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Make it fun

décembre 10, 2012

Ce sont des choses comme ça que j’aime dans le Lindy Hop. Les moments où, tout en continuant à danser la bonne vieille danse, on sort un peu du cadre, comme ça, pour le fun.

Tenez cette compétition, par exemple. C’est un invitational jack & jill. « Jack & Jill », comme je l’ai déjà expliqué par-ci par là sur ce blogue, ça veut dire que c’est une compétition où les partenaires sont tirés au hasard. « Invitational », c’est qu’on n’y participe que si on y est invité (d’ordinaire, les professeurs invités à l’événement pour y donner des ateliers).

En lindy hop, ces compétitions se déroulent souvent, comme ici, en deux parties: un « spotlight », où les coupes dansent à tour de rôle, et un « all-skates » à la fin, où tous les couples dansent en même temps. Il ne faut pas se faire d’illusions, le spotlight est généralement la partie la plus intéressante de la compétition (et accessoirement, celle où se décident les vainqueurs). Mais ici, un petit truc se passe, qui met de la folie dans le all-skates.

D’abord, j’imagine qu’une participante s’est désistée au dernier moment, mais il y a un gars en surnombre. Ce qui fait qu’une danseuse (Alice Mei) danse avec deux partenaires différents. Les cyniques diront que ça lui donne deux fois plus de chances de gagner.

Ça semble compliquer un peu la situation pour le All-Skates. Ils doivent danser à trois, les deux gars s’échangeant leur partenaires à intervalles réguliers. Ils en profitent un peu, en faisant, dans les transitions, des figures à trois. Et puis, à 24:55, on voit un danseur (Peter Strom) abandonner sa partenaire (Jo Hoffberg). Ah! pour abandonner une danseuse comme elle, il faut que ça vaille la peine! Lui s’immisce au sein du trio, elle ne tarde pas à être rejointe par l’un des danseurs. Dès lors, c’est l’effet boule de neige. Les partenaires s’échangent à qui mieux-mieux, un autre couple rejoint la mêlée, les échanges sont font à une vitesse difficile à suivre – le tout demeurant fluide! On multiplie les combinaisons, à deux, ou à trois. Et à la fin, à l’heure de la finale, personne ne danse seul.

J’adore!

C’est le genre de choses qui n’est rendu possible que par l’Esprit du Fun, cette volonté de jouer, qui habite tout entier cette danse.

Quand ça décolle…

mars 7, 2012

Ça fait quelques fois que je regarde ce vidéo, l’un de mes récents coups de coeurs. Je ne connaissais pas Mikaela Hellsten, mais je vais l’avoir à l’oeil à l’avenir. Quand à Kevin Saint-Laurent, c’est ce qu’on appelle un vétéran, dans le décors du lindy depuis, ma foi… pas toujours, parce qu’il n’a pas donné de cours à Frankie Manning en 1920, mais bon… longtemps. C’est d’ailleurs son nom qui m’avait amené à visionner la vidéo.

C’est curieux, parce qu’il y a un moment dans la vidéo où ça décolle. Un moment qui fait la différence entre une danse de pro et un petit coup de coeur. Un moment où on ne peut plus regarder la danse par désoeuvrement, un moment où ça devient fun. Et je suis curieux de savoir si pour vous, quand vous le regarderez, il y aura un tel moment. Si ce sera le même que pour moi.

Solo charleston a la Yasta

avril 28, 2011

La sala Yasta, c’est un club rétro, style fifties, où, une fois par mois, le studio Blanco y Negro de Madrid organise une soirée swing. De toutes les soirées qu’on fait dans la capitale espagnole, c’est ma préférée. Et je ne suis pas le seul à le penser.

La piste de danse est grande, elle a une forme régulière (contrairement au Garibaldi, par exemple, où il y a un angle droit qui lui donne une forme de « L », ce qui a le don de m’agacer). Elle est en bois franc, le type de sol sur lequel je préfère danser. Et il y a de l’ambiance. Une super ambiance. Elle prend à chaque fois.

L’endroit a un kitsch assumé, avec un animateur-imitateur-d’Elvis, pas super bon – mais l’important c’est l’idée. Et des serveuses pin-ups. À tous les jeudis, d’ailleurs, il y a un concours de pin-up vers 1h du mat’. Les amatrices sont invitées à se présenter, le public vote.

Et à chaque fois qu’on fait une soirée swing là-bas, il y a un petit truc spécial: distributions de photos polaroïds (et de casquettes de je-sais-plus-quoi); tout-le-monde-en-moustache (fausses moustaches fournies, homme ou femme); jack & jill pour amateurs; démonstration de claquette.

Ce soir, c’était une compérition de solo charleston.

