Posts Tagged ‘lindy hop’

Make it fun

décembre 10, 2012

Ce sont des choses comme ça que j’aime dans le Lindy Hop. Les moments où, tout en continuant à danser la bonne vieille danse, on sort un peu du cadre, comme ça, pour le fun.

Tenez cette compétition, par exemple. C’est un invitational jack & jill. « Jack & Jill », comme je l’ai déjà expliqué par-ci par là sur ce blogue, ça veut dire que c’est une compétition où les partenaires sont tirés au hasard. « Invitational », c’est qu’on n’y participe que si on y est invité (d’ordinaire, les professeurs invités à l’événement pour y donner des ateliers).

En lindy hop, ces compétitions se déroulent souvent, comme ici, en deux parties: un « spotlight », où les coupes dansent à tour de rôle, et un « all-skates » à la fin, où tous les couples dansent en même temps. Il ne faut pas se faire d’illusions, le spotlight est généralement la partie la plus intéressante de la compétition (et accessoirement, celle où se décident les vainqueurs). Mais ici, un petit truc se passe, qui met de la folie dans le all-skates.

D’abord, j’imagine qu’une participante s’est désistée au dernier moment, mais il y a un gars en surnombre. Ce qui fait qu’une danseuse (Alice Mei) danse avec deux partenaires différents. Les cyniques diront que ça lui donne deux fois plus de chances de gagner.

Ça semble compliquer un peu la situation pour le All-Skates. Ils doivent danser à trois, les deux gars s’échangeant leur partenaires à intervalles réguliers. Ils en profitent un peu, en faisant, dans les transitions, des figures à trois. Et puis, à 24:55, on voit un danseur (Peter Strom) abandonner sa partenaire (Jo Hoffberg). Ah! pour abandonner une danseuse comme elle, il faut que ça vaille la peine! Lui s’immisce au sein du trio, elle ne tarde pas à être rejointe par l’un des danseurs. Dès lors, c’est l’effet boule de neige. Les partenaires s’échangent à qui mieux-mieux, un autre couple rejoint la mêlée, les échanges sont font à une vitesse difficile à suivre – le tout demeurant fluide! On multiplie les combinaisons, à deux, ou à trois. Et à la fin, à l’heure de la finale, personne ne danse seul.

J’adore!

C’est le genre de choses qui n’est rendu possible que par l’Esprit du Fun, cette volonté de jouer, qui habite tout entier cette danse.

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Quand ça décolle…

mars 7, 2012

Ça fait quelques fois que je regarde ce vidéo, l’un de mes récents coups de coeurs. Je ne connaissais pas Mikaela Hellsten, mais je vais l’avoir à l’oeil à l’avenir. Quand à Kevin Saint-Laurent, c’est ce qu’on appelle un vétéran, dans le décors du lindy depuis, ma foi… pas toujours, parce qu’il n’a pas donné de cours à Frankie Manning en 1920, mais bon… longtemps. C’est d’ailleurs son nom qui m’avait amené à visionner la vidéo.

C’est curieux, parce qu’il y a un moment dans la vidéo où ça décolle. Un moment qui fait la différence entre une danse de pro et un petit coup de coeur. Un moment où on ne peut plus regarder la danse par désoeuvrement, un moment où ça devient fun. Et je suis curieux de savoir si pour vous, quand vous le regarderez, il y aura un tel moment. Si ce sera le même que pour moi.

Les trois tangos et autres actualités dansantes

mars 17, 2011

Je reviens d’un cours de tango. Alors, déjà, la nouvelle, pas si neuve que ça mais dont je n’ai pas encore parlé, c’est que j’ai recommencé le tango. Je suis allé à un cours en décembre, puis j’ai vraiment repris à partir de la mi-janvier. Je redécouvre ce que c’est que de danser une danse sans l’aisance de l’expérience, de devoir penser à toutes sortes de choses en même et de se rendre compte que ce n’est pas parce qu’on y pense que les pieds le font, eux.

