Du tango et du cirque

Soirée agréable au Vieux-Port. Le vendredi soir, en août, la place des vestiges est investis par les danseurs de tango, réunis pour une milonga (c’est le nom donné à un bal de tango). Grâce à un groupe invité, on a droit à du tango joué live, en plein air, avec un température idéal, pas trop fraîche, pas trop humide, pas trop chaude.

Comme mon autobus a voulu que j’arrive une demie-heure d’avance, j’ai profité de ma présence au Vieux-Port pour partir à la recherche de quelques circassiens. Le Vieux-Port propose en effet cet été une promenade des arts du cirque, où se présentent les artistes des Sept doigts de la main et de la Loupiote. Je ne me souvenais pas des sites exacts où les spectacles devaient se produire, mais comme la Loupiote est un bateau, je me suis dit qu’en longeant le quai je devrais finir par l’apercevoir. Puis mon regard a été attiré par deux gars, l’un en équilibre sur les mains de l’autre, du côté du parc. Je presse le pas dans cette direction, mais je me rends vite compte que le contexte est trop informel pour être un numéro. Je rebrousse chemin en cherchant où je pourrais me renseigner, et j’avise à une table un finissant de l’école de cirque, sûrement pas là par hasard. Je pense une seconde aller lui demander où et quand a lieu le prochain numéro. Si je l’avais fait, il m’aurait sûrement répondu « ici, dans 30 secondes ». Dans ledit délais, une jeune fille arrive à la table « ah, t’es là? ça fait une heure que je t’attends là-bas… » à priori, ça ressemble à une querelle de couple, et c’est presque crédible. Sauf que les répliques suivantes et la gestuelle de la demoiselle indiquent clairement que j’assiste au début d’un numéro. Le manège des deux artistes attire les badauds, jusqu’au moment où la jeune fille monte sur la table, puis sur son partenaire. La scène de ménage devient un numéro de main à main, qui sera suivit un peu plus tard par un numéro d’équilibre de la part d’un « serveur ». Je pars à la recherche des autres sites, mais à l’exception de la Loupiote, ils ont tous terminé leurs spectacles pour la journée. Je repasse donc devant le premier site (la Scena), où j’assiste encore à un numéro de jonglerie déguisé en publicité pour des « energie box ». Mais la milonga doit commencer, alors je m’éloigne un peu.

Je ne cesse pas d’être spectateur pour autant: la soirée commence par une démonstration de tango faite par des danseurs chevronnés. La fin du spectacle est le début d’un cours d’initiation au tango auquel je ne prends pas part, malgré le peu d’expérience que j’ai encore de cette danse. Quand j’ai commencé le swing, je faisais toujours ces cours d’initiation au début des soirées. Je ne ressens pas un tel besoin pour le tango. Je profite de l’interlude pour discuter avec des amis qui viennent d’arriver. À 20h30 je m’éclipse un moment pour aller du côté de La Loupiotte. Le numéro auquel j’assiste est tout en poésie, incluant des équilibres sur le bastingage et dans le mat, un peu de main à main et, surtout, du tissu dans le gréement du bateau. Ma curiosité satisfaite, je reviens vers la Place des vestiges, où la danse commence pour de bon.

Il me faut un moment avant de tâter de la piste de danse. Le tango m’incite moins à foncer tête baissée que ne le faisait le swing. Ça ne m’empêchera pas d’inviter quelques inconnues au cours de la soirée, quitte même à donner, du haut de mes quatre grosses semaines d’expérience, un petit cours d’introduction à l’une d’elles (y doute de rien, le gars!). La piste n’est pas de la plus belle qualité: c’est du béton, ça ne glisse pas. Une de mes partenaires m’averti de ne pas abuser des ochos (voir seconde 40), qui, quand ça ne glisse pas, arrachent les semelles. Voilà qui limite considérablement mon répertoire… heureusement que ce n’est pas un interdit total.

Il est agréable de danser en plein air, quoique les expériences sont très diverses. Swing l’été, de midi à 17:00, a une ambiance de gros pique-nique sous le soleil. Cela se déroule aux Serres de Verdun, comme le tango du mercredi soir. Ce site a l’avantage de présenter peut-être la seule piste de danse en plein air sur laquelle les souliers peuvent aisément glisser, une piste qui offre par ailleurs beaucoup d’espace pour évoluer. Il est aussi relativement isolé, ce qui fait que les danseurs se retrouvent entre eux. Sur la place des vestiges, c’est un peu différent. La piste est d’une taille acceptable, mais nettement plus modeste. Et surtout, elle se trouve au milieu du vieux-port, lieu touristique et très passant. Autour de la piste de danse se trouvent autant les amateurs que les curieux. Ça n’est pas désagréable, et ça donne une visibilité certaine à la chose, mais l’ambiance est différente. Avantage de l’événement du vieux-port toutefois, on y danse sur la musique d’un band live, ce qui est toujours apprécié. Et comme c’est proche de tout, il y a un dépanneur pas très loin pour les distraits comme moi qui oublient toujours leur bouteille d’eau.

Au final, entre les mercredis aux Serres de Verdun et cette expérience au Vieux-Port, je commence vraiment à apprécier le tango, sa marche groundée, son énergie tranquille, sa gravité ravigorante… cette nouvelle incursion dans ce monde, bien plus positive que la première, sera sans doute plus qu’une simple incursion.

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