Solo charleston? l’annonce du thème de la soirée m’avais rendu un peu perplexe. Dans la communauté swing naissante de Madrid, le solo charleston n’est pas particulièrement en vogue. Qui allait donc s’inscrire à la compétition? Je m’attendais à une participation réduite. Je m’attendais en fait à ce que même certains danseurs qui à mon avis ont un sacré bon style ne veuillent pas participer – j’entendais les échos de type « ah, moi, le solo charleston, je connais pas vraiment » – soit dit en passant, moi non plus… je ne fais que me débrouiller en développant un peu les quelques jazz-steps que je connais. Et un faisant le fou, comme d’hab.

Les organisateurs, pas fou, ont sans doute eu les mêmes doutes que moi. La formule était bien pensée pour pallier au problème: à la première ronde, tout le monde participe, z’avez pas le choix! le noeud gordien était tranché. Les quatre finalistes seraient sélectionnés par les profs de Blanco y Negro.

J’étais allé à la soirée avec une très forte attitude de « l’important, c’est de participer ». Mais je dois faire un aveu: le premier prix me tentait terriblement. Une vrai de vrai paire de souliers de danse bicolores et tout et tout, pleins de classe. Mais bon: l’important, c’est de participer. De toute façon, même si je fais parti des bons danseurs de Madrid (sans fausse modestie), je sais pertinemment que, pour tout ce qui est performance physique – ce qui inclu donc la danse – je craque sous la pression. Je ne m’attendais donc pas à faire la finale.

Je m’y attendais encore moins pendant la première ronde. Après environ 30 secondes de la première chanson, mon mollet gauche m’a dit « deux pas de plus, et je te file la crampe de ta vie ». J’ai quand même fait la sourde oreille. Je ne me suis même pas particulièrement économisé. Mais je m’attendais d’une seconde à l’autre à ce que monsieur mollet mette sa menace à exécution et que je sois obligé de sortir de la piste de danse à cloche-pied. Mais finalement, le mollet est resté à sa place. Et au final, je n’avais pas trop mal dansé.

Annonce des finalistes: premier choix, aucune surprise, c’est une des meilleure danseuse en ville. Deuxième choix… ah, oui, là c’est un peu une surprise, ce n’est pas la plus expérimentée, et je n’avais pas eu l’occasion de la voir danser pendant la ronde (j’ai compris en la voyant danser  à la troisième ronde: elle danse simple, mais ses pas, elle les fait vraiment bien), troisième choix, je suis content pour lui, un type très sympa, d’ailleurs on a dansé face à face en faisant quelques jeux de miroir pendant un bref moment de la compétition. J’ai pas entendu le quatrième nom, mais j’ai compris qui c’était quand tout le monde m’a regardé.

Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour m’étirer et masser mon molet avant la deuxième ronde. Là, chacun des finalistes avait son coin, et on dansait tous en même temps. Le mollet faisait quand encore des menaces, et je continuais à faire comme si c’était du bluff. Mais quand même, ça ne s’est pas trop mal passé. À ce détail près: j’ai beau danser comme un malade à toutes les semaines, je n’ai câlissement aucune endurance question cardio. Et le charleston n’est pas exactement une danse reposante. Pratiquement sans pause entre la première et la deuxième ronde, les amateurs pouvaient mesurer la longueur de ma langue une fois la toune achevée. Mais je suis allé jusqu’au bout, sans ralentir le rythme! Yeah!

Troisième ronde, on danse à tour de rôle, cette fois. Spotlight sur chacun d’entre nous. Dois-je préciser que j’étais très content d’être le numéro 4? la numéro 1 n’a pratiquement eu aucune pause. D’ailleurs, je n’ai quasiment rien vu de sa performance: j’étais occupé à me rafraîchir à coup de bière et surtout à m’étirer et me masser le mollet. Le tour à la deuxième, c’est là que je comprends pourquoi elle a fait la finale. Le troisième s’offre un beau moment flash en ploguant une roue au milieu de sa danse. Quant à moi, je fais clairement la moins bonne de mes trois performances; je me sens moins inventif et moins énergique, mais bon, je fais avec, et pour tout le reste, tant pis! J’ai quand même du fun.

La troisième ronde achevée, moi je vais assez vite vers le bar pour m’acheter une autre bière. Avec les autres finalistes, on a une bonne camaraderie: on se fait des rondes (brèves, quand même), et on prend des pauses pour les photos du studio (mes amis facebook devraient les voir apparaître d’ici une semaine). Pendant ce temps-là, le public vote. En fin de soirée, l’annonce arrive. Pour faire bref, les deux prix reviennent aux filles. La première n’est pas une surprise. J’ai pas eu les souliers – tant pis. (au fait, j’ai dis que je me suis acheté des souliers à claquette la veille?).

