Un ange dans la rue

Aujourd’hui on parle de Gueule d’Ange, roman de Jacques Bissonnette paru aux éditions Alire. On y retrouve son policier fétiche, Julien Stifer, mais pas dans le premier rôle.

Je l’ai acheté parce que, de toute évidence, je suis dans une période polar. Sinon, bah… parce que l’héroïne s’appelle Anémone, et que je trouve ça joli. Elle est diplômée en criminologie, spécialisation criminalité juvénile, et elle a bénéficié d’une nouvelle politique du service de police pour entrer aux homicides, s’attirant ainsi l’hostilité de ses collègues qui ont tous trimé de longues années pour arriver là. Ça aussi, le débutant qui fait son expérience et l’intégration dans un nouveau milieu, ce sont des thèmes qui viennent me chercher.

Tout commence par le banal meurtre d’une prostituée adolescente dans un parc. Anémone va assister le lieutenant Stifer, lequel est toujours très affecté lorsque des adolescentes se font tuer. Liée à l’enquête, la disparition d’une amie de l’adolescente, une fille surnommée Gueule d’Ange, fugueuse depuis peu, vivant dans la rue.

C’est donc une exploration du monde de la rue que propose ce roman. Le lecteur suit les policiers de squat en squat, interrogeant les travailleurs sociaux, les prostituées, les drogués et les mendiants pour dénouer les fils de l’affaire et retrouver Gueule d’Ange. L’affaire n’est pas facile, et ils rencontrent surtout l’hostilité des jeunes des rues, le mutisme des travailleurs sociaux, l’exaspération des « honnêtes gens » qui voudraient bien vivre débarrassés de la « racaille ». Mais Bissonnette ne se borne pas à cela, et on a droit à une intrigue qui n’a rien de banale, et se mêle d’exotisme.

Accessoirement, il y a aussi une pirate informatique dans l’histoire, un personnage-type devenu aussi courant et banal dans les polars qu’un commissaire de police.

Voilà une histoire plutôt attrayante, un scénario assez original pour ne pas tomber dans la simple « chronique de la rue ». Le style, toutefois, est plutôt terne. Efficace, dans le sens où l’histoire est claire et se suit sans difficultés, mais il manque de souffle, de ce petit quelque chose qui fait décoller l’émotion et embarquer le lecteur dans l’histoire. Les personnages secondaires sont parfois un tantinet trop caricaturaux, mais les personnages principaux, en revanche, sont assez forts pour soutenir le récit. Anémone tient ses promesses, l’auteur a bien su mêler en elle l’intelligence et le talent, d’une part, et les erreurs de l’inexpérience, d’autre part. Stifer laisse deviner sa complexité à travers ses actes plus que ses paroles. Quant à Gueule d’Ange, c’est la bonne surprise du roman, un personnage véritablement charismatique malgré son jeune âge.

Dernière, mais non la moindre, des qualités de ce roman, c’est de nous réserver à intervale régulier des petits chocs, le genre qui doivent faire parti du quotidien des policiers, et qui rendent le métier difficile pour le morale. Des petites horreurs qui s’accumulent.

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