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Un peu de balboa…

juin 14, 2010

Ça fait un bail que j’ai pas mis de vidéo de danse. Bon, ça fait depuis mon dernier séjour à Montpellier, en fait. Mais y’a un truc que ça fait vraiment longtemps que j’avais pas pratiqué, et c’est le balboa. Une danse hier mettait fin à un long carême balboesque, et il m’a fallu, en plus d’écouter la musique, de méditer le prochain mouvement et de le guider (le lot commun du leader), me poser la question: qu’ai-je au juste déjà su de cette danse? Alors au final, ça a été bien plaisant, j’ai même inventé des trucs qui existent déjà mais que je n’ai jamais fait… c’est le genre de chose qui arrivent quand on guide plus vite qu’on ne se souvient de son répertoire.

Après ça, de retour à la maison et devant mon ordinateur, j’ouvre YouTube et, dans les vidéos suggérés, je trouve celui que je vais maintenant partager avec vous.

Max, de Montpellier mais maintenant établi à Montréal, est spécialiste du lindy hop. On le voit tout le temps dans cette danse. On le voit à peine moins souvent en west coast swing, où il kicke tout autant des culs (rappel). J’ai en revanche assez rarement eu l’occasion de le voir danser le balboa. Ici, c’est avec la belle Dominique Blouin, de Québec, qu’on voit par contre, elle, toujours danser le balboa, dont c’est la spécialité.

Jitterburg et balboa à L.A.

janvier 3, 2010

Ce vidéo traînait dans mes favoris YouTube depuis plusieurs mois, et je remettais toujours à demain le projet de la regarder. Finalement, je m’y suis mis aujourd’hui. Et c’est vraiment bien.

Il s’agit d’une conférence de Peter Loggins, danseur et historien du swing, sur les origines du balboa et du balswing, de 1900 à nos jours. Pour les non-anglophones, il y a un sous-titrage français. La conférence est découpée en cinq vidéos de huit à neuf minutes chacun. Si vous voulez les visionner d’une traite, prévoyez-vous donc une petite heure. Teedee Hop en a résumé le contenu dans un billet il n’y a pas si longtemps.

Voici la première partie, on peut retrouver facilement la suite sur YouTube en cliquant dessus:

Et Peter Loggins a eu la bonne idée, récemment de se créer un blogue (en anglais, bien sûr).

Histoire de la danse sociale

octobre 15, 2009

Sauf note contraire, toutes les informations contenues dans cet article proviennent du livre de Jean-Claude Bologne, Histoire de la Conquête amoureuse, publié aux éditions du Seuil.

Pages pertinentes:  pp.132-135: Une nouveauté: la danse; pp.214-215, l’apparition du bal; le bal, son heure de gloire et sa décadence, pp.271-278; du tango au hip-hop pp.307-311


Vous connaissez mes interrogations sur l’histoire de la danse, qui datent en gros depuis mes débuts dans le milieu du swing, il y a près de deux ans. J’ai trouvé dans le livre de Jean-Claude Bologne, Histoire de la Conquête amoureuse, du matériel pour établir une petite chronologie. Alors je la partage ici avec vous:

 

Sous l’Empire romain, la danse est un spectacle, souvent pratiqué dans des cérémonies qui ont une valeur sacrée. Nous sommes encore loin de l’activité sociale. C’est au Moyen Âge que nous retrouvons cette connotation (mais ne serait-ce pas parce que les activités folkloriques médiévales nous sont mieux connues? – ce point n’est pas traité chez Bologne) avec des danses de groupe codifiées qui, comme le remarque Bologne « ne permettent pas aux couples de s’isoler ».

Les premières danses de couple apparaissent aux XVe et XVIe siècle, notamment la volte. Les couples y sont ouverts, limitant les contacts, mais néanmoins, ce sont déjà des couples. La volte provençale introduira le couple fermé, « enlacée et rapide », étourdissante. La seconde moitié du XVI siècle étant marqué par la morale stricte des puritains protestants et de la Contre-Réforme tridentine (1), la volte se fera vite condamner par l’Église, et Bologne nous dit qu’elle fut abandonnée au XVIIe siècle.

Ces danses sont des pratiques exclusivement urbaines, et il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour que les danses de couples pénètrent dans les pratiques campagnardes.

