Posts Tagged ‘Espagne’

Protégé : Ortega y Gasset et l’Université

avril 30, 2012

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De la définition du hamburger

juillet 14, 2011

Qu’est-ce qu’un hamburger?

La question a l’air bête, comme ça, mais vivre en Espagne a bouleversé mes idées préconçues sur la nature du hamburger. Alors, déjà, en Québécois de souche, en y repensant, ce n’est pas si simple. Pains hamburger, boulette de viande + ce qu’ajoute votre imagination (avec contrainte de ce qui est disponible dans le garde-manger)? Mouais, mais on mets une boulette de steak haché entre deux tranches de pain de mie, avec tomate, ketchup et moutarde, je vais avoir tendance à appeler ça un hamburger. Donc déjà, c’est compliqué. Mais un fait demeure: pour faire un hamburger, il faut du pain.

Ben pas en Espagne.

Dans ce pays, je suis toujours un peu curieux quand je commande un hamburger dans une nouvelle place. Vais-je avoir des pains ou non? Parce qu’ici, il semble que le hamburger soit la boulette. De steack haché, de poulet, de tofu, de quoique ce soit. Une boulette d’un quelconque aliment ayant à peu près la forme et la texture voulue. D’ailleurs, au marché, on vend des « hamburgesas » comme ça: steak haché avec la forme de la boulette déjà faite. Plus qu’à mettre dans la poêle.

Après plus d’un an dans ce pays, ça me laisse encore perplexe.

Note: texte modifié pour corriger les fautes. Si vous voulez savoir lesquelles, la plus importante est signalée par Darwin en commentaire. J’assume mais je corrige quand même.

 

Les paris sont ouverts: jusqu’à quand?

mai 27, 2011

Ce matin, les forces policières ont délogés les acampados (campeurs) de la Plaça Catalunya (qu’on voit dans le précédent billet). S’étant présentés à 7:00, ils ont demandé d’évacuer la place afin que des équipes viennent nettoyer la place. Pour des raisons de salubrité, donc. Les campeurs en ont discuté entre eux. Ils ont voté. Ils ont refusé. Et un bon nombre est resté pour bloquer le chemin des véhicules policiers envoyés sur place pour procéder au nettoyage. À 9:00, les policiers ont mené la première charge. La place fut donc « nettoyée », au prix de 2 arrestations et 121 blessés légers (37 d’entre eux des policiers).

Personne n’est dupe de l’argument de salubrité. Du reste, c’est exactement pour éviter une situation comme celle-là qu’existe une commission de volontaires sur place pour assurer la propreté.

La police a avancé d’autres arguments, mais plus tard: se trouvaient sur la place quantité d’objets que la police a l’habitude d’évacuer des rues lorsqu’il y a risque d’agitations dans la rue: des bouteilles, des poubelles, des conteneurs. Quant aux occasions d’agitations de rue, il se trouve que demain, le Barça dispute la finale de la Ligue des Champions contre le club de Manchester…

À 13h00, la police avait terminé le travail d’évacuation et le nettoyage de la place. Les acampados sont revenus. Le camps est en cours de reconstruction. La police a averti de ne pas camper demain en soirée, tout en disant qu’on ne les empêcherait pas de revenir dimanche matin.

Les partis d’opposition (dont les socialistes tout récemment délogés du pouvoir) ont accusé le PP désormais au pouvoir d’autoritarisme et d’être incapable de négocier avec les indignados. Pour eux, l’opération policière d’aujourd’hui a fait reculer le droit de rassemblement et la liberté d’expression.

Pendant ce temps, à Madrid, les politiciens du PP réclament au ministère de l’Intérieur de faire faire évacuer les campeurs de la Puerta del Sol. Aucune décision n’a été prise encore. La situation pourrait être plus délicate à Madrid qu’à Barcelone, puisque le camp de Madrid, contrairement à celui de la capitale catalane (que je me souvienne), comporte une garderie.

Lorsque les indignados ont décidé, le jour des élections, de demeurer sur place, ils avaient déclaré « au moins une semaine de plus », après quoi ils devaient à nouveau voter pour décider s’ils prolongeaient le campement. La question se pose donc de manière plus criante: jusqu’à quand vont-ils occuper les places centrales des capitales espagnoles?

Devinette: c’est où?

mai 24, 2011

J’allais demander aussi « c’est quoi? », mais déjà que la question en titre est facile…

et puis, ça m’aurait fait hésiter à mettre une légende aux photos.

première approche

Place Tahrir?

Dons

Subcommission de l'immigration

Commission de la propreté

Subcommission de l'éducation

Rendez-vous

Des livres pour tout le monde: un esprit sain...

