Deux innocents

Cette chronique révèle des éléments-clés des films Cube et Le Village. Je ne pense pas que grand-monde en fasse un drame étant donné qu’il s’agit là de vieux films, mais mieux vaut prévenir que guérir, vous êtes donc prévenus.

J’ai bien aimé Cube, bien que j’en ai manqué les premières minutes. Un groupe de personnes se retrouvent emprisonnées dans une vaste structure, aussi absurde que meurtrière. Un labyrinthe de cubes qui ne cessent de se déplacer les uns par rapport aux autres, certains de ces cubes contenant des pièges mortels. Un policier, une théoricienne du complot, une étudiante en mathématique, un ingénieur et un autiste. Chacun a un morceau du puzzle, solution à la survie du groupe et à son évasion du piège. Les capacités physiques du policier, la compassion de la complotiste, l’intellect de l’étudiante… l’ingénieur réalise qu’il est de ceux qui, sans le savoir, ont conçu la structure; quant à l’autiste, il s’avère une véritable calculatrice humaine (fort utile pour l’étudiante). Comme dans tout huis clos, le choc des personnalités s’avère être le pire ennemi du groupe. On a affaire là à un film efficace qui soigne autant le suspense que les relations entre les personnages. La métaphore du cube frappe l’imagination.

Ce qu’en revanche j’ai moins aimé, c’est la fin, symbolisme moralisateur et niais au possible. Attention spoilers? Oui et non, car c’est prévisible pour quiconque se donne la peine d’y réfléchir vraiment: l’unique survivant est bien évidemment l’autiste, qui sort du cube dans une grande lumière blanche. L’autiste, alias bien évidemment l’innocent. Beurk.

Le spoilers pour le Village est moins prévisible. On parle d’un film de Shyamalan, un réalisateur qui soigne ses rebondissements après tout (sauf dans The Happening).

Le Village présente une autre figure de l’innocence, un simple d’esprit, idiot du village, qui joue joyeusement avec l’héroïne dont il est naïvement amoureux. Jeune fille que le héros va demander en mariage. Il expliquera aimablement à l’innocent qu’il existe plusieurs sortes d’amour avant de se faire poignarder dans le ventre par ce même innocent. On découvre par la suite que l’idiot du Village massacrait des animaux pour le plaisir et qu’il s’est déguisé en monstre à plusieurs reprises, donnant ainsi vie aux légendes locales.

Voilà une vision de l’innocence que j’aime tout particulièrement, moins naïve, moins judéo-chrétienne, peut-être plus lucide. Car l’innocence telle que décrite par Shyamalan, c’est bien de se situer en-dehors du schéma du bien et du mal, de ne pas faire la distinction entre les deux. Notre fréquente nostalgie et admiration pour l’innocence viendrait-elle d’une confuse conscience que notre bonheur est souvent troublé par nos impératifs moraux?

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Une Réponse to “Deux innocents”

  1. Relire la Genèse « Temps et fiction Says:

    […] la Genèse By Déréglé temporel Dans la foulée du billet d’hier, Deux innocents, où je disais que l’innocence, c’est quand on n’a aucun sens du bien et du mal, […]

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