Bouclage d’une première semaine

Je suis arrivé à Valencia il y a une semaine jour pour jour. Du moment où j’écris, il  y a une semaine, heure pour heure, j’étais effondré dans mon lit à Burjassot, dormant. Un peu plus d’une heure plus tard, je me levais pour aller à La Claca, le bar où, tous les jeudis, la communauté swing de Valencia se réunit pour s’adonner à son loisir.

Une semaine et tout est allé très vite, dès ce soir là. Car j’ai été accueilli à bras ouvert ce soir là, et le lendemain je recevais un message de la prof (y’en a pas des dizaines comme à Montréal; ici tout tourne principalement autour d’un couple qui donne ses cours). Elle avait diffusé la nouvelle de mon arrivée par sa mailing liste, précisant que je cherchais un appartement à Valencia. Elle avait déjà une réponse, l’un des danseurs cherchait un quatrième coloc. Le lendemain, je recevais d’elle un autre message: une demoiselle arrivait en ville d’ici peu; si ça ne marchait pas avec le premier, je pouvais toujours chercher avec la deuxième. J’ai écris au premier, attendu en reprenant mon travail.

La fin de semaine a été mouvementée. Du swing, toujours. Samedi, l’école faisait sa fête annuelle, dans un lieu du centre-ville au milieu du dédale de petites rues, des lieux qui me paraissaient familiers du fait que je m’y étais beaucoup promené lors des dix jours de mon précédent séjour il y a deux ans, mais dont je ne me rappelais pas du tout la configuration. J’ai quand même réussi à trouver mon chemin. Une consommation et un bocadillo (disons un sandwich) inclus dans le prix d’entrée, plusieurs tortillas à disposition, c’était souper-swing! J’ai longuement poursuivi l’opération faire-connaissance, avec mon espagnol finalement plus fonctionnel que ce que mes craintes me faisaient appréhender. J’ai rencontré pour le première fois celui qui cherchait un coloc, on a convenu d’une visite le lundi suivant.

Le plancher de danse pourtant en tuiles, était très glissant, presque autant que la patinoire de l’Apollo Jazz Café. Et pour cause! on y avait répandu du talc, pour être sûr. Vieux truc, mais j’ai été pris par surprise. Là pour le coup, je suis tombé une ou deux fois, ce qui doit bien doubler ma moyenne de chute en deux ans et demi de danse! Pas de mal, rassurez-vous. Le milieu swing valencien est plein d’énergie, et la soirée comporte sa part de jeux. En fin de soirée, par exemple, chacun s’est vu remis un petit paquet de minuscules perles d’une couleur. Correspondant à son niveau. La consigne était d’échanger une billet avec chacun de ses partenaires, et de s’efforcer d’avoir un sachet multicolore. Super bonne idée. J’ai reçu la couleur orange, donc dans les hauts niveaux, mais je ne sais pas au juste quels étaient les niveaux. Il y a eu un shim sham, bien sûr, avec les variations locales. Un jam. Et… un jam d’accueil juste pour moi! Merci à eux, c’est une sacré belle surprise.

En fin de soirée, petite leçon d’un fait évident: leurs événements ne se terminent pas à l’heure dite. Ça devait finir à 1:30, mais ça a plutôt été autour de 3:15. J’ai été raccompagné à Burjassot par un autre danseur qui vivait au loin. C’était sur sa route.

Lendemain, dimanche et au programme… du swing! C’est un petit événement qu’ils font régulièrement ici, qu’ils appellent un Clandestino. Du swing en plein air, sous le pont de Calatrava (magnifique pont… comme plusieurs des ponts qui enjambent l’ancien lit du Turia). Clandestino, bien sûr, parce qu’on n’a pas de permit! Mais pas si clandestin que ça: non seulement les badauds s’arrête pour nous regarder et nous prendre en photo, mais il y a une grande bannière de Spirit of St. Louis déployée juste derrière nous!

Danser sous le pont de Calatrava

Clandestino sous le pont de Calatrava

C’était de 12h30 à 14h30. Mais… comment se fait-il alors que je suis rentré à Burjassot vers 19h00? serait-ce qu’on n’a pas terminé à l’heure dite? En fait, on a presque fini à l’heure dite. Le dépassement étant qu’on est resté pour une tard-venue… on lui a même fait un jam. Et puis on a été prendre une bière en groupe (les bières les plus distribuées en Espagne sont des bières espagnoles, San Miguel et Alhambra). Puis on s’est rendu chez l’une des danseuses, pour manger… sois-disant. Non, pas soi-disant, on a bel et bien mangé. Mais pas que… c’est qu’elle inaugurait, voyez-vous, et qu’elle a un beau grand balcon au septième étage. Le plancher légèrement en angle, ce qui procure une sensation bizarre sous les pieds; mais sinon, on peut parfaitement y danser. Ce qu’on ne s’est pas privé de faire. Avec jam inaugurale pour l’inauguratrice de terrasse. Et exercices d’acro pour quelques-uns.

