Auteurs-cultes

On sait qu’un auteur a atteint un statut particulier, hors-normes, quand on invente un adjectif à partir de son nom de famille.

Exemples:

Cartésien: relatif au rationalisme de René Descartes (usage très extensible)

Darwinien: relatif aux théories de Charles Darwin

Foucaldien: relatif à la pensée de Michel Foucault.

Certalien: relatif à la pensée de Michel de Certeau.

Popperien: relatif à la pensée de Karl Popper.

Le bal est ouvert. Quels noms proposez-vous?

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22 Réponses to “Auteurs-cultes”

  1. Claude Says:

    Il est assez imprudent de faire des commentaires dans un blogue aussi culte ou cultivé (choisissez) que le vôtre. Mais je prends le risque en vous proposant dantesque d’après Dante Alighieri. Simplement pour vous montrer que je vous lis à l’occasion, espérant toujours y retrouver un billet circassien (adjectif d’après l’auteur bien connu Circus 🙂 )
    Claude

  2. Déréglé temporel Says:

    Excellent exemple, Claude.
    « Dantesque », c’est aussi un adjectif qui nous change des mots en « iens ». 😉

    C’est une heureuse surprise de constater que vous me lisez.

    « un blogue aussi culte ou cultivé (choisissez) que le vôtre. »

    culte, c’est très exagéré. Je suis bien content quand je dépasse cinquante visites (et non visiteurs, nuance importante).
    Alors, sans fausse modestie, je vais choisir cultivé. 😉

    « Il est assez imprudent de faire des commentaires »

    meuh non! L’endroit est un peu intello, mais se veut convivial. Quiconque est aimable recevra bon accueil.

    « espérant toujours y retrouver un billet circassien (adjectif d’après l’auteur bien connu Circus 🙂 ) »

    Héhé.
    Justement, je suis allé voir Laisser-Porter vendredi dernier. Je vais méditer un petit billet dessus.

  3. Gabriel Says:

    Platonicien?
    Aristotélicien?
    Augustinien?
    Nietzschéen?
    Parménidéen?
    Héraclitéen?
    Gabrielien?

  4. Mouma Says:

    Je crois que cela n’existe pas seulement dans les grands courants de pensée. Si dans ces courants on retrouve des adjectifs, en sport et en arts, on retrouve des noms pour désigner des mouvements ou des suites acrobatiques particulières. Par exemple, en patinage artistique: l’axel (d’Axel Paulson). En gymnastique: le yurchenko (Natalia Yurchenko), le tsukahara (Mitsuo Tsukahara), le menichelli (Franco Menichelli). Bien sûr, cela peut paraître loin du culte ou de la philosophie mais c’est certainement un statut particulier.

  5. Déréglé temporel Says:

    @Gabriel: « Gabrielien? »
    On en reparlera quand tu auras une peu plus de métier. Et puis je pense qu’alors, on utilisera plutôt ton nom de famille que ton prénom.

    @Mouma:
    « Si dans ces courants on retrouve des adjectifs, en sport et en arts, on retrouve des noms pour désigner des mouvements ou des suites acrobatiques particulières. »

    C’est vrai, je n’y avais pas pensé, mais c’est le même phénomène. Mais qu’est-ce qu’on fait quand le même sportif invente plusieurs mouvements?

    …….

    c’est amusant, en fait, de voir avec les exemples qui s’accumulent (je ne doute pas qu’il en existe des centaines) qu’il ont différent statuts. Certains sont carrément passés dans le langage courant, d’autres sont plutôt le fait de groupes d’initiés (certaliens, héraclitéens).

  6. Arkalys Says:

    Il y avait bien cet adjectif popularisé par une désormais Italienne d’adoption, « deslandrien », mais vu que Firefox me le souligne en pointillés rouges, il n’a pas encore dû entrer dans le langage courant. Encore un qui reste « le fait d »un groupe d’initiés » !!

  7. Déréglé temporel Says:

    lol! ainsi que le verbe « deslandriser » et le nom « deslandrisé »! En effet, c’est d’un très petit nombre d’initié dont il est question!

