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Synchronicité incendiaire

mai 5, 2010

J’envisageais sérieusement de vous offrir le dernier épisode de la crèma. Pas là, là, mais peut-être après souper… je me suis installé dans le salon en mangeant une recette à base de pesto et d’oignons semi-brûlés, en regardant sur DVD un numéro de Rosso di Sera (littéralement: rouge le soir) quand mon coloc est survenu dans le salon en criant incendio!! J’ai pris une demi-seconde à réaliser qu’il ne me disait pas d’allumer quelque chose (le verbe encender en espagnol signifie « allumer »… la lumière, la télé, le four, etc…), puis j’ai fait un rapide détour pour fourrer mon ordinateur portable dans un sac et descendre (en oubliant de fermer la porte… je suis un homme super distrait, surtout quand je suis pris par surprise).

Je vais bien, merci.

Et mes biens sont saufs.

Le dire tout de suite coupe un peu de suspense de ce billet, mais ça évitera une crise cardiaque à ma mère, lectrice de ce blogue.

Je ne me souviens pas d’avoir suivi un incendie depuis le moment de l’alarme jusqu’à l’intervention des pompiers auparavant. J’arrive généralement après eux. Je ne peux donc pas comparer. Mais je me suis plu, en voyant arriver les pompiers à peine quelques minutes après être sorti de l’immeuble, à croire que les fallas aidaient les pompiers valenciens à être efficaces. D’ailleurs, c’était trop long pour la madame à côté de moi dans la foule qui disait à qui voulait l’entendre que c’était « une honte » que les pompiers ne soient pas arrivés plus vite. J’ai passé un moment à regarder les flammes sortir par une unique fenêtre, deux étages plus haut que mon appartement, un peu décalé à gauche de ma fenêtre. À regarder les pompiers intervenir comme dans un film pour enfants: quelques-uns qui rentrent par la porte, et deux autres en haut de l’échelle coulissante pour arroser par la fenêtre. Les flammes sont devenues une épaisse fumée blanche. Puis un peu de fumée noirâtre, très salissante à en juger par l’état de la façade autour de la fenêtre. Puis, l’inquiétude tombant (les visages des pompiers étaient décontractés, on voyait bien que l’incendie était maîtrisé et qu’on en était aux vérifications de routine), je me suis tanné (en plus, il faisait frisquet…) et je suis rentré dans le café à côté commander un café au lait et lire dans El País des histoires de volcans islandais et de terroristes pakistano-américains.

Un peu plus tard, je rentrais chez moi. On remarquait peu de différences, sinon que l’escalier était sale (les bottes des pompiers étaient passées par là) et qu’il y avait une légère odeur de brûlé dans l’air. J’ai mis la moitié restante de mon repas dans le four micro-onde. J’ai mangé. Et j’ai réinstallé mon ordinateur pour raconter mon histoire sur mon blog.

Alors, quand même, ça rappelle la question qu’on se pose des fois « s’il y a un incendie et que tu ne peux sauver qu’une chose, tu sauves quoi? ». Ben voilà: mon ordinateur (et les données qu’il contient). Le deuxième truc, celui que je me suis mordu les doigts de ne pas avoir pris (il m’aurait suffit de tendre le bras): mon disque dur portable, contenant plus d’un millier de photos d’archives essentielles à mon travail (sans compter les back-ups). Certes, ça se remplace, mais ça représente quand même beaucoup d’investissements en temps et en argent. Troisième regret, pas réaliste, celui-là: mes livres. Petite pensée aussi pour mon appareil photo, utile outil de travail. Puis les papiers officiels, en particulier mon passeport. Et là, je suis dans mon bureau, et je regarde ce qui reste et pour lequel je n’ai pas eu la plus petite pensée. Pas grand-chose en fait. Surtout des vêtements (bof), des valises (double bof), une ou deux tasses personnelles (incluant ma tasse à yerba mate), quelques DVDs. Des trucs remplaçables, ne représentant pas un travail particulier.

Quand j’étais en bas, en regardant les pompiers faire leur boulot, j’ai aussi eu un autre regret: n’avoir pas fini mon repas (ce qui est maintenant fait).

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Nouveau blogue

avril 4, 2010

Oui-oui, vous avez bien lu ce titre: j’ai un nouveau blogue. Cela ne signifie pas que j’abandonne celui-ci. C’est un deuxième blogue, un blogue temporaire, un blogue secondaire, un blogue toutefois que j’ai ressenti le besoin de créer.

