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Swing trilingue

mai 13, 2010

Mais surtout francophone: Montpellier, c’est quand même la France! N’empêche que ce soir, il y avait deux Valenciens, un Valencien d’adoption, quelques Québécois, et quelques Américains. Il est 3h30 et je ne vais pas faire un long billet, d’autant que le festival de Montpellier ne fait que commencer, mais ce fut une très chouette soirée, au cours de laquelle j’ai constaté qu’on ne perds pas facilement le réflexe de dire « gracias » à la fin d’une danse.

Mis à part ce détail et quelques autres, je l’ai déjà dit et je le répète: le swing, c’est une langue, et tout le monde parlait la même ce soir à l’Apollo.

Un quotidien de transition

février 8, 2010

Je vis à Montpellier un quotidien de transition. Un quotidien pour pas longtemps, quelque contradictoire que ça puisse paraître. Peu de grandes tranches de vie à raconter, donc: il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que s’installe une routine. Ce n’est pas triste, c’est salutaire. Je ne suis pas parti en voyage pour de grandes aventures, mais pour un motif bien pragmatique, celui des études. Et une routine me fait rédiger, je ne demande pas mieux alors que j’ai un article à remettre en mars.

Depuis que Petite Amande m’héberge, donc, s’est installé une certaine routine. Je suis plus longuement chez elle qu’elle-même, car si elle sors pour travailler, moi je reste pour travailler. Je pianote mon clavier le jour durant, alignant les lignes en paragraphes, regroupant les informations disséminées depuis presque deux ans dans mon bloc-note OneNote.

On mange ensemble, sauf pour le déjeuner (le petit déjeuner) puisque je me lève plus tard qu’elle. On regarde aussi des vidéos ensemble, surtout le soir. J’ai partagé avec elle le DVD de Rosso di Serra, l’un des deux spectacles de fin d’année 2009 de l’ENC (celui où il y a Tite-soeur); on garde Scène de Crime pour plus tard. On regarde surtout les épisodes de Pushing Daisies, une série aux accents burtonniens dans sa réalisation. On l’a fini hier, on vient de commencer Carnivale, qui sera forcément au mieux frustrante puisqu’elle n’a jamais été terminée.

Et de temps à autres, je sors en journée, je vais à la fac rencontrer celui qu’il y a longtemps j’ai pseudommé l’Homme Crypté, mon directeur de thèse, auquel je pense que je devrais peut-être trouver un autre pseudo.

Et de temps à autres, je sors à l’Apollo. Ou ailleurs. Pour danser.

Et de temps à autres, je sors voir des vieux amis du temps de mon premier séjour.

Pas de doute, c’est une routine plaisante.

Peu de ruptures.

La principale concerne le lit d’invité, le mien, donc. Il se trouve qu’il a un défaut. Lequel choisi de ne se révéler que quand ça lui chante. Les lattes sur lesquelles est posé le matelas sont trop courtes: si elles bougent, elles perdent appui sur l’un des côté du lit, et, par conséquent, elles tombent. Dormir sur un tel lit, lorsque son défaut choisit de se révéler, demande des précautions qu’un distrait comme moi prend rarement. Aussi ai-je passé plusieurs heures à imaginer une réparation de fortune: des feuilles de papier, roulées serrées et scotchées ensemble pour plus de solidité, calent désormais les deux côtés du lit. Les lattes restent donc bien en équilibre.

Mais c’est sans doute difficile à visualiser, comme ça.

Du blues, mais presque pas de danse

février 2, 2010

La soirée du mardi à l’Apollo, où on m’avait dit que je pourrais peut-être danser le West Coast Swing, n’a pas tenu ses promesses. Les musiciens étaient bons, on a entendu beaucoup de bon blues, sur une large palette allant du quasi-rock au blues langoureux, en passant par un blues parfait pour le WCS… si seulement il y avait eu des danseuses pour le danser.

Car deux couples de danseurs seulement étaient sur place, dont un seul connaissait des rudiments west coast… appris lors d’un atelier il y a trois ans. J’ai quand même dansé une danse avec la dame, puis un lindy avec la même.

Informations prises, c’est toujours comme ça le mardi.

Les soirées intéressantes seraient plutôt le jeudi et le vendredi… le mercredi pour les amateurs de salsa.

PS: je sais, je poste peu en ce moment. Mais en contrepartie, je bosse!

Searching for lindy

janvier 30, 2010

Hier soir, une forte dépendance m’a jeté dans les rues de Montpellier à la recherche d’Apollo, dont on m’avait dit qu’il était celui, plus que tout autre, qui serait en mesure de me procurer ce dont j’avais besoin.

