Posts Tagged ‘falles’

Falla à Montréal et varia

mai 31, 2010

Dans les commentaires d’un précédent billet, Yves demandait « À quand des fallas à Montréal? ». J’ignorais alors qu’il y avait une réponse on ne peut plus sérieuse à cette question: il y en a déjà. Enfin, une par année, dans une fête qui semble très multiculturelle, à la manière montréalaise. C’est organisé par la TOHU, et les falleros sont des jeunes du quartier Saint-Michel, impliqués dans ce projet communautaire pour le quartier. Informations sur le site de la TOHU, notamment ici (pour 2009) et ici (présentation, déjà passée, de la maquette de la falla 2010) et, surtout, ici, pour l’événement qui aura lieu du 26 au 28 août 2010.

J’ai eu l’information via le blog alonzocirk. J’en profite pour signaler deux modifications à ma blogoliste: l’ajout de alonzocirk, tenu par Guy et Claude, qui échangent sur l’actualité du cirque montréalais. Je suivais leur blog depuis un moment et je l’ai déjà référé dans les billets où je parlais moi-même de cirque, tout en hésitant à l’ajouter en raison du fait qu’il se passe souvent pas mal de temps entre les billets. Mais il faut se rendre à l’évidence: s’il n’y a pas un nouveau billet toute les semaines, le blog se maintient en vie sur la distance, et suivent bien l’actualité. Un blog pour les découvertes.

Il vient donc remplacer Zvok, blog fort sympathique qui encourageait la musique pour le plaisir de la musique, musique de tous les niveaux, et qui s’est révélé le contraire d’alonzocirk: des mises à jours super fréquentes pendant un temps, mais ils n’ont pas tenu la distance, et il est désormais à classer dans les blogs défunts, qu’on peut néanmoins toujours revisiter pour voir les vieux billets. Néanmoins, comme je tiens à avoir des blogs vivants dans ma liste, je supprime celui-ci.

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Crèma!! (2) Encore du feu!

mai 9, 2010

Ma falle préférée cette année fut celle-ci.

Elle est immense, comme vous pouvez le constater en voyant de petits humains tourner autour. Elle est extrêmement détaillée, aussi. Les grandes figures expriment des thèmes généraux tournant autour de la danse et du spectacle.

Tout autour beaucoup de petites figurines de toutes sortes, exprimant davantage le côté satirique. Des policiers maladroits, des juges corrompus. Et des pancartes en catalans un peu partout, exposant des petits poèmes moqueurs en valencien, moquant les autorités, souvent avec un vocabulaire du monde du spectacle (« recital », « entonant », « solo », « percusio » (à côté d’un policier brandissant une matraque), « Marxa funebre », « ritme ») .

C’est donc cette falle mayor que j’ai choisi d’aller voir brûler au dernier jour des falles.

Vu de loin, le soir

J’arrive un peu à l’avance pour pouvoir la voir intacte. Ou presque. Il semblerait qu’un pied d’une demoiselle ait été arraché. Ce qui a au moins l’avantage de vous faire voir l’intérieur:

J’ai d’ailleurs vu un touriste américain prendre le pied qui traînait et s’enfuir avec. Sacré souvenir, je me demande comment il va le faire rentrer dans ses bagages…

Quoiqu’il en soit, arriver d’avance aura été inutile. Le nombre de falles à faire brûler est assez hallucinant, et pose des problèmes de logistiques. Après un certain temps d’attente, je me renseigne et me fait confirmer que l’artificier qu’on attend est encore à l’autre bout de la ville. Finalement, le feu de joie attendu vers 11h30 commencera un peu avant 1h00 du matin.

La mise à feu suit le même procédé que pour la falle infàntil: on attache des feux d’artifices tout autour, et on fait péter le tout. Ce qui promet bien des étincelles au départ.

Mise à feu

Artifices

Puis, les artifices cèdent la place au feu, au vrai. Le rouge tout en flammes. Tout autour de la falle, les pompiers arrosent les murs des bâtiments et opposent aux flammes un barrage d’eau pour contenir les flammes là où elles doivent rester.

C’est d’abord discret, bien sûr, mais très rapidement, les flammes rongent le tout. La structure même de la falle fait office de cheminée, et bientôt on peu voir une épaisse fumée noir s’échapper par le bas du chapeau de la figure principale.