  8. Mouma Says:

    A contrario, il y a certains courants en arts qui s’inventent des noms qui n’ont rien à voir avec leurs créateurs. Je pense à Picasso pour le cubisme, à Dali pour le surréalisme, à Seurat pour le pointillisme, à Vincent Van Gogh qu’on a classé dans les impressionnistes mais qui, à mon avis, se situe à des milliers de lieux des autres impressionnistes comme Renoir et Degas. Tous uniques par leurs styles mais qui n’ont pas créé d’adjectifs dérivés de leurs noms propres.

  9. Déréglé temporel Says:

    Oui, mais en même temps, Picasso n’était pas le seul cubiste (Dali en a fait aussi, notamment) et Dali n’était pas le seul surréaliste ( – Matisse).
    Certains « courants » se nomment selon l’héritage d’un maître spirituel (platonicien, augustinien), mais je pense que la plupart préfèrent un nom descriptif (surréaliste, libéral, etc…).
    Dans certains cas (foucaldien…) l’adjectif se réfère plus à une oeuvre qu’à un courant de pensée (c’est rare que quelqu’un va se qualifier de foucaldien).

  10. Mouma Says:

    Mais ils sont tous le produit de leur époque. En ce sens, ils ne sont pas uniques. Ils constituent plutôt un summum de l’ensemble des pensées/courants de l’époque qui ont soit produit, soit favorisé l’émergence de leurs dons. Qu’ils aient été Aristote ou Freud ou Picasso, peu importe, ils sont nés dans un contexte, ont tous reçus une forme d’éducation et ont eu des mentors, des idéaux et de farouches opposants. Peut-être pourrait-il s’agir même d’une forme d’égotisme propre à la discipline. Ainsi, on pourrait supposer, sur la base d’égotisme, que les philosophes et les psy auraient de bien plus gros égos (ou des egos différents) que des artistes comme Picasso. Et comme l’ensemble des membres de cette discipline souffre de ce même type d’ego, il l’entretienne en particularisant un système de pensée fondé sur leur nom. Hypothèse qui pourrait être soumise à la question suivante posée aux penseurs en herbe: Quelle est votre plus grande ambition? et dont la réponse serait: donner mon nom à un important courant de pensée. Ce qui, somme toute, pourrait expliquer pourquoi dans certaines disciplines, on adjectivise le nom ( ce qui constitue un simplification sans aucun doute exagérée mais qui pourrait bien pointer une petite réalité au fond inavouable) alors que dans d’autres, on lui préfère un nom descriptif. Bref, pour résumer, quels foutus narcissiques ils font ces philosophes!

  11. Déréglé temporel Says:

    Ben, même un personnage éminemment orgueilleux comme Lévi-Strauss ne donne pas forcément son nom à un courant de pensée, même s’il l’incarne. Dans son cas, c’est le structuralisme.
    Certains rêvent peut-être de laisser leurs noms à un courant de pensée, mais en définitive ce sont ceux qui les suivent qui nomment les choses.

  12. Mouma Says:

    Mais Lévi-Strauss était avant tout anthropologue. Les anthropologues ont créé des courants qui n’étaient pas nommés d’après leurs noms.
    Pour le deuxième point, s’il est vrai que ce sont ceux qui les suivent qui nomment le courant, on peut se demander s’il n’y a pas un peu de projection de leur part avec l’espoir que la « coutume » continue quand leur tour sera venu, consacrant ainsi leur gloire. Il s’agit dès lors d’un égotisme disciplinaire, égotisme alimenté par des ambitions personnelles profondément enfouies. Après tout, quel philosophe ne rêve pas de gloire? pour lui (ou elle) qu’y-a-t-il de mieux qu’une prospérité issu de son nom?

  13. Déréglé temporel Says:

    Mais c’est vrai aussi chez les psys (on dit « cognitiviste » et non « piagetien ») ou même en philosophie (« sartrien » ne se réfère pas à un courant de pensée, mais seulement à l’oeuvre de Sartre; le courant, c’est l’existentialisme).
    Mais je suppose qu’il doit y avoir quelques habitudes plus ou moins ancrées selon les disciplines.

