Tourisme révolutionnaire

C’est après avoir cédé à une de mes habituelles névroses et dévalisé une librairie que je me suis rendu à la Puerta del Sol. C’était dans mon planning de la journée d’aller y faire un tour pour me rendre compte. J’espérais avoir l’occasion de parler avec quelques participants, mais ça n’est finalement pas arrivé. Peut-être parce que j’avais le bras qui fatigue sous le poids, des livres, ou que je n’avais pas pris la précaution de me munir d’une bouteille d’eau, j’ai à peine eu le temps de faire le tour de la place avant de ressentir le besoin de partir.

D’une manière générale, l’endroit a toujours l’air d’un souk. De grandes toiles sont tendues un peu partout, surtout là où travaillent les bénévoles, pour procurer un peu d’ombre. D’autres endroits sont plus découverts. Il y a un découpage de l’espace aussi pour guider les badaux entre les endroits pour s’informer, les ateliers, l’endroit pour les tentes individuelles, celle pour les dons de carton ou de bois, l’endroit pour s’exprimer…

Il y a un atelier où quelques ouvriers de fortune bâtissent à grands coups de marteau les infrastructures de base pour soutenir les tentes. Je ne saurais en jurer, mais je crois que quand je suis passé devant, ils étaient occupés à une petite scène pour les orateurs.

Ceci est-il un botellón?

El País a interrogé un flopé d’experts en sciences sociales sur le campement de la Puerta del Sol. Pour arrivé à la conclusion qu’ils ne savent vraiment pas comment interpréter cet événement que personne n’avait venu venir. Le plus optimiste avance qu’on assiste à l’émergence d’une nouvelle forme mouvement civil indépendant des syndicats et des partis politiques. Le sociologue Félix Ortega de l’Université Complutense de Madrid est le plus cynique. Ce qu’il a vu au kilometro cero (1), dit-il, n’est qu’un gros happening. Inoffensif, peut-on lire entre les lignes. »Il y a à Grenade des botellón plus dangereux pour l’ordre public. » ironise-t-il avant de conclure que ce mouvement n’amènera « rien de rien ». Un botellón est un phénomène espagnol, un rassemblement spontané de jeunes fêtards qui boivent dans la rue, avec leur musique et tout. Le phénomène est bruyant et salissant, aussi plusieurs grandes villes ont légiféré contre les botellón, dont Madrid, bien qu’on m’ait dit qu’il y a des secteurs où ils sont davantage tolérés, par exemple près du temple de Debod. Les botellóns s’observent un peu partout en Espagne, mais sont un phénomène surtout fréquent en Andalousie.

La question est donc posée: le rassemblement de la Puerta del Sol est-il un botellón?

L’une des premières banderole que j’ai vu en arrivant affichait en gros « Eso no es un botellón ». Le message est clair. En circulant au milieu des tentes, on constate que le message est repris par plusieurs affiches, sur plusieurs tons, les uns plus affirmatifs, les autres plus civils, ajoutant du « s’il-vous-plaît » (por favor). À intervales régulier, il y a quelqu’un au porte-voix qui passe le message: ceci n’est pas un botellón. Pas d’alcool, s’il-vous-plaît. Je l’ai même entendu une fois en français. Ça n’empêche pas quelques groupes de manifestants d’avoir amené leur bière, où leur jus probablement mêlé d’alcool: on les voit surtout installés autour de la fontaine. Mais en général, la consigne est respecté. On rajoute parfois une autre recommandation: par contre, buvez beaucoup d’eau. Il est vrai que le soleil tape dur (vive mon chapeau qui me procure un petit espace d’ombre personnel, mais j’ai quand même, je crois, récolté de petits coups de soleil sur les mains et le cou) et que ceux qui sont là pour longtemps se doivent de faire attention à cet aspect.