Ça ne ressort pas très bien, mais ce voile noir qui sépare le chapeau de la figure est une épaisse fumée

Et bientôt, bien sûr, c’est le brasier. Au premier rang de la foule, sur la place où est exposée la falle, je recule comme les autres jusqu’à la rue la plus proche pour voir le spectacle de plus loin. Même là, je ressens la brûlure sur mon visage d’une manière presque douloureuse.

On peut voir le jet d'eau du pompier à l'avant-plan

Très vite, le carton et le styromousse sont consommés, et la structure de bois découverte. Les morceau les plus fragiles s’effondre. Le premier à tomber (mais je l’ai raté pour la photo), c’est bien sûr le violon.

Structure découverte

En revanche, je ne manque pas la chute de la structure principale:

Crèma!! (1)

avril 12, 2010

Une seule falle aujourd’hui, une falle infàntil, qui plus est.

La voici:

Cigogne, berceau, bébés, enfants... sadique de faire brûler tout ça, non?

Vous pouvez apercevoir quelques banderoles accrochées ici et là sur la falle. Ce sont les prix qu’elle a reçu, notamment celui de meilleure falle de son secteur. Mon secteur, puisque c’est à environ sept-huit coins de rue de chez moi, en ligne droite. C’est un peu pour ça que j’ai choisi d’aller voir brûler celle-là plutôt qu’une autre. Qui plus est, cette grande figure de cigogne surplombant le tout promettait un beau spectacle.

Autre angle, où on voit mieux la banderole

Le salut de la cigogne - un adieu? Le gamin dans sa baignoire moussante en tout cas n'en a rien à foutre

Ça, ce sont des photos que j’ai prises à mon premier passage devant, en plein jour. Pour la crèma, évidemment, les conditions étaient différentes. La crèma des falles infàntil a lieu à 10:00, 10:30 pour celle qui a gagné le concours de meilleure falle infàntil de la ville. De nuit, donc, notre cigogne ressemble plutôt à ça:

Cigogne enrobée, de nuit, entourée par des amateurs de flammes

Vous remarquez bien sûr, outre la foule et la noirceur nocturne, un autre changement: des espèces de cordages, en réalité une banderole de pétards qui entoure toute la falle, histoire de faire une mise à feu bien spectaculaire. Avant la mise à feu définitive, l’artificier fait le tour de la falle, arrache une pancarte, et donne des coups dans l’oeuvre pour y faire des trous, lesquels faciliteront la circulation de l’air, donc la crèma.

La mise à feu s’est fait par un moyen original, que je n’avais pas anticipé. Une sorte de petit avion mécanique envoyant des nuages d’étincelles est précipité sur la falle. Comme je ne m’y attendais pas, et que le déclencheur de mon appareil photo n’est pas exactement instantané, vous ne verrez pas le petit avion. Mais l’effet ne rate pas: les pétards qui entourent la falle pète les uns après les autres à intervalles rapprochées. Rien à voir avec la discrète mise à feu de la tour que je vous avais montré l’autre fois, avec des flammes gagnant progressivement toute la structure. Cette mise à feu ci est – littéralement – un feu d’artifice.

Massacre aux artifices

spectacle fumigène coloré

Autre image de pétarade incandescente

À ce moment, un feu d’artifice est déclenché. Les artificiers sont très proches, et les fusées éclatent pratiquement au-dessus de nos têtes. Je dois dire que j’ai eu quelques doutes sur le caractère sécuritaire du spectacle, d’autant que j’ai même vu une fusée rebondir sur le mur d’un immeuble à habitations (donc plein de balcons) avant d’aller éclater dans le ciel. Ça fait un peu peur. Les Valenciens sont fous! Mais les spectacle est magnifique.

Fleurs du ciel

La pétarade s’achevant, on peu constater les dégâts sur la falle. Les feux artificiels, pour spectaculaires qu’ils soient, en ont fait moins que ce qu’on aurait cru à voir la falle noyée dans un nuage de lumières colorées et d’étincelles. Mais le feu à pris en quelques points, et il va bientôt se répandre dans la structure.

début d'incendie

feu qui s'affirme

Flambée

Feu triomphant

À ce stade, comme cela s’était produit avec la tour, la foule recule, car la chaleur est devenue trop intense pour être supportable quand on est trop près des barrières (imaginez ce que ce sera avec les grandes falles!!! La plus petite atteint presque trois fois la taille de celle-ci).