Avec les cours de tango, il y a les pratiques. Je ne vais pas dans les milongas (soirées tango), encore. Surtout par économie de temps. Mais les pratiques sont presque des milongas, puisqu’en théorie, c’est une heure, et qu’en pratique, ça déborde largement. Mais je rentre quand même à minuit alors qu’à une milonga je rentrerais vers 2h du mat. Ça me permet de dormir un peu.

Je constate que la coutume des trois tangos n’est pas autant suivie à Madrid qu’à Montréal. Les trois tangos, c’est que quand on invite quelqu’un à danser, en principe, on l’invite pour trois danses. Ce qu’on m’avait expliqué à Montréal, c’est qu’un tango, c’est relativement court, et ça demande beaucoup de connexion avec le partenaire. Donc on fait plus d’une danse, histoire de pouvoir s’habituer à son partenaire. Quelqu’un aujourd’hui m’a révélé la formule par laquelle les Argentins résume cela: trois tangos, un pour se présenter, un pour faire connaissance, et un pour danser.

En même temps que le tango, j’ai commencé la claquette. Je ne sais pas ce qui m’a pris de commencer deux nouvelles danses comme ça, de front. Ça charge beaucoup ma semaine. Mais j’avais envie des deux, et je n’ai pas su choisir. Donc tous les samedis de midi à deux, je vais m’exténuer à une danse (danse solo, la première que je tente) qui touche des tas de mes faiblesses à la fois. Ça demande un sens du rythme que je n’ai pas développé à ce niveau jusqu’à maintenant, un jeu de jambe très précis (ce qui n’a jamais été mon fort) et, finalement, discipline et mémoire pour se rappeler les séquences chorégraphiées, ce à quoi je suis franchement très mauvais. J’ai toujours eu horreur des chorégraphies, en fait. Je préfère improviser. Mais il faut bien chorégraphier un peu pour apprendre le vocabulaire de la danse. Et puis ma prof est cool. On fait toujours des exercices pour pratiquer un peu l’impro (même si pour le moment on n’est pas très avancé et que ce n’est pas très impressionnant), et pratiquer l’oreille (ben oui, faut savoir quel pas fait quel son; donc à l’occasion elle nous fait pratiquer à l’aveugle).

Tous les samedis, mais celui-ci je n’irai pas. En fin de semaine, c’est le Festival Swing de Madrid. Six profs internationaux pour des heures de cours, trois soirées de danse et un « swingbus » qui va nous amener danser en plein air aux quatre coins de la ville.

J’ignore si je vais être capable de me lever pour aller aux archives, lundi.

Le remake

juin 27, 2010

Je me rends compte avec surprise que je n’ai pas diffusé ce vidéo, alors que j’étais sûr de l’avoir déjà fait. J’ai déjà, en revanche, diffusé la vidéo de la chorégraphie originale, cette fameuse scène de Hellzapoppin‘ où une brochette de danseurs hallucinants, jouant les domestiques festifs, font la fête en catimini, mais néanmoins bruyamment. Parmi eux, le danseur de lindy hop le plus célèbre du monde swing, Frankie Manning, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler trois fois.

Le 95ième anniversaire de Frankie, « the ambassador of lindy hop », devait donner lieu à d’immenses festivités, des shims shams partout dans le monde, des spectacles spéciaux en hommage au vieil homme. Le tout s’est transformé hommage post-mortem, puisqu’il est mort quelques jours avant ledit anniversaire.

À cette occasion, cette recréation de la chorégraphie de Hellzapoppin’, quelque 68 ans plus tard:

L’utile et l’agréable

mai 26, 2010

J’achève mon séjour montpelliérain pour retourner à la maison. C’était joindre l’utile et l’agréable, puisque j’avais fait coïncider des rencontres avec mon directeur de thèse avec des rendez-vous avec des amis de Montpellier et le Montpellier Swing Jammerz Festival. Inutile de décrire le tout de long en large, mais ce fut quatre jours de danse intenses, joignant le plaisir des ateliers et celui de la pratique, soit en danse en plein air (à la place Jean-Jaurès, à l’Odysseum) et les soirées à l’Apollo Jazz Café. J’y ai retrouvé quelques-uns de mes profs de Montréal, et j’y ai dansé avec des danseuses toutes plus douées et jolies les unes que les autres.