Bon, ce n’est pas un botellón, insiste-t-on de partout. Le campement n’en a pas moins une vive allure d’événement culturel spontané. Près de l’Ours de Madrid, recouvert d’affiches et d’un drapeau multicolore, se trouve un kiosque. Ce kiosque où s’affairent deux ou trois bénévoles a pour vocation de noter les suggestions. On y voit une paraphrase du Che: « soyons réalistes, réalisons l’impossible » (la citation originale étant « exigeons l’impossible »). Mais aussi à côté du kiosque, on voit une grande affiche avec un horaire d’événements planifiés: spectacles de clowns, musique, théâtre. Vers le milieu du camp, il y a un « atelier d’art » (en fait, on y fabrique des pancartes pour les manifestations), pas bien loin d’un endroit d’où proviennent des sons de tams-tams (dont je n’ai pas pu approcher); il y a aussi un autre cercle où s’entendent des guitaristes, installés au milieux d’autres artistes à pancartes.

Parlant d’artistes à pancartes, il y a aussi un endroit où une grande représentation de Guernica sert de support aux messages de qui veut bien écrire dessus. J’ai refusé à trois bénévoles différents les crayons. Je me voyais mal passer mon petit message au milieu d’un événement dont je discerne à peine les  enjeux.

Amenez vos enfants

En lisant dans El País qu’il y avait un service de garderie, je pensais qu’ils s’étaient entendus avec des garderies des environs. Non, il y a une grande tente consacrée à l’accueil des enfants. Elle est tapissée d’affiches disant sur tous les tons de ne pas prendre de photos à proximité. Mais on peut jeter un coup d’oeil à l’intérieur, et on y voit un bon nombre d’enfants, un très grand nombre de jouets et de livres pour enfants, le tout sous la supervision de quelques jeunes femmes qui ont l’air de savoir ce qu’elles font. Au milieu des affiches avertissant de ne pas prendre de photo, on en voit une qui laisse entendre qu’on accepte les dons.

De l’autre côté de la place, on trouve un espace de dessin pour les enfants. Et en un autre point, une espèce de corde à linge où sont affichés des « dessins d’enfants ». Viennent-ils de l’atelier? je l’ignore. Mais j’ai mis les guillemets car la violence d’un ou deux de ces dessins m’a fait douter que des enfants en soient vraiments les auteurs. L’un deux affichait quelques chose comme « quitan las ratas » (qui se traduirait par débarrassez les rats). Troublant.

D’une manière générale, j’ai vu plusieurs familles circuler avec des enfants en bas âge. C’est dire si personne ne semble s’inquiéter que les choses ne dégénèrent (du moins pas avant demain, c’est la réflexion que je me suis fait; en même temps, si la comission inquisitoriale électorale a décrété que le rassemblement serait illégal à partir de samedi, il semble que la décision de passer à l’acte revienne au gouvernement; les socialistes au pouvoir, déjà très impopulaires, oseront-ils faire intervenir la police la veille des élections?).

L’agora

J’avais évoqué la chose hier, le mouvement n’a pas de revendications claires, seulement un raz-le-bol, et le manifeste est en cours de rédaction. Il y a une très grande assemblée au milieu de la place, entre la fontaine et l’ours, où prennent le micro à tour de rôle différents intervenants. Les seuls visage constants, pour ce que j’ai vu, sont des organisateurs qui se contentent de passer micro de l’un à l’autre sans prononcer un mot. Près de l’à, une grande pancarte affiche des revendications (j’ai retenu notamment « on a pas besoin de sénat » et… bah, c’est tout, mais ça allait jusqu’à environ dix propositions). En fin d’affiche, un avertissement: ces propositions ne sont pas consensuelles, les propositions consensuelles sont affichées sur le site internet.

Mais on voit aussi d’autres préoccupations que de formuler des revendications. Il y a des kiosques qui font la promotion de la participation aux assamblées de quartier (le 28 mai, apparemment) et distribuent de l’information à cet effet.

Voter ou ne pas voter?

En se fiant aux journaux, les participants du mouvement qu’on appelle désormais le 15M (15 mayo) sont divisés sur la question du vote prochain. Certains ont appelé à voter à condition que ce ne soit pas pour le PSOE ou le PP, les deux grands partis. Beaucoup appellent au boycott de l’élection (la multitude des slogans anarchistes est d’ailleurs bien présente, sans surprise, bien que le mouvement dépasse de toute évidence les simples groupuscules de révolutionnaires professionnels). La question semble discutée du côté de l’agora, où prennent le micro à tour de rôle toutes sortes de gens qu’on entend plus ou moins bien depuis les derniers rangs de la foule compacte rassemblée autour.