... dans un corps sain

Quelques slogans

Tourisme révolutionnaire

mai 20, 2011

C’est après avoir cédé à une de mes habituelles névroses et dévalisé une librairie que je me suis rendu à la Puerta del Sol. C’était dans mon planning de la journée d’aller y faire un tour pour me rendre compte. J’espérais avoir l’occasion de parler avec quelques participants, mais ça n’est finalement pas arrivé. Peut-être parce que j’avais le bras qui fatigue sous le poids, des livres, ou que je n’avais pas pris la précaution de me munir d’une bouteille d’eau, j’ai à peine eu le temps de faire le tour de la place avant de ressentir le besoin de partir.

D’une manière générale, l’endroit a toujours l’air d’un souk. De grandes toiles sont tendues un peu partout, surtout là où travaillent les bénévoles, pour procurer un peu d’ombre. D’autres endroits sont plus découverts. Il y a un découpage de l’espace aussi pour guider les badaux entre les endroits pour s’informer, les ateliers, l’endroit pour les tentes individuelles, celle pour les dons de carton ou de bois, l’endroit pour s’exprimer…

Il y a un atelier où quelques ouvriers de fortune bâtissent à grands coups de marteau les infrastructures de base pour soutenir les tentes. Je ne saurais en jurer, mais je crois que quand je suis passé devant, ils étaient occupés à une petite scène pour les orateurs.

Ceci est-il un botellón?

El País a interrogé un flopé d’experts en sciences sociales sur le campement de la Puerta del Sol. Pour arrivé à la conclusion qu’ils ne savent vraiment pas comment interpréter cet événement que personne n’avait venu venir. Le plus optimiste avance qu’on assiste à l’émergence d’une nouvelle forme mouvement civil indépendant des syndicats et des partis politiques. Le sociologue Félix Ortega de l’Université Complutense de Madrid est le plus cynique. Ce qu’il a vu au kilometro cero (1), dit-il, n’est qu’un gros happening. Inoffensif, peut-on lire entre les lignes. »Il y a à Grenade des botellón plus dangereux pour l’ordre public. » ironise-t-il avant de conclure que ce mouvement n’amènera « rien de rien ». Un botellón est un phénomène espagnol, un rassemblement spontané de jeunes fêtards qui boivent dans la rue, avec leur musique et tout. Le phénomène est bruyant et salissant, aussi plusieurs grandes villes ont légiféré contre les botellón, dont Madrid, bien qu’on m’ait dit qu’il y a des secteurs où ils sont davantage tolérés, par exemple près du temple de Debod. Les botellóns s’observent un peu partout en Espagne, mais sont un phénomène surtout fréquent en Andalousie.

La question est donc posée: le rassemblement de la Puerta del Sol est-il un botellón?

L’une des premières banderole que j’ai vu en arrivant affichait en gros « Eso no es un botellón ». Le message est clair. En circulant au milieu des tentes, on constate que le message est repris par plusieurs affiches, sur plusieurs tons, les uns plus affirmatifs, les autres plus civils, ajoutant du « s’il-vous-plaît » (por favor). À intervales régulier, il y a quelqu’un au porte-voix qui passe le message: ceci n’est pas un botellón. Pas d’alcool, s’il-vous-plaît. Je l’ai même entendu une fois en français. Ça n’empêche pas quelques groupes de manifestants d’avoir amené leur bière, où leur jus probablement mêlé d’alcool: on les voit surtout installés autour de la fontaine. Mais en général, la consigne est respecté. On rajoute parfois une autre recommandation: par contre, buvez beaucoup d’eau. Il est vrai que le soleil tape dur (vive mon chapeau qui me procure un petit espace d’ombre personnel, mais j’ai quand même, je crois, récolté de petits coups de soleil sur les mains et le cou) et que ceux qui sont là pour longtemps se doivent de faire attention à cet aspect.

Bon, ce n’est pas un botellón, insiste-t-on de partout. Le campement n’en a pas moins une vive allure d’événement culturel spontané. Près de l’Ours de Madrid, recouvert d’affiches et d’un drapeau multicolore, se trouve un kiosque. Ce kiosque où s’affairent deux ou trois bénévoles a pour vocation de noter les suggestions. On y voit une paraphrase du Che: « soyons réalistes, réalisons l’impossible » (la citation originale étant « exigeons l’impossible »). Mais aussi à côté du kiosque, on voit une grande affiche avec un horaire d’événements planifiés: spectacles de clowns, musique, théâtre. Vers le milieu du camp, il y a un « atelier d’art » (en fait, on y fabrique des pancartes pour les manifestations), pas bien loin d’un endroit d’où proviennent des sons de tams-tams (dont je n’ai pas pu approcher); il y a aussi un autre cercle où s’entendent des guitaristes, installés au milieux d’autres artistes à pancartes.

Parlant d’artistes à pancartes, il y a aussi un endroit où une grande représentation de Guernica sert de support aux messages de qui veut bien écrire dessus. J’ai refusé à trois bénévoles différents les crayons. Je me voyais mal passer mon petit message au milieu d’un événement dont je discerne à peine les  enjeux.