Pendant ce temps, en milieu urbain, le bal public fait son apparition au XVIIIe siècle. Anecdote intéressante, le premier bal public, le bal de l’Opéra, naît à Paris un peu après le 31 décembre 1715, une ordonnance spéciale ayant permit les bals publics dans cette salle particulière pour fêter l’arrivée du jeune Louis XV à Paris. La nouveauté est l’existence, non d’un bal, mais d’un bal qui soit à la fois public et à dates régulières, par oppositions aux bals de cours qui étaient organisés ponctuellement, où il fallait être invité pour s’y présenter.

Dès lors qu’on commence à danser en couple, les problèmes de constitution des couples se posent: « Au XVIIIe siècle, [nous dis Bologne] les couples étaient constitués par un maître des cérémonies, selon une étiquette complexe qui tenait compte du rang et non des affinités. » Mais au XIXe siècle, le bal devient un événement mondain où on est libre d’inviter qui on souhaite. Cela coïncide avec sa démocratisation: il existe à tous les échelons de la société (bien que ça reste encore un phénomène principalement urbain).

 

Avec le XIXe siècle et le romantisme, la valse fait son apparition, sous sa forme moderne, vers 1815. Elle fait scandale. À sa suite, la polka et la scottish. L’évolution principale, c’est l’apparition du guidage par l’homme:

« la technicité oblige les danseurs à « trouver une complémentarité », à chercher « une dynamique qui prennent en compte le style de l’un et de l’autre. ». Même si l’homme mène la danse, une forme de complicité naît au sein du couple, dans un rapport corporel qui a soulevé l’hostilité des censeurs. » (p.277).

 

 

Le bal s’épanouit aussi bien dans les villes que dans les campagnes, malgré la réprobation d’une Église déjà en perte de vitesse (déjà évoqué ici). Mais il s’insère surtout dans les pratiques de la haute société.

« La grande période du bal correspond à l’essor de la haute bourgeoisie. Il survit difficilement à la guerre et à la crise de 1929. Les jeunes gens ont désormais d’autres lieux de drague et sacrifient au rite du bal sans enthousiasme, pour « meubler leur vie ». »

 

 

Plutôt que de supprimer la danse, cette évolution amène en en privilégier d’autres formes: « Les danses de l’entre-deux-guerres correspondent à l’exaltation du corps. »: le tango succède à la valse comme danse archétypique. Il est né à Buenos Aires et Montevideo (Argentins et Urugayens s’en disputent encore la paternité). Comme la valse, il a fait scandale lorsqu’il pénètre en Europe au tournant du siècle. À partir des années 1930, la java naît en France (Paris) tandis que le swing fait son apparition aux États-Unis (Lindy Hop à New York, Balboa en Californie )(2). Dans la foulée de ce dernier plusieurs variations naissent: be-bop, boogie et surtout rock&roll, qui domine les années 1950.

Plus tardivement, le west coast swing vient s’adapter à l’émergence d’une musique populaire de plus en plus éloignée du rock dansant, mais à cette époque, la danse de couple est déjà en déclin (3). Faut-il y lier l’émergence d’une danse pas du tout technique, le slow? D’après notre auteur, ce sont les danses solos qui prennent toutes la place: twist, disco… hip-hop. Avant que ce dernier ne s’impose, il semblerait que l’association danse-affaire-de-fille ne se soit consolidée:

« Dans la tradition occidentale, l’image du danseur solitaire n’est guère valorisée. Alors que dans d’autres cultures (russe, africaine), l’homme manifeste sa virilité par la danse, l’Occident garde l’image des séductrices, Salomé, Mata Hari. Le risque de dévirilisation doit être écarté par l’emprunt de nouvelles danses aux cultures africaines (hip-hop), ou par l’adoption de nouveaux comportements (le défi dansé). »

 

 

Ce qui nous amène à nos jours. Les danses sociales réémergent péniblement chez les jeunes de ma génération, en particulier les danses latines et le swing, mais aussi le tango et les danses de ballroom (loin derrière).  La stigmatisation du danseur comme d’un homme peu viril est en nette régression, du moins dans certains milieux. Mais ce qui empêche tant et tant de danseurs (de danseuses aussi, mais moins) potentiels de pratiquer plus et mieux demeure aujourd’hui la peur du ridicule (laquelle, paradoxalement, accroît le ridicule bien davantage qu’elle ne permet de l’éviter).

 

 

(1) Sur ces sujets, c’est encore Le Péché et la Peur de Jean Delumeau, qui est le livre le plus révélateur de ce climat.

