Dante, es-tu là?

Suite et fin provisoire de ma petite série sur Esther Rochon avec:

Lame

Esther Rochon a écrit un cycle nommé les Chroniques infernales. Lame en est en quelque sorte le préambule. Ce qui vient avant le premier tome des fameuses Chroniques. Posant quelques personnages essentiels, mais se lisant aussi parfaitement comme un roman autonome.

Lame est le nom de la secrétaire des enfers mous. Ou du moins, c’est le nom qu’elle prend au début du roman, après avoir oublié le sien et décidé de se nommer face à un étranger. Au cours de sa vie, elle a haït son corps et sa vie. Elle prenait un plaisir pervers à s’automutiler. Punir son corps de n’avoir pas été beau. Et la haine qu’elle a eu de sa vie lui a valu les enfers mous. Où elle a un beau corps… au début. Où elle est condamné à jouir… d’atroce façon. Trop manger, trop baiser, jusqu’à rendre son corps pareil à une limace adipeuse et jusqu’à anéantir sa psychée. Le plaisir sans la dignité. La tyrannie du corps sur le reste. Mais contrairement aux autres damnés, elle s’accroche. Elle a son boulot de secrétaire. Ça lui permettra de sortir des enfers mous.

Écrit à la troisième personne, le style est plus relevé que dans l’Archipel Noir. Surtout pour la première moitié. La deuxième souffre de trops longs récits d’une révolte d’adolescente (pas Lame, mais une de ses amis) d’une affligeante banalité. D’autant plus affligeante qu’on a l’impression que l’auteur ne s’en rend pas compte. Mais c’est à lire. Ne serait-ce que pour les paysages dantesques qui parsèment le roman. Et le terme de « dantesque » est rigoureusement choisi, c’est le mot le plus approprié qu’on puissse trouver, il s’impose comme une évidence… et c’est peut-être pour ça que Rochon a évité de l’employer ne serait-ce qu’une fois dans l’ensemble de son roman. C’est à lire aussi pour un fondement philosophique intéressant, sur la façon dont les hommes façonnent leurs propres enfers. C’est à lire finalement pour une finalité originale, sur la transformation des enfers. Ce qui donnera certainement lieu au récit des cinq tomes suivants. Mais ça, ce sera pour plus tard. Là, je lit du Vonarburg (je commence le deuxième tome de la Reine de mémoire).

PS: Les éditions Alire annoncent une réédition de Lame pour cet automne.

Edit 24 novembre 2008: En discutant avec un employé de chez Alire au salon du livre, j’ai appris que ce livre avait été réécris par Rochon à l’occasion de la réédition. Peu de changements vu que cela aurait un impact sur la suite des Chroniques infernales, mais en revanche des changements de styles. L’écriture de l’auteur s’étant améliorée depuis la première version de Lame, la seconde est probablement meilleure.

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