Un blogue écrit en espagnol, pour être plus précis. Parce qu’entre mes rédactions (sur le blogue ou mes rédactions académiques), le temps passé sur internet, mes multiples lectures en français et en anglais, je vie en bonne partie dans une bulle non-espagnole, et que cela ralentit mes progrès dans ladite langue.

Un nouveau blogue, donc, pour créer une faille dans cette dynamique, à défaut de pouvoir m’en défaire complètement. L’idée générale étant que quand je trouve que je pense trop en français, je prends un peu de temps pour faire un billet qui m’obligera, au moins un moment, à penser en espagnol.

Je ne me suis pas trop creusé les méninges pour le titre, j’ai opté pour Perturbado temporal.

Protégé : Nouvelle cool du jour

mars 15, 2010

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Achat de livres

mars 13, 2010

Névrose bibliophile, quand tu nous tiens!

J’ai acheté mes deux premiers livres depuis que je suis en Espagne. C’est presque un baptême…

Il s’agit de Historia de la rebelión y castigo de los moriscos del Reino de Granada de Luis de Mármol Carvajal. Un auteur contemporain des événements. Je n’ai pas pu résister.

Et de La Inquisición española, de José Martínez Millán. Une des plus récentes synthèses sur le sujet. Ce livre a reposé plusieurs mois dans ma bibliothèques, mois pendant lesquels sont repos fut troublé à plusieurs reprises. Mais il m’avait en fait été prêté par un professeur à qui j’ai dû le rendre avant mon départ. Alors quand j’ai vu que l’édition de poche était sortie… forcément…

Bouclage d’une première semaine

février 18, 2010

Je suis arrivé à Valencia il y a une semaine jour pour jour. Du moment où j’écris, il  y a une semaine, heure pour heure, j’étais effondré dans mon lit à Burjassot, dormant. Un peu plus d’une heure plus tard, je me levais pour aller à La Claca, le bar où, tous les jeudis, la communauté swing de Valencia se réunit pour s’adonner à son loisir.

Une semaine et tout est allé très vite, dès ce soir là. Car j’ai été accueilli à bras ouvert ce soir là, et le lendemain je recevais un message de la prof (y’en a pas des dizaines comme à Montréal; ici tout tourne principalement autour d’un couple qui donne ses cours). Elle avait diffusé la nouvelle de mon arrivée par sa mailing liste, précisant que je cherchais un appartement à Valencia. Elle avait déjà une réponse, l’un des danseurs cherchait un quatrième coloc. Le lendemain, je recevais d’elle un autre message: une demoiselle arrivait en ville d’ici peu; si ça ne marchait pas avec le premier, je pouvais toujours chercher avec la deuxième. J’ai écris au premier, attendu en reprenant mon travail.

La fin de semaine a été mouvementée. Du swing, toujours. Samedi, l’école faisait sa fête annuelle, dans un lieu du centre-ville au milieu du dédale de petites rues, des lieux qui me paraissaient familiers du fait que je m’y étais beaucoup promené lors des dix jours de mon précédent séjour il y a deux ans, mais dont je ne me rappelais pas du tout la configuration. J’ai quand même réussi à trouver mon chemin. Une consommation et un bocadillo (disons un sandwich) inclus dans le prix d’entrée, plusieurs tortillas à disposition, c’était souper-swing! J’ai longuement poursuivi l’opération faire-connaissance, avec mon espagnol finalement plus fonctionnel que ce que mes craintes me faisaient appréhender. J’ai rencontré pour le première fois celui qui cherchait un coloc, on a convenu d’une visite le lundi suivant.

Le plancher de danse pourtant en tuiles, était très glissant, presque autant que la patinoire de l’Apollo Jazz Café. Et pour cause! on y avait répandu du talc, pour être sûr. Vieux truc, mais j’ai été pris par surprise. Là pour le coup, je suis tombé une ou deux fois, ce qui doit bien doubler ma moyenne de chute en deux ans et demi de danse! Pas de mal, rassurez-vous. Le milieu swing valencien est plein d’énergie, et la soirée comporte sa part de jeux. En fin de soirée, par exemple, chacun s’est vu remis un petit paquet de minuscules perles d’une couleur. Correspondant à son niveau. La consigne était d’échanger une billet avec chacun de ses partenaires, et de s’efforcer d’avoir un sachet multicolore. Super bonne idée. J’ai reçu la couleur orange, donc dans les hauts niveaux, mais je ne sais pas au juste quels étaient les niveaux. Il y a eu un shim sham, bien sûr, avec les variations locales. Un jam. Et… un jam d’accueil juste pour moi! Merci à eux, c’est une sacré belle surprise.