Aux kiosques d’information, on distribue une feuille explicant les différentes options de vote et leurs impacts: voter pour un parti, s’abstenir (non tenu en compte lors du dénombrement des vote, et impossible de distinguer l’abstention par protestation de l’abstention par paresse); le vote nul (comptabilisé comme vote émis, mais n’avantage ni ne désavantage aucun parti); et le vote en blanc (considéré comme une protestation active; vote valide et comptabilisé, mais privilégient mathématiquement les grands partis au détriment des petits). La feuille se veut neutre, mais à la lire on se demande si son rédacteur n’a pas une préférence pour le vote en faveur des petits partis.

Toutefois, je n’ai vu aucun slogan sur la place appelant à voter pour qui que ce soit. Tous les slogans en rapport avec cette question s’inspirent de la position anarchiste puriste consistant à dire que voter revient à légitimer le système et appellent à une abstention massive.

(1) Le kilomètre zéro. Une autre manière de nommer la plaza de la puerta del sol, centre officiel de l’Espagne. Juste devant la Puerta del Sol elle-même, il y a même une dale marquant l’emplacement du kilométro cero, où les touristes vont régulièrement se tenir debout.

Edit: 21-12-2011: j’ai barré le mot « inquisitoriale » pour le remplacer par électorale. C’était le but quand j’avais écris le billet. J’ai fait un drôle de lapsus. Évidemment, « inquisitoriale » est un mot qui me vient tous les jours à cause de mes études…

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21 Réponses to “Tourisme révolutionnaire”

  1. Darwin Says:

    « soyons réalistes, réalisons l’impossible »

    Haha, le lien que j’ai fait dans mon commentaire au billet précédent était donc pertinent, mais, avoir lu ce billet avant, je n’aurais pas écrit que cela vient de mai 1968 !

    Cela dit, avec la situation en Espagne, je comprends le désarroi des gens et les hésitations à voter. Dans leur cas, ce n’est pas comme ici, où les gens ne vont pas voter par désintérêt ou par cynisme. Sérieusement, y a-t-il une solution ?

    Et, je le répète, ils ont pour moi raison de dire qu’ils sont victimes du système…

  2. Déréglé temporel Says:

    quelques autres slogans que j’ai remarqués:

    « yes, we camp »

    « no quiero el voto, quiero la elección » (assez savoureux jeu de mot qui se traduit littéralement par « je ne veut pas le vote, je veux le choix », jouant bien sûr sur le double sens de « elección » en espagnol – choix ou élection).

    « Et, je le répète, ils ont pour moi raison de dire qu’ils sont victimes du système… »

    C’est sans doute vrai à un certain point. Le chômage galopant (environ 20%) n’est pas leur faute. La rapide croissance économique d’avant la crise s’est fait sur des bases fragiles, et rien n’a été fait pour prévoir la chute.
    Ça reste une rhétorique qui a ses limites. La liste de revendications que El País a publié (donc pas définitives) contient beaucoup le mot « immédiatement », ce qui traduit le ras-le-bol, mais manque de crédibilité. Peut-on faire disparaître « immédiatement » toutes les centrales nucléaires d’Espagne, par exemple?
    Je dis ça, mais je suis quand même très sympathique à leur cause, hein.

    Vu de l’étranger, on tend à analyser la situation sous l’angle économique. Il est là et on en parle ici aussi, mais jusqu’à maintenant, les échos que j’ai eu tende à me faire penser que la préoccupation numéro 1, c’est la corruption. Jointe souvent au gaspillage des deniers publics et l’inefficacité gouvernementale (ah, ça, l’inefficacité, je m’y suis frotté pour ma carte!).

    « Sérieusement, y a-t-il une solution ? »

    Ça, c’est la question que tout le monde se pose, en effet. Du peu que je connais de la politique espagnole, j’avancerais que si un parti politique est moins mal positionné que les autres pour profiter du mouvement, c’est sans doute Izquierda Unida, une coalition de partis de gauche (dont le parti communiste qui apparemment est l’une des composantes principales de IU). Ils récoltent quelques sièges à chaque élections, mais pas assez pour avoir jamais été considéré comme un « gros » parti et être mêlé au pouvoir (et à la corruption). On verra ça bientôt.