Le vidéo qui suit est une démo faite par les Ninjammerz lors de la soirée de samedi à l’Apollo:

En fin de semaine dernière, j’ai retrouvé une amie pour visiter Carcassonne. Et hier j’ai profité de ma présence à Montpellier pour aller à une dernière soirée de danse, de west coast swing cette fois: il n’y en a pas à Valence et ça me manque.

Bouclage d’une première semaine

février 18, 2010

Je suis arrivé à Valencia il y a une semaine jour pour jour. Du moment où j’écris, il  y a une semaine, heure pour heure, j’étais effondré dans mon lit à Burjassot, dormant. Un peu plus d’une heure plus tard, je me levais pour aller à La Claca, le bar où, tous les jeudis, la communauté swing de Valencia se réunit pour s’adonner à son loisir.

Une semaine et tout est allé très vite, dès ce soir là. Car j’ai été accueilli à bras ouvert ce soir là, et le lendemain je recevais un message de la prof (y’en a pas des dizaines comme à Montréal; ici tout tourne principalement autour d’un couple qui donne ses cours). Elle avait diffusé la nouvelle de mon arrivée par sa mailing liste, précisant que je cherchais un appartement à Valencia. Elle avait déjà une réponse, l’un des danseurs cherchait un quatrième coloc. Le lendemain, je recevais d’elle un autre message: une demoiselle arrivait en ville d’ici peu; si ça ne marchait pas avec le premier, je pouvais toujours chercher avec la deuxième. J’ai écris au premier, attendu en reprenant mon travail.

La fin de semaine a été mouvementée. Du swing, toujours. Samedi, l’école faisait sa fête annuelle, dans un lieu du centre-ville au milieu du dédale de petites rues, des lieux qui me paraissaient familiers du fait que je m’y étais beaucoup promené lors des dix jours de mon précédent séjour il y a deux ans, mais dont je ne me rappelais pas du tout la configuration. J’ai quand même réussi à trouver mon chemin. Une consommation et un bocadillo (disons un sandwich) inclus dans le prix d’entrée, plusieurs tortillas à disposition, c’était souper-swing! J’ai longuement poursuivi l’opération faire-connaissance, avec mon espagnol finalement plus fonctionnel que ce que mes craintes me faisaient appréhender. J’ai rencontré pour le première fois celui qui cherchait un coloc, on a convenu d’une visite le lundi suivant.

Le plancher de danse pourtant en tuiles, était très glissant, presque autant que la patinoire de l’Apollo Jazz Café. Et pour cause! on y avait répandu du talc, pour être sûr. Vieux truc, mais j’ai été pris par surprise. Là pour le coup, je suis tombé une ou deux fois, ce qui doit bien doubler ma moyenne de chute en deux ans et demi de danse! Pas de mal, rassurez-vous. Le milieu swing valencien est plein d’énergie, et la soirée comporte sa part de jeux. En fin de soirée, par exemple, chacun s’est vu remis un petit paquet de minuscules perles d’une couleur. Correspondant à son niveau. La consigne était d’échanger une billet avec chacun de ses partenaires, et de s’efforcer d’avoir un sachet multicolore. Super bonne idée. J’ai reçu la couleur orange, donc dans les hauts niveaux, mais je ne sais pas au juste quels étaient les niveaux. Il y a eu un shim sham, bien sûr, avec les variations locales. Un jam. Et… un jam d’accueil juste pour moi! Merci à eux, c’est une sacré belle surprise.

En fin de soirée, petite leçon d’un fait évident: leurs événements ne se terminent pas à l’heure dite. Ça devait finir à 1:30, mais ça a plutôt été autour de 3:15. J’ai été raccompagné à Burjassot par un autre danseur qui vivait au loin. C’était sur sa route.

Lendemain, dimanche et au programme… du swing! C’est un petit événement qu’ils font régulièrement ici, qu’ils appellent un Clandestino. Du swing en plein air, sous le pont de Calatrava (magnifique pont… comme plusieurs des ponts qui enjambent l’ancien lit du Turia). Clandestino, bien sûr, parce qu’on n’a pas de permit! Mais pas si clandestin que ça: non seulement les badauds s’arrête pour nous regarder et nous prendre en photo, mais il y a une grande bannière de Spirit of St. Louis déployée juste derrière nous!