La forme de la cigogne est évidemment très vulnérable. On ne tarde pas à en voir tomber des bouts, devenus trop fragiles après que les flammes les aient rongés. J’ai réussi à en prendre un en pleine chute.

Le bébé tombe

Démon du feu ricannant de son forfait

Les pans de carton se sont effondrés, on peut désormais distinguer les armatures de bois dans la structure, celles qui restent debout le plus longtemps: les jambes de la cigogne, et le berceau central.

Cuisses de cigogne au barbecue

Berceau infernal

Malgré tout, certaines figurines, un peu plus loin de la figure centrale, sont encore épargnées par les flammes.

Gamins "épargnés"

"Lalèèère! Vous ne m'aurez pas!" crie le gamin écervelé aux flammes

Et puis le brasier se calme, consumant ce qui reste à consumer.

Feu en phase digestive

En rentrant chez moi, j’ai croisé quelques autres crèmas agonisantes. L’image qui m’a le plus frappé, cependant, fut celle d’une fontaine.

Falles du centre

avril 5, 2010

Une des première j'ai photographié

Infàntil

Infàntil isolée (pas de grosse falle à côté) avec des messages disant qu'il faut manger équilibré

autre infàntil isolée

Grande falle du marché

Princesse

Je ne sais plus du tout où j'ai vu celle-là

Bon, c’est pas tout, ça. La prochaine fois que je vous présente une falles, on la fera brûler!

Falle special dédicace…

avril 2, 2010

à Torrieu, Gabriel, Darwin et cie…

je ne parle pas de cette falle là:

falle playmobil

… que je ne plogue ici que parce que c’était la falle infàntile qui accompagnait celle à laquelle ce billet est dédié.

Les festivités des falles s’inscrivent dans un phénomène largement répandu en Europe, les fêtes de type carnaval, qui ne se sont à peu près pas implantées en Amérique (il y a bien Rio, peut-être… mais ne parlez pas de Québec, s’il-vous-plaît). Ces fêtes jouent sur l’irrévérence, l’indiscipline, le renversement de l’ordre établi, etc… elles ont beaucoup effrayé l’Église, qui à partir de l’époque moderne a consacré beaucoup d’efforts à « civiliser » et récupérer ces festivités à son compte, pour en éliminer le caractère pécheur. Puis, celles qui ont survécu ont à leur tour été généralement récupérées par le consumérisme ambiant de notre époque. Mais à travers tout ça, une part de la fête originelle demeure. Sujets représentés par les falles ont ainsi souvent un caractère irrévérencieux et, à l’occasion, ouvertement satirique.

Ici, le caractère antireligieux de l’oeuvre crève les yeux. La victoire de L’Origine des Espèces sur la Bible.

Le match de boxe et les étoiles

Bible à l'oeil au beurre noir, Pape rougeaut racontant des niaiserie aux enfants africains

Bien entendu, les falles sont souvent strucutrées ainsi: un sujet principal, entouré d’un certain nombre de figures plus petites touchant au même thème.

Prêcheur et prostituées

Bible amochée, arbre à condom, Adam et Ève libertins

J’ai toujours trouvé qu’Adam avait été bien benêt et bien mouton de croquer dans la pomme juste parce qu’Ève lui disait de le faire. Mais je dois reconnaître que si elle le lui a proposé ainsi, je comprends qu’il n’ait pas résisté.

D’autres falles

mars 29, 2010

Il reste encore beaucoup de photos, même si je n’en montre qu’une sélection.

Celle-ci est sur le chemin que je fais tous les jours.

De l'autre côté, le ballon ressemble à un globe terrestre

C’est la photo la plus complète que j’ai de cette falle, même s’il manque quelques détails, et on ne voit peut-être pas assez bien que les genoux se cognent au milieu du parcours. Très douloureux. L’autre détail manquant est dans la légende.

Parlant de falles incomplètes:

Haute couture

J’ai fait exprès de prendre seulement le haut de celle-ci. Le bas représente essentiellement un tas de tissus.

Je ne suis plus certain laquelle des deux falles ci-haut est accompagnée de la falle infàntil ci-bas, mais c’est bien l’une des deux:

Marionettes

à bien y penser, je pense que le marionnettiste va avec les joueurs de foot. Je dis ça, parce que je viens de revoir cette autre falle infàntil:

ballerine

devant

On termine pour ce soir (sans grande structure de présentation, d’ailleurs) avec une falle du centre. Encore un endroit où je passe régulièrement, c’est à côté d’un parc plutôt agréable, et il y a un petit café pas cher où je mange à l’occasion.