    AJOUT: IU a fait un recours contre la décision de rendre le campement illégal. La cours suprême l’a refusé en disant que IU ne pouvait pas prétendre représenter les campeurs. Le geste du parti semble calculé pour s’attirer la sympathie.

  3. Déréglé temporel Says:

    je me relis et je me rends compte que j’ai utilisé le mot « planning »!!! ouah! y’a des bouttes oú j’ressemble à un maudit França… 😉

  4. Darwin Says:

    «si un parti politique est moins mal positionné que les autres pour profiter du mouvement»

    Qu’un parti politique en profite, ça ce n’est pas étonnant, mais ça ne prouve pas qu’il propose vraiment une solution. Je suis assez pessimiste pour les pays d’Europe qui sont dans la mouise. Ils ne peuvent pas dévaluer leur monnaie, ils subissent donc à plein les effets de la crise.

    «y’a des bouttes oú j’ressemble à un maudit França»

    Ce n’est pas moi qui le dit ! Moi, je l’avais remarqué (le «planning») dès ma première lecture…

  5. Darwin Says:

    Tiena, on en parle un peu sur Radiocan :

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/05/21/003-espagne-manifestants-bravent-interdiction.shtml

  6. Déréglé temporel Says:

    « Qu’un parti politique en profite, ça ce n’est pas étonnant, mais ça ne prouve pas qu’il propose vraiment une solution. »

    Faut voir contre quoi. La crise économique, c’est une chose, mais les Espagnols ont d’autre griefs. J’ai déjà évoqué la corruption. Il y a aussi le système d’éducation; ça fait longtemps qu’ils en sont insatisfaits, mais les partis n’en ont apparemment presque pas parlé pendant la campagne électorale.

    « Ce n’est pas moi qui le dit ! Moi, je l’avais remarqué (le «planning») dès ma première lecture… »

    Des séquelles de mes deux ans de vie en France. J’absorbe pas mal. Pareil pour l’Espagne, des amis ont commencé à me faire remarquer que j’utilise des hispanismes quand je clavarde. Et des fois quand je pense en français il y a des mots, des orthographes ou des tournures de phrase (tiens, là, j’étais en train d’écrire « frase ») espagnols qui s’y glissent.

    « Tiena, on en parle un peu sur Radiocan : »

    Le commentaire de StevedeMontreal est choquant. C’est vrai que le travail au noir est fréquent en Espagne, mais ceux qui travaillent au noir ne vivent pas riches.

  7. Darwin Says:

    «Le commentaire de StevedeMontreal est choquant.»

    Les commentaires laissés là m’intéressent rarement. C’est plus les votes (accord-désaccord) qui peuvent montrer comment les gens réagissent. Et l’avis du Steve ne semble pas très partagé (11-30, dont peut-être nous deux !).

    Un autre commentateur (Camarade Khalida, nom pas très neutre politiquement !) écrit :

    «Les espagnols devraient voter pour le Parti communiste d’Espagne ou pour le parti de la gauche uni (Izquierda Unida).» Ça rejoint un peu ce que tu disais, que ce parti risque de bénéficier de la crise. On verra…

  8. Déréglé temporel Says:

    « (11-30, dont peut-être nous deux !). »

    Il était à 6-9 après que j’aie mis mon pouce en bas.

    «Les espagnols devraient voter pour le Parti communiste d’Espagne ou pour le parti de la gauche uni (Izquierda Unida).»

    Ce qui est curieux, c’est que d’après ce que j’ai lu, le Parti communiste d’Espagne fait partie de Izquierda Unida…? ou je manque quelque chose, ou c’est lui!

    « On verra… »

    La réponse lundi matin!

  9. Darwin Says:

    «La réponse lundi matin!»

