Le 13 mars 1918, grève générale

« Le comité pro-réforme universitaire, faisant usage des larges facultés qui lui sont exclusives et considérant:

Que l’actuel état des choses régnant dans l’Université nationale de Córdoba, tant dans le relatif aux plans d’étude que dans l’organisation enseignante et disciplinaire qui existe dans celle-ci, s’éloigne à l’excès de ce que doit constituer l’idéal de l’université argentine;

Que la large et libérale Réforme Universitaire – imposée par les circonstances – doit être annoncée par les étudiants, quand elle ne rencontre écho ni sanction dans les corporations appelées à les établir, se prévalant pour cela de tous les moyens à sa portée;

Qu’en tout moment les gestions acheminées a un tel objet se sont écrasées contre l’intransigeance délibérée où se maintiennent les membres des corps de direction de l’université, selon ce qui apparaît par le silence obtenu comme unique réponse aux mémoires présentés et réitérés en diverses occasions.

Que se sont épuisés les moyens pacifiques et conciliateurs pour obtenir de l’honorable conseil supérieur universitaire la sanction des réformes sollicitées par les divers centres étudiants, résout de:

Déclarer la grève générale des étudiants universitaires et la maintenir jusqu’à ce qu’une personne appropriée procède à l’implantation des réformes sollicitées. »

Cette résolution de grève est la deuxième partie d’un petit manifeste émis par le comité pro-réforme des étudiants de l’Université de Córdoba, la plus ancienne d’Argentine, le 13 mars 1918. Ils obtinrent des réformes substantielles à leur université, qui firent boule de neige: la réforme s’étendit à l’ensemble des universités du pays, puis à travers toute l’Amérique latine.

L’extrait ci-dessus est tirée de la compilation de documents réunie par les soins de Gabriel del Mazo (lui-même un leader du mouvement étudiant de Buenos Aires), et traduit (très rapidement) par mes soins.

DEL MAZO, Gabriel, La Réforma Universitaria, Tomo I, El movimiento argentino, Lima, Universidad Nacional Mayor de San Marcos, 1967, pp.6-7.

PS: j’ai changé le nom de la catégorie « brèves de doc » pour « brèves historiennes », puisque j’y publie des brèves qui n’ont plus grand-chose à voir avec ma thèse.

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2 Réponses to “Le 13 mars 1918, grève générale”

  1. Darwin Says:

    Une grève sur le rôle de l’université, en somme. Intéressant!

  2. Déréglé temporel Says:

    En effet. Les étudiants s’opposaient à un programme d’étude considéré comme arriéré, fermé aux derniers développement de la science, et dogmatique. Ils s’opposaient par ailleurs à des pratiques disciplinaires qui les révulsaient, destinées selon eux à les faire dociles, et inappropriées à l’université. Ils estimaient que les étudiants devaient pouvoir choisir leurs professeurs, et s’opposaient entre autre à l’assistance obligatoire aux cours (estimant qu’un bon prof n’avait pas besoin d’obliger ses étudiants à venir et pouvait les attirer par la seule force de sa pédagogie).
    Certaines similarités peuvent être observées, dans les grandes lignes, avec nous, dans la mesure où nous nous opposons aussi à un modèle d’université que nous percevons comme inadapté à sa mission. Mais les lignes de forces sont différentes. L’entreprise nous menace davantage que l’Église, et nos griefs vont contre les recteurs alors que les profs sont nos plus proches alliés.

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