En fin de soirée, petite leçon d’un fait évident: leurs événements ne se terminent pas à l’heure dite. Ça devait finir à 1:30, mais ça a plutôt été autour de 3:15. J’ai été raccompagné à Burjassot par un autre danseur qui vivait au loin. C’était sur sa route.

Lendemain, dimanche et au programme… du swing! C’est un petit événement qu’ils font régulièrement ici, qu’ils appellent un Clandestino. Du swing en plein air, sous le pont de Calatrava (magnifique pont… comme plusieurs des ponts qui enjambent l’ancien lit du Turia). Clandestino, bien sûr, parce qu’on n’a pas de permit! Mais pas si clandestin que ça: non seulement les badauds s’arrête pour nous regarder et nous prendre en photo, mais il y a une grande bannière de Spirit of St. Louis déployée juste derrière nous!

Danser sous le pont de Calatrava

Clandestino sous le pont de Calatrava

C’était de 12h30 à 14h30. Mais… comment se fait-il alors que je suis rentré à Burjassot vers 19h00? serait-ce qu’on n’a pas terminé à l’heure dite? En fait, on a presque fini à l’heure dite. Le dépassement étant qu’on est resté pour une tard-venue… on lui a même fait un jam. Et puis on a été prendre une bière en groupe (les bières les plus distribuées en Espagne sont des bières espagnoles, San Miguel et Alhambra). Puis on s’est rendu chez l’une des danseuses, pour manger… sois-disant. Non, pas soi-disant, on a bel et bien mangé. Mais pas que… c’est qu’elle inaugurait, voyez-vous, et qu’elle a un beau grand balcon au septième étage. Le plancher légèrement en angle, ce qui procure une sensation bizarre sous les pieds; mais sinon, on peut parfaitement y danser. Ce qu’on ne s’est pas privé de faire. Avec jam inaugurale pour l’inauguratrice de terrasse. Et exercices d’acro pour quelques-uns.

Aaah, que de swing, que de swing! Et pourtant je suis en manque, parce que je n’ai pas dansé depuis. Mon lundi était celui de la visite de l’appart, chose qui s’est conclue par un accord de déménagement le mercredi suivant. Et de la rencontre de mon professeur ressource ici à Valencia. J’avais eu l’occasion de le rencontrer lors de mon précédent séjour, il est très sympatique et a une bonne connaissance des archives. Il ne m’a pas reconnu. J’ai changé depuis la dernière fois, avec mes cheveux longs et ma barbe. On s’est occupé des archives, on s’est occupé des papiers administratifs (l’un d’eux est à refaire, c’est pour demain matin). Et on s’est donné rendez-vous pour jeudi matin.

Mardi, je m’offre une journée consacrée uniquement au travail. Parce que quand même, hein, je ne suis pas venu ici pour danser! C’est juste un bonus.

Mercredi, je passe au commissariat de police pour les papiers de résidence. Il a quand même fallu que j’en fasse quatre pour trouver le bon. Pas forts sur la simplicité administrative, les Espagnols. Et j’ai un document à faire refaire, comme je l’ai dit.