    Si la fin du monde n’arrive pas avant !

    http://www.cyberpresse.ca/international/correspondants/201105/20/01-4401265-demain-lapocalypse.php

  10. Déréglé temporel Says:

    Circulant sur facebook (traduit par mes soins, de mémoire): « Collez ceci sur votre mur si votre gouvernement ne vous permet pas de camper pour défendre vos droits, mais si pour assister au concert de Justin Bieber. »

    « Si la fin du monde n’arrive pas avant ! »

    Ils parlent de tremblements de terre le 21 mai. Ah, c’était ça les vibrations du sol tout à l’heure. Ou, non, c’est parce que j’étais au festival de claquettes.

    bonus sur l’apocalypse: « if you can imagine it, Déréglé has a BD of it »:
    http://jap-jap-jap-jap.blogspot.com/2009/09/if-tomorrow-never-comes_15.html

  11. Déréglé temporel Says:

    Un bon récapitulatif des événements sur Rue89 (avec des liens à consulter, la plupart en espagnol, mais au moins un en français): http://www.rue89.com/ibere-espace/2011/05/19/un-printemps-social-ne-sur-internet-gagne-lespagne-204541

  12. Darwin Says:

    « if you can imagine it, Déréglé has a BD of it »

    Tu l’as aimée, celle-là ! 🙂

  13. Darwin Says:

    Merci pour le lien. J’aime bien leur manifeste, dont cette partie :

    «Nous sommes ici car nous voulons une société nouvelle qui donne la priorité à la vie au-delà des intérêts économiques et politiques.»

    C’est général, mais sensé… quoique les intérêts économiques et politiques pourraient justement donner la priorité à la vie!

  14. Darwin Says:

    «Le Parti populaire de Mariano Rajoy, une formation de droite, obtiendrait ainsi plus de 36 % des voix, contre un peu moins de 28 % pour la gauche du premier ministre José Luis Zapatero.»

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/05/22/004-espagne-elections-locales.shtml

    Pas sûr que ça va être mieux…

  15. Déréglé temporel Says:

    Je suis pas mal sûr que ce ne sera pas une amélioration. Je ne suis pas un crack en économie, mais d’après ce que je comprends, les choix faits par le PP sous le règne d’Aznar sont ceux qui ont fragilisé l’économie espagnole, alors que le PSOE est surtout impopulaire pour la politique d’austérité menée après le commencement de la crise. Et Rajoy est le dauphin désigné d’Aznar.
    Les Espagnols ne semblent pas s’être décidé à voter pour les petits partis, c’est dommage.
    Mais en même temps, les manifestants de 15M ne semblent pas considérer les élections comme une solution.
    J’y suis passé tout à l’heure. La « lutte anti-botellón » a perdu un peu de terrrain, mais reste très active. L’endroit est parcouru de vendeurs de bières, et on voit quand même pas mal de campeurs avec leur canettes. Mais l’escouade de nettoyage continue à faire son travail, donc l’endroit est relativement propre, et surtout, les consommateurs de bières paraissent rester raisonnables dans leur consommation. Je n’ai vu personne présenter de signes d’ivresse. Ils ont des génératrices pour fournir de l’électricité au camp, maintenant. Quant au secteur agora, il était encore bien actif. Presque minuit, les élections sont passées, mais eux ils restent là à discuter comme ils l’ont fait les derniers jours. Et c’est parti pour une semaine supplémentaire.

    Je trouve que le qualificatif de « apolitique » pour les manifestants de la Puerta del Sol, est carrément bizarre. Si ce qu’ils font, c’est pas de la politique, je me demande bien ce que c’est que la politique! « non-partisan » serait plus approprié.

  16. Déréglé temporel Says:

    J’ai la flemme de lire toutes les analyses d’El País à cette heure ingrate, et demain matin je m’envole pour Barcelone.
    Néanmoins, je constate d’après leur carte interactive que le PSOE a perdu dans TOUTES les régions autonomes où il y avait des élections. Les deux seules où le PP ne l’a pas emporté, c’est les Asturias et la Navarre, où l’emportent des partis régionalistes. Dans ces deux régions, le PSOE devance le PP.
    Quant aux municipales, la seule région où le PSOE a emporté la majorité, c’est les Asturias.

