Un café pour travailler

Ce soir, j’ai beaucoup marché.

Quand j’ai du travail à faire, surtout s’il s’agit d’écriture, je préfère quitter le domicile pour m’installer dans un café. Avec un cafe con leche (faire ajouter du lait est encore le meilleur moyen, en Espagne comme en France, de se faire servir un café d’une taille décente), je peux alors travailler tranquillement loin des distractions caractéristiques de ma chambre (accès internet, bibliothèque trop abondante, agitation des colocs…).

À Valencia, j’avais adopté le « café-d’en-bas », comme je l’appelais, qui se trouvait à 10 secondes de marche de la porte de mon immeuble. Le Panete, de son vrai nom, était un assez grand café, sans prétentions, qui projetait les matchs de foot quand il y en avait et mettait le canal musique le reste du temps. J’arrivais assez bien à faire abstraction de ce dernier aspect, ça m’aidait même à l’occasion à me familiariser avec quelques noms que tout le monde connaît en Espagne, sauf les nouveaux arrivants. Et quand je ne supportait plus l’équivalent espagnol des star académiciens, j’avais toujours mes écouteurs. Vers l’heure du souper, le Panete se remplissait tranquillement, mais ils avaient assez de place pour que je reste seul dans mon coin avec mon ordinateur sans déranger personne. L’endroit était très familial, et très « vie de quartier ». On y voyait souvent les mêmes visages, on voyait beaucoup d’enfants courir et jouer entre les tables.

J’aimais bien.

À Madrid, dès que j’ai trouvé mon appartement, j’ai cherché un café pas loin où prendre mes habitudes. À environ 55 secondes de marche de chez moi, il y en a un petit. Je n’ai pas encore retenu le nom. Je n’y suis allé qu’une fois, a mon premier dimanche. Coup de chance, ce café fait parti des quelques 30 à 50% de cafés de mon petit quartier qui ne ferment pas le dimanche. J’ai repéré la prise électrique. C’est plus petit qu’à mon ancien café-d’en-bas, mais je ne gênais pas, du moins, cette fois-là. Justement parce que c’est plus petit que je n’ai pas pu y aller ce soir. Comme au Panete, ils ont une télé. Et comme au Panete, ils projettent les matchs de foot. Mais ici, c’est Madrid.

Valencia a une équipe dont je ne sais même pas si elle se défend bien ou non: c’est que les Valenciens n’en parlent pratiquement jamais. Ils soutiennent leur équipe, bien sûr, mais comme-ci, comme-ça. Au Panete, les matchs de l’équipe de Valence, dont je ne connais même pas le nom, n’attiraient que quelques tablées de plus. Les Valenciens soutiennent leur équipe, mais ils soutiennent surtout le Barça. Parce que même si, en Espagne, chaque ville de quelque importance a son club de foot, il n’y a en réalité que deux « vrais » équipes: Le Real Madrid et le Barça de Barcelone.

Et, donc, comme je disais, ici, on est à Madrid. Et ce soir, le Real jouait. Et donc le petit café où je pensais passer ma soirée était plein. En fait, il y avait du monde sur le pas de la porte pour regarder à l’intérieur, vers la télé.

J’ai fait le tour de la colonie. Mon quartier s’appelle comme ça, la « colonia » Virgen de Begoña. C’est tout petit, c’est fait en cercle, on dirait un village, avec le bureau de poste d’un côté, le centre de santé et l’épicerie de l’autre. Il y a une vingtaine de rues qui portent un total de cinq ou six noms différents, les plus fréquents étant Ángel Múgica, Virgen de Aránzazu et San Dacio. Si vous venez dans mon quartier, donc, ça ne sert à rien de demander la rue: de toute façon, elle est partout. Bref, j’en ai rapidement fait le tour, et je n’ai guère trouvé de café, bar ou restaurants qui ne soient pas remplis à craquer d’amateurs de foot. Il faut savoir qu’à Madrid, presque tous les cafés et les bars sont de petite dimensions. Certains n’ont même pas de tables: tout le monde s’installe au bar.

Donc j’ai continué, je suis sorti de mon quartier, j’ai traversé le CHU La Paz, longé les quatre tours déjà célèbres de l’encore inachevé CCI, traversé un quartier résidentiel qui n’avait rien à proposer en dehors de résidences, remonté le Paseo de la Castellana jusqu’à la Plaza de Castilla. Toujours le même problème: des endroits trop petits, que j’aurais été gêné de privé d’une table pour ne consommer qu’un café, ou remplis de gens suivant le match. C’est un peu plus loin que la Plaza de Castilla que j’ai trouvé un Cafe & Te qui correspondait à mes désirs: grand, plein de tables, à 90% vide, pas de télé.

J’espère quand même ne pas avoir à faire tout ce chemin chaque fois que j’aurai à travailler.

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2 Réponses to “Un café pour travailler”

  1. Darwin Says:

    Une autre tranche de vie intéressante.

    Mais, je me demande, combien de temps durent les matchs ? Je comprends que les gens doivent arriver d’avance et rester après, mais bon, ils ne doivent pas passer la journée là.

  2. Déréglé temporel Says:

    Je suppose qu’avec les pauses publicitaires et les arrêts de jeu, la durée d’un match doit durer autour de deux heures. Si ça commence à 20:00, ça veut dire que ça se termine autour de 22:00, autrement dit à l’heure où les Espagnols soupent. Ça occupe pas mal une soirée.

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