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Mais qui sont ces excités?

août 17, 2011

Ce matin dans le métro, un groupe me cassait les oreilles avec des comptines affreuses gueulées à pleins poumons dans un esprit de camaraderie évident. En anglais, je crois. Comme ça, à première vue, j’aurais parié qu’ils étaient saoûls, mais finalement, probablement pas. Ils avaient un costume distinctif, de la même couleur, pour se reconnaître. Et un comportement de supporters sportifs. Ce n’était pas en sois très étonnant ou inhabituel: la ligne de métro que j’emprunte matins et soirs passe par Santiago Bernabeu, le stade de foot de Madrid. Je trouvais juste qu’il était un peu tôt pour un match. Et puis, il ne sont pas descendus à la station Santiago Bernabeu… bon, peut-être un groupe de supporter qui prend de l’avance sur le match? c’est que ça se crinque tôt dans la journée ces bêtes-là.

Dans le cours trajet qui séparait ma station de la bibliothèque nationale, j’ai croisé un autre groupe semblable, cette fois avec quelques membres portant en cape des drapeaux espagnols. Bon, pour un match, ça prend deux équipes, mais d’habitude, c’est plus les visiteurs qui jouent les excités. La rue – très passante habituellement – en face de la bibliothèque était bloquées, pour une raison encore obscure, mais il y avait beaucoup de préparatifs. Y aurait-il des festivités locales ce soir ou demain?

Pas de groupes d’excités dans la bibliothèque.

Mais quelques heures plus tard, à la sortie, ça pullulait sur la place publique, avec des drapeaux de toutes sortes: canadien, italien, irlandais, français, espagnol…  ça continue à suivre leurs chefs de groupe en répétant des comptines inoffensives comme des slogans à crier à tue-tête. Bon, il y a trop de nationalités représentées pour retenir plus longtemps l’hypothèse de la rencontre sportive, il faudrait un championnat mondial pour ça. Alors, quoi? qu’est-ce qui forme des groupes capables de faire régresser leur membres à l’état enfantin de gueulards de camps de jours? De clubs vacanciers? Y aurait-il un congrès mondial de Clubs Meds à Madrid?

Dans le métro, ça ne manque pas non plus, il y a pleins de groupes aussi. Ma voisine de siège porte aussi des vêtements distinctifs, mais elle ne gueule, pas, elle n’est pas avec son groupe apparemment, juste une amie à elle sur le siège d’à côté. Elle préserve sans doute sa voix pour quand elle aura rejoint sa gang. Un groupe français, si j’en juge d’après la langue et l’accent.

Et alors mon regards tombe sur le petit livret qu’elle tient en main: Agenda cultural y litúrgico de Madrid. Un calendrier liturgique? Dans ma tête, ça a fait tilt! Bon sang, mais c’est bien sûr! cette semaine, le Pape visite Madrid! ces groupes d’excités, ce ne sont pas des supporters sportifs, ni des vacanciers clubmediens, ce sont… des catholiques!!!! Des popes-fans (popes-freaks?)!!

J’ai fini le voyage avec un très léger sourire sur les lèvres. J’avais sur mes genoux un gros volume écrit par Luis Resines, La catequesis en España, historia y textos (La catéchèse en Espagne, Histoire et Textes), ouvert sur le chapitre du moyen âge. Je pensais aux grandes processions solennelles organisées par l’Église à l’époque moderne. Pas de doute, l’expression de la spiritualité catholique a changé depuis l’époque…

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Cette carte en plastique qui tient lieu de papiers

mai 17, 2011

Hier, 16 mai, cela faisait exactement 40 jours que j’avais reçu la lettre de la extranjería me disant que je pouvais aller chercher ma carte d’identité étranger, celle qui me permet de rester en Espagne jusqu’à la fin de l’année. J’avais commencé les démarches vers la fin octobre/début novembre, c’est dire si la bureaucratie espagnole se traîne comme un escargot handicapé. J’étais allé dès le lendemain chercher ma carte… pour constater que j’avais lu la lettre un peu trop vite: elle disait que je pourrais aller chercher ladite carte à partir de 40 jours après avoir reçu la lettre!

