais il a parfois de petites perles de sagesses. La phrase que je viens de citer contient une très grande partie de mes préoccupations actuelles en matière de politique et d’enjeux sociaux, et l’explication de mes quelques sympathies conservatrices (je parle ici d’une certaine idéologie conservatrice, tel que nous la défini le Petit Émérillon, et non des sinistres clowns qui nous dirigent en ce moment – Et allez voir aussi cet article chez Gromovar, je n’ai pas lu le livre dont il parle, mais le sujet touche à mes préoccupations).

Comme Mario Roy le dit en fin d’édito, le français n’est pas seul en cause. La plupart des matières sont touchées. Aux cycles supérieurs en histoire, la plupart des étudiants ont déjà donné un ou plusieurs ateliers, fait des corrections, et peuvent donc témoigner que les étudiants en enseignement tirent la moyenne du groupe vers le bas. Environ dix à vingt points d’écart avec l’autre partie du groupe. C’est simple, ils ne s’intéressent juste pas à la matière qu’on leur enseigne. La pédagogie et la discipline sont leurs seules préoccupations (pour quand ils seront profs, hein, parce que comme élèves on les retrouve plus souvent dans le rôle des chahuteurs du fond de la classe, me dit-on, même si personnellement je n’ai pas eu ce problème particulier).

Une fille à la maîtrise me rapportait la semaine passée la perle que lui a servit une étudiante en enseignement: “pas besoin de connaître la matière pour l’enseigner, de toute façon on a le manuel pour savoir quoi dire.” Voilà, en gros, la mentalité dominante. Ça donne des profs qui ont une page d’avance sur leurs élèves. Et j’en viens à me dire que, si ces profs savent faire de la discipline, qu’ils sont de bons pédagogues, ils risquent en revanche d’avoir de la difficulté à se faire respecter par des parents qui, ayant faits leurs études ailleurs qu’en pédagogie, n’auront peut-être pas la science de la transmission du savoir, mais auront en revanche des connaissances solides. Assez pour voir quand les profs de leurs enfants enseignent des conneries.

Je suis pour une revalorisation du statut de l’enseignant. Pour ça, il faut qu’on ait confiance dans nos enseignants actuels et futurs. Et la confiance, ça se mérite.

L’usurpation continue…

septembre 7, 2009

La Banquise s’est vu le très grand honneur de figurer parmi un palmarès des cinq meilleurs endroits où se régaler à moins de 5 dollars. Aussi bien dire ce que tout le monde dit: la meilleure poutine à Montréal…

Et pendant ce temps-là, on continue d’ignorer Chez Claudette, qui fait de bien meilleures poutines. J’en témoigne avec Arka, avec qui on a exploré quelques établissements de ce “fleuron” de la “gastronomie” québécoise…

“Racisme” galvaudé

septembre 4, 2009

Je suis régulièrement sidéré par les accusations de racisme lancées à tout crin et par les croisades anti-racistes abusives.

Prenez par exemple cette requête pour faire interdire la vente de Tintin au Congo. Bon, d’accord, la première version de Tintin au Congo était raciste, et la version révisée comporte encore des images peu flatteuses pour les Africains. Cette BD peut légitimement se classer dans la littérature coloniale, et ce bien qu’Hergé ait fait preuve d’intention louable en la révisant, puis, surtout, en faisant par la suite une satire anti-coloniale dans Le Lotus Bleu. L’oeuvre de Hergé s’inscrit dans l’air de son temps. Pour autant, s’il fallait bannir toutes les oeuvres qui présentent des préjugés à l’égard de l’un ou l’autre peuple ou qui fleurent quelque parfum colonialiste, une bonne partie de notre patrimoine y passerait.

Et puis, cette querelle diplomatique entre le Canada et l’Afrique du Sud… quel besoin l’Afrique du Sud avait-elle d’accuser le Canada de perpétuer le racisme? Ce n’est pas le sens du geste canadien, c’est même tout le contraire. Le Canada a accordé l’asile politique à un homme blanc qui se prétendait victime de racisme. On peut légitimement contester ses allégations, dire qu’un tel racisme anti-blanc n’existe pas en Afrique du Sud; cela permettrait de poser la vraie question, d’enquêter sur le terrain, pour vérifier qui dit vrai. Bref, peut-être que le Canada s’est trompé dans sa décision, mais elle n’était en aucun cas raciste. En formulant une telle accusation, l’Afrique du Sud renonce aux questions importantes pour plutôt engager une épreuve de force stérile.

Ces gens-là n’aident pas la cause du combat contre le racisme. Au contraire, ils lui nuisent. En galvaudant une accusation grave, ils la dévalorisent, la banalisent. Pire, ils lui donnent l’aspect d’un slogan creux et oppresseur, qui engendre une opposition qui, elle non plus, ne sait pas toujours faire preuve de discernement.

Joke de bière

août 3, 2009

C’t'une fois les présidents de Molson, Labatt et Unibroue qui vont prendre une bière dans un bar.

Le président de Molson s’assoie, et demande au barman “Donne-moi une Molson.”

Le président de Labatt s’assoie et demande au barman “Donne-moi une Labatt.”

Le président d’Unibroue, voyant ça, s’assoie à son tour et demande au barman “Donne-moi un coke.”

Les présidents de Molson et Labatt se tournent vers lui, étonnés: “On n’avait pas dit qu’on prenait une bière?

–Ben écoutez, les gars, je croyais que c’était ce qu’on avait dit, mais moi je vous suis: vous n’avez pas pris de bière.”

Entendue récemment de Gabriel.

Distraction

mai 15, 2009

Bon, ce message pour m’autoimposer d’arrêter de répondre aux commentaires pendant au moins 24h. Ça m’empêche de travailler.

Ce qui serait plus efficace..

mai 15, 2009

Ce qui serait plus efficace qu’une loi (que je continue à dire inutile), c’est un centre spécialisé venant en aide aux femmes qui portent le hidjab contre leur gré. Avec des travailleurs sociaux, des aides psychologiques, des anthropologues, des avocats, éventuellement des gardes du corps… que sais-je moi?

À partir du moment où on reconnaît qu’elles existent (indépendammnet du fait que certaines le portent par choix), il n’y a pas de raisons de ne pas les aider. Et là, les allumés de présence musulmane et du conseil islamique canadien n’auraient pas beaucoup d’arguments pour aller contre.