Amenez vos enfants

En lisant dans El País qu’il y avait un service de garderie, je pensais qu’ils s’étaient entendus avec des garderies des environs. Non, il y a une grande tente consacrée à l’accueil des enfants. Elle est tapissée d’affiches disant sur tous les tons de ne pas prendre de photos à proximité. Mais on peut jeter un coup d’oeil à l’intérieur, et on y voit un bon nombre d’enfants, un très grand nombre de jouets et de livres pour enfants, le tout sous la supervision de quelques jeunes femmes qui ont l’air de savoir ce qu’elles font. Au milieu des affiches avertissant de ne pas prendre de photo, on en voit une qui laisse entendre qu’on accepte les dons.

De l’autre côté de la place, on trouve un espace de dessin pour les enfants. Et en un autre point, une espèce de corde à linge où sont affichés des « dessins d’enfants ». Viennent-ils de l’atelier? je l’ignore. Mais j’ai mis les guillemets car la violence d’un ou deux de ces dessins m’a fait douter que des enfants en soient vraiments les auteurs. L’un deux affichait quelques chose comme « quitan las ratas » (qui se traduirait par débarrassez les rats). Troublant.

D’une manière générale, j’ai vu plusieurs familles circuler avec des enfants en bas âge. C’est dire si personne ne semble s’inquiéter que les choses ne dégénèrent (du moins pas avant demain, c’est la réflexion que je me suis fait; en même temps, si la comission inquisitoriale électorale a décrété que le rassemblement serait illégal à partir de samedi, il semble que la décision de passer à l’acte revienne au gouvernement; les socialistes au pouvoir, déjà très impopulaires, oseront-ils faire intervenir la police la veille des élections?).

L’agora

J’avais évoqué la chose hier, le mouvement n’a pas de revendications claires, seulement un raz-le-bol, et le manifeste est en cours de rédaction. Il y a une très grande assemblée au milieu de la place, entre la fontaine et l’ours, où prennent le micro à tour de rôle différents intervenants. Les seuls visage constants, pour ce que j’ai vu, sont des organisateurs qui se contentent de passer micro de l’un à l’autre sans prononcer un mot. Près de l’à, une grande pancarte affiche des revendications (j’ai retenu notamment « on a pas besoin de sénat » et… bah, c’est tout, mais ça allait jusqu’à environ dix propositions). En fin d’affiche, un avertissement: ces propositions ne sont pas consensuelles, les propositions consensuelles sont affichées sur le site internet.

Mais on voit aussi d’autres préoccupations que de formuler des revendications. Il y a des kiosques qui font la promotion de la participation aux assamblées de quartier (le 28 mai, apparemment) et distribuent de l’information à cet effet.

Voter ou ne pas voter?

En se fiant aux journaux, les participants du mouvement qu’on appelle désormais le 15M (15 mayo) sont divisés sur la question du vote prochain. Certains ont appelé à voter à condition que ce ne soit pas pour le PSOE ou le PP, les deux grands partis. Beaucoup appellent au boycott de l’élection (la multitude des slogans anarchistes est d’ailleurs bien présente, sans surprise, bien que le mouvement dépasse de toute évidence les simples groupuscules de révolutionnaires professionnels). La question semble discutée du côté de l’agora, où prennent le micro à tour de rôle toutes sortes de gens qu’on entend plus ou moins bien depuis les derniers rangs de la foule compacte rassemblée autour.

Aux kiosques d’information, on distribue une feuille explicant les différentes options de vote et leurs impacts: voter pour un parti, s’abstenir (non tenu en compte lors du dénombrement des vote, et impossible de distinguer l’abstention par protestation de l’abstention par paresse); le vote nul (comptabilisé comme vote émis, mais n’avantage ni ne désavantage aucun parti); et le vote en blanc (considéré comme une protestation active; vote valide et comptabilisé, mais privilégient mathématiquement les grands partis au détriment des petits). La feuille se veut neutre, mais à la lire on se demande si son rédacteur n’a pas une préférence pour le vote en faveur des petits partis.

Toutefois, je n’ai vu aucun slogan sur la place appelant à voter pour qui que ce soit. Tous les slogans en rapport avec cette question s’inspirent de la position anarchiste puriste consistant à dire que voter revient à légitimer le système et appellent à une abstention massive.

(1) Le kilomètre zéro. Une autre manière de nommer la plaza de la puerta del sol, centre officiel de l’Espagne. Juste devant la Puerta del Sol elle-même, il y a même une dale marquant l’emplacement du kilométro cero, où les touristes vont régulièrement se tenir debout.