Puis, le déménagement. Curieusement, j’ai l’impression d’être encore plus chargé qu’à mon arrivée. Il n’en est rien, je n’ai rien acheté, pas même un livre (d’ailleurs, je suis surpris par le nombre que j’ai amené de Montréal… me semblait que je m’étais limité?? je vais faire comment au retour quand je vais en avoir une douzaine de plus?). C’est donc en escargot (caracol) qui transporte sa maison avec lui que je me suis rendu dans ma nouvelle résidence. Un transfert de métro, deux fois quinze minutes de marche (avant et après le métro) plus dix minutes de marche dans le métro même, le tout triplé par le poids des bagages. Pas vite vite. En arrivant, ils pensaient qu’on s’était mal entendu sur mon heure d’arrivée… nonon, j’ai juste sous-estimé le poids de mes bagages. Remarquez, la précédente locataire, qui part au moment où j’arrive, est pire que moi. Cette Ukrainienne, qui parle un mauvais anglais et un mauvais espagnol, compensant le tout par beaucoup d’expressivité et des « kapuuut! » retentissant, s’avoue girly et stéréotypée… et en effet. Je pensais que l’entrée passait par une sorte d’entrepôt. En fait, en temps normal, l’endroit est vide. Mais là, il y avait ses bagages, environ deux ou trois valises, plus un paquet contenant des partitions (elle est violoniste) qui doit faire la taille de ma plus grosse valise en deux fois plus pesant, un ou deux paquets de la même taille, mais contenant autre chose, plus deux ou trois paquets plus modestes. Un entrepôt, je vous dis! Elle a appelé un taxi, je crois, pour son déménagement, mais je ne sais pas 1) comment elle a fait pour descendre tout ça et 2) comment elle a fait pour tout caser ça dans un seul taxi.Ça s’est passé pendant que je m’installait, et le mystère reste encore entier. J’étais moi-même épuisé, et après avoir écouté la télé avec les colocs (une émission qui s’appelait quelque chose comme « Mira quién baila », adaptation espagnole de l’émission américaine « Dancing with the stars »).

Ce matin, première incursion dans les archives du Patriarche, San Juan de Ribera. Dans un vieux bâtiment. Les pièces contenant les archives elles-mêmes et les pièces de travail, ô surprise, sont assez conforme au stéréotype des archives (toiles d’araignées en moins): des pièces assez petites avec des étagères partout, recouvertes de livres anciens. J’ai eu l’impression d’entrer, non sans une pièce, mais dans une bande dessinée. Quelques temps plus tard, j’avais le nez dans mes documents. Les documents très vivants recopiés par Boronat, racontant toutes sortes d’aventures rocambolesques en lien avec l’Inquisition; et ceux, beaucoup plus arides, des rectorías de moriscos, les paroisses, surtout leur financement. Pendant ce temps-là, une équipe qui travaille avec mon prof-ressource s’occupent de numériser un certain nombre de documents. Leur équipement de photo numérique est assez impressionnant. Je vais avoir l’air niaiseux quand je vais trouver les documents que je veux conserver et sortir mon petit appareil, mais bon, il fera parfaitement la job, c’est ça qui compte.

Retour à l’appart. Arrêt à la librairie, histoire de voir ce qui se vend de bon en termes de livres dans le coin. Non, j’ai rien acheté. Pas encore. Mais j’ai été tenté.

Puis, première épicerie. Bonne pratique pour l’espagnol de tous les jours, ça, faire son marché. J’ai appris pas mal de mots.

Puis sieste, puis repas, puis ordi.

J’achève l’écriture de ce billet. Il y a une semaine, heure pour heure, je me réveillait dans une chambre à Burjassot et je me préparais à aller swinguer à La Claca. Devinez ce que je vais faire, là?

Protégé : Chronique d’une arrivée

février 11, 2010

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Un quotidien de transition

février 8, 2010

Je vis à Montpellier un quotidien de transition. Un quotidien pour pas longtemps, quelque contradictoire que ça puisse paraître. Peu de grandes tranches de vie à raconter, donc: il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que s’installe une routine. Ce n’est pas triste, c’est salutaire. Je ne suis pas parti en voyage pour de grandes aventures, mais pour un motif bien pragmatique, celui des études. Et une routine me fait rédiger, je ne demande pas mieux alors que j’ai un article à remettre en mars.

Depuis que Petite Amande m’héberge, donc, s’est installé une certaine routine. Je suis plus longuement chez elle qu’elle-même, car si elle sors pour travailler, moi je reste pour travailler. Je pianote mon clavier le jour durant, alignant les lignes en paragraphes, regroupant les informations disséminées depuis presque deux ans dans mon bloc-note OneNote.

On mange ensemble, sauf pour le déjeuner (le petit déjeuner) puisque je me lève plus tard qu’elle. On regarde aussi des vidéos ensemble, surtout le soir. J’ai partagé avec elle le DVD de Rosso di Serra, l’un des deux spectacles de fin d’année 2009 de l’ENC (celui où il y a Tite-soeur); on garde Scène de Crime pour plus tard. On regarde surtout les épisodes de Pushing Daisies, une série aux accents burtonniens dans sa réalisation. On l’a fini hier, on vient de commencer Carnivale, qui sera forcément au mieux frustrante puisqu’elle n’a jamais été terminée.