C’était donc hier le grand jour. 39 jours plus tôt, j’étais allé à la extranjería, que j’avais trouvé quasiment déserte. Presque pas de file d’attente, j’étais passé (en vain) presque immédiatement. Cette fois, bien sûr, ultime torture planifiée pour ceux qui allaient être libérés de ce système, tout le monde était là en même temps et il fallait… attendre! Comme si ça ne faisait pas déjà plus de six mois qu’on attendait.

La file d’attente avance… en approchant de la fenêtre, je remarque une inquiétante affiche disant, en gros, que pour ceux qui ont reçu leur lettre, ils doivent venir à partir de 45 jours après avoir reçu la lettre! Mais sur la lettre, c’est bien écrit 40… les paperassistes ont une imagination sans bornes pour inventer de nouveaux supplices. Là, règne l’incertitude.

Mais, non! ils ont reçu ma carte! Pas de demande surprise!

Donc voilà, c’est fini.

Je rentre tranquillement. En sortant de l’extranjería, environ 50 mètres plus loin, un monsieur dans la soixantaine environ m’aborde. Le ton de la voix est celui d’un cassette préenregistrée, le boniment bien rodée d’un mendiant ou d’un vendeur de rue. Absorbé dans mes pensées, qui sont retournées dans leur niche habituelle (appelée « thèse ») je fais négligemment « non » de la tête tandis qu’il me mets sous le nez une carte en plastique et un carnet bleu, et je poursuis mon chemin.

Ce n’est qu’une vingtaine de pas plus loin que l’image se fraye un chemin jusqu’à mon cerveau et passe par le processus de reconnaissance et d’interprétation des images. La carte qu’il m’a montrée ressemble beaucoup à celle que je viens juste d’obtenir. Le carnet bleu a le format d’un passeport. Et je me rappelle bien que dans les mots que je n’ai pas écouté, il y avait effectivement « carné » (carte d’identité) et « pasaporte ». Ce type n’a quand même pas essayé de me vendre des faux papiers, là, comme ça, dans la rue, à 50 mètres de l’extranjería? (en Espagne, ces endroits sont gérés par la police). On irait racoler les désespérés jusque sous le nez de la police dans la plus parfaite indifférence?

Nan, c’est mon imagination qui s’emballe.

Ça devait juste être un vieux monsieur qui a tellement souffert au cours des démarches qu’il était désormais tout fier de montrer sa nouvelle carte à tous les passants.

Il est temps de retourner à une vie normale. Dès que j’aurai renouvelé mon passeport. Et puis il y a aussi les dossiers de bourse.

Et puis…

Et puis…

Et puis…

Arguments contre 2011

décembre 29, 2010

À l’approche de l’année 2011, on décèle, comme à chaque année, le crépitement des étincelles augurant d’un enthousiasme moutonnier. Bonne année! Bonne année! criera-t-on au douzième coup de ce que les Espagnol nomment la noche vieja. Enfin, ils la nomment ainsi lorsqu’ils sont en mesure de parler, puisque la coutume ici veut qu’à chacun des douze coups de l’horloge de la Puerta del Sol, mesure de l’heure officielle de l’Espagne, on mettent un raisin dans sa bouche, jusqu’à ainsi se bâillonner au douzième raisin, d’où quelque difficulté à dire « bonne année » avant d’avoir pris le temps de transformer sa mâchoire en presse-jus. Mais revenons à nos moutons.

Ainsi donc, autant de signes avant-coureurs, de « bonnes années » avant l’heure, laissent entendre l’enthousiasme devant la mise en marche d’un 2011, et ce, sans que le moindre petit débat critique ne soit entrepris face à cette mise en marché pourtant fort critiquable. Le principe de précaution, en effet, n’a pas le moins du monde été observé: 2011 nous sera jeté dans les bras sans le moindre test préalable. N’avons-nous rien appris du passé?

De 1er janvier en 1er janvier, de la Fabrique du Temps sortent des années défectueuses, pleines de calamités, qui sont pourtant accueillis à bras ouverts par un public captif et aliéné, non seulement incapable d’imaginer une alternative au produit proposé -comme si le monopole était une fatalité avec laquelle il faut vivre- mais oubliant l’espace d’un instant que l’année à venir est sortie du même moule que l’année qui vient de se terminer et que les changements promis par la compagnie ne sont que cosmétiques, afin de justifier le renouvellement constant de son produit. Ce dernier, qu’on n’a jamais pris le temps de tester et perfectionner, présentera fatalement tout autant de défauts que celui qu’il remplace. Nous devrions pourtant le savoir, nous qui faisons sans-cesse à l’approche du 31 janvier des revues des années passées qui mettent parfaitement en valeur les défaillances de ce qu’on nous offre.