Edit: 21-12-2011: j’ai barré le mot « inquisitoriale » pour le remplacer par électorale. C’était le but quand j’avais écris le billet. J’ai fait un drôle de lapsus. Évidemment, « inquisitoriale » est un mot qui me vient tous les jours à cause de mes études…

Campement au soleil

mai 20, 2011

Dimanche dernier, j’étais allé danser le tango. Au parc du Retiro, dans un gazebo de bonne taille, s’étaient rassemblés quelques dizaines d’amateurs de danse argentine. J’aime danser en plein air, et je dois dire que le tango s’y prête particulièrement bien. Je suis parti assez tôt, dans le sillage de trois charmantes jeunes femmes avec lesquelles je suis allé prendre une bière (accompagnée des inévitables tapas, car il est rare que les Espagnols ne fassent que boire). Nous avons pris le métro et sommes descendu à Sol. Les abords de la Puerta del Sol sont propices à trouver un petit endroit sympa pour une bière.

La sortie du métro était particulièrement encombrée. On s’y bousculait, d’une manière peu agréable. Inhabituelle. La place de la Puerta del Sol est un endroit continuellement très fréquenté, mais je n’avais pas vu pareille cohue depuis les Fêtes, et encore. La cohue des Fêtes était plus cordiale. En sortant, la première chose que nous avons vu, c’est un alignement de sept fourgonettes de la police juste en face de l’entrée du métro.

La police était au repos. Vigilante, mais elle n’intervenait pas, du moins pas dans l’immédiat. Autour, ça manifestait. Les manifestants croisaient les nombreux passant qu’il y a toujours à cet endroit. Notre petit groupe s’est frayé un chemin à pas rapides vers une rue des alentours. Au coin de rue d’à côté, un individu masqué faisait exploser une banderole de pétards.

Six rues plus loin, on entre dans un petit café. On discute un peu des événements. C’était quoi, cette manif? Des « antisistema »? Ah, bon, c’est des anarchos, ça. Une des filles laisse entrevoir son impatience face au mouvement: une société sans système, ça n’existe pas. On discute un peu. La même fille évoque le rôle traditionnellement joué par les bourgeois dans les révolutions. J’ajoute à l’occasion mon grain de sel. En fait, c’est plutôt tranquille comme discussion, alors qu’on entend encore, d’où on est, les clameurs de la manif quelques rues plus loin, et l’explosion occasionnelle d’un pétard. Je fais quand même remarquer qu’on entend moins de pétard que lors des Fallas de Valencia. Ce qui détourne la conversation sur mon séjour en Espagne.

Les employés de l’endroit laissent entrevoir leur nervosité. À un moment, on voit un petit groupe de jeunes passer dans la rue, fuyant à toutes jambes la Puerta del Sol. Un instant plus tard, l’un des serveurs sors et abaisse le grillage du bar. Quoi, ils ferment? Non, en fait, c’est pour protéger les fenêtres au cas où le grabuge s’étendrait jusqu’ici. Le serveur nous le confirme un instant plus tard disant à tout le monde quelque chose comme « c’est la guerre dehors, mais ici on a à manger et à boire! » En effet, ça correspond à peu près au moment où on nous apporte nos « cañas » (bière, l’équivalent de la quantité contenue dans une canette), nos « bravas » (patates roties, recouvertes d’une espèce de sauce barbecue) et nos « tostas » (bon, des toast, quoi, mais avec une énorme garniture). On ne parle plus des manifs pour le reste de la soirée.

Après les bières, l’une nous quitte, les autres marchons vers le palais royal pour jeter un coup d’oeil au spectacle des fêtes de la San Isidro (fête traditionnelle madrilène). Puis nous nous séparons. Je rentre chez moi par le métro de la Plaza de España, là où il n’y a pas de manif.

………

Cette semaine quand je suis allé à la Real Academia de Historia, l’archiviste écoutait la radio. Ça parlait des manifs à la Puerta del Sol. Alors que je revenais de la RAH, je suis passé devant la Puerta del Sol. La place est incoyablement encombrée. On y dresse des espèces de tentes. La vue rappelle des souks arabes de bande dessinée.

………

Hier je devais aller à un théâtre près de la Puerta del Sol, où devait se dérouler l’ouverture du MadTap, le festival de claquettes de Madrid. Rendu à la station Sol, il m’a été difficile de sortir. Les deux premières sorties que j’ai essayées étaient pratiquement bouchées par la densité de la foule. Une fois dehors, la place est méconnaissable, toute tapissée de tracts et d’affiches du mouvement. Le slogan le plus fréquent est « nous ne sommes pas anti-système, c’est le système qui est contre nous » (traduction libre). En fond sonore, de nombreux tams-tams donnent le sentiment d’une manifestation festive. Sur le sol, j’aperçois une affiche avec une variation maladroite du slogan, disant simplement « nous ne sommes pas anarchistes »; sur le moment, j’ai un sourire ironique. Me semble, ouais.

Je suis arrivé en retard au théâtres (pas juste la faute de la manif, j’avais aussi oublié l’adresse). Je suis rentré chez moi et ai écouté un épisode de Glee avant de dormir.