Mais il y a une dernière chose à dire pour conclure. En Espagne, la Semana Santa (la semaine dernière), c’est long pis c’est plate. Enfin, bon, y’a plein de gens qui aiment ça. Mais c’est résolument familial. C’est la semaine où les grandes villes se vident, parce que tout le monde retourne dans son village natal. C’est la semaine où toutes les activités sont annulées. Moi, l’étranger sans famille a proximité, je suis resté à la maison pour bosser mes trucs (sans aller aux archives, elles sont fermées, ou avec un horaire exagérément réduit). Ce n’est pas de bosser qui est plate, c’est de bosser sans avoir les loisirs habituels pour me détendre (j’exagére un tantinet: j’ai quand même soupé avec des amis le jeudi saint). Mais pas de danse pendant un peu plus d’une semaine? c’est dur…

charleston ou pas charleston, cette soirée à la Yasta, j’en avais besoin! Et la magie a marché… comme d’hab.

À la demande générale (ou presque)…

janvier 25, 2011

Je regardais mes statistiques il n’y a pas longtemps. Je me suis fait la réflexion que, de toutes les danseuses (et danseurs) dont j’ai parlé sur ce blogue, l’une est l’objet de beaucoup plus de recherches google que les autres. D’assez loin en fait. Du moins parmi les internautes qui prennent la peine de cliquer sur l’un de mes liens.

Il s’agit de Jessica Cox.

J’ai d’abord cru que c’était à cause de l’autre Jessica Cox. Cette dame née sans bras qui fait plein d’activités quand même. Notamment pilote d’avion. Le genre d’histoire de courage dont le public raffole. Elle gagne d’ailleurs sa vie en partie comme conférencière inspirante.

Mais non. Enfin peut-être un peu, mais ça n’explique pas tout. Car un très grand nombre des recherches sur son nom ajoute les mots « wcs » ou « west coast swing » ou autre variante. Or, je n’ai jamais entendu parler d’une danseuse sans bras dans le milieu du west coast. Pas qu’elle ne pourrait pas, remarquez – quoi que ça déstabiliserait sans doute un peu ses partenaires, surtout les plus débutants. Je n’ai jamais vu de danseurs sociaux sans bras, mais lors de mon séjour à Londres j’ai bel et bien vu un danseur manchot. Mais ce n’est pas le sujet. Le fait est qu’avec le nom « Jessica Cox » assorti des mots référents aux west coast, la présomption est forte sur la personne dont il est question.

Ce n’est pas parce qu’on arrive souvent ici en faisant ces recherches qu’elle est la plus recherchées des danseuses. Ça veut peut-être dire que quand on cherche son nom, ce blogue arrive relativement haut dans la liste de google, et qu’il arrive plus bas quand on cherche, disons, Melissa Rutz. Google peut nous jouer ces tours en matière de représentativité.

Il est vrai que j’ai évoqué la belle Jessica à plusieurs reprises, notamment ici (ou en bonus on la voit danser du lindy, chose rare), ici et ici. L’évoquer plusieurs fois augmente les chances que je sois haut sur la liste googlelienne. Cela étant, je ne doute pas qu’elle soit très populaire, comme je l’ai évoqué dans ce billet (d’ailleurs, après test, la recherche « jessica cox wcs » indique ce dernier billet en premier rang de sa liste. Mais ce ne sera peut-être plus vrai quand j’aurai publié le billet présentement en cours de rédaction).

Sans qu’il s’agisse aujourd’hui d’une de mes danseuses chouchouttes, je pense bien qu’il s’agit de la première que j’ai repéré. La première que j’ai su reconnaître de nom et de physique lorsque, pour les premières fois, je parcourais youtube à la recherche de vidéos de west coast. Raison pour laquelle est demeure en bonne place sur mon écran radar.

Alors bon, puisqu’elle est si demandée par mes visiteurs, un nouveau vidéo pour la mettre en scène. J’aurais voulu la voir danser avec Robert Royston (tiens, je ne pense pas encore avoir parlé de ce dernier, ce sera pour un prochain billet) ou Kyle Redd. Pour le premier, je n’en ai pas trouvé. Pour le deuxième, si, mais j’ai finalement opté pour un troisième, Jordan Frisbee. C’est un jack&jill très récent, ils l’ont gagné, et c’est définitivement l’une de ses bonnes performances.

En plus, ça vous donne une scène de french kiss en bonus.

Des nomadismes

janvier 16, 2011

J’ai eu le bonheur, lors de mon séjour à Londres, de revoir une vieille amie. Notre dernière rencontre en personne datait d’environ 5 ans avant. Au cours de ces cinq dernières années, j’ai vécu dans trois pays et quatre villes: Montpellier, Montréal, Valencia, Madrid. Elle, dans deux pays et trois villes. Sachant qu’en étendant le regard sur l’ensemble de la vie, mes chiffres restent stables, mais les siens s’augmentent de deux pays et deux villes. En somme, nous sommes deux nomades.

Mais il y a plusieurs sortes de nomadisme. En jetant simplement en regard sur mes connaissances, je le vois assez bien.