Il serait donc grand temps de réagir. Il serait sain qu’on fasse un débat contradictoire qui mettra en évidence les forces et les faiblesses de 2011. Pour ou Contre 2011? le débat est lancé.

Vous aurez bien sûr compris par mon plaidoyer que je suis personnellement plutôt contre. Mais je ne puis ainsi m’opposer à 2011 sans proposer quelques alternatives. Elles sont multiples, n’en doutez pas, et seraient sans doute pour la plupart préférables à 2011. Prenez par exemple l’option suivante: boycotter 2011 et poursuivre notre chemin avec 2010bis. L’année 2010 ne fut certes pas parfaites, mais nous en connaissons désormais les défauts, ils sont frais à notre mémoire, et nous les affronterons bien plus facilement ces imperfections familières que les tuiles imprévisibles de 2011. Mais à cette option conservatrice, je préconise d’avantage l’option suivante: annuler la mise en marché de 2011, en offrant aux consommateurs ayant déjà commandé leur exemplaire une réservation prioritaire pour 2012. Et lancer une version bêta de 2012, qui pourra alors bénéficier d’un temps respectable pour être testée et perfectionnée. Nous aurons alors l’année prochaine un produit digne de ce nom, dont le nombre de bogues aura été minimisé.

Et vous, êtes-vous pour ou contre 2011? Pourquoi? Si vous êtes contre, quelles sont les alternatives que vous proposez?

Je suis ouvert à toute opinion contraire pourvu qu’elle soit sainement et respectueusement exposée.

Le petit théâtre du métro

septembre 14, 2010

Le métro de Madrid, c’est de longs voyages.

Aujourd’hui à l’heure de pointe, en entrant dans le wagon, j’ai vu avec plaisir qu’il restait une place. Une place à côté d’une fort jolie fille plongée dans la lecture d’une brique. Un bouquin, à première vue, de la taille de Guerre et Paix ou du Vicomte de Bragelonne. Puisque je n’avais pas le choix, je prends place à côté d’elle. Par concupiscence curiosité, je laisse mon regard glisser vers son décolleté livre. J’y vois les mots « chupasangre », « Edward », puis « la belleza y la perfección de su rostro ». Horreur! La belle lisait… ÇA!!

Tu parles d’un éteignoir. Nan, mais un peu plus et je lui aurais demandé ce qu’elle lisait. Là, je le savais, et je ne voulais surtout pas en savoir plus. Et puis, elle avait beau avoir l’air de 23-24 ans, sa lecture indiquait qu’elle devait en avoir sept ou huit de moins.

Quoiqu’une lueur d’espoir est apparue, à l’occasion d’un mouvement, sous la forme d’un carton blanc. Un carton blanc qui recouvrait l’ensemble de la couverture du « livre » (Twilight, c’est vraiment un livre?). Ah bon! Elle lit Twilight, mais au moins, elle a le bon goût d’en avoir honte.

Oui,

mais non.

C’est quand même Twilight.

…..

J’ai bu, ce jour-là, pas mal de cafés. Objectif: maintenir le zombi en moi fonctionnel, mis sur pied trop tôt le matin, jusqu’au soir. Le temps de me remettre de la Noche en Blanco et de récupérer un horaire à peu près normal. J’ai pris une bière, ce jour-là, qui accompagnait l’entrecôte au resto. J’ai beaucoup marché, ce jour-là, entre les métros, dans les métros, presque littéralement aux quatre coins de la ville. Il faisait chaud, ce jour-là, et j’avais des pantalons longs parce que le soleil a eu le mauvais goût de se mettre en mode chalumeau seulement après que je sois parti travailler. Et, ce jour-là, j’avais oublié de me munir d’une bouteille d’eau le matin.

Quand dans la station je suis passé devant une distributrice, mon regard a été inexplicablement attiré par les bouteilles d’eau qu’il contenait. J’avais justes assez de pièces pour m’en payer une. Et une pièce de 50 centimes m’a échappé et a roulé sous la machine. Le gars à terre fouillant désespérément sous une distributrice?

C’était moi.

Et puis je me suis rappelé que j’en ai toujours une de réserve dans mon sac à dos, pour les casiers au palais royal.

………

J’ai croisé ce musicien aux allures péruviennes. Une espèce de flûte de pan, sur un enregistrement radio. J’ai tout de suite reconnu une musique de film, mais je n’ai pas identifié laquelle immédiatement. Voyons, c’est une musique du genre calmante, à sonorité péruvienne. Quelque chose dans la jungle? la Chèvre? non, c’est pas ça. Un film lent, avec de longues scènes pour contempler des paysages luxuriants, la musique s’y prête bien. Ah! ça me revient.

……..

PS: oui, le titre est un clin d’oeil.

Les difficultés des langues étrangères

mars 22, 2010

Il y a:

Comprendre le prof de langue.

Et puis…

Comprendre une personne normale.

Et puis…

Comprendre une personne qui parle vite.

Comprendre une personne qui parle en argot.

Comprendre une personne qui parle sous le coup de l’émotion.

Comprendre une personne qui parle en riant.

Comprendre différents accents.

Comprendre une personne qui ne s’adresse pas à nous.

Comprendre une conversation de groupe.

Comprendre un enfant qui parle (surtout s’il n’a pas encore toutes ses dents).

Comprendre un vieux qui parle (surtout s’il n’a plus toutes ses dents).

Et…

Comprendre un groupe d’enfants (qui n’ont pas encore toutes leurs dents) et de vieux (qui n’ont plus toutes leurs dents) sous le coup de diverses émotions s’exprimer en riant en argot, rapidement et en différents accents sans jamais s’adresser à nous.

Quand la parodie surpasse son modèle

février 9, 2010

Deux vidéos aujourd’hui. Curieusement, deux fois du lindy hop (alors que comme vous le savez, à l’écran j’ai tendance à préférer le WCS), et deux fois des chorégraphies (alors que j’ai une préférence déclarée pour les impros). Mais, vous vous en doutez, je ne suis pas intégriste de mes préférences.

Ce premier vidéo est une chorégraphie de Kevin Saint-Laurent et Carla Heiney, deux grands noms du lindy, sur la musique « Love me or leave me », dans la version de Sammy Davis Jr, musique dont les punchs sont exploités à fond.

Très efficace, bonne performance.

Une bonne chorégraphie, qui par sa qualité prêtait justement le flanc à une parodie, tant il est vrai qu’il vaut toujours mieux parodier les meilleurs.

C’est ce qu’on fait Max Pitruzzella et Thomas Blacharz, dans une chorégraphie très reconnaissable avec éléments humoristiques ajoutés (deux gars en costume hip hop; mouvements supplémentaires sur les punchs musicaux). Il est remarquable que la version de Max et Thomas comporte au moins trois versions différentes sur YouTube (voir ici et ici), reflétant la demande générale pour un numéro apprécié. Il y a même, dans les commentaires du vidéo de Kevin et Carla pas mal de commentaires d’amateurs qui disent que la version de Max et Thomas est meilleure, ce qui est quand même un peu injuste pour les premiers… mais reflète parfaitement la popularité de la parodie, qui a pris sa vie propre.

(Note: Max guide, Thomas suit).

L’art de ne pas voir Paris

janvier 29, 2010

Prendre l’avion à 20:00 à Montréal pour Paris.

Arriver à 8:30, heure locale, à Charles-de-Gaulle.

Passer les douanes (me semblait que c’était plus long???)

Demander le chemin de la gare de Lyon. Se faire répondre de prendre le métro.

Se diriger vers le métro.

Attendre, parce que l’entrée du métro est bloquée en raison d’une alerte à la bombe (option: ne pas remarquer que le policier et les deux soldats à l’entrée sont là pour vous empêcher de passer, et se faire apostropher en passant entre eux).

Pour passer le temps, se demander lequel des trois (le policier et les deux soldats) inspire le plus confiance (ou pas). Attention: exercice difficile.

Une fois entré dans le métro, se contorsionner et faire des prouesses techniques pour faire passer ses énormes bagages dans une entrée aussi exiguë.

Demander son chemin.

Constater que le métro de Paris est un dédale. Se demander où se trouve le Minotaure.

Trouver la gare de Lyon.

Se perdre dans la gare de Lyon (mais pas trop).