Et de temps à autres, je sors en journée, je vais à la fac rencontrer celui qu’il y a longtemps j’ai pseudommé l’Homme Crypté, mon directeur de thèse, auquel je pense que je devrais peut-être trouver un autre pseudo.

Et de temps à autres, je sors à l’Apollo. Ou ailleurs. Pour danser.

Et de temps à autres, je sors voir des vieux amis du temps de mon premier séjour.

Pas de doute, c’est une routine plaisante.

Peu de ruptures.

La principale concerne le lit d’invité, le mien, donc. Il se trouve qu’il a un défaut. Lequel choisi de ne se révéler que quand ça lui chante. Les lattes sur lesquelles est posé le matelas sont trop courtes: si elles bougent, elles perdent appui sur l’un des côté du lit, et, par conséquent, elles tombent. Dormir sur un tel lit, lorsque son défaut choisit de se révéler, demande des précautions qu’un distrait comme moi prend rarement. Aussi ai-je passé plusieurs heures à imaginer une réparation de fortune: des feuilles de papier, roulées serrées et scotchées ensemble pour plus de solidité, calent désormais les deux côtés du lit. Les lattes restent donc bien en équilibre.

Mais c’est sans doute difficile à visualiser, comme ça.

Du blues, mais presque pas de danse

février 2, 2010

La soirée du mardi à l’Apollo, où on m’avait dit que je pourrais peut-être danser le West Coast Swing, n’a pas tenu ses promesses. Les musiciens étaient bons, on a entendu beaucoup de bon blues, sur une large palette allant du quasi-rock au blues langoureux, en passant par un blues parfait pour le WCS… si seulement il y avait eu des danseuses pour le danser.

Car deux couples de danseurs seulement étaient sur place, dont un seul connaissait des rudiments west coast… appris lors d’un atelier il y a trois ans. J’ai quand même dansé une danse avec la dame, puis un lindy avec la même.

Informations prises, c’est toujours comme ça le mardi.

Les soirées intéressantes seraient plutôt le jeudi et le vendredi… le mercredi pour les amateurs de salsa.

PS: je sais, je poste peu en ce moment. Mais en contrepartie, je bosse!

Searching for lindy

janvier 30, 2010

Hier soir, une forte dépendance m’a jeté dans les rues de Montpellier à la recherche d’Apollo, dont on m’avait dit qu’il était celui, plus que tout autre, qui serait en mesure de me procurer ce dont j’avais besoin.

Il faut savoir que l’Apollo Jazz Café, c’est loin. Sur l’Avenue de Palavas. Je pensais savoir c’était où, l’ayant croisé pour me rendre chez Dame Blanche. Mais l’Avenue de Palavas, c’est long. Et sur le chemin, y’a de quoi douter qu’on va au bon endroit. Il faut traverser un désert d’établissement, une zone résidentielle trop calme, passer devant un Red Turtle Café (où, d’après l’aspect la faune présente, doivent se jouer des concerts de hard rock – faune au demeurant assez aimable pour m’indiquer que j’étais sur le bon chemin, mais très loin encore de l’objectif). En chemin, on doute. Rien à l’horizon, m’aurait-on trompé? Le barman du Red Turtle m’aurait-il malicieusement lancé sur une fausse piste? Ai-je moi-même consulté un site internet périmé pour trouver l’adresse? En marchant sur l’avenue de Palavas, on en vient à se demander si on n’aboutira pas à Palavas-les-Flots, sur la plage, condamné à faire demi-tour gros-jean comme devant.

Mais voilà que juste avant le rond-point à la sortie de Montpellier se profile le nom recherché: Apollo. Et en plus petit, au fur et à mesure de l’avance, c’est deux autres mots qui confirme qu’on arrive au bon endroit: jazz, puis café (écrit de biais). J’entre avec un petit sentiment de doute, encore. L’affiche promet un concert jazz. Ça semble parfait, mais cela ne risque-t-il pas d’être du jazz fusion, de l’improvisation psychédélique à la manière de Miles Davis, pas du tout dansable? Je cherche contenance en me disant qu’au pire, je passerai une soirée musicale.

