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Un peu de cirque

juin 12, 2012

Prenons une pause du conflit social actuel, et parlons de cirque et de narration.

C!rca

Il y a quelques temps, je suis allé voir C!rca (non, c’est pas une faute, ils l’écrivent comme ça), motivé notamment par la critique qu’en a fait Guy sur Alonzocirk. Je n’en ai pas parlé à l’époque, parce que je voyais difficilement quoi en dire. Le spectacle n’était pas mauvais ni fade pour autant, au contraire! C’était un tour de force. Je suis le genre de public qui a, d’ordinaire, besoin d’une ligne directrice pour demeurer attentif. Les exploits techniques ne me suffisent pas. C’est pourquoi, en matière de cirque, j’ai une nette préférence pour ceux qui intègrent une composante de théâtre. Je me plaignais d’ailleurs de l’absence de ligne directrice quand je suis allé voir le Circus Oz. Dans le cas de C!rca, le tour de force phénoménal, c’est qu’il ne semble pas y avoir d’histoire à racontée, mais que le spectacle a néanmoins une force d’ensemble et une ambiance qui sont parvenu à retenir mon attention tout au long. Je n’ai pas décroché une seconde de cette démonstration puissante d’à peu près tout ce que le corps humain semble capable de réaliser. J’irai les revoir sans hésitation à la première occasion.

Génération 2.0 et La flèche au coeur

Plus récemment, je suis allé voir, comme chaque année quand je suis à Montréal, les spectacles de fin d’année de l’École National de Cirque (tandis que si je suis à Madrid, je vais aller voir le Crece annuel pour la même raison). Deux spectacles aux ambiances sombres, remplis d’artistes doués, mais aux lignes directrices très faibles. C’est particulièrement frappant dans le cas de Génération 2.0, où on devine que le décors plein de fils suggère une référence à la toile (au web), et où les personnages se promènent avec des écrans lumineux qu’ils pianotent beaucoup. Mais le fil conducteur manque. Dans La flèche au coeur, il y a eu davantage de travail à ce niveau, surtout pour les premiers numéros, séparés par des transitions soignées et qui donnent une direction au spectacle, mais cela s’affaiblit très rapidement au cours du spectacle (parce qu’ils ont peu de temps pour préparer le spectacle, et qu’ils ont fini à la course, obligés de bâcler les dernières transitions? possible). Néanmoins. le tableau d’ensemble est nettement plus réussi pour ce second spectacle. Paradoxalement, mon coup de coeur de l’année est une numéro qui se retrouve dans Génération 2.0, le duo au mât chinois. Une question de scénario aussi, sans doute, car la relation complexe entre les personnages joués par les deux artistes suggère beaucoup, et les amènent aussi à des figures inusitées et inventives, de nouvelles images très évocatrices.

Dommage, cependant, que les deux spectacles aient opté pour des ambiances sombres. On en voit trop, d’ambiances sombres et de thèmes pessimistes, comme si nos artistes avaient intériorisé l’idée que si ce n’est pas pessimiste, ce n’est pas artistique. À tort.

Amaluna

Finalement, très récemment, je suis allé voir le dernier-né du Cirque du Soleil. Une bonne cuvée. Ce Cirque est plus connu pour ses costumes époustouflants et ses ambiances musicales que pour ses scénarios, mais ici, on a une ligne directrice, un peu stéréotypée, certes, mais assez soutenue pour garder l’attention. Une ligne directrice qui se conserve à l’intérieur des numéros. Une première moitié un peu plus forte que la seconde moitié, mais un très bon spectacle dans l’ensemble, qui emprunte beaucoup à l’esthétique des arts martiaux, comme le premier numéro de sangles qui aurait pu apparaître dans un film à la Tigres et Dragons.

Mélodie universelle

octobre 2, 2011

Dans ma tournée d’adieu à la veille de quitter Madrid (la despedida des swingeurs a eu lieu jeudi dernier, ils m’ont offert un poster monté des plus belles photos de mes danses à Madrid et Tolède, j’étais très ému), j’ai gardé une petite place pour le cirque. Ceux qui lisent mes billets sur le cirque savent (ou l’0nt oublié) que le cirque madrilène tourne en grande partie autour du Teatro Circo Price, qui offre des spectaces de cirque, de clowns, de danse contemporaine, et de plein d’autres choses. Un peu comme les spectacles de fin d’année de l’ENC à Montréal, en juin, sont un rendez-vous du cirque montréalais, à Madrid, c’est le spectacle Crece, en septembre qui sont un rendez-vous obligé des amateurs. Le concept de Crece est de réunir des finissants d’écoles de cirques du monde entier pour monter un spectacle qui sera présenté pendant environ une année. Au moment où j’écris c’est lignes, la dernière représentation du Crece 2011 commencera dans une demi-heure (18h, heure d’Espagne). Le spectacle réunissait 13 artistes de neuf pays différents, moins une, car malheureusement l’autrichienne Katharina Kaudelka (main à main) s’était blessé la veille. J’espère que ce n’est pas grave et regrette de ne pas avoir pu la voir à l’oeuvre.