    Tiens, une amie facebook, qui se qualifie elle-même de « de droite », a publié ça, une liste des politiciens impliqués dans des affaires de corruptions qui se présentaient aux élections d’aujourd’hui:
    RELACIÓN DE POLITICOS IMPUTADOS POR CORRUPCIÓN QUE SE PRESENTAN EN MAYO
    1- Francisco Camps (PP), Valencia, IMPUTADO Caso Gürtel 2- Ricardo Costa (PP), Valencia, IMPUTADO Caso Gürtel. 3- Xicu Tarres (PSOE), Baleares IMPUTADO Caso Eivissa. 4- Francisco Cuenca (PSOE), Granada, IMPUTADO Caso Morelábor 5- Carlos Penit (IU), Pinto – Madrid IMPUTADO Cohecho. 6- Ferrán Falcó (CIU), Barcelona, IMPUTADO caso Adigsa. 7- Jesús Machín (C. Canaria), Canarias, IMPUTADO Operación ?Unión?. 8- Marc Moreno (ERC), Vilaller – Lleida, IMPUTADO corrupción urbanística. 9- Antonio Rodrigo Torrijos (IU), IMPUTADO Caso Mercasevilla. 10- Raimundo González (BNG), Pontevedra, IMPUTADO caso Naturgalia 11- Jose Manuel Traba (PP), Fisterra Galicia, IMPUTADO Operacion Orquesta 12- Jose Manuel Santos (PP) Mazaricos Galicia,IMPUTADO Operacion Orquesta 13- Jose Antonio Cacabelos (PSOE), O Grove – Galicia, IMPUTADO diversos delitos. 14- Juan Jose Diaz Valiño (PSOE) -IMPUTADO caso Castro de Rei 15- Rafael Gómez (Unión Cordobesa), Córdoba, IMPUTADO caso Malaya 16- Esteve Ferrán (UTpS), Salou Tarragona, IMPUTADO delitos varios 17- Antoni Banyeres (NSP), Salou Tarragona IMPUTADO delitos varios. (enlace recomendable [Roto2] ) 18- Ignacio García de Vinuesa (PP) (Alcobendas) 19- Jose Ignacio Fernández Rubio (PP) (Las Rozas) 20- Miguel Rodríguez Bonilla (PP), Guadarrama Madrid, IMPUTADO delitos varios 21- Miriam Rabaneda (PP) Pinto Madrid, IMPUTADO delitos varios 22- Luis Partida (PP) Villanueva de la Cañada Madrid, IMPUTADO delitos varios 23- Clara Torres (PP) Torres de la Alameda Madrid, IMPUTADO delitos varios 24- Raúl López (PP) Coslada Madrid, IMPUTADO delitos varios 25- Íñigo Henríquez de Luna (PP) Madrid 26- Trinidad Rollán (PSOE), Madrid, IMPUTADO delitos varios 27- Carmen Toledano (PSOE), Madrid, IMPUTADO delitos varios 28- Cristina González (PSOE), Madrid, IMPUTADO delitos varios 29- Jose Joaquin Ripoll (PP), Alicante Valencia, IMPUTADO caso Brugal. 30- Carlos Fabra (PP), Castellón Valencia, IMPUTADO caso Fabra 31- Mariano Arévalo (PSOE) Carabaña Madrid, IMPUTADO delitos varios 32- José Miguel Govantes (PSOE) Pinto Madrid, IMPUTADO delitos varios 33- Carmen Toledano (PSOE) Galapagar Madrid, IMPUTADO delitos varios 34- María Isabel Peces-Barba (PSOE) Colmenarejo Madrid, IMPUTADO delitos varios 35- José I Fernández (PP), Las Rozas Madrid, IMPUTADO delito contra la ordenación del territorio 36- Miguel Rodríguez (PP), Guadarrama Madrid, IMPTADO prevaricación 37- Ignacio García de Vinuesa (PP) , Alcobendas Madrid, IMPUTADO malversación, prevaricación y negociaciones prohibidas 38- Clara Torre (PP), Torres de la Alameda Madrid, IMPUTADA malversación 39- Miriam Rabaneda (PP,) Pinto Madrid, IMPUTADA prevaricación 40- Raúl López Coslada (PP), Madrid, IMPUTADO prevaricación 41- Luis Partidad (PP), Villanueva de la Cañada, Madrid, IMPUTADO tráfico de influencias 42- Ana María Pinos Belmonte de Tajo (PP) IMPUTADO delito contra la ordenación del territorio 43- Ángel García Guadalix de la Sierra Madrid (PP), IMPUTADO negociaciones prohibidas 44- Íñigo Henríquez de Luna (PP), Madrid, IMPUTADO tráfico de influencias 46- Mariano Arévalo González Carabaña Madrid PSOE condenado por no presentar las cuentas municipales en los ultimos 10 años, etc. 47- José Miguel Govantes (PSOE)Alcorcón Madrid, IMPUTADO condenado por acoso laboral 48- Natalia de Andrés (PSOE) Alcorcón Madrid, IMPUTADA y condenada por un delito de injurias contra el portavoz popular 49- Isabel Peces-Barba (PSOE) Martínez Madrid, IMPUTADO prevaricación 50- María del Carmen Toledano Rico (PSOE) Madrid, IMPUTADO prevaricación 51- Cristina González (PSOE) Getafe Madrid, IMPUTADO prevaricación 52- José María Fraile Parla (PSOE) Madrid PSOE prevaricación 53- Manuel González Rojo (PSOE) San Fernando de Henares Madrid , IMPUTADO prevaricación 54- Hans Antón Bock Galapagar (PSOE) Madrid IMPUTADO prevaricación 55- Jesús Dionisio (PP) Madrid, IMPUTADO prevaricación y tráfico de influencias Bonus: RELACIÓN DE POLITICOS IMPUTADOS POR CORRUPCIÓN EXCLUIDOS POR SU PARTIDO Jesús Javier García García (UPyD) Seseña Toledo, IMPUTADO por cohecho EXCLUIDO por su partido.