Aaah, que de swing, que de swing! Et pourtant je suis en manque, parce que je n’ai pas dansé depuis. Mon lundi était celui de la visite de l’appart, chose qui s’est conclue par un accord de déménagement le mercredi suivant. Et de la rencontre de mon professeur ressource ici à Valencia. J’avais eu l’occasion de le rencontrer lors de mon précédent séjour, il est très sympatique et a une bonne connaissance des archives. Il ne m’a pas reconnu. J’ai changé depuis la dernière fois, avec mes cheveux longs et ma barbe. On s’est occupé des archives, on s’est occupé des papiers administratifs (l’un d’eux est à refaire, c’est pour demain matin). Et on s’est donné rendez-vous pour jeudi matin.

Mardi, je m’offre une journée consacrée uniquement au travail. Parce que quand même, hein, je ne suis pas venu ici pour danser! C’est juste un bonus.

Mercredi, je passe au commissariat de police pour les papiers de résidence. Il a quand même fallu que j’en fasse quatre pour trouver le bon. Pas forts sur la simplicité administrative, les Espagnols. Et j’ai un document à faire refaire, comme je l’ai dit.

Puis, le déménagement. Curieusement, j’ai l’impression d’être encore plus chargé qu’à mon arrivée. Il n’en est rien, je n’ai rien acheté, pas même un livre (d’ailleurs, je suis surpris par le nombre que j’ai amené de Montréal… me semblait que je m’étais limité?? je vais faire comment au retour quand je vais en avoir une douzaine de plus?). C’est donc en escargot (caracol) qui transporte sa maison avec lui que je me suis rendu dans ma nouvelle résidence. Un transfert de métro, deux fois quinze minutes de marche (avant et après le métro) plus dix minutes de marche dans le métro même, le tout triplé par le poids des bagages. Pas vite vite. En arrivant, ils pensaient qu’on s’était mal entendu sur mon heure d’arrivée… nonon, j’ai juste sous-estimé le poids de mes bagages. Remarquez, la précédente locataire, qui part au moment où j’arrive, est pire que moi. Cette Ukrainienne, qui parle un mauvais anglais et un mauvais espagnol, compensant le tout par beaucoup d’expressivité et des « kapuuut! » retentissant, s’avoue girly et stéréotypée… et en effet. Je pensais que l’entrée passait par une sorte d’entrepôt. En fait, en temps normal, l’endroit est vide. Mais là, il y avait ses bagages, environ deux ou trois valises, plus un paquet contenant des partitions (elle est violoniste) qui doit faire la taille de ma plus grosse valise en deux fois plus pesant, un ou deux paquets de la même taille, mais contenant autre chose, plus deux ou trois paquets plus modestes. Un entrepôt, je vous dis! Elle a appelé un taxi, je crois, pour son déménagement, mais je ne sais pas 1) comment elle a fait pour descendre tout ça et 2) comment elle a fait pour tout caser ça dans un seul taxi.Ça s’est passé pendant que je m’installait, et le mystère reste encore entier. J’étais moi-même épuisé, et après avoir écouté la télé avec les colocs (une émission qui s’appelait quelque chose comme « Mira quién baila », adaptation espagnole de l’émission américaine « Dancing with the stars »).

Ce matin, première incursion dans les archives du Patriarche, San Juan de Ribera. Dans un vieux bâtiment. Les pièces contenant les archives elles-mêmes et les pièces de travail, ô surprise, sont assez conforme au stéréotype des archives (toiles d’araignées en moins): des pièces assez petites avec des étagères partout, recouvertes de livres anciens. J’ai eu l’impression d’entrer, non sans une pièce, mais dans une bande dessinée. Quelques temps plus tard, j’avais le nez dans mes documents. Les documents très vivants recopiés par Boronat, racontant toutes sortes d’aventures rocambolesques en lien avec l’Inquisition; et ceux, beaucoup plus arides, des rectorías de moriscos, les paroisses, surtout leur financement. Pendant ce temps-là, une équipe qui travaille avec mon prof-ressource s’occupent de numériser un certain nombre de documents. Leur équipement de photo numérique est assez impressionnant. Je vais avoir l’air niaiseux quand je vais trouver les documents que je veux conserver et sortir mon petit appareil, mais bon, il fera parfaitement la job, c’est ça qui compte.

Retour à l’appart. Arrêt à la librairie, histoire de voir ce qui se vend de bon en termes de livres dans le coin. Non, j’ai rien acheté. Pas encore. Mais j’ai été tenté.

Puis, première épicerie. Bonne pratique pour l’espagnol de tous les jours, ça, faire son marché. J’ai appris pas mal de mots.

Puis sieste, puis repas, puis ordi.

J’achève l’écriture de ce billet. Il y a une semaine, heure pour heure, je me réveillait dans une chambre à Burjassot et je me préparais à aller swinguer à La Claca. Devinez ce que je vais faire, là?

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