Archive for the ‘Intérêts personnels’ Category

Make it fun

décembre 10, 2012

Ce sont des choses comme ça que j’aime dans le Lindy Hop. Les moments où, tout en continuant à danser la bonne vieille danse, on sort un peu du cadre, comme ça, pour le fun.

Tenez cette compétition, par exemple. C’est un invitational jack & jill. « Jack & Jill », comme je l’ai déjà expliqué par-ci par là sur ce blogue, ça veut dire que c’est une compétition où les partenaires sont tirés au hasard. « Invitational », c’est qu’on n’y participe que si on y est invité (d’ordinaire, les professeurs invités à l’événement pour y donner des ateliers).

En lindy hop, ces compétitions se déroulent souvent, comme ici, en deux parties: un « spotlight », où les coupes dansent à tour de rôle, et un « all-skates » à la fin, où tous les couples dansent en même temps. Il ne faut pas se faire d’illusions, le spotlight est généralement la partie la plus intéressante de la compétition (et accessoirement, celle où se décident les vainqueurs). Mais ici, un petit truc se passe, qui met de la folie dans le all-skates.

D’abord, j’imagine qu’une participante s’est désistée au dernier moment, mais il y a un gars en surnombre. Ce qui fait qu’une danseuse (Alice Mei) danse avec deux partenaires différents. Les cyniques diront que ça lui donne deux fois plus de chances de gagner.

Ça semble compliquer un peu la situation pour le All-Skates. Ils doivent danser à trois, les deux gars s’échangeant leur partenaires à intervalles réguliers. Ils en profitent un peu, en faisant, dans les transitions, des figures à trois. Et puis, à 24:55, on voit un danseur (Peter Strom) abandonner sa partenaire (Jo Hoffberg). Ah! pour abandonner une danseuse comme elle, il faut que ça vaille la peine! Lui s’immisce au sein du trio, elle ne tarde pas à être rejointe par l’un des danseurs. Dès lors, c’est l’effet boule de neige. Les partenaires s’échangent à qui mieux-mieux, un autre couple rejoint la mêlée, les échanges sont font à une vitesse difficile à suivre – le tout demeurant fluide! On multiplie les combinaisons, à deux, ou à trois. Et à la fin, à l’heure de la finale, personne ne danse seul.

J’adore!

C’est le genre de choses qui n’est rendu possible que par l’Esprit du Fun, cette volonté de jouer, qui habite tout entier cette danse.

Un peu de cirque

juin 12, 2012

Prenons une pause du conflit social actuel, et parlons de cirque et de narration.

C!rca

Il y a quelques temps, je suis allé voir C!rca (non, c’est pas une faute, ils l’écrivent comme ça), motivé notamment par la critique qu’en a fait Guy sur Alonzocirk. Je n’en ai pas parlé à l’époque, parce que je voyais difficilement quoi en dire. Le spectacle n’était pas mauvais ni fade pour autant, au contraire! C’était un tour de force. Je suis le genre de public qui a, d’ordinaire, besoin d’une ligne directrice pour demeurer attentif. Les exploits techniques ne me suffisent pas. C’est pourquoi, en matière de cirque, j’ai une nette préférence pour ceux qui intègrent une composante de théâtre. Je me plaignais d’ailleurs de l’absence de ligne directrice quand je suis allé voir le Circus Oz. Dans le cas de C!rca, le tour de force phénoménal, c’est qu’il ne semble pas y avoir d’histoire à racontée, mais que le spectacle a néanmoins une force d’ensemble et une ambiance qui sont parvenu à retenir mon attention tout au long. Je n’ai pas décroché une seconde de cette démonstration puissante d’à peu près tout ce que le corps humain semble capable de réaliser. J’irai les revoir sans hésitation à la première occasion.

