La théorie de René Girard – résumé

Tiens, petit résumé de la théorie de René Girard, l’auteur du Bouc émissaire. Cité par Pennac au début de la série des Malaussène et résumé par Pelletier (par l’intermédiaire du personnage Victor Prose) aux pages 197-198 du deuxième volume de La Faim de la Terre, René Girard est un intellectuel de formation littéraire classique qui s’est redirigé, à partir de La Violence et le Sacré vers la théorie anthropologique et religieuse. Sa théorie est relativement connue du public cultivé et curieux, d’autant qu’elle est facile d’accès et simple (voire simpliste), et donc séduisante. Elle se répète aussi pas mal d’un livre à l’autre, et les ajouts depuis Des choses cachées depuis le commencement du monde sont relativement peu nombreux. Notez bien ici que j’aime bien y réfléchir, mais que j’ai pas mal de doutes sur plusieurs points.

Le point de départ de Girard, c’est la faculté de l’humain à imiter. Bien sûr, de nombreux auteurs ont évoqué cette caractéristique humaine depuis Aristote. Marcel Jousse en fait son pain quotidien. Mais Girard insiste: la nouveauté qu’il apporte, c’est que l’humain n’imite pas seulement les gestes, mais aussi les désirs des autres. Ce qu’il appelle le désir mimétique.

Le problème posé par le désir mimétique, c’est que dans un groupe, tout le monde finit par désirer la même chose. Ils entrent donc en conflit les uns avec les autres pour des choses, et ce même si ces choses ne sont pas forcément essentielles à la survie. L’imitation joue un rôle ici aussi: en conflit avec d’autres membres du groupe, un individu sera porté à imiter les désirs de son antagoniste. La haine peut ainsi prendre le pas sur l’objet initial du désir. Plus l’objet est au centre d’un conflit intense, plus il est considéré comme désirable, plus il est potentiellement générateur de haine (et donc du désir d’éliminer l’adversaire, désir susceptible d’être lui aussi imité) et ce désir peut se répandre à l’ensemble de la communauté. C’est ce que René Girard nomme la crise mimétique.

Pour résoudre la crise mimétique sans s’auto-anéantir, les groupes humains feraient appel à un mécanisme de projection, en détournant l’hostilité ambiante sur une personne extérieure, à savoir, un bouc émissaire. Voilà bien un personnage singulier, et tout à fait central dans la théorie de Girard, que ce bouc émissaire. Sélectionné pour différentes raisons, souvent une différence remarquable (souvent aussi superficielle), le bouc émissaire se voit chargé de la responsabilité des maux de la communautés, accusés de divers crimes, et sacrifié (le méthodes de sacrifices vont de la mise au ban de la société, à l’exil, ou à la mise à mort, selon les circonstances) pour résoudre tous les problèmes. Ce sacrifice du bouc émissaire a pour fonction d’unir la communauté. Mais, particularité, le bouc émissaire est également celui qui apporte la solution au problème, par son sacrifice même; une fois la haine sublimée, il sera donc traité en héros, voire divinisé. Girard pense que chaque dieu d’un panthéon polythéiste est le reflet d’une violence sacrificielle passée, dont le souvenir se serait transposé dans la mémoire collective à travers les mythes.

Dernier grand point de sa théorie (et là, il faut se rappeler que René Girard est chrétien – il dit que c’est sa théorie qui l’a converti, mais je soupçonne personnellement qu’il était plutôt à la recherche d’une justification pour rationaliser sa vocation chrétienne): la spécificité chrétienne. Le monothéisme serait déjà une rupture avec la logique du sacrifice émissaire, parce que, n’admettant pas l’émergence de nouveaux dieux, le monothéisme s’opposerait à cette constante fabrique de dieux qu’est le sacrifice. Mais, plus encore, l’écriture biblique serait la première religion (et la seule, d’après lui), à révéler le mécanisme du bouc émissaire et l’innocence de la victime émissaire, court-circuitant par là le processus, qui ne peut fonctionner que si on croit fermement en sa culpabilité.

