District 9

Mon premier film de l’année a été District 9. Les attentes, sans êtres exagérées, étaient assez élevées, puisqu’on m’en avait dit beaucoup de bien, beaucoup de critiques le décrivant par ailleurs comme le film de science-fiction le plus original depuis longtemps (sans jamais préciser jusqu’où allait ce « longtemps »). Ça ne mets pas forcément la barre très haute, tant il est vrai qu’en matière de science-fiction, le cinéma est souvent quelques décennies en retard sur la littérature, quand il ne se contente pas d’un « verni » de science-fiction pour appliquer les recettes hollywoodiennes de films bourrins. Mais quand même… j’avais des attentes, ce qui n’est généralement pas conseillé lorsqu’on voit un film la première fois, comme on sait.

Et, surprise! je n’ai pas été déçu. La facture visuelle est travaillée, le rythme est excellent, la réalisation inventive, le mélange des genres est réussi. Le scénario est souvent prévisible, mais atténue ce défaut par le fait qu’il ne prétend pas être une histoire à chute. Le critique de Solaris a regretté qu’un cliché se glisse au coeur du scénario, mais personnellement ça ne m’a pas gêné. Les amateurs de science-fiction « scientifique », de celles qui expliquent les phénomènes scientifiques et fait de la vulgarisation par la bande, par contre, seront déçus: District 9 évite soigneusement ces parages périlleux de la science-fiction (il est si facile de faire des erreurs) en n’expliquant rien au niveau scientifique. On se situe dans une science-fiction résolument « sociale », puisque tous les enjeux évoquent ceux des camps de réfugiés.

J’évoquais le mélange de genre: on a ici un petit morceau de film imitant le reportage-documentaire (qui va aussi bien de blairwitch project à To die for), du film de bidonville violent (on pense à l’excellent Cidade de Deus), au film de robots-combattants à la japonaise (pas d’exemple immédiat en tête qui ne soit pas des dessins animés), les films d’humains transformés (La Mouche), et même un tantinet de ET téléphone maison. On y voit aussi le thème du raciste forcé, pour des raisons de survie, de se cacher parmi ceux qu’il méprise et donc de transformer son regard sur eux (oserai-je évoqué un film qui aborde ce thème pas du tout dans le même registre? … bah, je l’ai déjà fait avec E.T. après tout… Rabbi Jacob!!!). Avec pareil mélange, ç’aurait pu donner une mélasse infâme, mais la sauce prend bien, et, pourvu qu’on apprécie le ton ultra-cynique et sans complaisance adopté, on passe un bon moment.

Je vous invite à jeter un coup d’oeil au court-métrage qui l’a inspiré et à cette note de Boulet.

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2 Réponses to “District 9”

  1. Gabriel Says:

    Je n’ai pas vraiment apprécié ce film… content de voir qu’il t’a plus, mais le changement de style visuel ne semblait pas expliqué… puis la critique sociale est trop apparente, simpliste et inexpliquée… Pourquoi est-ce qu’ils ne se servent pas des armes surpuissantes qu’ils ont. Que fait le vaisseau là? Ils n’avaient pas de chef? etc…

    Je ne veux pas dire que le film ne répond pas à quelques questions du genre, mais il soulève plus qu’il ne résout.

  2. Déréglé temporel Says:

    Tu n’as pas aimé, tu n’as pas aimé, ce n’est certainement pas la première fois qu’on a des goûts différents. Mais je vais reprendre quelques points

    « le changement de style visuel ne semblait pas expliqué… »: je ne vois pas pourquoi il aurait dû l’être. C’est un choix de forme, il est assumé, ne nuit aucunement à la compréhension de l’histoire, au contraire. Je n’en demande pas plus.

    « puis la critique sociale est trop apparente, simpliste et inexpliquée…  » pas d’accord, mais là, je vais prendre soin de ne pas trop élaborer, pour ne pas être trop long. D’abord, apparente n’est pas un problème pour moi. Simpliste? Dès lors que la description faite du ghetto est crédible, elle peut difficilement être simpliste; en revanche, c’est dans les détails, et aussi dans les éléments qu’elle laisse deviner sans montrer qu’il faut aller la chercher.

    Les armes: rien ne permet de conclure qu’ils ne s’en servent pas, au contraire. Les fouilles qui accompagnent l’expulsion laissent deviner qu’il existe dans le ghetto de nombreuses caches d’armes faites par les gangs d’extraterrestres. En revanche, les robots de combat et choses semblables sont connectés au vaisseau, et ne pouvait pas être employées sans le fluide. Et ce fluide manquait.
    Et si tu poses la question de savoir pourquoi ils sont opprimés dans le ghetto s’ils peuvent se servir de ces armes, alors là la réponse est évidente: parce que des armes puissantes ne suffisent pas.

    « Ils n’avaient pas de chef? » La réponse est suggérée par le documentaire: il s’agit essentiellement de drones à l’intelligence limitée, à part quelques individus exceptionnels. L’élite qui devait commander le vaisseau est absente, vraisemblablement morte dans les difficultés qui ont amené le vaisseau à trouver refuge sur terre.

    « Que fait le vaisseau là? » À mon sens, la réponse à cette question est totalement superflue. Le film, peu importe la forme qu’il emploie, transmet essentiellement un point de vue humain sur la chose. L’absence de réponse à cette question nous mets dans la situation face à laquelle tout un chacun est sur terre: les incertitudes demeurent, de même qu’une sensation d’absurdité qui rompt avec les attentes qu’on avait face à une rencontre du troisième type.

    Bref, je ne pense pas qu’il ait la responsabilité de répondre à toutes ces questions. J’y vois même une de ses richesses.

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