Génération 2.0 et La flèche au coeur

Plus récemment, je suis allé voir, comme chaque année quand je suis à Montréal, les spectacles de fin d’année de l’École National de Cirque (tandis que si je suis à Madrid, je vais aller voir le Crece annuel pour la même raison). Deux spectacles aux ambiances sombres, remplis d’artistes doués, mais aux lignes directrices très faibles. C’est particulièrement frappant dans le cas de Génération 2.0, où on devine que le décors plein de fils suggère une référence à la toile (au web), et où les personnages se promènent avec des écrans lumineux qu’ils pianotent beaucoup. Mais le fil conducteur manque. Dans La flèche au coeur, il y a eu davantage de travail à ce niveau, surtout pour les premiers numéros, séparés par des transitions soignées et qui donnent une direction au spectacle, mais cela s’affaiblit très rapidement au cours du spectacle (parce qu’ils ont peu de temps pour préparer le spectacle, et qu’ils ont fini à la course, obligés de bâcler les dernières transitions? possible). Néanmoins. le tableau d’ensemble est nettement plus réussi pour ce second spectacle. Paradoxalement, mon coup de coeur de l’année est une numéro qui se retrouve dans Génération 2.0, le duo au mât chinois. Une question de scénario aussi, sans doute, car la relation complexe entre les personnages joués par les deux artistes suggère beaucoup, et les amènent aussi à des figures inusitées et inventives, de nouvelles images très évocatrices.

Dommage, cependant, que les deux spectacles aient opté pour des ambiances sombres. On en voit trop, d’ambiances sombres et de thèmes pessimistes, comme si nos artistes avaient intériorisé l’idée que si ce n’est pas pessimiste, ce n’est pas artistique. À tort.

Amaluna

Finalement, très récemment, je suis allé voir le dernier-né du Cirque du Soleil. Une bonne cuvée. Ce Cirque est plus connu pour ses costumes époustouflants et ses ambiances musicales que pour ses scénarios, mais ici, on a une ligne directrice, un peu stéréotypée, certes, mais assez soutenue pour garder l’attention. Une ligne directrice qui se conserve à l’intérieur des numéros. Une première moitié un peu plus forte que la seconde moitié, mais un très bon spectacle dans l’ensemble, qui emprunte beaucoup à l’esthétique des arts martiaux, comme le premier numéro de sangles qui aurait pu apparaître dans un film à la Tigres et Dragons.

Pourquoi la hausse ne règlera rien

mai 20, 2012

Alors, je ne suis pas économiste. Pas un grand calculateur, ni un scrutateur aussi attentif que je le devrais aux chiffres qui défilent constamment devant nous.

Qu’à ne cela tienne. Je me sens pourtant capable de donner une petite leçon d’économie à des gens comme Guy Breton, Alain Dubuc, Jean Charest et quelques autres qui justifient la hausse des frais de scolarité en évoquant le « sous-financement » de nos universités.

Une leçon d’économie qui s’applique sur quelques principes de base, des principes chers aux idéologies qui ont justifié la grève.

Une leçon qui, cependant, s’adresse moins aux incurables défenseurs de la hausse qu’à ceux qui les lisent et les croient.

On nous dit, donc, que le gouvernement n’a pas de marge de manoeuvre et ne saurait dégager les sommes pour un réinvestissement en éducation supérieure. Croyons-le sur parole pour le moment. On nous dit, par ailleurs, que les universités québécoises sont sous-financées et qu’il est urgent de leur procurer des fonds. Je ne vais pas ici chicaner la question du sous-financement ou du « malfinancement », selon l’expression de l’IRIS. Je vais plutôt admettre la thèse du sous-financement tel que nous la présentent les partisans de la hausse.

Et cependant, je vais questionner: sous-financé par rapport à quoi? Le discours qu’on nous sert est celui de la compétitivité. Nos universités devraient être compétitives afin de – comme l’a dit une fois Liza Frulla, au Club des Exs – attirer de bons professeurs-chercheurs grâce à des salaires élevés. Ces professeurs, dotés d’une mobilité internationale, iraient facilement trouver mieux, dans des universités payant plus cher, notamment aux États-Unis.