Le Crece 2010 était un spectacle très sombre et pessimiste, qui laissait une large place au théâtre, même s’il s’agissait plutôt d’un montage de sketchs unis par leur ambiance que d’une grande pièce unifiée. Le Crece 2011, baptisé en sous-titre Melodía universal (mais ce n’est écrit que dans la brochure, toute la promotion du spectacle se faisant sous le titre Crece 2011), emprunte pour sa part davantage à la danse contemporaine. J’ai beaucoup aimé, et la danseuse contemporaine qui m’accompagnait encore plus. D’une manière générale, on note encore une ambiance plutôt sombre, mais donnant davantage dans la mélancolie que dans le tragique comme c’était le cas l’année passé. Les interrogations sur la mort et la condition humaine sont au rendez-vous, bien qu’on demeure dans le léger.

Je retiens particulièrement trois prestations, celles du duo-trapèze (les australiennes Hannah Cryle et Caz Walsh), travaillant également à la corde, celle du – euh, jongleur? sur le programme, on indique plutôt « manipulation d’objets ») français Alexis Rouvre, qui manipule cordes et balles de jonglerie*, et même les balles à l’aide de la corde; finalement, celle de l’unique Québécoise de la distribution cette année, Alexandra Royer, finissante 2011 de l’ENC, dans un remarquable cerceau aérien, élégant et impressionnant.

Une production d’une heure et demi où on ne voit pas le temps passer. Pour moi, c’est laisser Madrid sur une bonne note.

*au risque de me rendre insupportable avec ça, je refuse de me rendre à l’utilisation du terme « jonglage » à la mode dans le milieu circassien francophone. Le mot « jonglerie » était déjà là, désigne la même chose et est plus joli. Na!

La Vie en espagnol

avril 17, 2011

Je l’avais déjà vu et l’avais déjà commenté. En deux ans, il est probable que le spectacle ait connu des ajustements, mais ils sont globalement mineurs. En tout cas, je n’ai rien remarqué en ce qui concerne les numéros. Bien sûr, le temps a eu son effet sur ma mémoire, et j’ai pu me laisser surprendre à plusieurs reprises.

Les gros changements, donc, se retrouvent dans la traduction. Il a dû y avoir un gros travail à faire de ce côté. Des 7 doigts de la main, j’ai vu trois spectacles: Traces (par la deuxième distribution), La Vie et Psy. Au pôle opposé d’un Traces quasiment muet, La Vie est celui des trois qui fait la plus grande part au théâtre et au langage parlé, principalement à travers le maître de piste incarné par Sébastien Soldevila. Heureusement pour les représentations madrilènes, ce dernier parle un excellent espagnol; on entend aussi bien son accent français en espagnol qu’en français, mais cela ne nuit guère à la compréhension de son discours, bien qu’en plusieurs occasions, surtout lorsqu’il doit dire quelques mots très brefs (« bon, bon, bon », « très bien », des petits trucs comme ça), il en reste au français.

Tout spectacle en tournée doit faire face à un défi d’adaptation. Dans ce cas-ci, il faut par exemple remplacer les blagues sur le Canadien de Montréal par des blagues sur le Real Madrid. Le passage à une langue étrangère impose quelques défis particuliers. Dans la version que j’ai vu à Montréal, il y avait une petite tirade en espagnol (j’ai été l’une des trois personnes dans la salle à rire la blague); je m’en rappelle encore et je me demandais ce qu’ils en feraient – la maintenir en espagnol ou la traduire en français? réponse: coupée au montage! En revanche, Soldevila se permet plusieurs blagues en français, y compris « ah, il y a des français dans la salle qui l’ont compris, celle-là! » et « J’adore parler en français à Madrid. » Quant à moi, j’ai noté que la proportion du public madrilène maîtrisant le français semble nettement supérieure à celle du public montréalais maîtrisant l’espagnol.

Les autres personnages ont des interventions orales généralement plus réduites, dans lesquelles ils s’en sortent plutôt bien. C’est l’interprète de l’hôtesse de l’air qui a le défi le plus dur. Malgré un fort accent, cela se comprends bien, et quand c’est plus dur, le maître de piste peut toujours, en parfait accord avec le caractère de son personnage, rattraper le coup en se moquant de son accent. Dans l’ensemble, il est beaucoup plus important de préserver l’ambiance que le détail des répliques.

Quant aux numéros, qu’en dire, sinon que je suis toujours sous le charme, et que je ne suis pas le seul dans ce cas?

Voici le lien d’une critique du journal El Pais, qui n’exprime comme seul regret qu’il eût préféré une salle plus réduite que le Teatro Circo Price, pour une ambiance plus intime.