Il y a ceux qui changent très souvent de ville. Parmi mes connaissances, ce sont souvent des danseurs professionnels ou des circassiens. Ils vont et viennent de par le monde au gré des contrats. Les danseurs professionnels (de swing, s’entend – ceux que je connais) sont surtout appelés par les festivals. Ils y vont pour les compétitions. Puis ils y vont pour les contrats: donner des ateliers, des démonstrations, faire des spectacles, juger les compétitions. Souvent, le contrat demande de faire un peu de toute ça, et ils participent en plus aux compétitions. Évidemment, de tels contrats sont à durée très brève, normalement guère plus que quelques jours. La plupart d’entre eux ont une base permanente, là où ils ont leur école, source de revenu stable. Cette base permanente, c’est aussi l’occasion d’une vie sociale suivie, qui peut reprendre son cours après des absences fréquentes, mais brèves. Leur vie sociale est aussi faite de la fréquentation de ceux qui, comme eux, vont de festival en festival: cela occasionne des rencontre irrégulières et brèves, mais fréquentes. Dans quelques cas, (rares pour autant que je puisse en juger, mais j’ai discuté avec un à Rome), ils n’ont pas de base permanente et vivent uniquement des contrats… leur vie sociale est donc alors principalement constituée des rencontre en festivals dont je parle un peu plus haut.

Chez les circassiens, pour ce que j’en entrevois, les contrats peuvent être de brève ou moyenne durée (quelques jours à quelques semaines), ou au contraire assez long. Dans ce dernier cas, il s’agit souvent de contrats avec des compagnies d’une certaine importance, pour des tournées. Ceux qui font des contrats de brefs et moyenne durée ont l’air d’avoir un mode de vie assez semblable à ce que j’ai décrit pour les danseurs. Pour ceux qui ont des contrats d’une longue durée pour des tournées, la différence, c’est qu’ils bougent fréquemment, mais toujours avec la même gang, qui bougent avec eux. Du moins pour la durée du contrat. C’est encore un mode de vie différent. Ceux qui s’engagent pour des contrats de un à deux ans sur des spectacles fixes doivent avoir un mode de vie qui commence un peu plus à ressembler au mien et à celui de mon amie. Mais je n’en connais pas.

Ce qui nous ramène à moi et l’amie dont je parle. J’ai voyagé sous l’impulsion des études. Elle, pour les études, le travail et le mariage. Des périodes qui vont de quelques mois à un peu plus de deux ans. Le temps, tout juste, de se faire une vie sociale, de prendre racine dans un lieu. Puis, rupture des liens. On en garde quelques-uns (comme nous deux, qui avons bavardé après cinq ans presque comme si on s’était vu la semaine d’avant), et le reste se désagrège avec le temps. Les retours sont faits de reconstructions. Mais en même temps, on expérimente à plein les modes de vie de différents endroits, on les connait à fond, mieux que quand on ne voyage que pour quelques jours.

Ce que je remarque, c’est que j’ai au fond très peu d’amis qui ont vécu ce type d’expérience (ceux qui l’ont vécu appartiennent surtout à la carrière universitaire, qui y est propice). C’est la seule à l’avoir vécu depuis aussi longtemps (en fait, un peu plus longtemps) que moi. Et ça faisait du bien de parler avec quelqu’un qui savait exactement ce que ça signifiait.

Retraite – relève

novembre 14, 2010

Je vous suggère ce fond sonore pendant la lecture.

Rest in Peace

-Moi mes souliers ont beaucoup voyagé – Félix Leclerc.

Je les porte depuis plus de trois ans, mais trois ans est ce qu’il faut retenir. Il y a trois ans que j’ai commencé à danser le swing, et quelques semaines après ce début, j’avais adopté ces souliers pour la danse. C’est devenu pratiquement l’usage exclusif de ces souliers que d’être usé à la danse.

Des souliers de danseur glissent. Ceux-là n’en étaient pas. Ils ne glissaient pas. Ils ont fini par devenir glissant à force d’usage. La semelle sablée par les planchers de danse a fini par s’y adapter, et glisser juste ce qu’il faut pour danser à l’aise.

Trois ans, c’est long. Et la danse n’est pas une activité tendre pour les chaussures.

Ils montraient de forts signes d’épuisement depuis quelques temps. L’usure se faisait sentir. Des petits morceaux à l’intérieur commençaient à se détacher. J’ai fini par me résigner à leur trouver des remplaçants. Mes vieux souliers ont un vaste vécu, il est temps de les accrocher au musée.

Les remplaçants ont des semelles de cuir, par conséquent glissante d’emblée. Je n’aurai pas besoin de les user pour avoir cette effet. Hier j’ai dansé avec pour la troisième fois. La première, je suis parti de la soirée les pieds douloureux. Les nouveaux souliers nécessitaient encore d’être cassés. À la fin de la deuxième danse, ils étaient déjà matés. Je l’ai dit, la danse n’est pas tendre pour ces petits choses. Ils sont matés, il ne reste qu’à les apprivoiser. C’est en bonne voie.