Danser sous le pont de Calatrava

Clandestino sous le pont de Calatrava

C’était de 12h30 à 14h30. Mais… comment se fait-il alors que je suis rentré à Burjassot vers 19h00? serait-ce qu’on n’a pas terminé à l’heure dite? En fait, on a presque fini à l’heure dite. Le dépassement étant qu’on est resté pour une tard-venue… on lui a même fait un jam. Et puis on a été prendre une bière en groupe (les bières les plus distribuées en Espagne sont des bières espagnoles, San Miguel et Alhambra). Puis on s’est rendu chez l’une des danseuses, pour manger… sois-disant. Non, pas soi-disant, on a bel et bien mangé. Mais pas que… c’est qu’elle inaugurait, voyez-vous, et qu’elle a un beau grand balcon au septième étage. Le plancher légèrement en angle, ce qui procure une sensation bizarre sous les pieds; mais sinon, on peut parfaitement y danser. Ce qu’on ne s’est pas privé de faire. Avec jam inaugurale pour l’inauguratrice de terrasse. Et exercices d’acro pour quelques-uns.

Aaah, que de swing, que de swing! Et pourtant je suis en manque, parce que je n’ai pas dansé depuis. Mon lundi était celui de la visite de l’appart, chose qui s’est conclue par un accord de déménagement le mercredi suivant. Et de la rencontre de mon professeur ressource ici à Valencia. J’avais eu l’occasion de le rencontrer lors de mon précédent séjour, il est très sympatique et a une bonne connaissance des archives. Il ne m’a pas reconnu. J’ai changé depuis la dernière fois, avec mes cheveux longs et ma barbe. On s’est occupé des archives, on s’est occupé des papiers administratifs (l’un d’eux est à refaire, c’est pour demain matin). Et on s’est donné rendez-vous pour jeudi matin.

Mardi, je m’offre une journée consacrée uniquement au travail. Parce que quand même, hein, je ne suis pas venu ici pour danser! C’est juste un bonus.

Mercredi, je passe au commissariat de police pour les papiers de résidence. Il a quand même fallu que j’en fasse quatre pour trouver le bon. Pas forts sur la simplicité administrative, les Espagnols. Et j’ai un document à faire refaire, comme je l’ai dit.

Puis, le déménagement. Curieusement, j’ai l’impression d’être encore plus chargé qu’à mon arrivée. Il n’en est rien, je n’ai rien acheté, pas même un livre (d’ailleurs, je suis surpris par le nombre que j’ai amené de Montréal… me semblait que je m’étais limité?? je vais faire comment au retour quand je vais en avoir une douzaine de plus?). C’est donc en escargot (caracol) qui transporte sa maison avec lui que je me suis rendu dans ma nouvelle résidence. Un transfert de métro, deux fois quinze minutes de marche (avant et après le métro) plus dix minutes de marche dans le métro même, le tout triplé par le poids des bagages. Pas vite vite. En arrivant, ils pensaient qu’on s’était mal entendu sur mon heure d’arrivée… nonon, j’ai juste sous-estimé le poids de mes bagages. Remarquez, la précédente locataire, qui part au moment où j’arrive, est pire que moi. Cette Ukrainienne, qui parle un mauvais anglais et un mauvais espagnol, compensant le tout par beaucoup d’expressivité et des « kapuuut! » retentissant, s’avoue girly et stéréotypée… et en effet. Je pensais que l’entrée passait par une sorte d’entrepôt. En fait, en temps normal, l’endroit est vide. Mais là, il y avait ses bagages, environ deux ou trois valises, plus un paquet contenant des partitions (elle est violoniste) qui doit faire la taille de ma plus grosse valise en deux fois plus pesant, un ou deux paquets de la même taille, mais contenant autre chose, plus deux ou trois paquets plus modestes. Un entrepôt, je vous dis! Elle a appelé un taxi, je crois, pour son déménagement, mais je ne sais pas 1) comment elle a fait pour descendre tout ça et 2) comment elle a fait pour tout caser ça dans un seul taxi.Ça s’est passé pendant que je m’installait, et le mystère reste encore entier. J’étais moi-même épuisé, et après avoir écouté la télé avec les colocs (une émission qui s’appelait quelque chose comme « Mira quién baila », adaptation espagnole de l’émission américaine « Dancing with the stars »).