Cette logique de compétition mondiale place les universités québécoises en compétition avec des universités qui chargent des frais de scolarité très largement supérieurs à ce que nous atteindront avec la hausse, et qui bénéficient par ailleurs de dons d’un secteur privé richissime. La hausse aura beau apporter quelques millions dans les coffres de nos universités, il y a loin de la coupe aux lèvres avant de prétendre être compétitif dans ce domaine.

On nous a annoncé la hausse comme un « rattrapage » suivant le dégel des frais. Cela tend à envoyer le message qu’après la hausse, il y aura une simple indexation des tarifs. Si cela devait être, l’argument des universités compétitives ne tient pas la route: nos universités auront encore un financement très maigre par rapport à celles qu’on nous indique comme des modèles, dans les pays anglo-saxons. Pour aller dans le sens de la compétitivité, il faudra que la hausse actuelle soit suivie d’autre hausses, et puis d’autres, et encore. Où cela va-t-il finir? Difficile à dire. Dans une logique de compétition, le principe de la surenchère est roi. Tout au plus pourrions-nous avancer que la surenchère cessera lorsque les étudiants seront plus demandés que demandeurs. Veut-on vraiment en arriver là?

Au fait, qu’est-ce qu’un bon professeur-chercheur, qu’on voudrait absolument retenir, sur le marché international des profs? Les talents pédagogiques font-ils parti des critères retenus? qu’on me permette le scepticisme sur cette question. Les talents de chercheurs? sans doute, mais lesquels? la capacité à remplir une demande de subventions? le contenu des recherches importe-t-il, ou seulement le nombre des publications? Suite à ces questions, je terminerai simplement en vous invitant à lire le Manifeste pour des Universités à la hauteur de leur mission, dont je suis signataire.

Quand ça décolle…

mars 7, 2012

Ça fait quelques fois que je regarde ce vidéo, l’un de mes récents coups de coeurs. Je ne connaissais pas Mikaela Hellsten, mais je vais l’avoir à l’oeil à l’avenir. Quand à Kevin Saint-Laurent, c’est ce qu’on appelle un vétéran, dans le décors du lindy depuis, ma foi… pas toujours, parce qu’il n’a pas donné de cours à Frankie Manning en 1920, mais bon… longtemps. C’est d’ailleurs son nom qui m’avait amené à visionner la vidéo.

C’est curieux, parce qu’il y a un moment dans la vidéo où ça décolle. Un moment qui fait la différence entre une danse de pro et un petit coup de coeur. Un moment où on ne peut plus regarder la danse par désoeuvrement, un moment où ça devient fun. Et je suis curieux de savoir si pour vous, quand vous le regarderez, il y aura un tel moment. Si ce sera le même que pour moi.

Mélodie universelle

octobre 2, 2011

Dans ma tournée d’adieu à la veille de quitter Madrid (la despedida des swingeurs a eu lieu jeudi dernier, ils m’ont offert un poster monté des plus belles photos de mes danses à Madrid et Tolède, j’étais très ému), j’ai gardé une petite place pour le cirque. Ceux qui lisent mes billets sur le cirque savent (ou l’0nt oublié) que le cirque madrilène tourne en grande partie autour du Teatro Circo Price, qui offre des spectaces de cirque, de clowns, de danse contemporaine, et de plein d’autres choses. Un peu comme les spectacles de fin d’année de l’ENC à Montréal, en juin, sont un rendez-vous du cirque montréalais, à Madrid, c’est le spectacle Crece, en septembre qui sont un rendez-vous obligé des amateurs. Le concept de Crece est de réunir des finissants d’écoles de cirques du monde entier pour monter un spectacle qui sera présenté pendant environ une année. Au moment où j’écris c’est lignes, la dernière représentation du Crece 2011 commencera dans une demi-heure (18h, heure d’Espagne). Le spectacle réunissait 13 artistes de neuf pays différents, moins une, car malheureusement l’autrichienne Katharina Kaudelka (main à main) s’était blessé la veille. J’espère que ce n’est pas grave et regrette de ne pas avoir pu la voir à l’oeuvre.