On a beau dire que c’est le danseur qui danse, pas les souliers ni le plancher. C’est vrai, mais les souliers et le plancher font quand même une différence. Elle est immédiatement sensible. Mes vieux souliers vont me manquer, j’espère que les nouveaux vont être à la hauteur. Les vieux méritent un petit hommage et de bons remplaçants.

Mes souliers sont morts, vivent mes souliers!

-moi mes souliers ont couché chez les fées

et fait danser, plus d’u-une. – Félix Leclerc.

Tolède

octobre 30, 2010

J’ai pris le temps il y a peu de mettre mes photos de voyage sur des sites-hôtes, d’où je peux vous les montrer. Aujourd’hui, quelques photos de Tolède.

Je suis allé à Tolède à l’occasion d’une activité que je ne fais presque jamais: danser. Je crois que cette sortie dans cette ancienne capitale espagnole était déjà planifiée par les Madrilènes quand je suis arrivé ici. Dans la géographie espagnole du swing, il y a en effet Barcelone, qui domine de loin, avec un des événements les plus courus d’Europe (Barswingona) et une communauté de très haut niveau et assez ancienne; il y a Valence, où existent deux groupes, mais l’un d’entre eux en particulier s’est distingué par son dynamisme depuis deux ans, si bien que malgré un nombre relativement restreint de danseurs (les profs peinent à répondre à la demande), ils ont atteint un bon niveau et il y a Madrid, où la danse vivotait depuis longtemps, mais sans que la communauté ne s’organise, jusqu’à plus ou moins l’année dernière où le nombre de danseurs a atteint la masse critique permettant de faire des danses régulières qui rend la communauté vivante, désormais prête à une expansion rapide. Et il y a aussi Vitoria, au pays basque, où paraît-il existe un petit groupe. Et Tolède, où une danseuse italienne s’est installée, organisant des activités  pour faire la promotion du swing.

Cette fin de semaine-là, on devait danser vendredi et samedi soir, dans des salles réservées à l’avance; et samedi et dimanche dans la journée, sur les places et dans les rues de la ville. Et c’est plus ou moins ce qu’on a fait.

Le programme nous laissait tout le loisir de visiter le centre, de goûter aux spécialités locales (du point de vue gastronomique, Tolède n’est pas Madrid) et de prendre des photos.

Porte

Je ne me souviens plus du nom de cette porte. Je sais que juste à côté (mais vraiment à côté), il y a la porte Alfonso VI. C’est celle par laquelle je suis entré, parce que ma pension y était. Mais c’est pas celle-là. Celle-là est plus impressionnante.

Comme vous pouvez le constater, Tolède, et surtout son centre, a un cachet résolument médiéval. Ce n’est pas Carcassonne, bien sûr. C’est plus vivant (mais ce n’est pas une grande ville cosmopolite non plus).

Vue générale

Comme dans la plupart de centre-villes européens, les rues sont étroites et c’est un dédale pas possible. Peut-être encore plus que dans la plupart des centre-villes européens.

Rue étroite

La cathédrale est, bien sûr, très imposante, Tolède ayant été en son temps une ville d’importance majeure.

Cathédrale, vue de la plaza del ayuntamiento

On trouve aussi beaucoup de ce type d’architecture à Tolède:

Je crois qu’il s’agit d’architecture mudéjar, mais je n’en suis pas sûr.

Les deux précédentes photos ont été prises à la Plaza del Ayuntamiento. On y a dansé samedi en après-midi. Si vous regardez sur la gauche de la photo, vos pouvez voir une scène. Personne ne savait pour quel occasion elle était là, mais on s’y est installé.

Nos musiciens s'installent

Le lendemain, on y a redansé, mais pas sur la scène, cette fois. On a été plus timides, je ne sais pourquoi (peut-être parce qu’on n’avait plus d’orchestre?), et on a dansé dans un coin de la place.

Après ça, on s’est dirigé vers le Tage.

Vue un peu au-dessus du pont

Le but était d’aller danser sur le pont.

Pont

Tage

Pont et Tage

Danse sur le pont au-dessus du Tage

Tolède n’est qu’à une demi-heure d’autobus de Madrid. De plus, on y trouve toute une section de l’Archivo Histórico Nacional, qui inclut toutes les archives nobiliaires. J’y retournerai.

Play – pause – play – pause – play …

octobre 26, 2010

Quand je présente des vidéos de danse ici, j’essaie souvent de varier les danseurs. Bien sûr, certains sont apparus à de multiples reprises, mais généralement dansant avec un visage moins connu de mes lecteurs (du moins ceux qui prennent la peine de s’en souvenir d’une fois à l’autre). Celui d’aujourd’hui sera une exception. Ben Morris et Tatiana Mollman font tous les deux parti de mes chouchous (voyez par exemple ici pour le premier et ici pour la seconde). Au gré des jack & jill, ils ont eut assez souvent l’occasion de danser ensemble et il doit y avoir entre quatre et six vidéos sur YouTube où on les voit réunis par le sort. Aucun des deux n’est de tempérament effacé, ils aiment faire leur show, ce qui implique que quand ils dansent ensemble ils doivent trouver un point d’équilibre pour préserver l’harmonie de l’ensemble. Mais le résultat est généralement fort heureux.