La thèse de René Girard peine à s’imposer chez les spécialistes des religions et les anthropologues. En réaction à cette prudence des spécialistes, il commet sensiblement la même erreur que Marx et Freud: il s’enferme dans un ensemble d’argumentation circulaire, où la réfutation de sa théorie devient impossible. Pour ma part, je pense qu’il saborde sa crédibilité en agissant ainsi. D’autant qu’une personnalité arrogante et désagréable transparaît à travers son écriture. Mais là, il viendra dire que si je dis ça, c’est que sa théorie touche tellement à l’essentiel que je résiste en faisant des attaques ad hominem, donc en le prenant comme bouc émissaire. Ce en quoi il se tromperait, puisque j’aurais plutôt tendance à dire qu’il vaut mieux ignorer l’homme et sa personnalité pour mieux voir sa théorie.

Edit: 28 janvier 2011: j’ai changé le mot « falsification » par le mot « réfutation », plus adapté en français.

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24 Réponses to “La théorie de René Girard – résumé”

  1. Darwin Says:

    Merci pour ce résumé ! En lisant ce texte, je me suis fais quelques observations en vrac, pas toutes sérieuses et surtout pas liées entre elles. Je m’excuse à l’avance de ce salmigondis pas toujours ragoûtant…

    «résumé par Pelletier (par l’intermédiaire du personnage Victor Prose) aux pages 197-198 du deuxième volume de La Faim de la Terre »

    C’est dans ces moments que je regrette un peu d’emprunter mes livres à la bibli… Ce fut la même chose quand tu as parlé de l’épilogue, j’aurais voulu le relire…

    «Sa théorie est relativement connue du public cultivé et curieux »

    Ne la connaissant pas, que dois-je conclure… 😉

    «le bouc émissaire se voit chargé de la responsabilité des maux de la communautés, accusés de divers crimes »

    Ces temps-ci, j’ai l’impression que les femmes voilées servent de bouc émissaire à l’insécurité d’une partie de la société québécoise, mais que, même si elles se sacrifiaient, elles ne seraient ni traitées en héroïnes, ni vénérées…

    «je soupçonne personnellement qu’il était plutôt à la recherche d’une justification pour rationaliser sa vocation chrétienne »

    J’ai lu l’année dernière «Histoire de la philosophie occidentale» de Bertrand Russell. J’ai eu l’impression que la grande majorité des philosophes ne sont pas vraiment à la recherche de la vérité comme ils le prétendent, mais d’une façon de justifier leurs croyances, et dans ce livre, de croyances souvent religieuses. Je suis sévère, mais j’ai l’impression que c’est encore le cas. J’ai aussi lu un peu avant le Traité d’athéologie de Michel Onfray et ai eu la même impression, même si je suis à 93,17 % d’accord avec lui. Mon échantillon de philosophes est peut-être trop restreint…

    «le monothéisme s’opposerait à cette constante fabrique de dieux qu’est le sacrifice »

    Le christianisme est-il vraiment monothéiste ? On prie Jésus, Marie, la bonne Sainte-Anne, le frère André, Saint-Jude, Saint-Christophe et à l’occasion Dieu… Et les saints sont très souvent associés à un domaine précis (les causes désespérés, les taxis, etc.), comme les dieux et demis-dieux des païens…

  2. Déréglé temporel Says:

    « Ne la connaissant pas, que dois-je conclure… 😉 »

    Relativement, j’ai dis! 😉
    Plus sérieusement, à partir du moment où elle est référée par quelques auteurs de littérature populaire, et qu’on en retrouve des mentions de temps en temps dans le courrier des lecteurs de la Presse, elle est déjà plus connue que la plupart des théories philosophiques. Tu es probablement déjà tombé sur différentes références, mais sans y porter attention.