La police est toujours dans le coin, mais elle se contente de surveiller. Pour le moment.

………

Ce matin, j’ai quand même occupé une partie de mon temps à chercher un peu dans les journaux. Cette semaine sur facebook, j’avais reçu des invitations à des manifestations qui m’arrivaient depuis Madrid, Valence et Barcelone. Les journaux confirment mon impression: le mouvement est national et concerne environ 60 villes en Espagne. Le schéma qui se répète, c’est l’occupation de la place centrale dans la ville concernée.

Hier, environ 4000 madrilènes ont campé sur la place de la Puerta del Sol, apparemment. Pourtant, elle n’est pas si grande que ça, cette place.

Difficile de se faire une idée sur le déroulement des événements. L’appel initial semble n’avoir concerné que Madrid, dimanche dernier, et être une initiative du mouvement « Democratia real ya! » (mon côté cynique trouve que ce n’est pas un nom très bien choisi pour un mouvement républicain, puisque « real », qui veut ici dire « réelle » pourrait aussi vouloir dire « royale »). Mais j’ai l’impression que l’occupation, présente depuis cinq jours, n’était pas prévue. Le mouvement est qualifié partout de spontané.

Il est intéressant de le voir s’organiser. Maintenant que je dépasse un peu les premières impressions, on voit bien que ça rejoint beaucoup plus que les groupuscules anarchistes. On appelle les campeurs les « indignados », mais la direction du mouvement demeure incertaine. Mais le campement s’organise. El País fait une liste de différents points d’organisation qui ont fait leur apparition dans la semaine: toilettes pour les campeurs la nuit, service de garderie, compte bancaire pour les amendes, etc. Dans la dernière journée, il semble qu’on ait commencé à se soucier de formuler des revendications. On dit que l’endroit se transforme en agora. C’est très curieux.

Pour le moment, la police se contente de surveiller, disais-je. Mais les élections sont dimanche, et la comission électorale vient de trancher, par cinq voix contre quatre, qu’il serait contre la loi électorale de poursuivre le rassemblement durant la fin de semaine. Les campeurs, toutefois, ne semblent pas décidés à bouger.

Cette carte en plastique qui tient lieu de papiers

mai 17, 2011

Hier, 16 mai, cela faisait exactement 40 jours que j’avais reçu la lettre de la extranjería me disant que je pouvais aller chercher ma carte d’identité étranger, celle qui me permet de rester en Espagne jusqu’à la fin de l’année. J’avais commencé les démarches vers la fin octobre/début novembre, c’est dire si la bureaucratie espagnole se traîne comme un escargot handicapé. J’étais allé dès le lendemain chercher ma carte… pour constater que j’avais lu la lettre un peu trop vite: elle disait que je pourrais aller chercher ladite carte à partir de 40 jours après avoir reçu la lettre!

C’était donc hier le grand jour. 39 jours plus tôt, j’étais allé à la extranjería, que j’avais trouvé quasiment déserte. Presque pas de file d’attente, j’étais passé (en vain) presque immédiatement. Cette fois, bien sûr, ultime torture planifiée pour ceux qui allaient être libérés de ce système, tout le monde était là en même temps et il fallait… attendre! Comme si ça ne faisait pas déjà plus de six mois qu’on attendait.

La file d’attente avance… en approchant de la fenêtre, je remarque une inquiétante affiche disant, en gros, que pour ceux qui ont reçu leur lettre, ils doivent venir à partir de 45 jours après avoir reçu la lettre! Mais sur la lettre, c’est bien écrit 40… les paperassistes ont une imagination sans bornes pour inventer de nouveaux supplices. Là, règne l’incertitude.

Mais, non! ils ont reçu ma carte! Pas de demande surprise!

Donc voilà, c’est fini.

Je rentre tranquillement. En sortant de l’extranjería, environ 50 mètres plus loin, un monsieur dans la soixantaine environ m’aborde. Le ton de la voix est celui d’un cassette préenregistrée, le boniment bien rodée d’un mendiant ou d’un vendeur de rue. Absorbé dans mes pensées, qui sont retournées dans leur niche habituelle (appelée « thèse ») je fais négligemment « non » de la tête tandis qu’il me mets sous le nez une carte en plastique et un carnet bleu, et je poursuis mon chemin.

Ce n’est qu’une vingtaine de pas plus loin que l’image se fraye un chemin jusqu’à mon cerveau et passe par le processus de reconnaissance et d’interprétation des images. La carte qu’il m’a montrée ressemble beaucoup à celle que je viens juste d’obtenir. Le carnet bleu a le format d’un passeport. Et je me rappelle bien que dans les mots que je n’ai pas écouté, il y avait effectivement « carné » (carte d’identité) et « pasaporte ». Ce type n’a quand même pas essayé de me vendre des faux papiers, là, comme ça, dans la rue, à 50 mètres de l’extranjería? (en Espagne, ces endroits sont gérés par la police). On irait racoler les désespérés jusque sous le nez de la police dans la plus parfaite indifférence?