Le vidéo d’aujourd’hui en est un que j’aime bien. Son principal défaut réside dans un vieux monsieur qui occupe une chaise mal placé dans l’angle gauche de la caméra (si vous allez à une compétition de danse en personne, un jour, faites-moi plaisir: ne faites pas comme lui!). La deuxième chanson est toute particulièrement réussie, le couple exploitant la musique à fond.

Mais si je parle de ce vidéo, c’est surtout parce que c’est le premier, et l’un des seuls, où j’ai appris une figure en regardant YouTube. On parle ici de l’enchaînement situé entre 2:20 et 2:27, sans le drop final. La première fois que j’ai vu ça, j’ai beaucoup aimé cette figure… mais surtout, j’ai eu ce sentiment: « je peux faire ça ». Je pouvais, certes, mais à condition d’arriver à bien voir comment Ben Morris faisait son truc. Je l’ai repassé longtemps, souvent. Et y’avait toujours ce p’tit quelque chose qui me manquait; une main dont je ne voyais pas d’où elle sortait. Je l’ai regardé en cliquant compulsivement sur play et pause. C’est comme si ce petit détail se trouvait entre deux images du vidéo: je n’ai jamais réussi à bien l’exposer.

Mais finalement, j’ai fini par comprendre. Il restait à le mettre en pratique. Je l’ai fait en solo, avec une danseuse imaginaire, pour bien me situer dans l’espace. J’ai aussi emprunté quelques instants de bonne volonté de Tite-soeur. Je l’ai raté quelques fois sur le plancher de danse. Puis ça a commencé à passer. Pas toujours. C’est un enchaînement difficile à guider, spécialement parce que l’emmêlement des bras (vers 2:24-2:25) est contre-intuitif pour la danseuse et met sa confiance au guidage à rude épreuve. Il faut guider ce passage avec beaucoup de précision pour que ça marche. Mais avec le temps, et la pratique, la figure a commencé à prendre forme. La mise au point a pu se faire quand ça a commencé à ressembler à quelque chose, et que certaines danseuses douées m’ont donné des conseils sur la rythmique. Maintenant ça marche, sous cette forme, et sous une ou deux variations que je fais de la figure. Le faire avec autant de style que Ben Morris est autre chose. Mais je continue à la pratiquer, cette figure, à peu près à chaque fois que j’ai l’occasion de danser du West Coast Swing.

La nouveauté et la danse

octobre 23, 2010

Danser, c’est presque toujours le fun. Quand je dis « presque », c’est qu’il faut laisser un espace pour les exceptions, mais très, très petit.

Mais c’est dans la nouveauté que c’est le mieux. La nouveauté stimule, la nouveauté rend créatif, la nouveauté grise, enivre.

En partant de Montréal, j’ai connu les milieux swing de Montpellier, Valencia, Madrid et Lisbonne. J’ai connu à chaque fois un high qui s’est étalé sur quelques semaines. Enfin, quand j’y restait assez longtemps pour que ça dure des semaines (je ne suis resté que deux jours et demi à Lisbonne).

Il y a des avantages à danser avec les mêmes personnes souvent. On apprend à se connaître. On connaît les tics de l’autre. On connaît aussi ses goûts. On peut savoir si la demoiselle préfère qu’on lui laisse ses temps de liberté pour faire son show, si elle préfère des enchaînements rapides, si elle aime tourner (ou pas), si elle a envie de pratiquer tel ou tel pas. Il y a la contrepartie, aussi: la créations de patterns, d’enchaînements automatiques, de répétition.

La nouveauté a l’art de briser les patterns. On ne sait rien l’un de l’autre, on essaie tout, on teste tout. Tout d’un coup, en dansant, me reviennent en mémoire tous les mouvements de mon répertoire, tous ceux que j’ai oubliés dans la routine. Ceux que j’ai appris dans mes premiers cours et oublié, ceux que j’ai vue une fois dans un atelier et presque jamais pratiqués, ceux que je fais juste une fois de temps en temps, remontent tout d’un coup vers la conscience, presque à égalité avec ceux que je fais tout le temps. Et bien sûr, il y a mon préféré, le Grand N’Importe Quoi. Je pourrais lui consacrer tout un billet. Rien de tel pour découvrir une connexion que de faire n’importe quoi et de voir ce qui se produit. Les plus belles surprises viennent de là.