La ligne manquante

mars 23, 2011

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas payé de billet pour le cirque. Voilà qui est fait. Je reviens tout juste du Teatro Circo Price, où je viens d’aller voir le Circus Oz.

L’affiche annonçait « le meilleur cirque d’Australie ». Et c’est le meilleur spectacle de cirque autralien que j’ai vu de ma vie. En fait, c’est le seul spectacle de cirque australien que j’ai jamais vu. Et j’espère que l’affiche mentait.

Ça s’ouvre avec des uniformes et de la musique de fanfare, qui s’efface assez rapidement pour laisser la place à la Maîtresse de Piste. Elle fait ce qu’elle peut pour être divertissante, mais elle manque totalement de présence et ses blagues tombent à plat. Puis on installe la planche sautoir et on commence un numéro, comme ça. Pas de scénario, pas d’ambiance particulière pour introduire la planche. Le numéro est techniquement correct, sans plus, avec des moments qui se veulent drôles mais ne le sont pas.

La ligne manquante du spectacle, c’est la ligne directrice. Les enchaînements entre les numéros sont purement artificiels, ils manquent de fluidité et ne convainquent pas. Les numéros eux-mêmes sont pour la plupart une suite de figures sans concepts pour les lier, assortis (tous) d’un comique qui ne fonctionne qu’une fois sur quatre. C’est souvent un comique à la 3 stooges, genre « je donne une claque un peu gratuitement à mon voisin, parce qu’il est là et que c’est drôle ». Le meilleur élément de marque du spectacle demeure le niveau d’interaction entre le groupe musical (qui fait surtout dans le jazz, mais explore plusieurs autres genres musicaux au cours du spectacle, y compris un petit passage de metal en deuxième partie) et les artistes. Une bonne idée, mais ça ne suffit pas.

Dans la première moitié, je retiens un peu le numéro de mât chinois à deux (Rowan Heydon-White et Mason West), et surtout le numéro de jonglerie avec blocs de bois, où le comique fonctionne très bien. Mais ce sont les deux seuls numéros qui ressortent, sur une première moitié quand même assez longue et très décevante.

C’est pop-corn à la main et scepticisme au coeur que je suis revenu à ma place après l’entracte. Le numéro de réouverture met en scène les artistes de la troupe (sauf un) déguisés en kangourous taquins aux prises avec un policier qui a décidé (on ne sait pourquoi) de les arrêter. Ça se termine avec un ensemble de sauts que le policier doit esquiver de manière présumément drôle, mais en fait son jeu n’est pas du tout convainquant. Une fois débarrassés du gêneur, les kangourous font une danse, elle non plus pas convaincante. La deuxième moitié s’annonce aussi mal que la première.

Et pourtant…

Sans être un chef-d’oeuvre, la deuxième moitié s’avère une bonne grosse coche au-dessus de la première. Comme s’il y avait deux spectacles, un un peu après le milieu de la phase de rodage (la deuxième moitié), et l’autre encore complètement en construction. Le jongleur remarqué en première moitié revient, avec un numéro avec une bonne coordination balles-musiques. Un duo-trapèze s’avère une très bonne surprise dans un numéro de comédie où la fille, un peu plus grande que son partenaire, est porteuse un peu plus de la moitié du temps. Ils nous la joue sur le concept du grand numéro où tout cloche, et où on réalise des acrobaties en feignant la maladresse. La musique change de style au cours du numéro: c’est là qu’on entend un passage métal, et on termine sur une chanson à voix rappelant un peu le Cirque du Soleil; d’ailleurs le clin-d’oeil à ce dernier s’affirme quand, les deux artistes se retrouvant « coincés », la maîtresse de cérémonie s’écrie « ¡eso no pasaría en el Circo du Sol! » à se demander si les figures choisies pour le numéro n’auraient pas elles-mêmes été inspirées (toujours dans l’esprit de clins d’oeil/parodie) d’un certain duo-trapèze du Cirque du Soleil… (mais c’est peut-être moi qui a trop d’imagination à ce stade là… d’ailleurs, le temps de monter leur spectacle, le numéro auquel je pense n’était peut-être pas encore en circulation, ou alors tout juste).

D’une manière générale, donc, la deuxième partie était plus accrocheuse et efficace que la première même si elle manquait toujours d’une ligne directrice. Le rapport entre le concept du duo-trapèze et le numéro du bonhomme en chaise roulante sur un palmier (numéro plus efficace au plan du décors et du concept que sur celui des acrobaties, cette fois), je ne l’ai absolument pas vu.

La finale s’avère l’un des moments les plus soignés et les plus élégants du spectacle. Tout simplement, l’orchestre évacue la piste vers le hall du théâtre, en jouant une petite musique entraînante, invitant le public à les suivre, et termine dans le hall. C’est simple, agréable et bien pensé. Merci.

Au final, toutefois, je demeure déçu de ce spectacle.

Heureusement, en avril, il y a les 7 Doigts de la main qui reviennent à Madrid pour une petite semaine.