  14. Claude Says:

    Bravo, la formule est payante, vous avez réussi a créer de l’émulation et du mouvement dans votre blogue. Pour ma part, j’aimerais revenir à l’idée de Mouma et vous proposer un patronyme : Barnum! Me voici dans mon domaine. Je parle donc de Phineas T. Barnum (1810 -1891), le célèbre imprésario américain qui créa « The Greatest Show on Earth » , le cirque Barnum & Bailey. Ce nom est utilisé de diverses façon.
    En psychologie, on parle de l’effet Barnum (effet de validation subjective).
    Comme nom commun, un barnum pourra désigner du tapage, du désordre ou encore le cirque médiatique, ex : « Le barnum du procès Clearstream débute ce lundi » (titre relevé dans la presse)
    Un barnum peut aussi désigner un organisateur de spectacles. Mais le terme est vieilli nous dit le dictionnaire.
    Le barnum est aussi une tente légère utilisée dans les marchés publics ou une tente pour réceptions.
    Ce terme, en général, semble peu ou pas utilisé au Québec, mais est bien présent dans la francophonie européenne.
    Claude

  15. Mouma Says:

    Le Cirque Barnum m’évoque un gigantesque cirque sous chapiteau avec tigres en cage et ronde d’éléphants, une grande piste centrale et deux petites collatérales avec un nombre hallucinant d’artistes. Idées sans doute issues d’un film que j’ai dû voir dans ma jeunesse. Personnellement, je trouve que ça ne se dit pas très bien comme expression. Je ne connaissais pas l’expression « effet barnum »; je trouve cela très intéressant. Je me demande si dans quelques années, on ne se mettra pas à parler de « cirque solarien » comme un cirque issu de la tradition du Cirque du soleil. Je ne crois pas qu’on parlera de cirque « lalibertaire » ou « lalibertien » puisque que ces deux termes laissent présager autre chose que le seul nom de Guy Laliberté 😉

  16. Déréglé temporel Says:

    Ça fait pas mal d’usages à barnum, pas tous forcément très flatteurs, mais l’impact est indéniable. Je ne me souviens pas avoir entendu utilisé ce terme dans le langage courant, mais je connais Barnum bien sûr (puisque je lis Alonzocirk ;)).
    Son collègue Mr. Bailey ne se serait-il pas recyclé dans l’alcool par la suite? 😉

  17. Déréglé temporel Says:

    Il me semblait bien avoir entendu parler de l’effet Barnum. Grâce à wikipédia, je m’en souviens, c’était dans des textes sur la lecture à froid et les méthodes de manipulations.
    Le site des sceptiques du Québec explique le nom comme ça:

    « Effet Barnum » est une expression qu’aurait créée le psychologue Paul Meehl, en référence à l’homme de cirque P.T. Barnum qui avait la réputation d’être un maître de la manipulation psychologique. [1]

    Ce à quoi un internaute à répondu:

    Ce n’est pas l’origine exacte de l’expression.
    Les spectacles Barnum étaient composés de plusieurs scènes, de sorte que chacun pouvait y trouver son compte.
    C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’expression.

  18. Mouma Says:

    Il me semble alors que l’effet Barnum serait particulièrment « pernicieux » en ce sens que peu importe l’objectif de la manipulation, l’effet fait en sorte de laisser dans un état d’émerveillement permanent le manipulé. J’en déduis aussi que Barnum devait produire un émerveillement tout à fait extraordinaire pour qui allait voir ses spectacles.