    « Ces temps-ci, j’ai l’impression que les femmes voilées servent de bouc émissaire à l’insécurité d’une partie de la société québécoise, mais que, même si elles se sacrifiaient, elles ne seraient ni traitées en héroïnes, ni vénérées… »

    Tu mets là le doigts sur ce qui est à mon avis une des faiblesses majeures de cette théorie. Dans Le bouc émissaire, René Girard commence par exposer les persécutions des Juifs au temps des grandes pestes, puis il enchaîne sur la mythologie en commençant par le mythe d’Oedipe. Ce n’est qu’une fois rendu à la mythologie qu’il sort ce concept de bouc émissaire divinisé, lequel peut bien trouver sa place dans la mythologie, mais difficilement dans les persécutions historiques.
    Mais si je me fais l’avocat de Girard (qui n’est quand même pas le diable 😉 ), j’avancerais qu’on donne bien aux femmes en hidjab un double statut: elles sont, à en croire ce qu’on lit, à la fois de terribles prosélytes de l’islam radical (statut maléfique) et les victimes innocentes de leurs hommes (statut bénéfique).

    « ai eu la même impression, même si je suis à 93,17 % d’accord avec lui. »

    J’ai souvent la même impression, sans mettre un pourcentage bluntien dessus.

    « «le monothéisme s’opposerait à cette constante fabrique de dieux qu’est le sacrifice »

    Le christianisme est-il vraiment monothéiste ? On prie Jésus, Marie, la bonne Sainte-Anne, le frère André, Saint-Jude, Saint-Christophe et à l’occasion Dieu… Et les saints sont très souvent associés à un domaine précis (les causes désespérés, les taxis, etc.), comme les dieux et demis-dieux des païens… »

    Je ne me souviens pas que Girard ai traité cette question en détail, même si je me souviens qu’il fait référence à l’occasion à ce christianisme paganisé avec sa pléthore de saints. Je pense qu’il est conscient de cette réalité, et, pour le coup, je ne pense pas que ce soit une faiblesse à sa théorie.
    Il faut déjà prendre le temps de distinguer les monothéismes: juif, musulman, chrétien orthodoxe, catholique, protestant. Le plus polythéiste de tous est le catholicisme, qui admet le culte des saints. Or, on sait bien que ce culte des saints n’est pas le produit du christianisme primitif, et a été imposé à la hiérarchie catholique, par le bas, sous la demande de populations à peine christianisée et peu éduquées. Cela traduirait la résistance de la population à une nouvelle religion qui court-circuiterait l’un de ses mécanismes de défense sociaux, à savoir le mécanisme émissaire.
    Maintenant, je pense qu’une étude détaillée du culte des saints dans la perspective d’un « test » aux théories de Girard bousculerait certains aspects de ses théories. Par exemple, Saint Vincent Ferrier n’a pas du tout le profil d’un bouc émissaire sanctifié au terme du processus, il apparaîtrait plutôt comme un persécuteur (à la fin du XIVe siècle, il a encouragé des violences anti-juives en Espagne pour finalement baptiser quelques milliers de Juifs désireux d’échapper aux persécutions).

  3. Darwin Says:

    «Tu es probablement déjà tombé sur différentes références, mais sans y porter attention»

    J’avais déjà vu son nom. Mais sa théorie, pas que je me souvienne !

    «et les victimes innocentes de leurs hommes (statut bénéfique)»

    Plusieurs portent le foulard par choix, mais, de toute façon, peu de gens s’attardent à l’aspect que tu soulèves, puisqu’on veut leur interdire l’accès à des emplois que leurs hommes auraient toujours le droit d’occuper… qu’on leur attribue le statut de «tortionnaires» ou pas !

    «Je pense qu’il est conscient de cette réalité, et, pour le coup, je ne pense pas que ce soit une faiblesse à sa théorie.»

    Je ne pensais pas uniquement à sa théorie, j’avais le goût d’écrire cela… Je sais que je n’invente rien, j’ai lu cela à bien des endroits.