  17. Darwin Says:

    «Si ce qu’ils font, c’est pas de la politique, je me demande bien ce que c’est que la politique! « non-partisan » serait plus approprié.»

    Plusieurs confondent les deux, malheureusement. Je dis souvent que j’adore la politique, mais pas la politique partisane. Cela dit, je suis plus discret là-dessus, étant membre pour la première fois des 40 dernières années d’un parti…

    «liste des politiciens impliqués dans des affaires de corruptions qui se présentaient aux élections d’aujourd’hui:»

    Je n’ai pas voté pour eux, je le jure ! 😉

    J’imagine que «impliqué» ne veut pas dire «condamné»…

  18. Déréglé temporel Says:

    « J’imagine que «impliqué» ne veut pas dire «condamné»… »

    Le terme utilisé dans la liste, « imputado », signifie « accusé ». Effectivement, les condamnations sont plus difficiles à obtenir. N’empêche que le premier en haut de la liste, Francisco Camp, président de la région autonome de Valence, est impliqué dans l’un des plus gros scandales de corruption des dix, voires vingt dernières années (probablement aussi innocent du « cas Gürtel » que Chrétien l’est des commandites). Et il a été réélu majoritaire…
    Il a quand même encaissé une perte, mais juste le fait qu’il reste majoritaire est aberrant en soi. El País a publié aujourd’hui un article intitulé « la corruption est payante ».

  19. Darwin Says:

    «mais juste le fait qu’il reste majoritaire est aberrant en soi»

    En effet. Tout cela est bien décourageant. La droite et la corruption au pouvoir… ça va en régler, ça, des problèmes !

  20. Déréglé temporel Says:

    J’ai eu le temps de lire l’édition d’aujourd’hui d’El País, dans l’avion. Donc j’apporte une précision: comme je l’ai dit le PSOE a « perdu » dans toutes les régions où il y avait des élections. Entendons par là: il n’a jamais été le parti ayant le plus de sièges. Mais il arrive à se maintenir au pouvoir dans quelques régions (comme par exemple Castille-La Manche, où il n’a qu’un siège de moins que le PP), grâce à des coalitions avec d’autres partis, notamment Izquierda Unida.

    L’un des éléments les plus intéressants réside par ailleurs dans les chiffres de l’ « abstention » (en général). L’abstention proprement dite a diminué, par contre le vote nul a augmenté de 50% et le vote blanc a augmenté de 30%.

  21. Déréglé temporel Says:

    les analyses détaillées des élections donnent toujours des surprises. Il semblerait que si seuls les Espagnols vivant à l’étranger avaient votés, ils auraient donné la majorité absolue aux socialistes.

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