Le Crece 2010 était un spectacle très sombre et pessimiste, qui laissait une large place au théâtre, même s’il s’agissait plutôt d’un montage de sketchs unis par leur ambiance que d’une grande pièce unifiée. Le Crece 2011, baptisé en sous-titre Melodía universal (mais ce n’est écrit que dans la brochure, toute la promotion du spectacle se faisant sous le titre Crece 2011), emprunte pour sa part davantage à la danse contemporaine. J’ai beaucoup aimé, et la danseuse contemporaine qui m’accompagnait encore plus. D’une manière générale, on note encore une ambiance plutôt sombre, mais donnant davantage dans la mélancolie que dans le tragique comme c’était le cas l’année passé. Les interrogations sur la mort et la condition humaine sont au rendez-vous, bien qu’on demeure dans le léger.

Je retiens particulièrement trois prestations, celles du duo-trapèze (les australiennes Hannah Cryle et Caz Walsh), travaillant également à la corde, celle du – euh, jongleur? sur le programme, on indique plutôt « manipulation d’objets ») français Alexis Rouvre, qui manipule cordes et balles de jonglerie*, et même les balles à l’aide de la corde; finalement, celle de l’unique Québécoise de la distribution cette année, Alexandra Royer, finissante 2011 de l’ENC, dans un remarquable cerceau aérien, élégant et impressionnant.

Une production d’une heure et demi où on ne voit pas le temps passer. Pour moi, c’est laisser Madrid sur une bonne note.

*au risque de me rendre insupportable avec ça, je refuse de me rendre à l’utilisation du terme « jonglage » à la mode dans le milieu circassien francophone. Le mot « jonglerie » était déjà là, désigne la même chose et est plus joli. Na!

Devinette: c’est où?

mai 24, 2011

J’allais demander aussi « c’est quoi? », mais déjà que la question en titre est facile…

et puis, ça m’aurait fait hésiter à mettre une légende aux photos.

première approche

Place Tahrir?

Dons

Subcommission de l'immigration

Commission de la propreté

Subcommission de l'éducation

Rendez-vous

Des livres pour tout le monde: un esprit sain...

... dans un corps sain

Quelques slogans

La Vie en espagnol

avril 17, 2011

Je l’avais déjà vu et l’avais déjà commenté. En deux ans, il est probable que le spectacle ait connu des ajustements, mais ils sont globalement mineurs. En tout cas, je n’ai rien remarqué en ce qui concerne les numéros. Bien sûr, le temps a eu son effet sur ma mémoire, et j’ai pu me laisser surprendre à plusieurs reprises.

Les gros changements, donc, se retrouvent dans la traduction. Il a dû y avoir un gros travail à faire de ce côté. Des 7 doigts de la main, j’ai vu trois spectacles: Traces (par la deuxième distribution), La Vie et Psy. Au pôle opposé d’un Traces quasiment muet, La Vie est celui des trois qui fait la plus grande part au théâtre et au langage parlé, principalement à travers le maître de piste incarné par Sébastien Soldevila. Heureusement pour les représentations madrilènes, ce dernier parle un excellent espagnol; on entend aussi bien son accent français en espagnol qu’en français, mais cela ne nuit guère à la compréhension de son discours, bien qu’en plusieurs occasions, surtout lorsqu’il doit dire quelques mots très brefs (« bon, bon, bon », « très bien », des petits trucs comme ça), il en reste au français.

Tout spectacle en tournée doit faire face à un défi d’adaptation. Dans ce cas-ci, il faut par exemple remplacer les blagues sur le Canadien de Montréal par des blagues sur le Real Madrid. Le passage à une langue étrangère impose quelques défis particuliers. Dans la version que j’ai vu à Montréal, il y avait une petite tirade en espagnol (j’ai été l’une des trois personnes dans la salle à rire la blague); je m’en rappelle encore et je me demandais ce qu’ils en feraient – la maintenir en espagnol ou la traduire en français? réponse: coupée au montage! En revanche, Soldevila se permet plusieurs blagues en français, y compris « ah, il y a des français dans la salle qui l’ont compris, celle-là! » et « J’adore parler en français à Madrid. » Quant à moi, j’ai noté que la proportion du public madrilène maîtrisant le français semble nettement supérieure à celle du public montréalais maîtrisant l’espagnol.