    «Le plus polythéiste de tous est le catholicisme, qui admet le culte des saints.»

    J’hésitais d’ailleurs entre «catholiques» et «chrétiens». J’ai écrit «chrétiens» parce que je ne connais pas assez les autres religions chrétiennes et était sûr, ainsi, de ne pas faire d’erreur flagrante !

    «Saint Vincent Ferrier»

    Inconnu au bataillon (je connaissais le nom, mais pas plus, comme René Girard, finalement !) !

    Changement de sujet. J’ai croisé Sebas sur un autre blogue. Je suis certain que tu ne te souviens pas de ce charmant garçon avec qui tu as échangé lors de ta sortie de placard (je suis féministe). Voici ce qu’il a écrit de nous, en me répondant à la seule fois où je me suis adressé à lui (pour corriger une erreur de lecture évidente) :

    «En tout cas, j’ai remarqué que vous, Lutopium (ou Jeanne Émard), Hérétik, Déréglé temporel, Le Mutant et quelques autres pseudos que je lis sur les blogues, êtes très habiles au niveau de la ‘belle’ rhétorique, mais au niveau des analyses profondes, il faut repasser. Dommage d’utiliser (ou perdre) ses cellules grises dans dans si superficielles analyses…

    Je sais que vous pouvez faire beaucoup mieux que ça…»

    Ma réponse est à http://torrieu.wordpress.com/2010/01/06/admettons-que-je-sois/#comment-121

    Ce blogue pourrait devenir intéressant si l’hôte se débarrassait des parasites… Sinon, c’est de moi qu’il va se débarrasser ! Je n’endure pas les blogueurs qui tolèrent les trolls…

  4. Déréglé temporel Says:

    « J’ai croisé Sebas sur un autre blogue. »

    Ah, mon pote Sebas, qui voulait un chèque en blanc avant d’exprimer ses opinions. Comme tu dis, c’est gentil à lui de m’associer à luto, toi, Hérétik, le Mutant et compagnie. Balancer le vieux cliché de la « belle rhétorique sans jugement de fond », ce n’est pas vraiment à son honneur par contre. Il ne vaut pas vraiment la peine de parler de lui.
    Aïe, j’ai même failli lui répondre. J’ai même failli y répondre. Incroyable la quantité d’absurdité qu’il peut écrire quand même: « Il y aurait 100 autres parallèles à faire…
    Mais vous avez CHOISI d’associer 2 choses qui n’ont aucun lien [entre eux] autre la quantité. Et la comparaison des quantités est faite sur 2 plan différents. »
    Hé, Darwin, je ne te savais pas si machiavélique!! Oh, les vilains rhétoriciens que nous sommes!

    Je plains le pauvre torrieu, qui a effectivement l’air de quelqu’un d’intéressant, de se coltiner un pollueur pareil. Si Sebas se limitait à quelques commentaires, ça irait, mais quand il passe à quelque part, c’est une véritable inondation.

    « Inconnu au bataillon »

    Pour ma part, je le connais essentiellement parce qu’il touche de très près à mon sujet de thèse.

  5. Darwin Says:

    «Je plains le pauvre torrieu»

    Il a même écrit un billet sur Sebas… Il va apprendre… Il me fait réfléchir, je n’en demande pas plus. Mais s’il laisse Sebas agresser ses invités…

    «Darwin, je ne te savais pas si machiavélique»

    Et, crois-le ou pas, je n’ai même pas eu un chatouillement d’intention de répondre à ces conneries. Je résiste très bien à ces gens. C’est juste l’attaque directe qui m’a fait réagir, peut-être plus pour avertir torrieu que pour moi. Et je pense que torrieu a compris… Je pense qu’il fitterait avec la gang…

  6. Déréglé temporel Says:

    « Et, crois-le ou pas, je n’ai même pas eu un chatouillement d’intention de répondre à ces conneries. Je résiste très bien à ces gens. »

    Et j’admire cette faculté. J’apprends, j’apprends.

    (psst! tu as le 800ième commentaire de Temps et Fiction! 😉 )

  7. Darwin Says:

    « tu as le 800ième commentaire de Temps et Fiction!»

    500, 800…

    Pour le 500ème, ce ne fut que de la chance. Maintenant, au nombre de commentaires que j’y laisse, les probabilités sont plus fortes. Et le 600ème et 700ème ? Toi ? 🙂

  8. Déréglé temporel Says:

    Je n’ai pas remarqué, (et les comms ne sont pas numérotés, alors…) mais c’est assez probable en effet.

  9. torrieu Says:

    Je ne sais pas si c’est pour de bon, mais je pense que Sébas s’est calmé le pompon.

    « Ce blogue pourrait devenir intéressant si l’hôte se débarrassait des parasites… Sinon, c’est de moi qu’il va se débarrasser ! Je n’endure pas les blogueurs qui tolèrent les trolls… »

    Merci. Faut me laisser un peu de temps pour apprendre à traiter avec les casses-pieds, je commence à peine ma carrière de blogueur! En tout cas, merci de l’aide pour lui fermer le clapet. J’observe et j’apprends.

  10. Darwin Says:

    @ Torrieu

    «J’observe et j’apprends.»

    Bien d’accord ! Vous ne pouviez pas savoir que Sebas pollue des blogues un peu partout sur ce que nous appelons le blogoKube… Il s’est essayé récemment chez Normand Baillargeon et un seul commentateur lui a répondu. Sans nécessairement le bannir, le mieux est de l’ignorer. Il n’apporte jamais rien de positif et insulte ou ridiculise constamment les autres.

    J’ai quand même parlé de vous gentiment dans mes autres commentaires ! Et en parlant de votre blogue positivement ici, cela ne peut que contribuer à attirer chez vous des commentateurs posés comme nous ! 😉

  11. Déréglé temporel Says:

    En effet, vous ne pouviez pas savoir comment est Sebas. Il se présente mieilleusement avec plein d’idéaux sur le bon débat, l’échange dans le « respect mutuel ». Mais on découvre rapidement qu’il est une victime perpétuelle, réclamant toujours plus de respect sans en donner et sans s’efforcer de le mériter. Et le pire, c’est son hyperactivité.

    Je pense que Darwin a raison: le mieux est de l’ignorer. De toute façon, avec la réputation qu’il est en train de se construire en traînant son personnage de blogue en blogue, il n’a plus guère de capital de crédibilité. J’imagine que ça lui fait aimer les nouveaux blogues.

    « Je ne sais pas si c’est pour de bon, mais je pense que Sébas s’est calmé le pompon. »

    Bien possible. Moi je n’ai pas eu besoin de le bannir formellement. J’ai effacé quelques-uns de ses commentaires et je lui ai fait savoir qu’il était indésirable. On ne l’a plus revu depuis, sauf sur d’autres blogues.

    « Et en parlant de votre blogue positivement ici, cela ne peut que contribuer à attirer chez vous des commentateurs posés comme nous ! 😉 »

    Oui, et en plus Sebas nous déteste! 🙂

  12. Darwin Says:

    @ DT

    Il est revenu… Et me demande de lui répondre ! Il ne sait pas lire… ou ne me connais pas !

  13. Déréglé temporel Says:

    « Et me demande de lui répondre! »

    ça fait un peu partie de son mode opératoire.

  14. Sombre Déréliction Says:

    La théorie de Girard me semble bien intéressante, assez, en tout cas, pour piquer ma curiosité!

    Je ne connais pas ce fameux Sébas…. C »est-y une sorte de David Gagnon, ou encore un bouc émissaire qui paierait le prix pour être un ti-peu différent? Dans le deuxième des cas, pauvre-lui! Le prix est dur à payer pour aimer les femmes rondelettes et mélancoliques!

  15. Déréglé temporel Says:

    « La théorie de Girard me semble bien intéressante, assez, en tout cas, pour piquer ma curiosité! »

    Si tu veux pousser l’investigation, tu peux commencer par « les origines de la culture ». C’est une série d’entrevue où il détaille les grandes lignes de sa théorie. Après ça, tu as déjà l’essentiel.

    « Sébas…. C »est-y une sorte de David Gagnon, ou encore un bouc émissaire qui paierait le prix pour être un ti-peu différent? »

    Quand il est venu sévir ici, tu as dit explicitement que tu n’avais pas lu un mot de ses commentaires. Ça se passe sur le billet « je suis féministe ».
    C’est pas David Gagnon non plus. En fait, je pense que je préfère DG, il est plus direct; Sebas est un geignard qui aime se faire passer pour une victime.

  16. Sombre Déréliction Says:

    « Si tu veux pousser l’investigation, tu peux commencer par « les origines de la culture ». C’est une série d’entrevue où il détaille les grandes lignes de sa théorie. Après ça, tu as déjà l’essentiel. »

    Merci du tuyau!

    Ouais j’ai bien vu le dividu en question sur le billet « je suis féministe » et je m’en rappelais, mais je me demande tout de même c’est qui ce type, ne l’ayant pas trop remarqué ailleurs? À quel camp appartient il? Bolchevik ou libertarien?

  17. Darwin Says:

    @ SD

    « À quel camp appartient il? Bolchevik ou libertarien?»

    Même s’ils ont bien des défauts, j’imagine mal un Bolchevik masculiniste… Il me semble libertarien, mais je ne lui ai parlé qu’une fois pour lui montrer qu’il ne sait pas lire… Ey je ne lis pas toujours ses élucubrations.

  18. Déréglé temporel Says:

    « À quel camp appartient il? Bolchevik ou libertarien?»

    Au camp des emmerdeurs! 😉

    D’une manière générale, Sebas se laisse mal saisir, autant parce qu’il est peu articulé que parce qu’il avance masqué, en tâtant le terrain. Mais je suis d’accord avec Darwin, c’est pas un bolchévique.
    Masculiniste (mais refusant l’étiquette), complotiste et probablement libertarien (ou sinon, anarchiste), si j’en juge par ce commentaire chez torrieu

    « Mieux, encore, pourquoi ne pas abolir le vol par les impôts progressistes ? »

  19. Sombre Déréliction Says:

    « Mieux, encore, pourquoi ne pas abolir le vol par les impôts progressistes ? »

    haha probablement un des bozos de Tatagoniste! O.K. Je comprends votre désarroi de l’avoir à vos trousses!

  20. Darwin Says:

    @ SD

    «Je comprends votre désarroi de l’avoir à vos trousses!»

    Je ne ressens pas vraiment de désarroi, surtout de l’agacement et parfois, sur le coup, un peu de colère.

    Et il n’est pas à nos trousses, il se cherche plutôt une tribune pour diffuser ses âneries…

  21. Anniversaire statistique « Temps et fiction Says:

    […] 6. La théorie de René Girard – résumé: Voilà un billet qui a le profil type d’un coureur de fond. Les idées de Girard flirtent avec la pop-philo, et elles portent sur un sujet qui intéressent les gens: la violence, la religion, l’exclusion. Pas étonnant que quelques personnes googlent le truc de temps en temps pour en savoir plus. Une moyenne de 5 visites par jour le premier mois, et une visite par jour les mois suivants, de manière assez régulière, expliquent le total de 379 visites reçues jusqu’à maintenant. Il n’est pas impossible qu’avec le temps il grimpe au classement. […]

  22. Gereve Says:

    Je trouve ceci plutôt bien vu:

    Le problème posé par le désir mimétique, c’est que dans un groupe, tout le monde finit par désirer la même chose. Ils entrent donc en conflit les uns avec les autres pour des choses, et ce même si ces choses ne sont pas forcément essentielles à la survie. L’imitation joue un rôle ici aussi: en conflit avec d’autres membres du groupe, un individu sera porté à imiter les désirs de son antagoniste. La haine peut ainsi prendre le pas sur l’objet initial du désir. Plus l’objet est au centre d’un conflit intense, plus il est considéré comme désirable, plus il est potentiellement générateur de haine (et donc du désir d’éliminer l’adversaire, désir susceptible d’être lui aussi imité) et ce désir peut se répandre à l’ensemble de la communauté. C’est ce que René Girard nomme la crise mimétique.

    Pour résoudre la crise mimétique sans s’auto-anéantir, les groupes humains feraient appel à un mécanisme de projection, en détournant l’hostilité ambiante sur une personne extérieure, à savoir, un bouc émissaire. Voilà bien un personnage singulier, et tout à fait central dans la théorie de Girard, que ce bouc émissaire

    Pouvez-vous en faire une critique minitieuse ?

  23. Déréglé temporel Says:

    « Pouvez-vous en faire une critique minutieuse ? »

    Pas vraiment. Une telle critique devrait être le fruit de recherches préalables, de longues recherches. Je consacre mon temps à d’autres recherches.
    Je peux toutefois en faire un bref commentaire méthodologique. René Girard est assez habile pour formuler des thèses attrayantes, mais son corpus de preuve est assez maigre et il me paraît souffrir d’un biais de confirmation dans ses analyses. Aussi l’examen de sa théorie doit dépasser son auteur originel, sous peine de demeurer stérile. La théorie de René Girard peut à mon avis être découpée en un ensemble de propositions autonomes et susceptibles d’être testées séparément.
    Dans le passage que vous citez, on peut sélectionner trois proposition testables:
    -Le désir mimétique en lui-même. C’est une proposition qui relève principalement de la psychologie. C’est aux psychologues de déterminer un protocole de recherche qui permette d’identifier ce qu’est un désir et dans quelle mesure nous sommes portés à l’imiter.
    -La contagion du désir mimétique. Ça peut paraître être une répétition du précédent, dont il est étroitement dépendant, mais la question est ici d’observer dans quel mesure ce phénomène affecte les structures sociales. Toute la problématique est ici de voir si le désir mimétique, en se reproduisant, provoque les effets anticipés par Girard. Ce n’est pas aussi évident qu’il le prétend. Si on s’interroge sur le désir amoureux, on peut admettre sans trop de difficultés que plusieurs hommes peuvent rivaliser pour une même femme, et que cette rivalité engendrera conflits et haine, mais cela ira-t-il jusqu’à la crise sociale? que penser dans cette perspective d’une pop-star qui a des milliers de groupies?
    C’est une recherche qui appartient davantage aux sociologues et aux anthropologues qu’aux psychologues.
    -Le mécanisme du bouc émissaire. Quoique Girard prétende, il ne paraît pas nécessaire qu’une crise soit nécessairement mimétique pour qu’un groupe ait recours à un bouc émissaire. Personnellement, je serais aussi tenté de voir dans le bouc émissaire un sous-ensemble d’un mécanisme plus large que je qualifierais d’effort commun, lequel peut, ou non, être dirigé contre un ennemi, mais doit nécessairement unir la communauté. Comme quand les schtroumphs s’unissent pour réparer le barrage de la rivière Schtroumpf et sauver le village de l’inondation. C’est dans l’étude du mécanisme du bouc émissaire que je ferais intervenir les historiens. Pour étudier un tel phénomène, en effet, il faut se pencher sur une étude comparative des résolutions de crises. Les historiens, avec leur connaissance du passé, sont bien placés pour délimiter un corpus d’analyse et voir si, oui ou non, Girard a vu juste quant à la manière dont elles sont résolues.

  24. Les origines de la culture 4) Le scandale du christianisme partie 2 | Thomassonjeanmicl's Blog Says:

    […]  https://aigueau.wordpress.com/2010/01/18/la-theorie-de-rene-girard-resume (La théorie de René Girard – résumé) […]

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