La nouveauté peut s’insérer dans le quotidien. Je me souviens d’un soir qui à bien des égards était un soir comme les autres au Petit Medley. Fun. Mais il y avait aussi un nouveau visage, une fille du New Jersey qui dansait et qui venait s’amuser. Ce n’était pas une de ces grandes vedettes qu’on voit assez régulièrement passer à Montréal, invitée par un des studios de danse pour des workshops spéciaux, ou juste pour rendre visite aux autres, les amis du circuits international basés à Montréal. C’était une fille ordinaire, mais bonne danseuse, de passage à Montréal, qui retrouvait son loisir préféré pour la soirée. Elle aussi était grisée de nouveauté: elle acceptait toutes les invitations, elle invitait elle-même tout le monde. Et elle offrait sa nouveauté à ses partenaires: nouveau visage, nouvelle connexion.

Mais il n’y a pas de nouveauté aussi radicale que changer de ville. Non seulement tous les visages sont-ils nouveaux, mais encore le style commun à tous est-il nouveau. L’accent de la danse a des parfums d’exotisme. C’est comme un voyage Montréal-Marseille: on parle toujours la même langue, mais les accents et les expressions changent. Dans une nouvelle ville, on découvre l’accent mis sur différents mouvements, commun à tous. Une démarche plus tendue par là, plus souple ici, un jazzstep toujours amené au même endroit, un mouvement plus populaire qu’un autre. « Ah, tiens, ici ils préfèrent faire les swing-out comme ça ». C’est la même danse, mais chaque ville la déguste à sa sauce. Et on a ce sentiment d’être un nouvel ingrédient, celui dont tout le monde cherche la saveur particulière.

Dans une nouvelle ville, non seulement tout le répertoire revient à la mémoire, mais on est aussi mis en contact avec le répertoire le plus pratiqué sur place. Souvent, ce sont des mouvements simples, mais à la mode ici et pas ailleurs. Pour quelqu’un qui a l’habitude, ça s’apprend très vite, parfois sans même à avoir à demander d’explications à personne. On observe et on apprend. On mélange le tout à son style personnel.

La nouveauté peut aussi se provoquer. Il y a les événements pour ça. Qu’on aille à l’étranger pour un événement ou qu’on vive dans la ville hôte, l’événement est l’occasion des nouvelles rencontres, des grands mélanges. Quand on cours les événements, on retrouve des gens rencontrés aux précédents, mais longtemps avant: des retrouvailles aux allures de premières fois. Même local, sans ajouts international, l’événement peut produire des effets semblables, seulement par le message qu’il envoie aux danseurs: ce soir, ce n’est pas comme d’habitude, ce soir, c’est spécial; lancez-vous à fond!

Parfois, il n’y a pas d’événement. Mais c’est tout comme, pour une personne. Ce soir, c’est spécial. On ne sait pas pourquoi. Parfois même le principal intéressé ne sait pas pourquoi. Mais ce soir, ce n’est pas comme les autres. Je regardais un gars de Madrid danser, mercredi dernier, comme jamais je ne l’ai vu danser. Il était en feu! Ce soir-là, il vivait comme son petit événement, et il dansait en dehors des habitudes qu’il avait prises.

Parfois, cela s’imite. Ça demande un sacrifice. Trois semaines, un mois sans danser. Et au retour, ça paraît nouveau.

Nouvelles madrilènes

septembre 12, 2010

Ça fait un moment que je n’ai pas écrit de notes. Mais il faut dire que j’ai peu de temps à consacrer aux notes historiennes (qui nécessitent un minimum de temps de documentation hors de la thèse) et que je lis peu (en fait, pas) de fiction en ce moment. Néanmoins, quelques nouvelles sur mes dix premiers jours à Madrid.

J’avais prévu me débarrasser d’entre six à douze livres de ma bibliothèque parmi les moins utiles et les plus lourds avant de quitter Valence, histoire d’alléger mes bagages. Finalement, faute d’avoir trouvé une bouquinerie rachetant des livres (assez curieux, d’ailleurs, de ne pas trouver de ce service essentiel dans une ville quand même pas si petite que ça), je n’en ai laissé qu’un seul derrière moi, cadeau à une amie qui décrit l’histoire comme sa « vocation frustrée ».

Par conséquent, mon voyage depuis l’appartement qui fut le mien jusqu’à l’hôtel que j’avais réservé pour trois nuits fut l’occasion de longues, fiévreuses et nombreuses réflexions de physique appliquée concernant la loi de la gravité.