Des nomadismes

janvier 16, 2011

J’ai eu le bonheur, lors de mon séjour à Londres, de revoir une vieille amie. Notre dernière rencontre en personne datait d’environ 5 ans avant. Au cours de ces cinq dernières années, j’ai vécu dans trois pays et quatre villes: Montpellier, Montréal, Valencia, Madrid. Elle, dans deux pays et trois villes. Sachant qu’en étendant le regard sur l’ensemble de la vie, mes chiffres restent stables, mais les siens s’augmentent de deux pays et deux villes. En somme, nous sommes deux nomades.

Mais il y a plusieurs sortes de nomadisme. En jetant simplement en regard sur mes connaissances, je le vois assez bien.

Il y a ceux qui changent très souvent de ville. Parmi mes connaissances, ce sont souvent des danseurs professionnels ou des circassiens. Ils vont et viennent de par le monde au gré des contrats. Les danseurs professionnels (de swing, s’entend – ceux que je connais) sont surtout appelés par les festivals. Ils y vont pour les compétitions. Puis ils y vont pour les contrats: donner des ateliers, des démonstrations, faire des spectacles, juger les compétitions. Souvent, le contrat demande de faire un peu de toute ça, et ils participent en plus aux compétitions. Évidemment, de tels contrats sont à durée très brève, normalement guère plus que quelques jours. La plupart d’entre eux ont une base permanente, là où ils ont leur école, source de revenu stable. Cette base permanente, c’est aussi l’occasion d’une vie sociale suivie, qui peut reprendre son cours après des absences fréquentes, mais brèves. Leur vie sociale est aussi faite de la fréquentation de ceux qui, comme eux, vont de festival en festival: cela occasionne des rencontre irrégulières et brèves, mais fréquentes. Dans quelques cas, (rares pour autant que je puisse en juger, mais j’ai discuté avec un à Rome), ils n’ont pas de base permanente et vivent uniquement des contrats… leur vie sociale est donc alors principalement constituée des rencontre en festivals dont je parle un peu plus haut.

Chez les circassiens, pour ce que j’en entrevois, les contrats peuvent être de brève ou moyenne durée (quelques jours à quelques semaines), ou au contraire assez long. Dans ce dernier cas, il s’agit souvent de contrats avec des compagnies d’une certaine importance, pour des tournées. Ceux qui font des contrats de brefs et moyenne durée ont l’air d’avoir un mode de vie assez semblable à ce que j’ai décrit pour les danseurs. Pour ceux qui ont des contrats d’une longue durée pour des tournées, la différence, c’est qu’ils bougent fréquemment, mais toujours avec la même gang, qui bougent avec eux. Du moins pour la durée du contrat. C’est encore un mode de vie différent. Ceux qui s’engagent pour des contrats de un à deux ans sur des spectacles fixes doivent avoir un mode de vie qui commence un peu plus à ressembler au mien et à celui de mon amie. Mais je n’en connais pas.

Ce qui nous ramène à moi et l’amie dont je parle. J’ai voyagé sous l’impulsion des études. Elle, pour les études, le travail et le mariage. Des périodes qui vont de quelques mois à un peu plus de deux ans. Le temps, tout juste, de se faire une vie sociale, de prendre racine dans un lieu. Puis, rupture des liens. On en garde quelques-uns (comme nous deux, qui avons bavardé après cinq ans presque comme si on s’était vu la semaine d’avant), et le reste se désagrège avec le temps. Les retours sont faits de reconstructions. Mais en même temps, on expérimente à plein les modes de vie de différents endroits, on les connait à fond, mieux que quand on ne voyage que pour quelques jours.

Ce que je remarque, c’est que j’ai au fond très peu d’amis qui ont vécu ce type d’expérience (ceux qui l’ont vécu appartiennent surtout à la carrière universitaire, qui y est propice). C’est la seule à l’avoir vécu depuis aussi longtemps (en fait, un peu plus longtemps) que moi. Et ça faisait du bien de parler avec quelqu’un qui savait exactement ce que ça signifiait.

Obéissez sans mot dire

septembre 28, 2010

Puisque je suis à Madrid, ça vaut la peine de profiter un peu des richesses de la ville. J’étais déjà allé voir un spectacle de ballet lors de la Noche en Blanco (vive les spectacles gratuits), dont j’ai négligé de parler ici. Un pas pire spectacle, d’ailleurs, « Rock the Ballet », qui traversait à peu près toutes les variations de la musique rock avec danse adaptée.

Aujourd’hui, j’allais voir Crece 2010. Petit cirque deviendra grand: Crece est, d’après ce que j’ai compris, une production annuelle du Teatro Circo Price et de l’école de cirque de Madrid, où se retrouvent des finissants de diverses écoles de cirque du monde: Madrid, Toulouse, Stockholm… Montréal. Les noms des spectacles ont le mérite de l’originalité, mais pas de la continuité: Crece 2008, Crece 2009, Crece 2010; comme vous voyez, il est difficile de voir le lien entre les spectacles et les concepteurs ont dû se creuser longuement la tête pour trouver un titre à chaque année.