Nan, c’est mon imagination qui s’emballe.

Ça devait juste être un vieux monsieur qui a tellement souffert au cours des démarches qu’il était désormais tout fier de montrer sa nouvelle carte à tous les passants.

Il est temps de retourner à une vie normale. Dès que j’aurai renouvelé mon passeport. Et puis il y a aussi les dossiers de bourse.

Et puis…

Et puis…

Et puis…

L’identité partagée

janvier 23, 2011

Je suis allé voir hier, après mon cours de claquettes, l’exposition spéciale La pintura de los reinos, au Palacio real de Madrid, exposition qui a pour sous-titre identitades compartidas en el mundo hispánico (Identités partagées dans le monde hispanique). À ma surprise, l’exposition était gratuite (alors que la visite des expositions permanentes coûte 8 euros… d’habitude, c’est plutôt l’inverse, des expos permanentes gratuites et des expositions spéciales payantes). Du moins on m’a laissé entrer gratuitement quand j’ai dit que je voulais juste voir la Pintura de los reinos; curieusement, j’ai en ce moment la brochure de l’exposition, et j’y lis « Venta de entradas. General: 8 euros ». Ben coudonc, je vais pas m’obstiner avec les gens à l’entrée qui m’ont laissé entrer gratos. Ça n’a pas empêché un garde de me renvoyer à l’entrée  parce que j’avais omis de prendre mon billet gratuit. Mais bon, c’est pas grave.

À l’entrée, quelques textes d’explication font un rapide exposé de l’évolution de l’histoire de l’art comme discipline et de quelques-uns de ses concepts, non sans placer l’exposition sous le signe d’une légère hypocrisie. On nous explique en effet que l’histoire de l’art est née au XIXe siècle de motifs nationalistes. Les nouveaux pays comme l’Allemagne et l’Italie trouvaient dans l’art un moyen de projeter une identité commune dans un lointain passé (la peinture italienne -blablabla- dans une Italie divisée politiquement…). Le nationalisme imprégnant la discipline a structuré les débuts de l’histoire de l’art en peintures nationales (la peinture italienne, la peinture française, la peinture espagnole, etc…), où on recherchait des caractéristiques communes propres à un esprit national, créant par le fait même des clivages artificiels. Pour rompre avec ces clivages, les plus récents historiens de l’art on élaboré la notion d’aires culturelles, basée sur la circulation des hommes et des tableaux. Ainsi, les échanges réguliers entre la côte méditerranéenne espagnole, notamment Valence (qui au XVe siècle éclipse Barcelone au rang de premier port d’Espagne) et l’Italie fait que des similitudes de styles se retrouvent dans les peintures de ces régions.

Le Sauveur à l'Ostie et au Calice. Juan de Juanes, peintre valencien également actif en Italie, influencé par le style de Raphaël

L’exposition se place donc sous le signe de cette méthodologie « libérée du nationalisme », ce qui lui donne une sorte de respectabilité. Ce qui éveille en moi un sourire d’ironie: comme s’il n’y avait pas de nationalisme dans l’organisation de cette exposition! lorsque je lis la présentation de l’exposition sur l’aire culturelle hispanique, « dont l’Espagne fut le centre », cette Espagne qui fut « le premier empire de dimension mondiale », dont les frontières s’étendaient à « l’Amérique en Occident » et « aux Philippines en Orient », incluant bien sûr une bonne partie de l’Italie et les Pays-Bas. Je croyais naïvement qu’il y avait là une glorification des réalisations de l’Espagne du Siècle d’Or, mais on me détrompe: le but n’est que de présenter une exposition libérée de faux concepts inspirés du nationalisme. Fiou!

Ironie à part, l’exposition est très belle et bien pensée. À l’entrée, une fresque métaphorique représentants « les quatre parties du monde », expression de l’époque qui a d’ailleurs donné le titre d’un livre de Serge Gruzinski. Une première section expose des tableaux de peintres ayant voyagé, ou chez lesquels l’influence de peintres étrangers est notable. La deuxième section répète sensiblement le même procédé, mais en  mettant l’accent sur la diffusion de la peinture espagnole dans les colonies américaines. D’abord les peintres espagnols (ou à l’occasion, italiens et un autre qui était, je crois, allemand) qui se sont installés en Amérique. Puis les novohispánicos.