  19. Sombre Déréliction Says:

    Marxien! Je crois que c’est lorsque les anciens marxistes ont viré au vert…

    😆

  20. Claude Says:

    Je ne pensais pas que la référence à Barnum allait provoquer tant d’intérêt de votre part. Aussi permettez-moi d’apporter quelques précisions ou rectifications.
    Le film évoqué par Mouma est fort probablement « Sous le plus grand chapiteau du monde » The Greatest Show On Earth (titre original) réalisé en 1952 par Cecil B. DeMille et gagnant d’un oscar. À cette époque le cirque était devenu Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus. Il y avait bien trois pistes, mais d’égale dimension (42 pieds de diamètre).
    Non, Déréglé Temporel (pseudonyme intéressant!), ne vous laissez pas tromper par l’homonymie, James A. Bailey ne s’est pas recyclé dans l’alcool, je ne sais même pas s’il buvait. Barnum, par contre, aurait bien été capable de le faire s’il n’avait pratiqué la tempérance. Curieux et fascinant personnage, bien que profondément religieux, c’était un incroyable menteur, bluffeur et farceur. Homme d’affaire infatigable, il est considéré comme un génie de la publicité. Ceci explique probablement l’effet barnum. Il jouait sur l’imagination (et la naïveté) du public et était capable de faire croire à des choses qu’il ne montrait pas réellement. Il débuta en exhibant une vieille femme noire, Joice Heth, qu’il présentait comme la nourrice du général Washington âgée de 161 ans (!?) alors qu’elle n’avait que 80 ans environ. Barnum jouait beaucoup sur le sentiment patriotique américain. Mais ce n’était pas du cirque, il était imprésario et montreur de phénomènes. Il n’arriva au cirque que tard dans sa vie (63 ans) lorsqu’il s’associa avec Bailey, lui un véritable homme de cirque qui possédait déjà un établissement respectable.
    Je termine rapidement mon exposé historique car ce blogue n’est pas destiné à devenir une tribune de l’histoire du cirque et je ne pense pas non plus qu’Alonzocirk consacre beaucoup de temps à monsieur Barnum, car je n’ai pas une grande sympathie pour lui. Oui, l’effet Barnum est pernicieux. Oui, c’était un manipulateur. Et ce n’est pas pour cela qu’il n’a pas ma sympathie. Tant pis pour les dupes qui sont victimes de leur naïveté. Personnellement, j’en veux à ce monsieur pour avoir inventé le cirque à trois pistes pour des raisons purement commerciales. Cette mode a pollué le cirque américain jusqu’à aujourd’hui.
    Un dernier mot. Je ne crois pas que l’on parlera de « cirque solarien », car le cirque du soleil appartient à une tendance clairement identifiée le « cirque néoclassique » prolongement du cirque classique ou traditionnel. À distinguer du cirque contemporain représenté magnifiquement par les 7 doigts de la main.
    Point final à mon verbiage.

  21. Mouma Says:

    Cher Claude,
    ce serait bien pour nous, incultes du cirque, d’avoir un petit billet sur alonzocirk pour nous expliquer, grosso modo, les principaux genres ou courants du cirque (ou je ne sais pas comment vous appelez ça dans votre milieu). J’entends parler de cirque contemporain, cirque d’auteur, etc. mais très franchement, en connaître les termes ne me dit pas grand-chose. Par contre, les rattacher à des cirques très réels comme les 7 doigts, me donnent une très bonne idée. Cirque néoclassique?! pouah, qu’est-ce que c’est laid! Par ma part, le néoclassisme est plus associé à l’époque napoléonienne, au retours vers le classicisme gréco-romain, à la tragédie. Ça fait plutôt ringuard pour désigner le cirque poétique, propre au Merveilleux (à la façon des contes pour enfants) du Cirque du Soleil.
    Je vais régulièrement vous lire et j’attends toujours avec impatience vos billets. Au fait, à quand le billet promis sur le duo trapèze? 😉

  22. Déréglé temporel Says:

    @Sombre Déréliction: héhéhé… sont-ils devenus plus lucides, leur a-t-il poussé des antennes?

    @Claude: C’est un topo très intéressant que vous nous faites là. Vous pouvez nous refaire du « verbiage » enrichissant comme ça n’importe quand.
    Je suis d’accord avec Mouma, quelques billets pour donner des repères aux amateurs seraient les bienvenus sur alonzocirk. En tout cas, je les lirais avec intérêt et plaisir.

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