Comment décrire un tel spectacle? Je me suis posé la question à deux ou trois reprises au cours de la séance. Le fil conducteur n’était pas évident à saisir, bien que les enchaînements se faisaient bien entre les numéros et que l’ambiance donnait une unité au spectacle. Mais difficile d’en raconter l’histoire, si toutefois il y avait une histoire. Les artistes endossent bien un personnage, et parfois on voit apparaître un lien entre deux numéros, le personnage de l’un surgissant dans le numéro de l’autre tout d’un coup. Mais d’histoire globale, point.

À l’entrée, la scène est descendue, et donne l’impression d’une arène. Trois inquiétants personnages, des gaillards musclés (ok, ça correspond à la description de 90% des artistes de cirque masculins…) avec des lampes sur le front, semblent jouer des gardiens, des contre-maîtres ou des esclavagistes. Ils font descendre les autres personnages dans l’arène. L’un tente de s’échapper, cela provoque une bagarre avec son gardien. Un bagarre très crédible au demeurant, pas comme beaucoup de « bagarres » prétexte à main-à-main qu’on voit au cirque. Là, la scène n’est pas sans dégager quelque violence. Lorsque le rebelle est finalement dans l’arène, il tente encore de s’échapper, pour être impitoyablement rejeté dans l’arène.

La table est mise pour un spectacle dont les numéros évoquent généralement des thèmes bien pessimistes. Le clown-jongleur-bruiteur est bien drôle, à notamment sortir ses organes de son corps (par mime) pour les remonter ou les réparer, à jouer avec les ralentis, etc. Mais c’est aussi un pervers (pépère?) . Il y a d’autres personnages comiques: on a droit à une suicidaire qui rate ses suicides. Occasion de rire, là aussi. Même si un peu jaune, c’est du rire. Et le personnage le plus léger du spectacle est un trampoliniste qui distribue des fleurs dans les tribunes. Au milieu d’un numéro plus grave (un numéro de bascule assez impressionnant), on le verra surgir d’une trappe au milieu de la scène avec son bouquet de fleurs en main.

Deux numéros évoquent la violence domestique. Le premier présente les personnages de la femme battue et de son mari, et lorsque ce dernier s’éclipse, donne lieu à un numéro de corde volante qui fait paraître la dame plus forte que quand son mari était là. Puis une autre scène, violence sur fond de chanson d’amour chantée par d’autres artistes qui ne semblent pas conscient de ce qui se passe, jusqu’à ce qu’une femme se réveille, proteste et appelle à l’aide, en vain. Cette femme monte alors sur son trapèze ballant. Ce numéro de Vanessa Vollering – en qui j’ai reconnu un personnage secondaire, mais remarqué, de Rosso di Sera, spectacle de fin d’année de l’ENC 2009 – est celui qui ma le plus paru donner une clé de compréhension de l’ensemble du spectacle. Au début de son numéro, elle joue de son trapèze d’une manière qui  nous donne l’impression que celui-ci ne veut pas se mettre en mouvement, malgré tous les efforts qu’elle y met. Et puis, lentement, le trapèze finit par se mettre en branle, et elle peut y aller de ses voltiges. Une métaphore de l’inertie, de la difficulté qu’il y a à faire bouger les choses? En épilogue du numéro, lorsqu’elle remet pied sur terre, elle se retrouve face au mari violent, qui lui fait des saluts militaires et mime le fait de se taire. D’où le titre que j’ai choisi à ce billet.

Je suis bien sûr loin de mentionner tous les numéros. Mais il y a beaucoup de cordes, dans tous les sens. De la corde volante aux cordes à funambules, elles se retrouvent tout au long du spectacle, comme si les personnages étaient constamment liés.

Petite mention enfin pour les deux autres représentants de l’ENC, Marie-Pier Campeau et Ethan Law, qui font un bon numéro de jeux icariens, bien que pour cette séance ils aient cafouillé un peu. Ce sont des choses qui arrivent. Les jeux icariens, cela consiste en gros, pour lui, à jongler avec un ballon avec ses pieds, pour elle, à être le ballon. Lui fait aussi un numéro de roue cyr très réussi. Les trois (Vanessa, Marie-Pier et Ethan) sont, si je ne me trompe pas, des finissants de 2010.

Petite mention aussi pour la mise en scène, très bien faite. Des transitions bien pensées: un numéro aérien attire le regard du spectateur vers les hauteurs, et le plancher remonte pendant ce temps pour faire disparaître l’arène. Des effets d’éclairage donnent l’impression que le sol glisse sous une roue cyr. Etc…

Et au final, au moment où se conclue le spectacle, un spectacle si rempli de scènes pessimistes, on met la toune Don’t worry, be happy. Belle pensée.