Devinez le message politique? (facile) - la réponse en évidence sur l'image suivante

MacDo à la poubelle

Tout près de chez moi

mars 27, 2010

Le territoire de Valencia est partagé en petits quartiers qui chacun a sa falle. En fait, les falles vont par deux: une falle et une falle infàntil qui n’est jamais bien loin, et beaucoup plus petite. Il y a parfois des variations de styles entre les deux, mais globalement, ça reste dans le même genre.

En dehors du centre-ville, les falles sont un peu plus modestes, que ce soit les grandes ou les petites. Dans ce billet, il s’agit de falles qui ne sont pas dans le centre, et sont plus ou moins disséminées sur le chemin que je fais presque tous les jours de chez moi au centre-ville (qui se situe à environ 45 minutes de marche).

D’abord, celles que je voyais dès que je sortais de chez moi:

Falle de mon quartier

Voici une photo de nuit:

La même, la nuit de la crèma

Le feu que vous voyez en bas à gauche provient de la falle infàntil, cette photo ayant été prise le soir de la crèma après 22:00 et avant minuit. Justement, voici à quoi ressemblait la petite:

falle infàntil, de deux à trois fois plus petite que la grande

Près de chez moi, mais à l’écart de mon chemin, on trouvait aussi ce dragon:

Contrairement à la croyance populaire, les dragons ne sont pas immunisés au feu

Plus loin, on trouvait ce mariage:

Mariage inégal

Cette falle infántil qu’il faut montrer en au moins deux photos:

Argent de poche

Question de cheveux

Allez hop, une dernière, toujours plus ou moins dans le même secteur de la ville:

Questions d'eau

Suspens

mars 19, 2010

Alors, ce soir, c’est la crèma. Je vais voir quelle falle brûler? J’hésite…

Déjà, ça n’augure pas particulièrement bien: le ciel est gris et on a eu droit à quelques gouttes de pluie cet après-midi. La pluie va-t-elle gâcher le feu de joie?

Je vous montrerais bien entre lesquelles j’hésite, mais bon, faut que je me trouve un site pour mettre les photos, ça va prendre du temps.

Il y a cette gigantesque construction, plaza de la Virgen. La plus grosse, sans le moindre doute. La moins artistique aussi, certainement. Elle doit être identique à elle-même chaque année.

Mais non… la foule risque d’être impossible. J’ai tenté d’aller à la mesclàta aujourd’hui, et 20 minutes avant qu’elle commence, la foule était si dense que je n’ai pas pu m’éloigner de la sortie du métro de plus d’une quinzaine de mètres. Et après la fin d’un show que je n’ai pas pu voir (quant à l’entendre, je l’aurais presque aussi bien entendu depuis chez moi), j’ai tourné en rond pendant 20 minutes avant de pouvoir trouver un moyen de m’extraire d’une foule qui m’emmenait partout avec elle sans savoir où elle va. Alors à la plaza de la Virgin, je doute que ce soit une bonne idée.

Il y a ma falla préférée, qui mélange les thèmes de la musique et de la satire des autorités. Gigantesque. Très impressionnante. Avec des petits poèmes en valencien un peu partout. Pleins de détails. Je l’ai photographiée sous toutes les coutures. Elle est située dans le centre-ville, près du bord. Risque-t-il d’y avoir une trop grande foule?

Sinon, une falla plus modeste, près de chez moi. Il y en a une que j’aime bien, à deux ou trois coins de rue, et dont le thème devrait réjouir plusieurs lecteurs de ce blogue: elle représente un combat de boxe entre la Bible et l’Origine des espèces. Ce dernier est au-dessus, avec l’air féroce, et la Bible est en-dessous, avec un oeil au beurre noire et quelques dents en moins. Autour, quelques personnages religieux parodiés: un genre d’évêque avec un petit africain, un religieux en compagnie de deux prostituées, un Adam en érection face à une Ève aguicheuse.

Alors, laquelle je vais voir brûler?

Léger correctif

mars 18, 2010

Je pensais que les Fallas se terminaient dimanche. En fait, c’est vendredi (demain). Ce qui est une bonne idée: les gens pourront dormir avant de reprendre la vie normale, lundi. Donc, demain, tout brûle.