Les autres personnages ont des interventions orales généralement plus réduites, dans lesquelles ils s’en sortent plutôt bien. C’est l’interprète de l’hôtesse de l’air qui a le défi le plus dur. Malgré un fort accent, cela se comprends bien, et quand c’est plus dur, le maître de piste peut toujours, en parfait accord avec le caractère de son personnage, rattraper le coup en se moquant de son accent. Dans l’ensemble, il est beaucoup plus important de préserver l’ambiance que le détail des répliques.

Quant aux numéros, qu’en dire, sinon que je suis toujours sous le charme, et que je ne suis pas le seul dans ce cas?

Voici le lien d’une critique du journal El Pais, qui n’exprime comme seul regret qu’il eût préféré une salle plus réduite que le Teatro Circo Price, pour une ambiance plus intime.

À la demande générale (ou presque)…

janvier 25, 2011

Je regardais mes statistiques il n’y a pas longtemps. Je me suis fait la réflexion que, de toutes les danseuses (et danseurs) dont j’ai parlé sur ce blogue, l’une est l’objet de beaucoup plus de recherches google que les autres. D’assez loin en fait. Du moins parmi les internautes qui prennent la peine de cliquer sur l’un de mes liens.

Il s’agit de Jessica Cox.

J’ai d’abord cru que c’était à cause de l’autre Jessica Cox. Cette dame née sans bras qui fait plein d’activités quand même. Notamment pilote d’avion. Le genre d’histoire de courage dont le public raffole. Elle gagne d’ailleurs sa vie en partie comme conférencière inspirante.

Mais non. Enfin peut-être un peu, mais ça n’explique pas tout. Car un très grand nombre des recherches sur son nom ajoute les mots « wcs » ou « west coast swing » ou autre variante. Or, je n’ai jamais entendu parler d’une danseuse sans bras dans le milieu du west coast. Pas qu’elle ne pourrait pas, remarquez – quoi que ça déstabiliserait sans doute un peu ses partenaires, surtout les plus débutants. Je n’ai jamais vu de danseurs sociaux sans bras, mais lors de mon séjour à Londres j’ai bel et bien vu un danseur manchot. Mais ce n’est pas le sujet. Le fait est qu’avec le nom « Jessica Cox » assorti des mots référents aux west coast, la présomption est forte sur la personne dont il est question.

Ce n’est pas parce qu’on arrive souvent ici en faisant ces recherches qu’elle est la plus recherchées des danseuses. Ça veut peut-être dire que quand on cherche son nom, ce blogue arrive relativement haut dans la liste de google, et qu’il arrive plus bas quand on cherche, disons, Melissa Rutz. Google peut nous jouer ces tours en matière de représentativité.

Il est vrai que j’ai évoqué la belle Jessica à plusieurs reprises, notamment ici (ou en bonus on la voit danser du lindy, chose rare), ici et ici. L’évoquer plusieurs fois augmente les chances que je sois haut sur la liste googlelienne. Cela étant, je ne doute pas qu’elle soit très populaire, comme je l’ai évoqué dans ce billet (d’ailleurs, après test, la recherche « jessica cox wcs » indique ce dernier billet en premier rang de sa liste. Mais ce ne sera peut-être plus vrai quand j’aurai publié le billet présentement en cours de rédaction).

Sans qu’il s’agisse aujourd’hui d’une de mes danseuses chouchouttes, je pense bien qu’il s’agit de la première que j’ai repéré. La première que j’ai su reconnaître de nom et de physique lorsque, pour les premières fois, je parcourais youtube à la recherche de vidéos de west coast. Raison pour laquelle est demeure en bonne place sur mon écran radar.