La nuit des temps, vraiment?

août 7, 2010

C’est le genre d’expressions consacrées dont les historiens apprennent à sourire. Le « fond des âges », la « nuit des temps », choses « de tout temps » et « de toute éternité ». Rien, ou presque, n’est éternel. Et le monde que nous connaissons est plus jeune qu’on ne le croit.

Cette semaine, La Presse décernait le prix de la personnalité de la semaine aux organisateurs du festival Montréal complètement cirque. Pas question ici de remettre en question ce choix. Bravo à eux!

Mais dans le paragraphe d’introduction de l’article, on lit la phrase suivante: « Des talents multiples qui font foi d’une créativité illimitée, dans une forme d’art pratiquée depuis la nuit des temps. »

Oh, vraiment? à les lire, on pratiquait déjà le cirque au paléolithique! Planche russe, mât chinois, roue allemande, trapèze, tout ça… issus de la nuit des temps? Ou le chapiteau, la piste… issus de la nuit des temps?

L’ironie, c’est qu’un mois plus tôt, à l’occasion de l’ouverture du festival, la Presse consacrait un petit dossier à l’histoire du cirque, interrogeant l’historien du cirque Pascal Jacob. On peut lire dans l’un de ces articles (l’autre est ici) que le cirque moderne naît en… 1768! La nuit des temps ne remonte pas à bien loin, apparemment. Oh, certes, il y eu, avant le cirque, les saltimbanques et les jeux romain… mais cela n’est pas encore du cirque, et appartient au mieux à la préhistoire de cette forme d’art.

On se dit que les journalistes de la Presse pourraient prendre le temps de lire ce qu’écrivent leurs collègues sur le même sujet avant d’écrire n’importe quoi.

Nous prenons facilement pour acquis que des choses qui remontent plus loin que la génération de nos grands-parents ont toujours existé. Nous leur accordons une existence millénaire, quand elles n’ont parfois guère plus d’un siècle d’existence (environ 250 ans pour le cirque). Mais c’est faux. Peu de choses sont aussi anciennes.

Arrêter d’utiliser de telles expressions, ce n’est que le Gros Bon Sens. Bien qu’elles remontent sans doute à la nuit des temps… euh, à je ne sais pas quand.

Sept doigts et bien des folies

avril 24, 2010

Ce billet sur le cirque commence par une tranche de vie.

Facebook a changé le cours de mes derniers jours d’une excellente manière. L’histoire commence vendredi soir, quand je constate, parce que Tite-Soeur s’y est inscrite, que les 7 Doigts de la main ont désormais un groupe facebook. L’instant d’après, j’y étais inscrit. Une minute plus tard, j’apprenais avec stupéfaction qu’ils étaient à Madrid pour présenter leur nouveau show, Psy.

Flash: je me rappelle aussitôt ma frustration d’être parti de Montréal un peu trop tôt pour pouvoir voir Psy, et d’être arrivé à Valencia trop tard pour pouvoir voir Tarzan, le dernier en date du Circo Gran Fele, qui a l’air pas mal. Je regarde les dates de représentations, et c’est la déception: le dernier spectacle est celui de dimanche! Mais, petit à petit, l’idée fait son chemin: on est vendredi soir, il est encore temps d’acheter son billet et de sauter dans un train pour Madrid. Et une planification se met en place dans mon esprit: les swingueurs de Madrid dansent le samedi soir, j’attendais aussi une occasion pour voir les archives madrilènes et voir un collègue historien avant qu’il ne quitte la ville. Il y a de quoi occuper tout un séjour. Et pour les creux, j’ai un ou deux amis madrilènes qu’il serait bon de voir autour d’une bière. On n’est pas dans la saison touristique, donc je ne me fais guère de soucis pour trouver un hôtel (j’ai pu constater en 2006 que dans le centre-ville de Madrid, des hôtels, il y en a partout). Les encouragements de quelques amis en ligne à ce moment-là achèvent de me convaincre. J’ai aussi eu un petit coup de main de Mouma, qui me demandait en échange une critique sur ce blogue (ce que j’aurais fais de toute façon, elle s’en doute). J’ai donc passé une  bonne partie de la nuit à acheter mes billets de cirque et de train, à préparer mes bagages, à envoyer des courriels à mes amis madrilènes. Le lendemain, j’étais dans un TGV pour un trajet de 4 heures vers Madrid.

Dimanche un peu avant midi, donc, je déjeunais (tortilla, napolitana – mon nouveau mot du jour – et café con leche) au café du Teatro Circo Price de Madrid, en attendant midi, heure de la représentation pour laquelle j’avais acheté mon billet. Midi, parce que la représentation du soir était complète. Il ne devait pas rester plus d’une trentaine de places disponibles pour la représentation de midi, d’ailleurs, quand j’ai acheté mon billet. À 20 euros, je me suis permis le luxe d’être dans une bonne section, face au spectacle dans une salle circulaire (pour un spectacle conçu pour être présenté dans un théâtre à l’italienne, de front).