Il faut savoir que l’Apollo Jazz Café, c’est loin. Sur l’Avenue de Palavas. Je pensais savoir c’était où, l’ayant croisé pour me rendre chez Dame Blanche. Mais l’Avenue de Palavas, c’est long. Et sur le chemin, y’a de quoi douter qu’on va au bon endroit. Il faut traverser un désert d’établissement, une zone résidentielle trop calme, passer devant un Red Turtle Café (où, d’après l’aspect la faune présente, doivent se jouer des concerts de hard rock – faune au demeurant assez aimable pour m’indiquer que j’étais sur le bon chemin, mais très loin encore de l’objectif). En chemin, on doute. Rien à l’horizon, m’aurait-on trompé? Le barman du Red Turtle m’aurait-il malicieusement lancé sur une fausse piste? Ai-je moi-même consulté un site internet périmé pour trouver l’adresse? En marchant sur l’avenue de Palavas, on en vient à se demander si on n’aboutira pas à Palavas-les-Flots, sur la plage, condamné à faire demi-tour gros-jean comme devant.

Mais voilà que juste avant le rond-point à la sortie de Montpellier se profile le nom recherché: Apollo. Et en plus petit, au fur et à mesure de l’avance, c’est deux autres mots qui confirme qu’on arrive au bon endroit: jazz, puis café (écrit de biais). J’entre avec un petit sentiment de doute, encore. L’affiche promet un concert jazz. Ça semble parfait, mais cela ne risque-t-il pas d’être du jazz fusion, de l’improvisation psychédélique à la manière de Miles Davis, pas du tout dansable? Je cherche contenance en me disant qu’au pire, je passerai une soirée musicale.

Mais un signe pour me rassurer m’attends à l’intérieur: il y a un cours de lindy hop pour les débutants. Pendant que je me renseigne auprès du portier (tout en payant les 10 euros de la soirée: 5 pour une carte de membre, 5 pour le tarif membre (tarif pratiqué seulement les vendredis), celui-ci doute que le West Coast Swing se pratique à Montpellier; mais entre une lindyhoppeuse qui le contredit: ça se pratique à l’occasion à l’Apollo, les soirées spécialisées en blues.

L’Apollo, c’est différent du Petit Medley. L’Apollo, c’est avant tout un grand restaurant; des repas complets, pas du casse-croûte. Avec une scène pour les concerts, une piste de danse carrée au centre. Plutôt petite d’ailleurs. Premier sentiment: moins convivial que le Petit Medley. Difficile de jaser avec les gens à leur table, difficile de différencier de prime abord les danseurs et les simples spectateurs. Autre aspect: les yeux des spectateurs se portent naturellement vers la piste de danse. Du coup, je me suis demandé si on danserait vraiment, ou si la soirée ne prendrait pas plutôt un aspect concert-et-démos-de-danse.

J’ai louvoyé entre les tables vides, au gré des petits papiers blancs portant des noms de personnes qui avaient réservés. Guettant parmi les visages si n’apparaîtrait pas par hasard celui d’un de ces danseurs montpelliérains qui s’offre à l’occasion une escapade dans la Belle Province. Pas de tête connue à l’horizon. Quand je trouve enfin une table libre, je m’y installe, par hasard à côté de la table réservée par la hoppeuse de tout à l’heure. Mais pas de jasette pour le moment, elle est en tête à tête avec quelqu’un.

J’attends, patiemment, de voir comment va tourner la soirée. Un peu avant que l’orchestre ne soit prêt, le DJ met du swing: bon signe. À un volume relativement faible: moins bon signe. Puis un couple s’aventure sur la piste de danse: bon signe. La hopeuse de la table d’à côté avec un prof. Un seul couple pour le moment. Pendant ce temps-là, quelques personnes se sont installées à ma table. Parce que c’est une des rares tables libres et que ces gens semblent connaître la hoppeuse d’à côté. Quelques-uns me serrent la mains et se présentent, sans doute intrigués par ce visage inconnus, mais il ne vont pas jusqu’à me demander qui je suis et ce que je fais ici. Jusqu’à ce qu’une dame me pose la question: « Vous ne dansez pas? » La forme de la question laisse deviner la réponse à laquelle elle s’attendait. Tandis que je la détrompe, je remarque du coin de l’oeil, tandis que l’orchestre a entamé ses premiers morceaux, des couples qui s’aventurent sur la piste de danse. On est bien là pour danser, danser pour le plaisir. Je suis prêt. Dans la conversation, j’ai appris que mon interlocutrice dansait depuis trois ans et le balboa depuis peu. Je l’invite sur le morceau suivant. Elle danse bien. Le plancher est super glissant; l’avantage, c’est que ça ouvre la porte à pas mal d’expérimentations, volontaires ou pas; le désavantage, c’est que, ayant l’habitude de planchers de bois franc, glissants, certes, mais pas trop, j’ai manqué me casser la gueule à quelques reprises. En retournant à ma place, on me manifeste un nouvel intérêt: « Hé, tu sais danser le swing? » (plus tard dans la soirée, la phrase standard pour m’aborder va pourtant changer: « Je crois avoir entendu un accent… »).