Alors bon, puisqu’elle est si demandée par mes visiteurs, un nouveau vidéo pour la mettre en scène. J’aurais voulu la voir danser avec Robert Royston (tiens, je ne pense pas encore avoir parlé de ce dernier, ce sera pour un prochain billet) ou Kyle Redd. Pour le premier, je n’en ai pas trouvé. Pour le deuxième, si, mais j’ai finalement opté pour un troisième, Jordan Frisbee. C’est un jack&jill très récent, ils l’ont gagné, et c’est définitivement l’une de ses bonnes performances.

En plus, ça vous donne une scène de french kiss en bonus.

Dessiner l’amitié

novembre 11, 2010

Les archives de Tolède ferment tôt, comme, malheureusement, beaucoup trop d’archives espagnoles, c’est-à-dire à 14h30. Je grogne un peu contre cette situation. Je préfère l’horaire d’hiver de l’archivo del reino de Valencia ou le bel horaire de l’Archivo Histórico Nacional, où on peut faire de belles journées de travail. C’est d’autant plus frustrant qu’il me faut presque deux heures (métro + autobus) pour me rendre à Tolède. Bref.

Cette fermeture hâtive a au moins l’avantage de me permettre, lorsque je m’y rend, d’employer quelques heure de l’après-midi à visiter. Les deux dernières fois, j’ai voulu visiter la casa museo del Greco, et je ne l’ai pas fait (parce que les indications m’ont les deux fois menées à un cul de sac). Donc, à chaque fois, je visite un truc imprévu.

Aujourd’hui, j’ai profité de mon passage imprévu devant la maison de la culture de Tolède, dont j’ignorais totalement l’emplacement, pour visiter l’exposition spéciale qu’ils y présentent et dont ils font la publicité partout dans la ville. Il s’agit d’une exposition sur Gregorio Marañón qui fut, d’après le sous-titre de l’exposition « médecin, humaniste et libéral ». Un personnage, il est vrai, assez intéressant. Le fait qu’il soit mort en 1960, soit il y a 50 ans, n’est sans doute pas étranger à l’organisation de l’exposition. Et ce n’est sans doute pas un hasard si cette exposition s’est fait à Tolède, une ville dans laquelle il avait voulu voir le modèle de ce que devait être l’Espagne et sur laquelle il a écrit des lignes donnant l’impression qu’il lui vouait un amour quasiment mystique.

L’exposition vaut ce qu’elle vaut. À la sortie, je ne me sentais pas beaucoup plus instruit qu’après la lecture de l’article wikipédia. Il y avait dans l’expo un petit côté fétichiste: « voici la reconstitution du laboratoire où il a travaillé » – « voici un objet lui ayant appartenu », etc… il n’est pas complètement indifférent de voir de vieux environnements reconstitués, cela dit. Mais le meilleur de l’exposition résidait dans le volet peinture.

Les liens de Marañón avec Tolède ont été le prétexte pour réunir quelques tableaux représentant la ville, généralement peints par des peintres de la même génération que le médecin humaniste. Le fait qu’il se soit comparé une fois au Greco (comme lui venu à Tolède sans savoir ce qu’il allait y faire, apparemment) a été le prétexte pour exposer un petit tableau du Crétois d’Espagne. Petit, mais célèbre, il est d’ailleurs plaisant de le voir en taille réelle et de se rendre compte que l’original est plus petit que bien des photos qu’on peut trouver dans les livres sur la peinture. Le choix du tableau n’est pas fait au hasard, puisque c’est celui où on voit Tolède derrière le christ en croix.

Mais le mieux, à mon avis, était la section 2 de l’exposition, consacrée à « la edad de plata » de l’Espagne (l’âge d’argent), où on avait droit à toute une galerie de portraits de grands intellectuels espagnols de cette époque. Ils n’y étaient bien sûr pas tous (j’ai particulièrement noté et regretté l’absence de Miguel de Unamuno), mais l’ensemble suffisait à donner une forte impression.

