Nunuche et ambitieux

Décidément, je vois beaucoup de films en ce moment. Après El Equipo A, dont je n’ai pas parlé parce que c’est le genre de films dont Rémi parle mieux que moi, et Origen, j’ai aussi pris, hier et aujourd’hui, le train aller-retour de Madrid pour régler un truc éclair, ce qui veut dire deux films (un film sérieux que je n’ai pas regardé au bout, parce que le train ne porte pas à être sérieux, et une comédie romantique dont vous connaissez déjà le scénario parce que c’est une comédie romantique). Et puis hier en soirée, comme j’avais réglé mes affaires et que mes rares connaissances dans la capitale espagnole étaient, soit à l’étranger, soit impossible à joindre, j’ai marché sur Gran Vía (où on trouve nombre de théâtres et de cinémas) avec la résolution d’entrer dans le premier cinéma venu pour voir le prochain film qui passerait. Une vingtaine de minutes plus tôt, j’aurais réécouté Origen, mais à l’heure où je suis arrivé, ce fut Airbender.

Même si je suis très loin d’avoir la sévérité de beaucoup d’autres (la plupart?) au sujet de M. Night Shyamalan, je ne peux que constater comme les autres la décadence de sa carrière. Sans que ce soit une décadence en ligne droite (The Village était bien meilleur que Signs), elle est néanmoins assez régulière. Quand j’ai vu l’affiche d’Airbender, je n’ai d’abord pas repéré le nom du réalisateur et je me suis dit « voilà qui paraît être un film sans intérêt destiné aux ados », puis « ah, mais ce ne serait pas l’adaptation du dessin animé Avatar? qu’importe, c’est sans grand intérêt », puis, j’ai vu le nom de Shyamalan et je me suis dit « hu? qu’est-ce que ça fout là, ça? ». C’est dire si au moment d’entrer dans la salle de cinéma, ma curiosité était plus grande que mon enthousiasme. Un sentiment s’y est ajouté à l’approche du générique: la perplexité.

Bon, alors, synopsis: on est dans un monde fantasy partagé en quatre peuples (eux-même ayant des représentants aux quatre points cardinaux) correspondant aux quatre éléments, chaque peuple ayant des « maîtres » capable de contrôler les éléments. Un Avatar qui fait penser au Dalaï-lama (il se réincarne à chaque mort) est le seul à pouvoir contrôler tous les éléments et à maintenir l’équilibre. Mais il a disparu il y a cent ans, et la nation du feu, avec des grosses machines pas fines, fait régner la terreur partout ailleurs. Pis là, une tribu décadente de l’eau trouve un gamin figé dans la glace, un maître de l’air, et il se trouve que c’est l’Avatar. Mais il ne connaît pas encore les trois autres éléments, alors ils l’accompagnent pour trouver des profs en essayant d’échapper à la méchante armée du feu (avec deux méchants dits « ambiguës » – lire: ils vont être des zamis avant la fin).

Appréciation? le scénario est nunuche et les acteurs sont mauvais (seul le vieux général du feu, l’un des futurs zamis, joue correctement). Shyamalan, qui avait su dans ses meilleurs films sonder l’âme humaine en combinant sa foi en notre valeur avec la mise en lumière de nos aspects les plus sombres, tombe ici dans la spiritualité à deux balles – on dirait un scénario signé Jodorowski (vérifications faites, c’est Shymalan qui signe le scénario). Restent une ou deux images de tai-chi élégantes, quelques scènes de combat réussies (pas toutes) et, surtout, le talent esthétique de Shyamalan, qui n’a heureusement pas tout perdu. Les paysages sont magnifiques, les effets spéciaux réussis et bien utilisés.

Et la perplexité? et bien j’ai réalisé à la fin du film qu’il s’agissait d’un premier volet. Vérifications faites sur le net, c’est une trilogie qui s’annonce (un pour chaque élément que l’Avatar ne contrôle pas au début: là, c’était l’eau, viendront ensuite la terre et le feu). Alors bon. Je peux comprendre qu’un cinéaste dont la carrière bat de l’aile puisse vouloir, soit faire un film modeste et honnête histoire de repartir du bon pied ensuite, soit un gros truc ambitieux pour frapper un grand coup, mais comment expliquer qu’on nous fasse quelque chose de nunuche et ambitieux? Remarquez, ce n’est peut-être pas son choix, c’était peut-être sur le contrat d’adaptation. Shyamalan annonce apparemment que le deuxième film sera « plus sombre » et le troisième « plus ambiguë »; dans les deux cas, la barre n’est pas placée bien haut.

Mais enfin, verra-t-on seulement ces deux volets? bien moins réussi que The Golden Compass qui n’avait pourtant pas convaincu et dont la suite ne fut jamais tournée, pourra-t-il convaincre ses producteurs de tourner deux autres navets suites? et si oui, ira-t-on vraiment les voir?

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3 Réponses to “Nunuche et ambitieux”

  1. Darwin Says:

    Je pensais peut-être le louer quand il sortira en DVD…

    Merci !

  2. Déréglé temporel Says:

    Merci parce que tu as décidé de ne pas le louer?

  3. Darwin Says:

    C’est ça !

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