La troisième et dernière section se présente, dans les textes explicatifs et la brochure, comme la plus fascinante. Et c’est vrai (dommage, toutefois, qu’à la fin du parcours d’une exposition on commence toujours à être un peu fatigué et on passe plus rapidement). Les salles qui la compose sont essentiellement construites autour de thèmes uniques, présentant des tableaux de différents peintres de différentes origines, permettant de voir l’influence des plus anciens sur les plus tardifs, les traits communs du traitement, mais aussi les différences entre les tableaux, les réappropriations, l’évolution du style d’origine vers la composition de styles autochtones en Amérique, notamment au Pérou et au Mexique. Parmi les thèmes exposés, on compte par exemple le Christ en croix (aucun du Greco, mais on note son influence). On y trouve aussi une très grande salle consacrée à la diffusion de l’image de la Virgen de los Desamparados, iconographie typiquement valencienne, dans les colonies américaines, qui s’en sont inspirés pour créer leurs propres images de la Vierge.

Effigie de la Virgen de los Desamparados, plaza de la Virgen, Valence, pendant les Fallas. Pour ceux qui se posent la question, elle n'est pas destinée à être brûlée, mais à être couverte de fleurs

Virgen de los Desamparados, Tomás Yepes, peintre baroque valencien.

Virgen de Aranzazu, Cristóbal de Villalpando. Mexique.

Dans cette section, on consacre aussi une partie à des tableaux qui dénotent l’émergence de thèmes propres aux peintres latino-américains. Soit le thème en lui-même (représentation de Montezuma, dernier empereur aztèque), soit dans l’iconographie (représentation de l’archange Saint Michel en arquebusier).

Je remarque pour moi-même que je commence à me former l’oeil, au point pour la peintre des XVIe et XVIIe siècle. L’iconographie me devient plus familière, j’arrive de plus en plus souvent à reconnaître les personnages et les thèmes choisis sans avoir à consulter le titre ou la notice explicative de l’oeuvre (ce qui ne m’a pas empêché de confondre une fois Saint Jean-Baptiste avec Saint Zacharie et Sainte Anne avec Sainte Isabelle). Puis je deviens plus habile à décoder le tableau au niveau de l’iconographie et de la composition. Ce qui m’oblige à rester plus longtemps devant chaque tableau, en fait. Et de prendre le temps d’arrêter l’analyse pour revenir à la question de base: j’aime ou pas?

À chaque exposition que je visite, je retiens normalement un nouveau peintre. Ma mémoire ne  me permet pas de retenir chacun d’entre eux. Et un à la fois suffit, ça fait des choses à assimiler avant l’exposition suivante. À ma première visite au Prado, j’ai appris l’existence de Zurbarrán. Dans une exposition spéciale visitée à Valladolid, j’ai retenu Ribalta. À l’expostion à Tolède sur Gregorio Marañón, j’ai découvert Zuloaga. Cette fois-ci, ma découverte est le peintre mexicain Cristóbal de Villalpando. Ses toiles sont très chargées et très détaillées, du moins dans sa plus belle période. Voici sa version de Adam et Ève au paradis terrestre. C’est un assez petit tableau.

Adam et Ève au paradis terrestre. Cristóbal de Villalpando.

Le décolleté de la princesse

octobre 13, 2010

La femme fatale fait partie de nos grands stéréotypes. C’est une figure courante de notre littérature, et nous en retrouvons dans notre histoire, parfois malgré l’histoire elle-même. Nous ne manquons pas en effet d’exemple de personnages que l’histoire a magnifié ou dramatisé, créant autour du personnage un mythe qui bien vite n’a plus grand-chose à voir avec la réalité. Dans les rangs des femmes fatales, on pense par exemple à Lucrèce Borgia ou à Cléopâtre.

En Espagne, l’une des femmes les plus fascinantes, recouverte d’une telle aura mythique, est la princesse d’Éboli, Ana de Mendoza, femme de la cour de Philippe II, la « femme la plus controversée du XVIe siècle », selon le sous-titre de la biographie (grand public) de Manuel Fernández Álvarez, qui exagère certainement.

Je ne vais pas me livrer à une biographie détaillée de la princesse (en voici une), mais j’ai eu envie de faire un petit commentaire sur une photo aperçue dans El País il y a quelques jours. Une mini-série sur la vie d’Ana de Mendoza étant sur le point de commencer à la télé espagnole, on a droit à une entrevue de l’interprète principale, et une photo de l’actrice en son personnage. Belén Rueda nous est présentée comme une actrice talentueuse et polyvalente. Je ne l’ai jamais vue à l’oeuvre, donc je ne discuterai pas ça. Seulement quelques remarques sur le costume.

Voici la photo:

Pour vous permettre d’anticiper mes remarques, voici le portrait de la princesse d’Éboli:

Première remarque, donc: le cache-oeil. Ce borgne qui a si bien contribué à la légende du personnage. « L’une des plus belles femmes de son époque, malgré son oeil en moins. » raconte-t-on. On a multiplié les anecdotes, des plus romanesques aux plus absurdes, sur la manière dont elle a perdu son oeil droit. Nul doute que ce borgne, qui ajoute du caractère à ce long visage blanc, a suscité bien des fantasmes et alimenté l’image d’une femme dangereuse. Eh bien, ce borgne, l’actrice le porte sur le mauvais oeil. Oups!