Ce matin, première incursion dans les archives du Patriarche, San Juan de Ribera. Dans un vieux bâtiment. Les pièces contenant les archives elles-mêmes et les pièces de travail, ô surprise, sont assez conforme au stéréotype des archives (toiles d’araignées en moins): des pièces assez petites avec des étagères partout, recouvertes de livres anciens. J’ai eu l’impression d’entrer, non sans une pièce, mais dans une bande dessinée. Quelques temps plus tard, j’avais le nez dans mes documents. Les documents très vivants recopiés par Boronat, racontant toutes sortes d’aventures rocambolesques en lien avec l’Inquisition; et ceux, beaucoup plus arides, des rectorías de moriscos, les paroisses, surtout leur financement. Pendant ce temps-là, une équipe qui travaille avec mon prof-ressource s’occupent de numériser un certain nombre de documents. Leur équipement de photo numérique est assez impressionnant. Je vais avoir l’air niaiseux quand je vais trouver les documents que je veux conserver et sortir mon petit appareil, mais bon, il fera parfaitement la job, c’est ça qui compte.

Retour à l’appart. Arrêt à la librairie, histoire de voir ce qui se vend de bon en termes de livres dans le coin. Non, j’ai rien acheté. Pas encore. Mais j’ai été tenté.

Puis, première épicerie. Bonne pratique pour l’espagnol de tous les jours, ça, faire son marché. J’ai appris pas mal de mots.

Puis sieste, puis repas, puis ordi.

J’achève l’écriture de ce billet. Il y a une semaine, heure pour heure, je me réveillait dans une chambre à Burjassot et je me préparais à aller swinguer à La Claca. Devinez ce que je vais faire, là?

Protégé : Chronique d’une arrivée

février 11, 2010

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Quand la parodie surpasse son modèle

février 9, 2010

Deux vidéos aujourd’hui. Curieusement, deux fois du lindy hop (alors que comme vous le savez, à l’écran j’ai tendance à préférer le WCS), et deux fois des chorégraphies (alors que j’ai une préférence déclarée pour les impros). Mais, vous vous en doutez, je ne suis pas intégriste de mes préférences.

Ce premier vidéo est une chorégraphie de Kevin Saint-Laurent et Carla Heiney, deux grands noms du lindy, sur la musique « Love me or leave me », dans la version de Sammy Davis Jr, musique dont les punchs sont exploités à fond.

Très efficace, bonne performance.

Une bonne chorégraphie, qui par sa qualité prêtait justement le flanc à une parodie, tant il est vrai qu’il vaut toujours mieux parodier les meilleurs.

C’est ce qu’on fait Max Pitruzzella et Thomas Blacharz, dans une chorégraphie très reconnaissable avec éléments humoristiques ajoutés (deux gars en costume hip hop; mouvements supplémentaires sur les punchs musicaux). Il est remarquable que la version de Max et Thomas comporte au moins trois versions différentes sur YouTube (voir ici et ici), reflétant la demande générale pour un numéro apprécié. Il y a même, dans les commentaires du vidéo de Kevin et Carla pas mal de commentaires d’amateurs qui disent que la version de Max et Thomas est meilleure, ce qui est quand même un peu injuste pour les premiers… mais reflète parfaitement la popularité de la parodie, qui a pris sa vie propre.

(Note: Max guide, Thomas suit).

Tout dans les jambes

février 6, 2010

Nouvelle soirée réussie à l’Apollo. C’est décidément les vendredi que ça se passe. C’est peut-être loin (même avec le trajet « plus court » que j’ai trouvé au retour la semaine dernière, j’en ai encore pour 1h30 de marche), mais ça en vaut la peine.

