L’Ombre et le Cheval

Je commence ici une série de quelques billets repris de mon ancien blog et retouchés, sur l’écrivaine Esther Rochon, à qui il faut sans doute donner une place à part dans la littérature québécoise. Je suis loin d’avoir tout lu, et malheureusement n’ayant pas beaucoup de temps à consacrer à la lecture de fictions ces derniers temps, je ne risque pas de progresser beaucoup dans la prochaine année, ce qui est fort dommage. Mais pour l’estime que j’ai pour elle, ça ne veut pas dire que j’aime tout ce qu’elle fait. Son oeuvre me paraît jusqu’à maintenant un peu inégale.

Commençons par le commencement. Le premier livre de Rochon que j’ai lu, je l’ai lu à cet âge où on n’accorde aucune importance au nom de l’auteur des livres qu’on lit. J’épluchais alors, sur les rayons de la bibliothèque de mon école primaire, la collection jeunesse-pop, qui regorge de récits de science-fiction, fantastique et fantasy pour la jeunesse. Et parmi eux, l’Ombre et le Cheval. J’en ai fait une relecture l’année dernière, à environ 13-15 ans d’intervalle. Emprunté cette fois à la Grande Bibliothèque du Québec, ce roman jeunesse fait 128 pages écrit gros. Autant dire une novella plus qu’un roman. Qu’importe.

Ce qui importe, c’est que, petit, j’ai beaucoup aimé ce livre, même s’il n’offrait pas les mêmes rêves que la plupart des autres. Puis je n’y ai plus repensé… pendant des années. Et pourtant, il est resté bien sagement et solidement ancré dans ma mémoire. Quand j’étais au cégep, il y a de ça huit ou neuf ans (ouf! ça passe), j’ai eu une innocente conversation sur la littérature où j’ai dit que la littérature jeunesse comportait parfois de vrais petits bijoux… et je me suis aperçu à ce moment que c’était à ce livre-là que je pensais. Première fois que j’y repensais depuis plus de cinq ans. Et pourtant, j’en conservais des images vives, puissantes.

L’histoire? Dans un futur indéterminé, mais lointain, après destruction de la couche d’ozone, la Terre est devenu un vaste désert où survivent des communautés, grandes villes ou villages. L’héroïne est une adolescente qui a grandi dans un village d’artistes. Loin dans le désert, ils vivent de l’industrie touristique grâce à un art particulier, celui des Chevaux de Ciel. À l’aide de jets de gaz lumineux extrêmement précis, ils dessinent des chevaux dans le ciel et les animent, faisant rêver leur public avec ces images d’un animal disparu. Mais les deux principaux artistes du village, respectivement grand-père et grand-oncle de l’héroïne, manquent à l’appel. Le premier est disparu dans le désert, l’autre est brûlé par le soleil et perdu dans son délire. C’est à elle, malgré son jeune âge, de prendre la relève.

Fable écologique, roman initiatique raconté à la première personne, abordant aussi les questions des traditions et du changement qu’on retrouve presque toujours chez Rochon, c’est vraiment un petit bijoux. Je l’ai relu avec les mêmes images, les mêmes émotions qu’autrefois.

Publicités

Étiquettes : , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :