L’art de ne pas voir Paris

Prendre l’avion à 20:00 à Montréal pour Paris.

Arriver à 8:30, heure locale, à Charles-de-Gaulle.

Passer les douanes (me semblait que c’était plus long???)

Demander le chemin de la gare de Lyon. Se faire répondre de prendre le métro.

Se diriger vers le métro.

Attendre, parce que l’entrée du métro est bloquée en raison d’une alerte à la bombe (option: ne pas remarquer que le policier et les deux soldats à l’entrée sont là pour vous empêcher de passer, et se faire apostropher en passant entre eux).

Pour passer le temps, se demander lequel des trois (le policier et les deux soldats) inspire le plus confiance (ou pas). Attention: exercice difficile.

Une fois entré dans le métro, se contorsionner et faire des prouesses techniques pour faire passer ses énormes bagages dans une entrée aussi exiguë.

Demander son chemin.

Constater que le métro de Paris est un dédale. Se demander où se trouve le Minotaure.

Trouver la gare de Lyon.

Se perdre dans la gare de Lyon (mais pas trop).

Acheter un billet de TGV pour Montpellier, de préférence le plus vite possible et le moins cher possible. (Option: se faire mal comprendre du gars au guichet, qui vous fait obligeamment économiser 10 euros, mais pour attendre deux heures de plus).

Chercher une place assise pour pouvoir poser ses bagages et souffler une seconde.

Constater qu’à la gare de Lyon, les places assises sont toutes exposées aux courants d’air. (Option: avoir fait le voyage un jour où il fait plus froid à Paris qu’à Montréal).

Cogner des clous sur place. Tenter de ne pas s’endormir pour pouvoir 1) ne pas passer tout droit 2) surveiller les voleurs qui, à en croire les messages diffusés sur place, sont monnaie courante à la gare de Lyon

Se lever à l’occasion pour faire des promenades pour se garder en éveil (bien sûr avec tous ses bagages).

Trouver une machine à café et commander un cappuccino (note: le nom est usurpé et le café est dégueux). Le boire à la recherche des effets de la caféine (durée: 15 minutes à tout casser).

Retourner à sa place assise et recommencer plusieurs fois le cycle, selon les besoins. (Option à insérer une fois dans le cycle: appeler une amie à Montpellier sous prétexte de prévenir de l’heure de son arrivée, mais en réalité parce que la conversation garde éveillé).

Embarquer finalement dans le train vers Montpellier et Perpignan. (Option durant le voyage: discuter avec le petit vieux comique qui s’en va à Nîmes).

Cogner des clous dans le train (mais là, on peut se laisser aller – option: le faire en s’appuyant sur la tablette devant soi et avoir une marque rouge sur le front au réveil – avertissement: le sommeil n’est jamais long dans un train, 2e classe).

Débarquer du train à Montpellier avec 20 minutes de retard.

Se rendre chez son amie pour poser ses bagages (option déraisonnable mais agréable: discuter longuement).

Aller prendre le tram pour l’auberge de jeunesse (avant minuit, parce que l’accueil ferme après cette heure).

– Alors, Paris? C’est beau?

– Bof. L’aéroport, c’est un aéroport. Le métro, c’est laid. Dans la gare, on peut voir des combats de pigeons barbares, des touristes, des clodos et des employés de la SNCF.

– Et la culture?

– Ah, oui, grande ville culturelle: il y a au moins deux librairies de gare EN PLUS de la librairie Relay.


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5 Réponses to “L’art de ne pas voir Paris”

  1. Canelle Says:

    arf 🙂 ça m’avait presque fait ça un jour de rendez-vous réveillonesque gargoteux.

  2. Emma Says:

    Bienvenu en France ! Sacré pépiple. Je me doute qu’on n’a guère envie de visiter quoi que ce soit dans ces circonstances.
    en même temps, Montpellier, c’est pas mal non plus.
    J’aime l’expression « cogner des clous » 🙂

  3. Sombre Déréliction Says:

    Pressé et bousculé, même en voyage! 🙂

  4. Arkalys Says:

    Le métro avec les bagages, c’est courageux. En même temps, le taxi à Paris, c’est bien trop onéreux, alors…
    Bienvenue parmi nous 🙂

  5. Darwin Says:

    Avec toutes les démarches bureaucratiques, il y a de quoi devenir marteau. Si on ajoute la fatigue du voyage, rien de plus normal que de cogner des clous…

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