J’ai choisi l’Hostal Berlin pour ses prix plus que pour toute autre raison. Les hôtels bons marché que j’avais déjà eu l’occasion d’essayé à Madrid affichaient complet au moment de réserver ou étaient fermés pour un temps indéterminé. J’ai découvert à l’arrivé qu’il se situait à un endroit relativement curieux. À deux coins de rue du palais royal. Pour m’y rendre, il ne me fallait même pas deux minutes de marche. Pratique, puisqu’il y a là une bibliothèque contenant des archives intéressantes pour ma thèse. À cinq minute de marche, il y a la Puerta del Sol, centre officiel de Madrid, elle-même centre officiel de l’Espagne, avec sa fameuse horloge, heure officielle de l’Espagne. Autour de la Puerta del Sol, bien des bars et des restaurants à tapas attirent touristes et autochtones festifs. Les quelques rues séparant ces deux lieux hautement touristiques sont bien sûr très passantes, puisque lesdits touristes préfèrent avec raison marcher de l’un à l’autre que de prendre le métro. Quelques commerces qui s’y trouvent sont donc eux aussi fort touristiques (surtout les prix). Mais ces quelques rues ont aussi un très fort caractère populaire, avec des cervecerías indifférenciables de toutes les autres cervecerías de Madrid (qu’il faudrait probablement estimer au nombre de trois ou quatre par habitant), voire mal famé, avec ce qui semble être des bars à putes (je ne suis pas entré pour vérifier, si vous voulez savoir). Mais quand même… vous savez, la vieille pute dégoûtante qu’on voit dans les caricatures? vieille, laide à faire peur, la peau rongée par dix-huit maladies pas toutes identifiées par médecine moderne, trop maquillée, habillées au comble du mauvais goûts avec des guenilles faisant déborder des formes flasques par n’importe où? ben je l’ai vue fumer à l’entrée d’un de ces bars. Elle est encore pire en vrai. Deux portes plus loin, un jeune latino interpelle les passants masculins en vantant la beauté des filles qui se trouve à l’intérieur de son établissement à lui. Et trois portes plus loin se trouve un petit restaurent japonais tout ce qu’il y a de plus coquet, avec des serveurs efficaces et guindés, servant de délicieux petits plats à un prix qui serait raisonnable si les portions étaient trois fois plus copieuses. À moins de 300 mètres au sud de tout ça se trouvait l’Hostal Berlin. Rien à reprocher audit hôtel, par ailleurs, tenu par une vieille dame et son unique employé, bien serviables tout les deux.

La première chose que j’ai fait en arrivant à Madrid fut donc de dormir. Mes réflexions de physique appliquée m’avaient vidé de toute énergie et laissé avec le dos endolorie. Le matin, suivant, ça allait mieux. J’aurais dû logiquement me mettre immédiatement à la recherche d’un appart (j’avais une option relativement sérieuse, mais il ne faut jamais rien prendre pour acquis, d’ailleurs le gars n’a pas rappelé), mais j’ai succombé à l’appel des archives et suis allé au palais royal pour finalement lire un document qui n’était pas celui que j’étais venu consulter (je devrais d’ailleurs faire un billet, voire une série, sur les « joies des archives »).

Troisième chose faite à Madrid, le premier soir où j’étais valide? Danser, évidemment. Non seulement il y avait une grande fête ce soir là, non seulement c’est toujours bon pour démarrer rapidement sa vie sociale (j’y ai même rencontré un montréalais), mais en plus ça faisait un peu plus d’un mois que je n’avais pas dansé, car rien n’était organisé à Valencia en raison de dépopulation estivale (maladie toute particulièrement aoûtiste). C’était une haute satisfaction, comme le sentiment que des rouages essentiels de mon corps se remettaient à fonctionner. J’ai revu les quelques danseurs madrilènes que je connaissais déjà, fait la connaissance de quelques autres, récolté quelques numéros de téléphone en vue de futures bières.

Il n’y a pas à dire, d’ailleurs, la vie dansante du milieu swing madrilène, qu’on décrivait il n’y a pas si longtemps comme vivotante, est désormais bien active et effervescente. En dix jours, j’ai dansé six fois, on pourrait faire pire. Il y a quelques mois encore, on décrivait Valencia comme la deuxième scène swing d’Espagne après Barcelone, mais une amie me prédisait ce ne serait plus pour longtemps. De ce que j’en ai vu, elle est en passe d’avoir raison.

Je me suis réveillé le vendredi, à la sortie des archives, pour me mettre plus sérieusement à la recherche d’un appartement. Cela s’annonçait difficile, j’ai donc réservé deux nuits supplémentaires à l’hôtel et anticipais que je devrais sans doute en réserver un semaine de plus: la plupart de ceux que je rencontrais me disaient qu’ils prendraient une décision au milieu du mois. Mais finalement, samedi en soirée, j’ai croisé une famille de colombiens qui louait une chambre. Ils voulaient bien que je m’installe le jour même. Comme l’hôtel était déjà réservé jusqu’à dimanche, j’en ai profité pour faire mon déménagement en deux jours et trois voyages. Beaucoup plus facile, croyez-moi. Voyager avec une bibliothèque n’est pas très aisé.

Je me suis donc créé une petite routine, entre les archives et la danse, comme à Valence. Les archives et bibliothèques scientifiques madrilènes sont par contre beaucoup plus procédurières que celles de la troisième ville d’Espagne, et demandent tout un ensemble de documents pour laisser le chercheur accéder à leurs précieux fonds. Pour le moment, je me limite à quelques-unes, notamment celle du Palais.

N’empêche que travailler au palais royal, c’est quand même beau.