À l’ombre des orangers

J’ai tellement de choses à raconter que j’oublie de faire quelques billets impressionnistes. Voilà donc un billet sur une banalité. Un petit truc qui ne laisse pas de titiller mon attention depuis mon arrivée à Valencia. Les orangers. Je passe pas mal de temps à regarder les orangers.

Peut-être qu’une partie de l’attention que je leur porte viens de ma formation (qui a dit: depuis quand t’es horticulteur?). Historiquement, les récits de voyage en Espagne, tant dans la période musulmane que dans la période chrétienne, comportent nombre de descriptions enthousiastes et ébahies des orangeraies espagnoles. Bien avant moi, les voyageurs semblent avoir été fascinés par les orangeraies. À l’époque, on s’extasiait devant la richesse que cela représentait et la beauté du paysage. Aujourd’hui, les arbres fruitiers ne sont plus des symboles de richesse, mais c’est quand même pas mal plus beau que des puits de pétrole. En tout cas je trouve ça beau. Mais je le remarque peut-être plus parce que ce sont mes lectures qui, finalement, s’incarnent concrètement.

Sinon, je repense à Montréal et à ses arbres. Là-bas aussi, il y a des arbres, qu’ils soient bien alignés dans les rues ou plus ou moins (dés)organisés dans des parcs. Ils ont pour fonction la décoration et l’adoucissement de l’environnement. C’est sûr qu’ils rendent supportable le béton ambiant, qui transformerait la ville en fournaise l’été. Mais ces arbres décoratifs ne sont pas des arbres fruitiers. Et je me pose des questions:

ces oranges-là, dans les rues, au-dessus de ma tête, c’est bien les mêmes que celles que je peux prendre dans la panier à la maison? y’a pas une arnaque? sont-elles plus sûres, les autres plus sucrées? celles-ci sont-elles des OGM, celle-là naturelles?  bref, ont-elles le même délicieux goût (notez bien: en Espagne les oranges sont plus goûteuses)?

je me demande s’il y a des règlements municipaux sur la cueillette des oranges dans les rues. En Espagne, si on va dans un resto et qu’on commande un jus d’orange, il sera presque toujours fait sur place, à partir de vraies oranges. Est-ce qu’elles viennent de la rue? Mais les orangers ont encore leurs oranges, bien colorées, bien visibles. Ils perdraient un peu leur aspect décoratif si particulier si on les dépouillait. Mais, comme par hasard, aucune n’est à portée de la main: elles sont toutes quelques centimètres trop haut. Faudrait que je saute pour en attraper une.

Une rue sur laquelle je passe tous les jours à Burjassot

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5 Réponses to “À l’ombre des orangers”

  1. Mouma Says:

    Allez hop, un p’tit swing!

  2. Sombre Déréliction Says:

    Les arbres fruitiers ont effectivement un charme terrible. J’ai toujours adoré les vergers en fleurs de Rougemont et St joseph du lac le printemps!

    qui a dit: depuis quand t’es horticulteur? Moi le premier! Et je m’apprêtais même à vous vendre une chambre froide. À 37F et à 87 pour cent d’humidité relative vous pouvez espérer les garder une couple de semaines vos oranges! 🙂

  3. Déréglé temporel Says:

    @Mouma: tiens, c’est une idée, ça! (je me demande si la blague est traduisible en espagnol…).
    On peut le faire en acro, aussi: j’envoie une fille dans les branches, je la récupère quand elle retombe avec une orange dans chaque main. Et on partage!

    @SD: je ne veux pas garder mes oranges une couple de semaines, je veux les manger tu-suite, quand elles sont bien fraîches!

  4. Claude Says:

    Vous faites un séjour dans un beau pays que je connais très bien. Je m’en ennuie et je vous envie.
    Quant aux orangers plantés le long des rues, ils sont décoratifs et produisent des oranges amères. Goûtez-les pour voir. Cette variété est habituellement utilisée pour produire des essences destinées à l’industrie de la parfumerie.
    Puisque vous êtes au coeur d’une région productrice d’oranges, allez visiter les magnifiques orangeraies et découvrez les belles oranges sanguines (naranjas de sangre).
    Bonne continuation dans vos activités.
    Claude

  5. Déréglé temporel Says:

    « Quant aux orangers plantés le long des rues, ils sont décoratifs et produisent des oranges amères. »

    Mes soupçons étaient donc fondés!
    Merci de l’information.

    Je retiens vos suggestions pour dans quelques semaines. Puisque j’aurai vraisemblablement à faire du côté de Segorbe et Gandía, ça me donnera l’occasion de voir un peu l’arrière pays.

    C’est toujours un plaisir que de vous voir passer par ici, Claude. Vos visites sont très appréciées.

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