(2) Sur le swing, c’est un ajout de culture personnelle. Bologne n’en parle pas. La chronologie est approximative. Par contre, c’est de lui que me viennent les informations suivantes sur le be-bop et le rock.

(3) Encore un ajout personnel et approximatif.

 

Edit, environ 12 heures après la première publication, j’ai modifié l’organisation des paragraphes pour améliorer la lisibilité et ajouté un lien. Corrigé quelques fautes par la même occasion.

Du balboa en guise de procrastination limitée

septembre 23, 2009

Il faut absolument que je travaille aujourd’hui. Mais j’ai toujours autour de moi mes habituelles tentations à la procrastination. Dont ce blog. Alors, comme je ne fais qu’un billet par jour, j’en fais un très bref, comme ça se sera fait.

Un vidéo qui contient du balboa et du collegiate shag. Comment faire la différence? Le faut-il vraiment? Bon, quelques éléments: s’ils dansent collés avec les bras très haut en l’air, c’est du shag. S’ils dansent collés, mais avec le bras à hauteur du corps, c’est du balboa. S’ils dansent en agitant leur doigt, c’est du shag. Si c’est drôle et burlesque, c’est du shag. Si c’est plutôt élégant, c’est du balboa.

Démo de balboa

mars 18, 2009

Puisque – hélas! – nos ti-n’amis de Star Académie n’ont pas jugé bon, hier de rendre disponible la démo de balboa de Fred et Patricia, j’ai pensé remédier moi-même à la situation. Bien sûr, je pourrais toujours vous renvoyer au vidéo de Steve et Heidi pour une belle démo, mais pourquoi se priver?

L’idéal, ç’aurait été un vidéo de Fred et Patte faisant une improvisation de balboa. Ça tombe bien, j’en ai trouvé un. Malheureusement, il n’est pas super. Ce n’est pas la danse, le problème, c’est le contexte. C’est une finale de compétition dans laquelle ils partagent la piste avec l’autre couple finaliste. Or, la caméra n’arrive pas à prendre les deux couples à la fois, ce qui fait qu’on en manque pas mal de bouts. Dommage.

À défaut de vous présenter Fred et Patte, j’ai donc opté pour un autre couple montréalais, Zack et Maryse, faisant une démo de balboa au Festival de swing de Provence. Bien que je n’en sois pas certain, je pense qu’elle est chorégraphiée. Ce n’est pas parce que la séquence entre 0:56 et 1:04 n’est pas guidée (avec une bonne alchimie dans le couple, il est parfaitement possible d’improviser ça, même si ce n’est pas « guidé » à strictement parlé). C’est un peu parce qu’ils dansent sur une toune d’Harmonium: le choix d’un groupe québécois des années 70 m’étonnerais de la part d’un DJ français; il me semble qu’une improvisation se serait probablement fait sur une musique swing plus « normale ». Mais c’est surtout parce que dans le même festival, Zack a aussi fait une démo de Lindy Hop avec Carla Heiney, clairement chorégraphiée, elle (d’autant plus évident que je les ai vu la faire ailleurs). Même circonstances, donc probablement toutes deux chorégraphiées. Ce qui n’enlève rien au plaisir de les regarder:

Cours de balboa ce soir

janvier 30, 2009

Je ne compte plus m’inscrire à de nouveaux cours de danse jusqu’à mon départ pour l’Europe. Ça pèse un peu trop lourd sur le budget. Dommage, mais c’est comme ça. La danse, c’est comme la drogue, quand on y a goûté, ça engendre une dépendance qui fait que, non seulement on veut sa dose, mais on veut aussi augmenter la dose, essayer des nouvelles variétés, etc…

Du coup, je me contenterai du cours de balboa que je suis en ce moment. Nouvelle danse pour moi, justement. Le balboa se danse sur de la musique swing normale, même si certaines s’y prêtent mieux que d’autre (d’où le fait que dans les soirées, on dit parfois en entendant un morceau « ça c’est du balboa » alors que techniquement on peut danser du lindy dessus). Le balboa, qui se fait tout en petits mouvements, est particulièrement pratique pour les rythmes rapides parce qu’il permet des économies d’énergie. Il est aussi fort pratique sur les planchers de danse surpeuplés, parce qu’il prend peu d’espace.

Un vidéo d’exemple. Notez que les partenaires, même dans les mouvements les plus amples, restent très près l’un de l’autre. (dans les dernières secondes du vidéo, on quitte cependant le balboa pour intégrer quelques éléments de collegiate shag).