Les affiches des 7 doigts sur la façade du Teatro Circo Price

Psy est un spectacle dans le plus pur style des 7 Doigts de la main. Des numéro d’un haut niveau technique liés par un fil conducteur. Des numéros, aussi, montés dans l’objectif non seulement de faire étalage du talent technique de l’interprète, mais aussi d’illustrer des thèmes. Dans le cas de psy, une partie au moins des numéros sont des reprises des numéros créés par les artistes (j’ai notamment bien reconnu les numéros de jonglerie – malabarismo, le mot que j’ai appris la veille – de Florent Lestage et le numéro d’équilibre sur cannes de Naël Jammal), adaptés à la thématique du spectacle et insérés dans le fil conducteur. Au niveau de la narration, Psy se situe à quelque part entre La Vie et Traces, ce dernier misant davantage sur une ambiance impressionniste tandis que La Vie est plus proche du théâtre, avec une histoire qu’on peut suivre du début à la fin. Dans psy, l’histoire plus présente que dans Traces, mais néanmoins très mince: on nous présente les personnages et leurs pathologies (paranoïa, hypocondrie, insomnie, amnésie, maniaco-dépressif plus maniaque que dépressif, syndrome de personnalité multiple, dépendance – au moins à la cigarette et au sexe -, obsessif compulsif, colérique pathologique, j’espère ne pas en avoir oublié), à travers une thérapie de groupe. Puis on a droit à une succession de tableaux illustrant la pathologie de chacun à travers un numéro. Les interprètes joue tour à tour leur personnage ou des personnages de soutiens (la foule anonyme, les souvenirs éparpillés, les psychothérapeutes, etc…), mais cela n’engendre pas de confusion pour le spectateur, car les changements de costume rendent les changement de personnages faciles à identifier.

Les numéros sont très évocateurs, et mettent en relation la pathologie et la discipline exercée. Quand l’amnésique jongle, on a le sentiment qu’il jongle avec quelques rares souvenirs. Quand on balance des dizaines de quilles sur scène, il exulte, même s’il ne peut pas toutes les attraper. La colérique se bat avec sa corde lisse dans laquelle elle voltige. Le dépendant semble enfermé dans sa roue allemande. L’agoraphobe défie sa peur sur son trapèze ballant. Je ne vais pas tous les nommer, mais j’ai particulièrement aimé le numéro de mat chinois, illustrant l’insomnie. L’insomniaque cherche le sommeil, en changeant constamment de position sur son mât chinois (comme on se retourne dans son lit), accompagnée de son conjoint qui la rattrape constamment lorsqu’elle tombe d’épuisement. Très évocateur, j’ai adoré. Le numéro d’équilibre sur cannes est excellent pour l’ambiance qu’il dégage, mais curieusement ne semble pas évoquer la pathologie du personnage (hypocondriaque), mais plutôt la solitude et l’incapacité sociale.

Je me plaignais de ne pas avoir pu le voir à Montréal, mais somme toute j’ai eu de la chance de le voir à Madrid. Ils ont eu le temps de roder le spectacle et de le perfectionner. Le numéro de danse du sabre et de lancer de couteau, qui selon plusieurs critiques à Montréal pouvait être supprimé, semble avoir été considérablement simplifié, et ramené à la danse plus un unique lancé (qui a d’ailleurs probablement plus d’impact du fait qu’il est unique).

Le tout est accompagné de nombreuses danses, d’humour autant dans les numéros principaux que dans les séances de groupe (faites interagir le dépendant avec la colérique, pour voir… ou demandez au craintif hypocondriaque de s’abandonner à l’étreinte d’un compagnon…).

Shana Carroll, qui a monté le spectacle, dit qu’elle espérait faire un spectacle moins épuisant que ce qu’ils sont fait dans les précédents. Au vu de la quantité de choses qu’ils font sur scène, j’ai des doutes sur l’atteinte de cet objectif. Mais ça, ce n’est pas le spectateur qui va s’en plaindre!

Inutile de dire que j’ai adoré ma séance chez le Psy…

La critique de La Presse, celle de Guy sur Alonzocirk.

En búsqueda de circo

février 16, 2010

C’est surtout un hasard si j’ai ça en tête. Pas complètement, mais beaucoup. Station de Bailén, hier:

Ces publicités ne sont pas très nombreuses, donc si un policier ne m’avait pas donné un mauvais renseignement, m’envoyant au mauvais endroit pour mes démarches, je ne serais pas passé dans cette station particulière.