Mais un signe pour me rassurer m’attends à l’intérieur: il y a un cours de lindy hop pour les débutants. Pendant que je me renseigne auprès du portier (tout en payant les 10 euros de la soirée: 5 pour une carte de membre, 5 pour le tarif membre (tarif pratiqué seulement les vendredis), celui-ci doute que le West Coast Swing se pratique à Montpellier; mais entre une lindyhoppeuse qui le contredit: ça se pratique à l’occasion à l’Apollo, les soirées spécialisées en blues.

L’Apollo, c’est différent du Petit Medley. L’Apollo, c’est avant tout un grand restaurant; des repas complets, pas du casse-croûte. Avec une scène pour les concerts, une piste de danse carrée au centre. Plutôt petite d’ailleurs. Premier sentiment: moins convivial que le Petit Medley. Difficile de jaser avec les gens à leur table, difficile de différencier de prime abord les danseurs et les simples spectateurs. Autre aspect: les yeux des spectateurs se portent naturellement vers la piste de danse. Du coup, je me suis demandé si on danserait vraiment, ou si la soirée ne prendrait pas plutôt un aspect concert-et-démos-de-danse.

J’ai louvoyé entre les tables vides, au gré des petits papiers blancs portant des noms de personnes qui avaient réservés. Guettant parmi les visages si n’apparaîtrait pas par hasard celui d’un de ces danseurs montpelliérains qui s’offre à l’occasion une escapade dans la Belle Province. Pas de tête connue à l’horizon. Quand je trouve enfin une table libre, je m’y installe, par hasard à côté de la table réservée par la hoppeuse de tout à l’heure. Mais pas de jasette pour le moment, elle est en tête à tête avec quelqu’un.

J’attends, patiemment, de voir comment va tourner la soirée. Un peu avant que l’orchestre ne soit prêt, le DJ met du swing: bon signe. À un volume relativement faible: moins bon signe. Puis un couple s’aventure sur la piste de danse: bon signe. La hopeuse de la table d’à côté avec un prof. Un seul couple pour le moment. Pendant ce temps-là, quelques personnes se sont installées à ma table. Parce que c’est une des rares tables libres et que ces gens semblent connaître la hoppeuse d’à côté. Quelques-uns me serrent la mains et se présentent, sans doute intrigués par ce visage inconnus, mais il ne vont pas jusqu’à me demander qui je suis et ce que je fais ici. Jusqu’à ce qu’une dame me pose la question: « Vous ne dansez pas? » La forme de la question laisse deviner la réponse à laquelle elle s’attendait. Tandis que je la détrompe, je remarque du coin de l’oeil, tandis que l’orchestre a entamé ses premiers morceaux, des couples qui s’aventurent sur la piste de danse. On est bien là pour danser, danser pour le plaisir. Je suis prêt. Dans la conversation, j’ai appris que mon interlocutrice dansait depuis trois ans et le balboa depuis peu. Je l’invite sur le morceau suivant. Elle danse bien. Le plancher est super glissant; l’avantage, c’est que ça ouvre la porte à pas mal d’expérimentations, volontaires ou pas; le désavantage, c’est que, ayant l’habitude de planchers de bois franc, glissants, certes, mais pas trop, j’ai manqué me casser la gueule à quelques reprises. En retournant à ma place, on me manifeste un nouvel intérêt: « Hé, tu sais danser le swing? » (plus tard dans la soirée, la phrase standard pour m’aborder va pourtant changer: « Je crois avoir entendu un accent… »).

À partir de là, il reste peu à raconter. Pourtant, c’est à partir de là que commence le plus intéressant. Simplement, le plus intéressant est de ces choses qui ne se laissent pas aisément raconter, ne peuvent que se vivre. Tout au plus puis-je préciser que j’ai dansé avec à peu près tout le monde (bon, les danseuses seulement), que le monde danse bien, que j’ai été pleinement satisfait. En sortant de l’Apollo Jazz Café, mon coeur chantait des gospels: ALLELUYAH, I DANCED LINDY HOP!

En rentrant, une intuition m’a fait prendre un chemin différent, une économie de 20 à 30 minutes de marche, à vue de nez. Mais ça reste loin.

Départ…

janvier 24, 2010

Peu de mots aujourd’hui. Les départs ont leur temps bien à eux.

Au revoir à ceux que je laisse. À bientôt à ceux que je vais retrouver.