Deuxième remarque: la robe. Ou plus exactement le décolleté. Nul doute qu’avec son cache-oeil mal placé, Belén Rueda a un bien joli minois, et que quelques pouces sous ledit minois, c’est une vue fort agréable qui nous est dévoilée par ce décolleté carré, mais il est anachronique. Il y avait bien, dans l’Espagne du XVIe siècle, quelques décolletés (plus sages que celui qu’on voit ci-haut), surtout dans la première moitié du siècle, mais c’est dans la seconde moitié de ce même siècle qu’a vécu la grande dame scandaleuse. Et à la cour de Philippe II, roi très catholique, l’homme de l’Escorial, la mode était plus austère.

Les films historiques se déroulant dans les grandes cours royales que nous avons l’habitude de voir (et c’est aussi le cas pour les Espagnols, exposés aussi à cette culture cinématographique américaine et française) se déroulent dans les cours de France et d’Angleterre, aux XVIIe et surtout XVIIIe siècle. L’influence sur le costume de la photo est évidente. Le joli décolleté de l’actrice aurait eu sa place à la cour de Louis XVI. Mais pas à celle de Philippe II d’Espagne. Le col y était porté très haut, la fraise séparait la tête du corps, comme on peut le voir sur la peinture ci-haut (quelques autres exemples en peinture).

En dehors de nos références automatiques, le choix du costumier (certainement guidé ou au moins approuvé par le réalisateur) de la mini-série a sans doute été guidé par des raisons plus prosaïques: mettre en valeur le corps de l’actrice et faire honneur à la réputation de grande séductrice du personnage. On aura voulu que la séductrice avance visage (enfin… un peu plus que le visage) découvert.

Le saut de l’ange crétois

août 19, 2010

Je ne pensais pas parler jamais de tauromachie sur mon blogue, parce que ce sujet attire des militants souvent aussi agressifs que des fanatiques religieux. Une espèce qui me donne des boutons (les militants agressifs en général, pas juste les fanatiques religieux).

Et pourtant, je comprends fort bien l’indignation que peuvent susciter les corridas. Il me paraît parfaitement normal qu’on trouve scandaleux d’ériger en spectacle la mise à mort d’un animal.

Sauf que j’ai beau comprendre, c’est une cause qui me laisse indifférent.

Je n’ai même pas particulièrement envie de profiter de mon séjour en Espagne pour aller voir une corrida. J’ai laissé passer les férias de Valence sans jeter le moindre coup d’oeil sur le programme, sans que l’idée même de m’acheter un billet ne m’effleure. Ce pays a de toute façon beaucoup plus à offrir que les seules corridas (bien que- il faut le préciser- ce soit loin d’être un de ces cas de folklore maintenu en vie pour les touristes- les petits espagnols mâles ont deux rêves: devenir un joueur vedette de foot et devenir un torrero).

Néanmoins, il est impossible de vivre en Espagne sans voir de corridas. Dans la mesure où il est à peu près impossible de vivre dans un pays sans entrevoir de temps en temps un journal télévisé. Les corridas sont filmées, elles passent à la télé, et les moments forts sont rediffusés aux informations.

Hier, travaillant dans mon café préféré (parce qu’il est juste à côté de chez moi), je levai un moment les yeux sur la télé, et constatai qu’on rediffusait des moments de corrida. Diverses pensées ironiques me sont venues à l’esprit. Je me suis notamment fait la réflexion qu’il devait y avoir en tauromachie bien moins souvent qu’au foot des nus-vites pour sauter dans l’arène. Mes pensées ont été interrompues par une image qui m’a coupé le souffle.

Je ne suis pas particulièrement fan des mises à morts, non plus que des scènes de toreros encornés (assez fréquentes, d’ailleurs). Mais là, c’était autre chose. Il y avait ce gars, j’ignore qui, mais son costume n’était pas celui d’un torero, qui courait vers le taureau. Habillé – ce n’était pas une interrogation à mon questionnement sur les nus-vites. Et qui d’un bond m’a projeté environ quatre mille trois cent ans en arrière.

Le saut au-dessus du taureau est très caractéristique de la civilisation crétoise de l’antiquité. On l’atteste ailleurs aussi, mais c’est à la Crête qu’il est le plus étroitement associé. Stephen Lawhead, dans son Taliesin, s’en était inspiré pour décrire des jeux tauromachiques atlantes.

J’ignorais que ça se pratiquait de nos jours. J’apprends à l’instant qu’en Espagne, on appelle ça des recortadores.

Et bien ça, ça impressionne vachement plus qu’un but au hockey.

Et puis aujourd’hui, j’ai vu un autre truc impressionnant, même si plus dramatique. C’est sur Cyberpresse. C’est dramatique… mais wow!