Cette publicité a un peu touché sa cible. Pas que j’aie particulièrement envie de voir ce spectacle-là. Mais entre ça et une visite récente chez alonzocirk qui m’a remis en mémoire les 7 doigts de la main, une petite voix s’est glissée en moi qui me dit « hey, je ne cracherais pas sur un peu de cirque ». J’ai bien regardé le DVD de Scène de Crime ce soir, mais rien de tel que du neuf. Mû par la curiosité, j’ai cherché pour voir ce qu’on pouvait trouver en la matière dans la région de Valencia. J’ai trouvé une compagnie qui est basée à Valencia et qui a l’air pas mal. Avec des billets qui tournent autour de 17 euros, ça semble très abordable. Sauf qu’ils semblent avoir fini leurs représentations ici même et être en tournée ailleurs.

Mauvais timing pour le cirque en ce moment: je pars trop tôt pour les 7 doigts, j’arrive trop tard pour le Circo Gran Fele. 2010 n’est pas partie pour être mon année de cirque. Bah! au pire, je me rattraperai en 2011!

Impro circassienne

décembre 12, 2009

Il y a des gens qui se lèvent du pied droit, des gens qui se lèvent du pied gauche, et, apparemment, des gens qui se lèvent du bout d’un nez de clown. C’est plus ou moins ce que Tite-Soeur a dû faire vendredi matin. En déjeunant avec elle, mes neurones embrumée encore en attente de l’effet de la caféine qui accompagnait le sandwich aux oeufs-saucisses matinal, je peinais à suivre le rythme pétillant et malicieux de ses répliques. C’est entre une gorgée de remède-à-l’inertie-neuronale-du-réveil (lire: café pas trop dilué) et une de ses pitreries que j’ai appris qu’elle participait dans la soirée à une improvisation circassienne.

Il y a les improvisation théâtrales, du style LNI. Sur le même modèle, il y a aussi une ligue d’impro musicale, les Impru-danses (impro dansées, donc, orientée danse moderne). Ce soir-là, ils adaptaient la formule en cirque. Au lieu de balancer des chaussettes à l’arbitre, on lui balance des nez de clowns. Vu la forme énergique de ma soeurette, j’étais je dois dire assez curieux de voir le résultat.

Après une journée à remplir la mission ne-pas-attraper-le-rhume-par-les-pieds-sans-trop-se-ruiner (lire: magasiner des bottes pas trop cher) et à prendre des notes de lecture dans mon café préféré, je me pointe dans le café du quartier Saint-Michel où s’est réuni une petite partie du milieu circassien montréalais pour l’événement. Ce dernier, devrais-je ajouter, était l’occasion d’une collecte de fond destiné à aider deux éclopés (bon, deux blessés) à payer une opération coûteuse. Très prodigue de ma « fortune d’étudiant », je me suis permis une contribution DOUBLE de celle suggérée – de 2$, j’ai donc dispensé la princière somme de 4$ pour le spectacle.

Lequel a plutôt l’aspect d’une activité ludique de circassiens entre eux que d’un spectacle monté à l’attention du grand public. Le public, d’ailleurs, est essentiellement composé d’artistes de cirque (1). Les clins-d’oeil aux références du milieu abondent, jusque dans les catégories imposées. Bon, pas besoin de connaître la culture du cirque pour comprendre « à la manière de Michael Jackson », et « à la manière du Cirque du Soleil » ne requièrent pas une connaissance très approfondie du milieu; en revanche, je ne suis pas sûr que j’aurais compris ce qu’était « à la manière de Peter James » si Peter James lui-même n’avait pas fait partie d’une des équipes et n’avait eu l’occasion de faire la démonstration de son style hilarant dans les impros précédentes; enfin, « à la manière des frères machinchoses » m’était complètement étranger – tout au plus ai-je eu droit aux explications de ma voisine selon laquelle les frères « icebidule » font du main à main au Cirque du Soleil et sont, apparemment, très célèbres – mais il est clair que le public circassien a tout de suite su de qui il était question, de même que les improvisateurs qui nous ont fait un main à main avec un style je-montre-mes-muscles-et-j’ai-un-visage-très-grave, tout à fait sur la même longueur d’onde.

Comme souvent dans l’improvisation théâtrale, les impros avec un petit nombre de joueurs donnait lieu aux meilleures performances, alors que les impros avec un nombre important de joueurs tournaient vite à un joyeux bordel, lequel était toutefois agréable à regarder, car joyeux et énergique. Catégorie très efficace, celle qui demande aux joueurs de se succéder l’un à la suite de l’autre en reprenant l’activité du joueur précédent (ainsi une contorsionniste pour remplacer une contorsionniste, une acrobatie pour remplacer une acrobatie, etc…) – la tentative de Naël pour faire de l’équilibre sur un tam-tam valait son pesant d’or.

L’équipe des blancs a gagné 7 à 6 contre l’équipe des noirs, mais comme le public était bien mélangé sur les signes à faire pour voter pour telle ou telle équipe, ça ne veut plus dire grand-chose. Et de toute façon, on s’en fout.

Après, donc, une soirée amusante, après avoir épuisé mon stock de munitions de nez rouges contre l’arbitre (je vise mal, je l’ai raté), j’ai eu juste le temps d’attraper le dernier bus.