Tutte le strade portano a Roma!

Je savais que je finirais par aller à Rome pour les études, mais je ne pensais pas y aller si tôt. Même lorsque j’ai reçu une invitation d’un ami romain, connu à Valencia, pour la première édition du Shout Sister Shout au début de décembre, j’ai décliné. Forte dépense, trop tôt par rapport à mes recherches. Sauf qu’au fil des semaines, des amis de Madrid, Valencia et Lisbonne annonçaient leur présence, alors j’ai commencé à y penser plus sérieusement.

L’idée était d’y aller une semaine à l’avance pour visiter Rome, profiter des archives jésuites et, finalement, arriver au festival et me changer les idées. J’ai bien pensé faire les choses dans l’ordre inverse (festival, puis rester pour travailler), mais je me suis dis qu’après le festival, je ne serait plus assez en ordre pour travailler. Bien m’en a pris, car de surcroît Tite-Soeur allait à Barcelone dans les trois jours suivant le SSS. J’aurai juste le temps d’aller la rejoindre. Par ailleurs, coup de chance pour moi, partir une semaine à l’avance m’aura évité les affres de la grève dans les aéroports. J’ai quelques amis ici à Madrid qui ont raté le SSS à cause de ça. J’espère qu’ils vont pouvoir être remboursés, les pauvres.

Parlant d’avion, c’était la première fois que je voyageais avec RyanAir, et leur mauvaise réputation est méritée. Bas prix? oui, mais ils font tout pour charger un supplément. Les plus pointilleux que je connaisse pour la taille du bagage à main. L’avion est surchargé, à tel point que tous les bagages à main n’entrent pas dans les habitacles et qu’il faut les glisser sous ses pieds. Quand en plus c’est la compagnie où on a le moins d’espace sur son siège, si en plus le bagage prend la place que devraient occuper vos pieds, les deux heures de voyage Madrid-Rome, elles sont longues. Comme si ce n’était pas assez, on se sert du micro à toutes les vingts minutes pour vous annoncer qu’on veut vous vendre quelques chose. Pas une belle expérience de voyage.

Pour la semaine avant le SSS, je logeais à l’auberge de jeunesse. La moins cher dans laquelle j’ai logé à ce jour. Et la seule à offrir un repas les soirs de semaine, les « pasta party » du soir. Pâtes gratuites à 19h. Le plat n’est pas bien grand, mais s’accompagne d’un pain (et si on est assez rapide, on peut se resservir) et c’est gratuit.

En dehors de ça, ma première impression de Rome fut biblique: le déluge. Il pleuvait dimanche soir quand je suis arrivé. Il pleuvait lundi. Il pleuvait mardi. Il pleuvait la moitié de mercredi… autant dire que si je n’étais venu que pour le tourisme, j’aurais trouvé le temps long.

En lieu de quoi, j’ai passé mon temps dans les archives jésuites, zone extraterritoriale, tout près de Saint-Pierre de Rome.

Saint-Pierre, première vue, entre deux averses

Les archives jésuites, on y accède après avoir sonné à deux portes, franchi deux portes supplémentaires (dont une assez lourde), grimpé quatre ou cinq escaliers différents et laissé au passage son manteau, sac et autres choses indésirables dans un casier disposé sur le chemin. Au bout du chemin, il y a une vieille dame pour contrôler votre droit d’accès aux archives, accordé si vous avez une preuve que vous faites des recherches, normalement une lettre de recommandation. Il faut par ailleurs signer un papier où on promet d’envoyer une copie de notre travail, une fois achevé, aux archives jésuites. Bon moyen d’avoir une bibliothèque complète sur ce qui se publie sur eux.

De tous les ordres religieux nés au sein de l’Église catholique, les jésuites ont les plus belles archives. Dès les premières décades, une correspondance abondante naît, principalement dirigée vers Rome, et donne non seulement des indications sur l’état des activités jésuites, mais aussi sur ce qu’ils peuvent observer de leur environnement. C’est passionnant à parcourir. (par ailleurs, pour les intéressés, les jésuites sont très actifs -ou du moins le furent- dans la publication des documents. La série Monumenta Histórica Societatis Iesu comprends 127 volumes, presque tous disponiblent en pdf sur internet. Mais il y manque quand même de très nombreux documents. Les historiens des jésuites disent qu’ils n’en ont jamais fini avec leurs archives. Je les crois sans difficulté.

Pour ma part, cette semaine aux archives a surtout été l’occasion de m’y initier. J’avais dans mon ordinateur, comme guide, l’article très complet d’un éminent historien jésuite qui justement travaillait là cette semaine. L’archiviste, fort sympathique, m’a arrangé un rendez-vous avec lui (comme rien n’est parfait, c’est tombé sur le matin où j’avais prévu visiter le musée du Vatican. Pauvre de moi, il va falloir que je retourne éventuellement à Rome pour voir ça. C’est dur, la vie). J’ai donc eu les archives sous la main, ainsi que quelques personnes ressources très utile. À ce sujet, j’ai également croisé là-bas une historienne espagnole dont j’ai justement l’un des livres dans ma bibliothèque (maintenant j’en ai deux, elle m’a donné l’exemplaire d’un livre de vulgarisation qu’elle a écrit sur le protestantisme. Sympa comme tout. Et en plus, c’est un petit livre qui pèse presque rien dans les bagages). On a partagé un parapluie (vue ce qu’il tombait ce soir-là, ça a peut-être sauvé mon ordi…) et quelques bières. Ces rencontres d’intellectuels sont fort plaisantes, donnant lieu à des conversations qui sont non seulement intéressantes, mais nous réapprennent qu’on est pas les seuls à s’intéresser à notre sujet d’étude: une chose éminemment rare et précieuse.

à suivre…

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