C’est une ambiance très différente de tout ce que j’ai connu à Montréal. L’Apollo est un restaurant, et la majorité des clients ne dansent pas. Du coup, même en dansant par pur loisir, il y a un petit côté « spectacle ». Il y a aussi beaucoup moins de danseurs qu’on peut en trouver au Petit Medley, par exemple, et ceux-ci ont tendance à se regrouper autour d’une ou deux tables près du DJ. Attablés avec eux, après déjà quelques danses, on a vu une dame s’approcher « Vous l’équipe de jeunes, bravo. On vous regarde et on se régale. J’ai un fils de seize ans qui veut danser le rock. Je me disais « qu’est-ce que c’est encore, ça? », mais après ce soir, je vous promets que j’y prêterai une oreille attentive. » Ça fait plaisir à entendre. Et l’un des profs présents de se dépêcher de saisir la balle au bond et de réorienter la dame du rock au swing. C’est mieux!

À un moment, pendant que l’orchestre jouait, un couple est allé danser seul sur la piste de danse. On a spontanément suivi pour faire cercle autour d’eux, en un jam improvisé. Facile de compter alors le nombre de danseurs: huit, moi compris, quatre gars et quatre filles. Quatre couples, donc, qui se sont succédés au centre du cercle pour ensuite danser en cercle. Sans réfléchir, j’ai suivi le mouvement… et puis, j’ai réalisé: hé, c’est un Big Apple! traduction pour les non-danseurs: une chorégraphie que j’ai souvent vu, mais que je n’ai jamais appris. Alors j’ai creusé dans mes souvenirs, et suivi le mouvement comme j’ai pu… comique!

En fin de soirée, j’ai trouvé quelqu’un pour me déposer.

On était quatre dans la voiture. Extrait de la conversation:

– T’es venu à pied?

– C’est super! comme moi quand je viens à pieds: c’est la passion!

– Et comment t’as fait la semaine dernière pour rentrer chez toi?

– À pieds.

– Ça fait combien de temps?

– Euh… à peu près 1h30

– Oh, PUTAIN!

– Je vais dire comme A., c’est la passion.

– Et il est revenu! C’est ça la passion.

Très sympas, tous. Ils m’ont déposé à Saint-Éloi, du coup j’en ai eu pour moins de dix minutes de marche.

Searching for lindy

janvier 30, 2010

Hier soir, une forte dépendance m’a jeté dans les rues de Montpellier à la recherche d’Apollo, dont on m’avait dit qu’il était celui, plus que tout autre, qui serait en mesure de me procurer ce dont j’avais besoin.

Il faut savoir que l’Apollo Jazz Café, c’est loin. Sur l’Avenue de Palavas. Je pensais savoir c’était où, l’ayant croisé pour me rendre chez Dame Blanche. Mais l’Avenue de Palavas, c’est long. Et sur le chemin, y’a de quoi douter qu’on va au bon endroit. Il faut traverser un désert d’établissement, une zone résidentielle trop calme, passer devant un Red Turtle Café (où, d’après l’aspect la faune présente, doivent se jouer des concerts de hard rock – faune au demeurant assez aimable pour m’indiquer que j’étais sur le bon chemin, mais très loin encore de l’objectif). En chemin, on doute. Rien à l’horizon, m’aurait-on trompé? Le barman du Red Turtle m’aurait-il malicieusement lancé sur une fausse piste? Ai-je moi-même consulté un site internet périmé pour trouver l’adresse? En marchant sur l’avenue de Palavas, on en vient à se demander si on n’aboutira pas à Palavas-les-Flots, sur la plage, condamné à faire demi-tour gros-jean comme devant.

Mais voilà que juste avant le rond-point à la sortie de Montpellier se profile le nom recherché: Apollo. Et en plus petit, au fur et à mesure de l’avance, c’est deux autres mots qui confirme qu’on arrive au bon endroit: jazz, puis café (écrit de biais). J’entre avec un petit sentiment de doute, encore. L’affiche promet un concert jazz. Ça semble parfait, mais cela ne risque-t-il pas d’être du jazz fusion, de l’improvisation psychédélique à la manière de Miles Davis, pas du tout dansable? Je cherche contenance en me disant qu’au pire, je passerai une soirée musicale.