Le clou de cette section, et de toute l’exposition, était cette grande toile, davantage crayonné que peinte, qui m’a fait découvrir vraiment le peintre Ignacio Zuloaga, par ailleurs auteur de plusieurs des portraits de la galerie dont j’ai parlé. Fascinante toile, portant le titre tout simple de Mis amigos. On y reconnaît, au premier plan, quelques-uns de ces mêmes personnages dont on a vu les portraits dans la galerie précédente, tous des hommes qui ont marqué leur époque par leur art ou leur pensée. Mais surtout, on y voit une superbe représentation non seulement des amis du peintre, mais tout simplement de l’amitié: à l’arrière plan, une foule, dont les individus ont des formes imprécises. Et plus on se rapproche du premier plant, plus le portrait des personnages se fait précis, jusqu’à en affiner chacun des traits. C’est exactement ça. Une belle découverte que cette toile.

Mis amigos

Play – pause – play – pause – play …

octobre 26, 2010

Quand je présente des vidéos de danse ici, j’essaie souvent de varier les danseurs. Bien sûr, certains sont apparus à de multiples reprises, mais généralement dansant avec un visage moins connu de mes lecteurs (du moins ceux qui prennent la peine de s’en souvenir d’une fois à l’autre). Celui d’aujourd’hui sera une exception. Ben Morris et Tatiana Mollman font tous les deux parti de mes chouchous (voyez par exemple ici pour le premier et ici pour la seconde). Au gré des jack & jill, ils ont eut assez souvent l’occasion de danser ensemble et il doit y avoir entre quatre et six vidéos sur YouTube où on les voit réunis par le sort. Aucun des deux n’est de tempérament effacé, ils aiment faire leur show, ce qui implique que quand ils dansent ensemble ils doivent trouver un point d’équilibre pour préserver l’harmonie de l’ensemble. Mais le résultat est généralement fort heureux.

Le vidéo d’aujourd’hui en est un que j’aime bien. Son principal défaut réside dans un vieux monsieur qui occupe une chaise mal placé dans l’angle gauche de la caméra (si vous allez à une compétition de danse en personne, un jour, faites-moi plaisir: ne faites pas comme lui!). La deuxième chanson est toute particulièrement réussie, le couple exploitant la musique à fond.

Mais si je parle de ce vidéo, c’est surtout parce que c’est le premier, et l’un des seuls, où j’ai appris une figure en regardant YouTube. On parle ici de l’enchaînement situé entre 2:20 et 2:27, sans le drop final. La première fois que j’ai vu ça, j’ai beaucoup aimé cette figure… mais surtout, j’ai eu ce sentiment: « je peux faire ça ». Je pouvais, certes, mais à condition d’arriver à bien voir comment Ben Morris faisait son truc. Je l’ai repassé longtemps, souvent. Et y’avait toujours ce p’tit quelque chose qui me manquait; une main dont je ne voyais pas d’où elle sortait. Je l’ai regardé en cliquant compulsivement sur play et pause. C’est comme si ce petit détail se trouvait entre deux images du vidéo: je n’ai jamais réussi à bien l’exposer.

Mais finalement, j’ai fini par comprendre. Il restait à le mettre en pratique. Je l’ai fait en solo, avec une danseuse imaginaire, pour bien me situer dans l’espace. J’ai aussi emprunté quelques instants de bonne volonté de Tite-soeur. Je l’ai raté quelques fois sur le plancher de danse. Puis ça a commencé à passer. Pas toujours. C’est un enchaînement difficile à guider, spécialement parce que l’emmêlement des bras (vers 2:24-2:25) est contre-intuitif pour la danseuse et met sa confiance au guidage à rude épreuve. Il faut guider ce passage avec beaucoup de précision pour que ça marche. Mais avec le temps, et la pratique, la figure a commencé à prendre forme. La mise au point a pu se faire quand ça a commencé à ressembler à quelque chose, et que certaines danseuses douées m’ont donné des conseils sur la rythmique. Maintenant ça marche, sous cette forme, et sous une ou deux variations que je fais de la figure. Le faire avec autant de style que Ben Morris est autre chose. Mais je continue à la pratiquer, cette figure, à peu près à chaque fois que j’ai l’occasion de danser du West Coast Swing.