Synchronicité incendiaire

J’envisageais sérieusement de vous offrir le dernier épisode de la crèma. Pas là, là, mais peut-être après souper… je me suis installé dans le salon en mangeant une recette à base de pesto et d’oignons semi-brûlés, en regardant sur DVD un numéro de Rosso di Sera (littéralement: rouge le soir) quand mon coloc est survenu dans le salon en criant incendio!! J’ai pris une demi-seconde à réaliser qu’il ne me disait pas d’allumer quelque chose (le verbe encender en espagnol signifie « allumer »… la lumière, la télé, le four, etc…), puis j’ai fait un rapide détour pour fourrer mon ordinateur portable dans un sac et descendre (en oubliant de fermer la porte… je suis un homme super distrait, surtout quand je suis pris par surprise).

Je vais bien, merci.

Et mes biens sont saufs.

Le dire tout de suite coupe un peu de suspense de ce billet, mais ça évitera une crise cardiaque à ma mère, lectrice de ce blogue.

Je ne me souviens pas d’avoir suivi un incendie depuis le moment de l’alarme jusqu’à l’intervention des pompiers auparavant. J’arrive généralement après eux. Je ne peux donc pas comparer. Mais je me suis plu, en voyant arriver les pompiers à peine quelques minutes après être sorti de l’immeuble, à croire que les fallas aidaient les pompiers valenciens à être efficaces. D’ailleurs, c’était trop long pour la madame à côté de moi dans la foule qui disait à qui voulait l’entendre que c’était « une honte » que les pompiers ne soient pas arrivés plus vite. J’ai passé un moment à regarder les flammes sortir par une unique fenêtre, deux étages plus haut que mon appartement, un peu décalé à gauche de ma fenêtre. À regarder les pompiers intervenir comme dans un film pour enfants: quelques-uns qui rentrent par la porte, et deux autres en haut de l’échelle coulissante pour arroser par la fenêtre. Les flammes sont devenues une épaisse fumée blanche. Puis un peu de fumée noirâtre, très salissante à en juger par l’état de la façade autour de la fenêtre. Puis, l’inquiétude tombant (les visages des pompiers étaient décontractés, on voyait bien que l’incendie était maîtrisé et qu’on en était aux vérifications de routine), je me suis tanné (en plus, il faisait frisquet…) et je suis rentré dans le café à côté commander un café au lait et lire dans El País des histoires de volcans islandais et de terroristes pakistano-américains.

Un peu plus tard, je rentrais chez moi. On remarquait peu de différences, sinon que l’escalier était sale (les bottes des pompiers étaient passées par là) et qu’il y avait une légère odeur de brûlé dans l’air. J’ai mis la moitié restante de mon repas dans le four micro-onde. J’ai mangé. Et j’ai réinstallé mon ordinateur pour raconter mon histoire sur mon blog.

Alors, quand même, ça rappelle la question qu’on se pose des fois « s’il y a un incendie et que tu ne peux sauver qu’une chose, tu sauves quoi? ». Ben voilà: mon ordinateur (et les données qu’il contient). Le deuxième truc, celui que je me suis mordu les doigts de ne pas avoir pris (il m’aurait suffit de tendre le bras): mon disque dur portable, contenant plus d’un millier de photos d’archives essentielles à mon travail (sans compter les back-ups). Certes, ça se remplace, mais ça représente quand même beaucoup d’investissements en temps et en argent. Troisième regret, pas réaliste, celui-là: mes livres. Petite pensée aussi pour mon appareil photo, utile outil de travail. Puis les papiers officiels, en particulier mon passeport. Et là, je suis dans mon bureau, et je regarde ce qui reste et pour lequel je n’ai pas eu la plus petite pensée. Pas grand-chose en fait. Surtout des vêtements (bof), des valises (double bof), une ou deux tasses personnelles (incluant ma tasse à yerba mate), quelques DVDs. Des trucs remplaçables, ne représentant pas un travail particulier.

Quand j’étais en bas, en regardant les pompiers faire leur boulot, j’ai aussi eu un autre regret: n’avoir pas fini mon repas (ce qui est maintenant fait).

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21 Réponses to “Synchronicité incendiaire”

  1. Darwin Says:

    Ah, ce qu’il est zen, le Déréglé… 🙂

    «celui que je me suis mordu les doigts de ne pas avoir pris»

    Je relis et je ne suis pas sûr de comprendre : parles-tu de dommages potentiels ou réels ? S’il sont seulement potentiels, il s’agirait donc de mordage de doigts intellectuel…

  2. Déréglé temporel Says:

    Potentiels. Il n’y a eu aucun dommage à mon appartement, le feu est resté circonscrit à l’appart où il s’est déclaré, au septième. Je me suis mordu les doigts de ne pas avoir pris mon disque dur portable quand j’étais en bas et que je voyais les flammes sortir par la fenêtre – à un moment où il restait un zeste d’incertitude, donc.

  3. Darwin Says:

    C’est bien ce que pensais. Mais les dommages causés par l’eau sont souvent plus importants que ceux causés par le feu. Et j’imagine que de l’eau sur un disque dur ne doit pas lui faire du bien.

  4. Déréglé temporel Says:

    Sans doute pas. Mais mon appart n’a même pas été touché par l’eau des pompiers (et dans l’appart, ma chambre ne donne pas sur le mur extérieur, et ma fenêtre – étroite – n’est pas vis-à-vis de mon bureau). Le disque dur par ailleurs, lorsque je ne m’en sers pas, est sagement dans son étui, lequel ne doit pas être 100% étanche, mais tout de même assez efficace (je ne ferait pas le test, par contre). N’empêche que la prochaine fois (on espère qu’il n’y en aura pas), je le prendrai au passage.