Acheter un billet de TGV pour Montpellier, de préférence le plus vite possible et le moins cher possible. (Option: se faire mal comprendre du gars au guichet, qui vous fait obligeamment économiser 10 euros, mais pour attendre deux heures de plus).

Chercher une place assise pour pouvoir poser ses bagages et souffler une seconde.

Constater qu’à la gare de Lyon, les places assises sont toutes exposées aux courants d’air. (Option: avoir fait le voyage un jour où il fait plus froid à Paris qu’à Montréal).

Cogner des clous sur place. Tenter de ne pas s’endormir pour pouvoir 1) ne pas passer tout droit 2) surveiller les voleurs qui, à en croire les messages diffusés sur place, sont monnaie courante à la gare de Lyon

Se lever à l’occasion pour faire des promenades pour se garder en éveil (bien sûr avec tous ses bagages).

Trouver une machine à café et commander un cappuccino (note: le nom est usurpé et le café est dégueux). Le boire à la recherche des effets de la caféine (durée: 15 minutes à tout casser).

Retourner à sa place assise et recommencer plusieurs fois le cycle, selon les besoins. (Option à insérer une fois dans le cycle: appeler une amie à Montpellier sous prétexte de prévenir de l’heure de son arrivée, mais en réalité parce que la conversation garde éveillé).

Embarquer finalement dans le train vers Montpellier et Perpignan. (Option durant le voyage: discuter avec le petit vieux comique qui s’en va à Nîmes).

Cogner des clous dans le train (mais là, on peut se laisser aller – option: le faire en s’appuyant sur la tablette devant soi et avoir une marque rouge sur le front au réveil – avertissement: le sommeil n’est jamais long dans un train, 2e classe).

Débarquer du train à Montpellier avec 20 minutes de retard.

Se rendre chez son amie pour poser ses bagages (option déraisonnable mais agréable: discuter longuement).

Aller prendre le tram pour l’auberge de jeunesse (avant minuit, parce que l’accueil ferme après cette heure).

– Alors, Paris? C’est beau?

– Bof. L’aéroport, c’est un aéroport. Le métro, c’est laid. Dans la gare, on peut voir des combats de pigeons barbares, des touristes, des clodos et des employés de la SNCF.

– Et la culture?

– Ah, oui, grande ville culturelle: il y a au moins deux librairies de gare EN PLUS de la librairie Relay.


Si les villes étaient des femmes…

janvier 20, 2010

Montréal serait l’amour de ma vie.

Montpellier serait la complice de mes infidélités.

Valencia serait une aventure d’antant qui a nourrit de nombreux fantasmes, devenue lointaine et désirable. Je vais bientôt la retrouver.

Sarcasme du jour

décembre 22, 2009

C’est drôle comment tout le monde se targue d’être « politiquement incorrect », de nos jours.

Aujourd’hui, la chose la plus subversive qu’on puisse dire, c’est « la rectitude politique comporte des avantages. »

En attendant l’autobus

décembre 9, 2009

Dans la file, devant moi, une dame lit une feuille d’instruction. Écrit très gros en haut, je ne peux pas rater ceci: Ne faites lire ces instructions à personne (sauf dans les cas précisés plus bas). Quoi de mieux pour inciter le gars qui est derrière elle (moi), à vouloir tout lire? ah, le parfum de l’interdit. Mes yeux parcourent avidement et discrètement la page, saisissant des phrases éparses: vos relations avec les employés vont être compliqués; l’examinateur va s’énerver. Je ne transcris pas le tout à la lettre (j’ai pas une mémoire de Lisbeth Salander, moi), mais je suis frappé par la tournure brutale des phrases: pas de peut-être, c’est ça qui va se passer, et les relations ne travail ne seront pas harmonieuses. Mon imagination paranoïaque* est stimulée; je cherche un bout de phrase plus précis pour situer le contexte, j’essaie d’avoir une vue d’ensemble du texte. La dame ne semble rien remarquer de mon manège.

L’autobus arrive. La dame range la feuille dans son porte-document. Elle sort sa passe d’autobus.

Je n’en sais pas plus. Mon imagination paranoïaque n’a pu ni être déçue, ni être satisfaite. Elle est frustrée. Je soigne ça en m’en amusant.

*il y en a une en chacun de nous. Mais en plus, je suis en train de lire les Gestionnaires de l’Apocalypse, alors…