Posts Tagged ‘fantasy’

Nunuche et ambitieux

août 24, 2010

Décidément, je vois beaucoup de films en ce moment. Après El Equipo A, dont je n’ai pas parlé parce que c’est le genre de films dont Rémi parle mieux que moi, et Origen, j’ai aussi pris, hier et aujourd’hui, le train aller-retour de Madrid pour régler un truc éclair, ce qui veut dire deux films (un film sérieux que je n’ai pas regardé au bout, parce que le train ne porte pas à être sérieux, et une comédie romantique dont vous connaissez déjà le scénario parce que c’est une comédie romantique). Et puis hier en soirée, comme j’avais réglé mes affaires et que mes rares connaissances dans la capitale espagnole étaient, soit à l’étranger, soit impossible à joindre, j’ai marché sur Gran Vía (où on trouve nombre de théâtres et de cinémas) avec la résolution d’entrer dans le premier cinéma venu pour voir le prochain film qui passerait. Une vingtaine de minutes plus tôt, j’aurais réécouté Origen, mais à l’heure où je suis arrivé, ce fut Airbender.

Même si je suis très loin d’avoir la sévérité de beaucoup d’autres (la plupart?) au sujet de M. Night Shyamalan, je ne peux que constater comme les autres la décadence de sa carrière. Sans que ce soit une décadence en ligne droite (The Village était bien meilleur que Signs), elle est néanmoins assez régulière. Quand j’ai vu l’affiche d’Airbender, je n’ai d’abord pas repéré le nom du réalisateur et je me suis dit « voilà qui paraît être un film sans intérêt destiné aux ados », puis « ah, mais ce ne serait pas l’adaptation du dessin animé Avatar? qu’importe, c’est sans grand intérêt », puis, j’ai vu le nom de Shyamalan et je me suis dit « hu? qu’est-ce que ça fout là, ça? ». C’est dire si au moment d’entrer dans la salle de cinéma, ma curiosité était plus grande que mon enthousiasme. Un sentiment s’y est ajouté à l’approche du générique: la perplexité.

Bon, alors, synopsis: on est dans un monde fantasy partagé en quatre peuples (eux-même ayant des représentants aux quatre points cardinaux) correspondant aux quatre éléments, chaque peuple ayant des « maîtres » capable de contrôler les éléments. Un Avatar qui fait penser au Dalaï-lama (il se réincarne à chaque mort) est le seul à pouvoir contrôler tous les éléments et à maintenir l’équilibre. Mais il a disparu il y a cent ans, et la nation du feu, avec des grosses machines pas fines, fait régner la terreur partout ailleurs. Pis là, une tribu décadente de l’eau trouve un gamin figé dans la glace, un maître de l’air, et il se trouve que c’est l’Avatar. Mais il ne connaît pas encore les trois autres éléments, alors ils l’accompagnent pour trouver des profs en essayant d’échapper à la méchante armée du feu (avec deux méchants dits « ambiguës » – lire: ils vont être des zamis avant la fin).

Appréciation? le scénario est nunuche et les acteurs sont mauvais (seul le vieux général du feu, l’un des futurs zamis, joue correctement). Shyamalan, qui avait su dans ses meilleurs films sonder l’âme humaine en combinant sa foi en notre valeur avec la mise en lumière de nos aspects les plus sombres, tombe ici dans la spiritualité à deux balles – on dirait un scénario signé Jodorowski (vérifications faites, c’est Shymalan qui signe le scénario). Restent une ou deux images de tai-chi élégantes, quelques scènes de combat réussies (pas toutes) et, surtout, le talent esthétique de Shyamalan, qui n’a heureusement pas tout perdu. Les paysages sont magnifiques, les effets spéciaux réussis et bien utilisés.

Et la perplexité? et bien j’ai réalisé à la fin du film qu’il s’agissait d’un premier volet. Vérifications faites sur le net, c’est une trilogie qui s’annonce (un pour chaque élément que l’Avatar ne contrôle pas au début: là, c’était l’eau, viendront ensuite la terre et le feu). Alors bon. Je peux comprendre qu’un cinéaste dont la carrière bat de l’aile puisse vouloir, soit faire un film modeste et honnête histoire de repartir du bon pied ensuite, soit un gros truc ambitieux pour frapper un grand coup, mais comment expliquer qu’on nous fasse quelque chose de nunuche et ambitieux? Remarquez, ce n’est peut-être pas son choix, c’était peut-être sur le contrat d’adaptation. Shyamalan annonce apparemment que le deuxième film sera « plus sombre » et le troisième « plus ambiguë »; dans les deux cas, la barre n’est pas placée bien haut.