    Mais c’est bien vu, je n’avais pas pensé aux dégâts de la lance à incendie.

  5. Mouma Says:

    Merci fiston, j’ai survécu.

  6. Sombre Déréliction Says:

    Décidément le feu est roi et maître en cette ville!
    HéHé Mouma est vraiment votre moum? C’est mignon tout plein ça! 🙂

  7. Déréglé temporel Says:

    Oui, c’est ma mère. Toute ma famille sait que j’ai un blog, même si seulement deux le lisent régulièrement.

  8. koval Says:

    Peut-être ton coloc est pyromane….

    Qu’est-ce qui a provoqué l’incendie?

  9. Yves Says:

    « Peut-être ton coloc est pyromane  »

    Voyons Koval arrange toi pas pour inquiété la mouma à Déréglé.

  10. Déréglé temporel Says:

    Aucune idée de ce qui a provoqué l’incendie, mais ce n’est sûrement pas mon coloc. C’était quand même dans un appart deux étages plus haut que chez moi…

  11. Mouma Says:

    c’est souvent des feux de cuisine comme un chaudron oublié…

  12. Déréglé temporel Says:

    C’est le plus probable. avec les cuisinières au gaz, le risque est encore plus important.

  13. Sombre Déréliction Says:

    Possible que tout cela ait été déclenché par un gros Churchill brûlant subrepticement dans son coin…

  14. Darwin Says:

    @ DT

    «avec les cuisinières au gaz, le risque est encore plus important.»

    Un pompier m’a déjà assuré qu’il n’y a pas proportionnellement plus d’incendies dues aux cuisinères au gas qu’à celles électriques. Même que les gens qui ont des cuisinères au gas (comme moi) font en général plus attention, parce qu’ils pensent la même chose que toi !

  15. Déréglé temporel Says:

    J’ai peut-être tort. Mais comme j’ai moi-même une cuisinière au gaz – et que je ne m’habitue pas -, c’est une saine fausse croyance pour le moment 😉

  16. Déréglé temporel Says:

    N’empêche. Je ne sais pas si tu as poussé la question dans ta conversation avec ton pompier, mais j’imagine les incendies venant de cuisinières électriques comme se diffusant lentement depuis le foyer initial, et les incendies venant de cuisinières au gaz comme des quasi-explosions. Encore là, ce n’est que mon imagination et j’ai peut-être totalement tort. Mais c’est juste pour souligner que la proportion d’incendies est une chose, mais qu’il y a aussi l’intensité, entres autres critères de dangers.
    Mais il est vrai que tu répondais à un commentaire qui parlait de « risque » dans le sens de « fréquence ».

  17. Darwin Says:

    Les explosions de gas ont très rarement lieu dans les maisons. Enfin, je parle pour Montréal, qui utilise surtout du gas naturel. C’est peut-être différent pour le gas propane. La plupart des incendies viennent de l’oubli des chaudrons sur le feu, comme l’a bien dit Mouma. de ce côté, un oubli sur une cuisinière au gas équivaut un oubli sur une cuisinière électrique. Et comme tu le dis, «c’est une saine fausse croyance».

    Cela dit, en tout respect pour l’opinion des deux pompiers qui m’ont parlé de cela (je me suis rappelé qu’il y en a deux…), je préférerais bien sûr avoir des données plus complètes, surtout pout ta question sur l’intensité par rapport à la fréquence.

    «Malgré la diminution du nombre de fumeurs, les articles de fumeur sont à l’origine d’environ trois incendies sur cinq dans les résidences au Québec.» voir http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_dad=portal&_pageid=4677,10171567&_schema=PORTAL . Dans la fenêtre sur la prévention sur cette page, on ne cite pas les cuisinières, ni le gas, mais on cite l’électricité…

  18. Mouma Says:

    Les problèmes électriques constituent une cause fréquente, spécialement pour les vieux bâtiments comme les couvents et les églises. Dans ces derniers cas, je crois savoir qu’il s’agit d’usure de fils qui ne sont plus protégés par leur gaine isolante. Ces vieux fils se retrouvent mis à nu, enflammant tout ce qui les touchent. Le risque est décuplé lorsque deux de ces fils se voisinent et provoquent un court-circuit.

  19. Déréglé temporel Says:

    Darwin: tu nous mets là un lien de prévention montréalais, lieu où l’électricité est largement plus populaire que le gaz.
    Voici un lien français: http://www.attentionaufeu.fr/espace/bons-gestes/prevention-incendies.php

    Ma foi, tout ça est bien intéressant. Je devrais étaler mon ignorance plus souvent sur ce blogue, on apprend des belles choses. 🙂

  20. Darwin Says:

    @ DT

    Lu sur la page que tu mentionnes : «Ne laissez jamais d’huile sur le feu. »

    Cela me rappelle quand la caserne de pompiers près de chez moi a brûlé (novembre 1999) parce que les pompiers avait quitté la caserne pour un incendie en laissant un chaudron rempli d’huile sur le feu (ils faisaient des frites). Un système était supposé fermer la cuisinière (électrique !) quand ils quittaient, mais n’avait pas fonctionné… Il y a eu quatre alertes. je n’ai pas trouvé d’article parlant de cet incendie, seulement cette mention associée à la caserne 26 sur http://pompiermontreal.com/index.php?option=com_content&view=article&id=250&Itemid=193 :

    «Cette caserne fut temporairement fermée le 15 novembre 1999 à la suite d’un incendie nécessitant quatre alertes. La réouverture eut lieu le 7 août 2000.»

    C’était triste, mais bien des gens ont rigolé…

  21. Mouma Says:

    Parce que ça faisait « l’arroseur arrosé ». Une facile avec les pompiers qui jouent avec l’eau Je m’en souviens encore car on en avait parlé dans les journaux et à la télé.

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