À partir de là, il reste peu à raconter. Pourtant, c’est à partir de là que commence le plus intéressant. Simplement, le plus intéressant est de ces choses qui ne se laissent pas aisément raconter, ne peuvent que se vivre. Tout au plus puis-je préciser que j’ai dansé avec à peu près tout le monde (bon, les danseuses seulement), que le monde danse bien, que j’ai été pleinement satisfait. En sortant de l’Apollo Jazz Café, mon coeur chantait des gospels: ALLELUYAH, I DANCED LINDY HOP!

En rentrant, une intuition m’a fait prendre un chemin différent, une économie de 20 à 30 minutes de marche, à vue de nez. Mais ça reste loin.

L’art de ne pas voir Paris

janvier 29, 2010

Prendre l’avion à 20:00 à Montréal pour Paris.

Arriver à 8:30, heure locale, à Charles-de-Gaulle.

Passer les douanes (me semblait que c’était plus long???)

Demander le chemin de la gare de Lyon. Se faire répondre de prendre le métro.

Se diriger vers le métro.

Attendre, parce que l’entrée du métro est bloquée en raison d’une alerte à la bombe (option: ne pas remarquer que le policier et les deux soldats à l’entrée sont là pour vous empêcher de passer, et se faire apostropher en passant entre eux).

Pour passer le temps, se demander lequel des trois (le policier et les deux soldats) inspire le plus confiance (ou pas). Attention: exercice difficile.

Une fois entré dans le métro, se contorsionner et faire des prouesses techniques pour faire passer ses énormes bagages dans une entrée aussi exiguë.

Demander son chemin.

Constater que le métro de Paris est un dédale. Se demander où se trouve le Minotaure.

Trouver la gare de Lyon.

Se perdre dans la gare de Lyon (mais pas trop).

Acheter un billet de TGV pour Montpellier, de préférence le plus vite possible et le moins cher possible. (Option: se faire mal comprendre du gars au guichet, qui vous fait obligeamment économiser 10 euros, mais pour attendre deux heures de plus).

Chercher une place assise pour pouvoir poser ses bagages et souffler une seconde.

Constater qu’à la gare de Lyon, les places assises sont toutes exposées aux courants d’air. (Option: avoir fait le voyage un jour où il fait plus froid à Paris qu’à Montréal).

Cogner des clous sur place. Tenter de ne pas s’endormir pour pouvoir 1) ne pas passer tout droit 2) surveiller les voleurs qui, à en croire les messages diffusés sur place, sont monnaie courante à la gare de Lyon

Se lever à l’occasion pour faire des promenades pour se garder en éveil (bien sûr avec tous ses bagages).

Trouver une machine à café et commander un cappuccino (note: le nom est usurpé et le café est dégueux). Le boire à la recherche des effets de la caféine (durée: 15 minutes à tout casser).

Retourner à sa place assise et recommencer plusieurs fois le cycle, selon les besoins. (Option à insérer une fois dans le cycle: appeler une amie à Montpellier sous prétexte de prévenir de l’heure de son arrivée, mais en réalité parce que la conversation garde éveillé).

Embarquer finalement dans le train vers Montpellier et Perpignan. (Option durant le voyage: discuter avec le petit vieux comique qui s’en va à Nîmes).

Cogner des clous dans le train (mais là, on peut se laisser aller – option: le faire en s’appuyant sur la tablette devant soi et avoir une marque rouge sur le front au réveil – avertissement: le sommeil n’est jamais long dans un train, 2e classe).

Débarquer du train à Montpellier avec 20 minutes de retard.

Se rendre chez son amie pour poser ses bagages (option déraisonnable mais agréable: discuter longuement).

Aller prendre le tram pour l’auberge de jeunesse (avant minuit, parce que l’accueil ferme après cette heure).

– Alors, Paris? C’est beau?

– Bof. L’aéroport, c’est un aéroport. Le métro, c’est laid. Dans la gare, on peut voir des combats de pigeons barbares, des touristes, des clodos et des employés de la SNCF.

– Et la culture?

– Ah, oui, grande ville culturelle: il y a au moins deux librairies de gare EN PLUS de la librairie Relay.


Si les villes étaient des femmes…

janvier 20, 2010

Montréal serait l’amour de ma vie.

Montpellier serait la complice de mes infidélités.

Valencia serait une aventure d’antant qui a nourrit de nombreux fantasmes, devenue lointaine et désirable. Je vais bientôt la retrouver.