Mais un signe pour me rassurer m’attends à l’intérieur: il y a un cours de lindy hop pour les débutants. Pendant que je me renseigne auprès du portier (tout en payant les 10 euros de la soirée: 5 pour une carte de membre, 5 pour le tarif membre (tarif pratiqué seulement les vendredis), celui-ci doute que le West Coast Swing se pratique à Montpellier; mais entre une lindyhoppeuse qui le contredit: ça se pratique à l’occasion à l’Apollo, les soirées spécialisées en blues.

L’Apollo, c’est différent du Petit Medley. L’Apollo, c’est avant tout un grand restaurant; des repas complets, pas du casse-croûte. Avec une scène pour les concerts, une piste de danse carrée au centre. Plutôt petite d’ailleurs. Premier sentiment: moins convivial que le Petit Medley. Difficile de jaser avec les gens à leur table, difficile de différencier de prime abord les danseurs et les simples spectateurs. Autre aspect: les yeux des spectateurs se portent naturellement vers la piste de danse. Du coup, je me suis demandé si on danserait vraiment, ou si la soirée ne prendrait pas plutôt un aspect concert-et-démos-de-danse.

J’ai louvoyé entre les tables vides, au gré des petits papiers blancs portant des noms de personnes qui avaient réservés. Guettant parmi les visages si n’apparaîtrait pas par hasard celui d’un de ces danseurs montpelliérains qui s’offre à l’occasion une escapade dans la Belle Province. Pas de tête connue à l’horizon. Quand je trouve enfin une table libre, je m’y installe, par hasard à côté de la table réservée par la hoppeuse de tout à l’heure. Mais pas de jasette pour le moment, elle est en tête à tête avec quelqu’un.

J’attends, patiemment, de voir comment va tourner la soirée. Un peu avant que l’orchestre ne soit prêt, le DJ met du swing: bon signe. À un volume relativement faible: moins bon signe. Puis un couple s’aventure sur la piste de danse: bon signe. La hopeuse de la table d’à côté avec un prof. Un seul couple pour le moment. Pendant ce temps-là, quelques personnes se sont installées à ma table. Parce que c’est une des rares tables libres et que ces gens semblent connaître la hoppeuse d’à côté. Quelques-uns me serrent la mains et se présentent, sans doute intrigués par ce visage inconnus, mais il ne vont pas jusqu’à me demander qui je suis et ce que je fais ici. Jusqu’à ce qu’une dame me pose la question: « Vous ne dansez pas? » La forme de la question laisse deviner la réponse à laquelle elle s’attendait. Tandis que je la détrompe, je remarque du coin de l’oeil, tandis que l’orchestre a entamé ses premiers morceaux, des couples qui s’aventurent sur la piste de danse. On est bien là pour danser, danser pour le plaisir. Je suis prêt. Dans la conversation, j’ai appris que mon interlocutrice dansait depuis trois ans et le balboa depuis peu. Je l’invite sur le morceau suivant. Elle danse bien. Le plancher est super glissant; l’avantage, c’est que ça ouvre la porte à pas mal d’expérimentations, volontaires ou pas; le désavantage, c’est que, ayant l’habitude de planchers de bois franc, glissants, certes, mais pas trop, j’ai manqué me casser la gueule à quelques reprises. En retournant à ma place, on me manifeste un nouvel intérêt: « Hé, tu sais danser le swing? » (plus tard dans la soirée, la phrase standard pour m’aborder va pourtant changer: « Je crois avoir entendu un accent… »).

À partir de là, il reste peu à raconter. Pourtant, c’est à partir de là que commence le plus intéressant. Simplement, le plus intéressant est de ces choses qui ne se laissent pas aisément raconter, ne peuvent que se vivre. Tout au plus puis-je préciser que j’ai dansé avec à peu près tout le monde (bon, les danseuses seulement), que le monde danse bien, que j’ai été pleinement satisfait. En sortant de l’Apollo Jazz Café, mon coeur chantait des gospels: ALLELUYAH, I DANCED LINDY HOP!

En rentrant, une intuition m’a fait prendre un chemin différent, une économie de 20 à 30 minutes de marche, à vue de nez. Mais ça reste loin.