La ville s’en bal: entre succès et flop

Jeudi dernier avait lieu l’événement La ville s’en bal, dans le cadre de Juste pour danser, à l’intérieur du volet Arts de la rue du festival Juste Pour Rire (ne demandez pas de précision, je sais que ça fait compliqué, mais je ne peux pas expliquer l’organigramme byzantin du festival). Concept enthousiasmant et ambitieux qui invitait le public à s’approprier la rue pour danser. Le tronçon de Ste-Cath qui y était dévolu comportait six scènes: tango, western, ballroom, traditionnel québécois, danses latines, hip hop.

J’avais un cours de tango ce jour là et il y avait aussi la soirée westy swing du Studio. Je suis donc passé à l’événement deux fois, au tout début, puis vers 10h, pour voir.

Au regard de mes deux passages, le bilan est mitigé, et variable selon les scènes. Les danses en ligne, western et traditionnel québécois, avaient l’avantage de présenter des danseurs pas trop intimidants. Certains avaient même l’air un peu gênés de se trouver sur scène, ce qui aurait été dommage pour un spectacle, mais était de bon ton dès lors qu’il s’agissait d’inviter le quidam a danser. Sauf que ça ne semble pas être allé plus loin: on avait l’impression d’assister à leur trip depuis l’extérieur et de n’être pas invité à nous y joindre. C’est bien beau la danse en ligne, mais c’est inaccessible à qui n’en connaît pas les pas à l’avance. La scène québécoise, du reste, est celle qui semble avoir attiré la plus faible audience, et était pratiquement délaissée à mon deuxième passage.

La scène de tango a attiré un bon nombre de spectateurs. Le terme est choisi à dessein: je n’en ai pas vu un seul danser. Le hip hop, je n’ai pas trop remarqué, mais il semble que ce soit resté à l’état de spectacle également. Un bon point pour la scène de danse latine, quand j’y suis passé, l’animateur prenait le temps d’expliquer ce que les danseurs faisaient au public… mais ce n’est pas encore de la participation. Le meilleure note va à la scène ballroom, où j’ai vu donner un cours de valse. Cela dit, même sur cette scène on voyait surtout des danseurs donner un spectacle.

Côté audience, l’événement est un succès. Côté « réappropriation de la rue », pas trop.

Quel est le problème? Toujours difficile à dire. À la base, les gens ne sont pas portés à danser d’eux-mêmes, ils sont spectateurs dans l’âme. Mais je pense que quelques éléments de l’organisation ont accentué ce côté:

  • Les scènes surélevées. Monsieur/madame tout-le-monde ne veut surtout pas aller danser sur une scène surélevée où tout le public va pouvoir le/la voir. La scène surélevée distribue d’emblée les rôles: il y a un spectacle sur la scène, un public en bas. Il eût été plus judicieux de poser des planchers de danse à même le sol.
  • L’organisation de l’animation. L’organisation était assurée par des danseurs qui voyaient surtout l’événement comme l’occasion de faire un peu de publicité à leur école. C’est de bonne guerre, mais ça donne aussi l’envie de montrer ce dont on est capable. D’où beaucoup de démonstrations et peu de participation. La consigne donnée aux danseurs de ne pas se montrer intimidants pour le public était insuffisante. Les cours étaient une bonne idée, mais idéalement ils auraient dû aller directement inviter les gens à danser. Symptômatique, une phrase de l’animatrice de la scène de tango « Si vous savez danser le tango, on va même vous inviter à venir danser avec nous plus tard.  » Pleine de bonne volonté, la dame, mais la tournure de l’annonce était propre à décourager l’assistance de participer. Il eût fallu dire « On vous invite à venir danser, même si vous ne dansez pas le tango.

Cela dit, malgré le relatif échec de l’objectif participatif, l’événement aura participé à la nouvelle visibilité des danses sociales. Si les écoles de danse engagées y ont trouvé de nouveaux élèves, on retrouvera une partie d’entre eux sur les planchers de danse de Montréal l’année durant, ce dont on ne peut certainement pas se plaindre.

À ce propos, j’aimerais signaler l’excellente initiative de la journaliste Marie-Hélène Papillon de créer une site, VoulezVousDanserAvecMoi qui recense toutes les occasions de danser à Montréal. Sous le pseudonyme de Cendrillon, elle y offre également quelques articles de sa plume sur le thème des danses sociales.

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