Quelques mots sur les falles

mars 17, 2010

Fallas en castillan, falles en valencien, j’hésite entre les deux graphies. On entend plus souvent les gens parler de fallas, parce que le valencien est assez minoritaire à Valencia même, étant une langue plus parlée dans les campagnes que dans les villes. Mais c’est une fête valencienne, et les textes qui figurent sur les falles sont tous écrits en valenciens. Bref.

Je vous mettrais bien quelques photos desdites falles (un tout petit échantillon – il y en a à quasiment tous les coins de rue!), mais en ce moment mon blogue a du mal à prendre de nouvelles photos, je suis à la recherche d’une solution. Il y en a deux à chaque spot: une petite (falle infàntil, faite par des mineurs) et une grande. Elles représentent toutes sortes de thèmes, plusieurs sont satiriques. Mes préférées? L’une, gigantesque, mélange les thèmes de la musique avec des représentants des autorités: policier (abusant de la matraque), juge, politiciens, et est agrémentée de poèmes mélangeant les deux thèmes. L’autre représente deux grands livres avec des gants de boxe: Biblia et El origen de las especies, le premier ayant un oeil au beurre noir et une dent en moins, le tout entouré de personnages comme un singe, un religieux, un Adam en érection devant une Ève aguichante. Petite mention aussi pour celle, à la plaza del ayuntamiento, qui inclus la représentation d’une caserne de pompier – assez ironique quand on sait que le tout est destiné à brûler.

L’un de mes principaux plaisirs de ces festivités est de photographier les falles. Les mesclatàs et les feux d’artifices sont pas mal aussi. Petite remarque sur les mesclatàs: l’expérience sonore représente à peu près 70% du spectacle. La pétarade dégage une énergie incroyable, et on sent pratiquement les ondes sonore sur sa peau. Pour vous dire, en début d’après-midi, j’étais encore en trait de dormir (je me suis couché après 5h00 du mat’, après une nuit de folie avec les danseurs de Spirit of Saint-Louis), quand j’ai été réveillé par le bruit de la mesclatà du jour. Or, celle-ci a lieu à l’ayuntamiento, qui se trouve à environ 45 minutes – une heure de marche de chez moi!

Par contre, je commence à être tanné des pétards. Depuis la dernière fois que je vous en ai parlé, l’intensité du phénomène a été croissant. C’est un boucan pas croyable, et il faut parfois faire attention où on met les pieds dans la rue. Je n’ai pas vu de gens qui en usent avec méchanceté, mais il y a quand même un bon nombre d’irresponsable, surtout la nuit lorsqu’ils ont bu. J’ai vu quelques pétards éclater au milieu des foules, qui se sont évidemment dispersées tout autour. Certains sont placés dans des tubes, et volent éclater dans les airs avant de retomber dans la rue au hasard. D’autres sont lancés dans la rue négligemment. À un moment, je n’ai pas fait assez attention. En voyant un pétard sur le sol, j’ai cru que j’étais à distance sécuritaire. En un sens, c’était vrai: il n’y avait aucun risque de brûlure; mais quand il a éclaté, j’ai compris le sens de l’expression « détonation assourdissante »: mon oreille gauche s’est instantanément bouchée, et a sillé pendant une bonne vingtaine de secondes. Juste pour ça, j’ai hâte à la crèma, qu’on en finisse avec tout ça.

Sinon, le climat est festif. Les rues sont souvent bloquées, surtout dans le centre, où les clubs de falleros défilent en costume traditionnels. Les hommes ont des espèces de pourpoints et des bandanas, les femmes des grands robes et des coiffures à macarons. Un peu partout où il y a des falles, il y a aussi des grandes tentes pour les fêtes des falleros, discothèques ad hoc où la fête bat son plein jusqu’à 3-4h du matin (il y en a une juste devant mon immeuble, je les entends d’ici). On a vu pousser un peu partout aussi des stands à churros qui se vendent, évidemment, plus cher qu’il ne faudrait: 5 euros la douzaine, 2,50 euros pour le verre de chocolat où les tremper. Je me suis quand même laissé tenté une fois. Et comme la gastronomie locale semble être, en cette période plus qu’en toute autre, être à l’honneur, les annonces de paellas sont partout, même s’il devient très difficile d’en trouver passé une certaine heure, comme je l’ai expérimenté et raconté il y a quelques temps.

Il est trois heures. J’en ai encore pour une petite heure avant de pouvoir me coucher. Je vais peut-être travailler un peu, ou simplement me prélasser.