Mais enfin, verra-t-on seulement ces deux volets? bien moins réussi que The Golden Compass qui n’avait pourtant pas convaincu et dont la suite ne fut jamais tournée, pourra-t-il convaincre ses producteurs de tourner deux autres navets suites? et si oui, ira-t-on vraiment les voir?

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Lire les mondes imaginaires

décembre 18, 2009

Lors de mon cours d’introduction à la psychologie, au cégep, quelques pages du chapitre sur le cognitivisme étaient consacrés à la construction de concepts. Un exercice prenait un mot imaginaire (disons Badu) et proposait différentes images avec la mention « ceci est un badu » ou « ceci n’est pas un badu »; l’idée était de montrer à l’étudiant qu’après avoir observé chacune des images, il en était naturellement venu à une certaine définition de ce qu’est un badu. Notez bien en passant que cette façon de fonctionner, extrêmement pratique pour les enfants et tout individu qui s’initie à un nouveau langage, entre souvent en contradiction avec la méthode scientifique et ne cesse de donner des mots de têtes aux intellectuels forcés de travailler avec des concepts complexes qui se forment malgré eux sans forcément correspondre à leurs critères.

Mais passons, ce n’est pas exactement de cela que je parle ici. Cette introduction a essentiellement pour objectif de faire remarquer que la lecture de fictions présentant des mondes imaginaires fonctionne exactement de la même manière, et que c’est même l’un des principaux plaisirs des amateurs de fantasy et de science-fiction que de voir se former des concepts nouveaux au fil des pages. La littérature de ces genres présente quantité de concepts exotique, dont le lecteur ne sait a priori rien. Souvent, ils ne sont expliqués nul part: c’est à l’usage que le lecteur s’en façonne une image.

L’exemple typique, en fantasy, c’est le fonctionnement de la magie: souvent expliqué, pas toujours, c’est surtout à l’usage que le lecteur apprend les règles de… cette chose invraisemblable (parfois apparenté à un art, parfois à une science, parfois à une excroissance biologique). À chaque univers sa magie, et il faut en réapprendre les règles à chaque fois. Mais ce n’est qu’un exemple parmi un fourmillement: relations politiques, espèces inexistantes (voire: apparemment existantes – un « lion » peut être une créature qui n’a des lions que nous connaissons que l’apparence), artefacts, objets du quotidien, mythologie, technologie, métaphysique, tout est sujet à être redéfini par l’auteur en fonction de critères qui lui sont propres. En ce sens, l’auteur de science-fiction est, plus que l’auteur des littératures générales ou policières, moins encore que l’auteur de fantasy, un démiurge (Dieu créateur de toute chose). Il a le droit de toute faire, la seule chose qu’on puisse exiger de lui étant de respecter une certaine cohérence interne à son univers.

S’y ajoutent certaines contraintes: la science imaginaire de la science-fiction est tenue de ne pas enfreindre (du moins pas trop visiblement), les lois de la science telle qu’elles sont connues des lecteurs potentiels. Une certaine intertextualité joue aussi un curieux rôle dans les univers standardisés de la fantasy; je ne sais pas pourquoi, mais les lecteurs de ce genre littéraire affichent parfois une certaine intolérance quand un auteur redéfini un concept bien connu; les « elfes », par exemple, sont définis par les oeuvres qui ont précédé l’auteur, notamment celle de J.R.R Tolkien. Une partie du lectorat critique fatalement les écarts par rapport au standard; personnellement, j’y vois une marque d’immaturité. Mais pour se libérer de cette contrainte, les auteurs utilisent souvent LE procédé des littératures de l’imaginaire: renommer. Ainsi dans la Tapisserie de Fionavar n’y a-t-il pas d’elfes ni de gobelins, mais des lios alfar et des svart alfar… Guy Gavriel Kay s’est ainsi mis à l’abri de toute critique d’intertextualité, forçant le lecteur à redéfinir ses concepts en fonction de nouveaux standards (mais, allez savoir pourquoi, Kay n’a pas renommé les « nains »). Le procédé n’est pas absolument nécessaire lorsqu’on a affaire, soit à des lecteurs tout à fait nouveau (sans préjugés, donc), ou à des lecteurs plus matures ou plus « expérimentés » dans ce type de littérature. Comme le dit Yves Meynard:

Quand un lecteur chevronné entame une nouvelle de SFF qui débute par « Jacques mit son chapeau », il ne prend rien pour acquis. Jacques n’est peut-être pas un être humain, il n’est pas forcément vivant, son chapeau est peut-être un couvre-chef magique, Jacques ne le met pas forcément sur sa tête…

En en discutant avec des amis lors de la dernière « bière philosophale » à laquelle j’ai participé, l’un d’eux a évoqué des conseils d’écriture attribués à Orson Scott Card, qui disait que pour un premier roman de fantasy, le mieux à faire pour un jeune auteur lorsqu’il l’aurait fini, c’était de déchirer le premier chapitre. Celui dans lequel, suivant une erreur de débutant commune à ce qu’il paraît, il a voulut tout expliquer à son lecteur. Or, expliquer est inutile: tout le plaisir que retire le lecteur à découvrir un nouvel univers est justement de comprendre avec un minimum d’explications.

Protégé : Chapitre 3 (2) – Le trajet

décembre 8, 2009

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Protégé : Chapitre 3 (1) – L’arrivée au garal

novembre 27, 2009

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Petite correction rapide

novembre 25, 2009

Dans ce billet où je détaille le cycle de Contremont de Joël Champetier, je mentionnais Le Mystère des Sylvanneaux à paraître, estimant que ça pourrait être une nouveauté intéressante. Il est paru, je l’ai récemment feuilleté. En fait, il s’agit d’une réédition en un seul volume de quatre des histoires parues chez Jeunesse-Pop: La Requête de Barrad, La Prisonnière de Barrad, Le Voyage de la sylvanelle et Le Secret des sylvanneaux.

Parlant de feuilleter, Alire adopte une tactique de pusher pour les drogués de lecture, en permettant de « feuilleter » en ligne les premières pages de leurs nouvelles parutions. Que c’est déloyal…

 

Protégé : Chapitre 2 (fin) – Les ruminations d’un capitaine

novembre 23, 2009

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Le Cycle de Contremont

février 26, 2009

Un billet sur un cycle que je n’ai pas entièrement lu, mais qui m’a procuré de bons souvenirs d’enfance. Si j’étais intimidé quand j’ai publié chez Solaris, c’est entre autre parce que je venais de réaliser que cette revue était le repère de pas mal d’auteurs que je lisais étant tout petit. Entre autre Joël Champetier qui en est le rédacteur en chef. Auteurs de romans fantasy, fantastique et science-fiction. Pour moi, c’était surtout l’auteur des romans de Contremont, chez Mediapaul. Mediapaul est un éditeur étrange qui, semble-t-il, classe les romans jeunesse de fantasy dans le genre « religion ».

Contremont, c’est un petit royaume paisible, mais pas trop, histoire qu’il y ait de quoi raconter.

La photo viens du site des éditions Alire

La photo viens du site des éditions Alire

Dans La Requête de Barrad et sa suite  La prisonnière de Barrad, on apprends qu’y vit un ogre invincible avec qui les rois de Contremont ont passé un pacte: il laisse le royaume tranquille, et les morts du royaume lui sont livrés pour ses repas. Le pacte  sera rompu lorsqu’un des conseillers du roi, incapable de supporter l’idée que sa dépouille soit livrée en pâture au monstre, convainct le roi de tenter de le tuer. En réponse, Barrad capture le roi et demande, en échange de sa libération, qu’on lui livre une créature mythique, un sylvaneau, pour qu’il puisse le dévorer. Une petite expédition est envoyée à la recherche de l’une de ces créatures (qui, disons-le, rappellent les elfes par bien des aspects).

Dans Le Voyage de la sylvanelle puis Le Secret des sylvaneaux, qui se déroule quelques années plus tard, une nouvelle expédition part à la recherche des sylvaneaux, histoire de ramener l’une d’entre elle parmi les siens, dans une autre contrée inconnue. Et une fois arrivée parmi eux, on découvre que finalement, les syvaneaux de Champetier ne sont pas une simple copie conforme des elfes standards de la fantasy.

Dans Le Prince Japier on découvre les premières aventures de celui qui, dans les quatre romans précédemment mentionnés (je les mentionne presque dans l’ordre où je les ai lus… si ce n’est que j’ai commencé par La Prisonnière de Barrad), était le roi.

Tous ces romans publiés dans la collection Jeunesse-Pop chez Mediapaul sont très petits: probablement pas plus de 170 pages chacuns, gros max. Mais ils présentent tous un sympathique mélange d’aventures, de rêve, d’humour, et juste ce qu’il faut de ces touches sombres qui font bien souvent la différence entre les bons romans jeunesse et les autres, ceux qui prennent les jeunes pour des idiots.

De nombreuses années plus tard paraissait Les Sources de la magie aux éditions Alire. Avec ce roman, Joël Champetier transposait l’univers de Contremont dans un livre qui s’adressait à un public plus âgé. Soi-disant.

L’histoire se passe quelques générations plus tard. Le roi Japier et sa fille Melsi sont pratiquement entrés dans la légende. Le magicien au service de l’actuel roi de Contremont reçoit la visite de sa nièce venue passer quelques temps chez lui. De fait, son frère, intendant du royaume voisin, cherche à éloigner sa fille pour la mettre à l’abri de ses ennemis politiques.

Je dois dire que j’ai été un peu déçu. C’est un livre fort sympathique, mais dans le fond, c’est sensiblement la même recette que les précédents. On repassera pour un livre      s’adressant à un public plus mature. Peut-être un peu plus d’histoires de sexe, tout au plus, bien que ça reste très pudique. On sent un peu aussi l’auteur de science-fiction derrière le traitement de la magie, trop technique à mon goût. Ce roman est encore un roman jeunesse, au mieux un roman pour ados. Mais si on est averti d’avance, pas de raisons pour les grands enfants de se priver.

Par la suite est paru Le Voleur des Steppes, toujours chez Alire, qui a l’air plus ambitieux que le précédent. Mais je ne le saurai pas tant que je ne l’ai pas lu, et comme c’est parti, il faudra attendre encore quelques années avant que je ne puisse me permettre un détour.

D’après le résumé et la carte, il se pourrait aussi qu’il n’y ait pas de lien direct avec le royaume de Contremont. Mais j’ai des doutes. C’est une histoire d’amnésique, je parie que les souvenirs retrouvés ramèneront le personnage vers un royaume un peu plus nordique qu’on nous le suggère.

Bientôt paraîtra Le Mystère des sylvaneaux, ce qui pourrait bien être fort sympatique.

Littérature victorienne fantasy

janvier 16, 2009

Je ne suis pas un grand connaisseur de la littérature victorienne. En fouillant dans mes souvenirs, je ne suis sûr de n’avoir lu que trois écrits anglais de cette époque: Frankeinstein, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde et L’île du Docteur Moreau. Et après ma récente lecture… je n’en connais pas plus! Parce que Jonathan Strange et Mr Norrel a beau être écrit dans un style très victorien, se dérouler au début du XIXe siècle, faire appel à des thèmes victoriens, bref respirer le victorianisme à plein nez, ben ce n’est pas un roman victorien puisqu’il ne date que de quelques années. Mais c’est tout comme.

Et c’est délicieux. Les personnages sont humains jusque dans leurs caricatures, sauf les personnages non-humains. Le cadre historique, sur fond de guerres napoléoniennes (essayez de lâcher un magicien anglais là-dedans pour voir… si vous n’imaginez pas les conséquences, Clark le fait pour vous) et de vie mondaine à Londres, est fouillé sans être pesant. L’humour est omniprésent, mais jamais à l’avant-plan; il s’agit plutôt d’une ironie diffuse qui imprègne le caractère de l’histoire.

Bref, si vous voulez vous envoyer une petite brique d’un millier de pages ces temps-ci, je ne saurais trop vous le recommander.

Et un grand merci à Arkalys qui me l’a offert pour mon anniversaire.

Protégé : Chapitre 2 (10) – Fin de voyage

décembre 20, 2008

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Protégé : Chapitre 2 (9) – Refus

décembre 13, 2008

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