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La nouveauté et la danse

octobre 23, 2010

Danser, c’est presque toujours le fun. Quand je dis « presque », c’est qu’il faut laisser un espace pour les exceptions, mais très, très petit.

Mais c’est dans la nouveauté que c’est le mieux. La nouveauté stimule, la nouveauté rend créatif, la nouveauté grise, enivre.

En partant de Montréal, j’ai connu les milieux swing de Montpellier, Valencia, Madrid et Lisbonne. J’ai connu à chaque fois un high qui s’est étalé sur quelques semaines. Enfin, quand j’y restait assez longtemps pour que ça dure des semaines (je ne suis resté que deux jours et demi à Lisbonne).

Il y a des avantages à danser avec les mêmes personnes souvent. On apprend à se connaître. On connaît les tics de l’autre. On connaît aussi ses goûts. On peut savoir si la demoiselle préfère qu’on lui laisse ses temps de liberté pour faire son show, si elle préfère des enchaînements rapides, si elle aime tourner (ou pas), si elle a envie de pratiquer tel ou tel pas. Il y a la contrepartie, aussi: la créations de patterns, d’enchaînements automatiques, de répétition.

La nouveauté a l’art de briser les patterns. On ne sait rien l’un de l’autre, on essaie tout, on teste tout. Tout d’un coup, en dansant, me reviennent en mémoire tous les mouvements de mon répertoire, tous ceux que j’ai oubliés dans la routine. Ceux que j’ai appris dans mes premiers cours et oublié, ceux que j’ai vue une fois dans un atelier et presque jamais pratiqués, ceux que je fais juste une fois de temps en temps, remontent tout d’un coup vers la conscience, presque à égalité avec ceux que je fais tout le temps. Et bien sûr, il y a mon préféré, le Grand N’Importe Quoi. Je pourrais lui consacrer tout un billet. Rien de tel pour découvrir une connexion que de faire n’importe quoi et de voir ce qui se produit. Les plus belles surprises viennent de là.

La nouveauté peut s’insérer dans le quotidien. Je me souviens d’un soir qui à bien des égards était un soir comme les autres au Petit Medley. Fun. Mais il y avait aussi un nouveau visage, une fille du New Jersey qui dansait et qui venait s’amuser. Ce n’était pas une de ces grandes vedettes qu’on voit assez régulièrement passer à Montréal, invitée par un des studios de danse pour des workshops spéciaux, ou juste pour rendre visite aux autres, les amis du circuits international basés à Montréal. C’était une fille ordinaire, mais bonne danseuse, de passage à Montréal, qui retrouvait son loisir préféré pour la soirée. Elle aussi était grisée de nouveauté: elle acceptait toutes les invitations, elle invitait elle-même tout le monde. Et elle offrait sa nouveauté à ses partenaires: nouveau visage, nouvelle connexion.

Mais il n’y a pas de nouveauté aussi radicale que changer de ville. Non seulement tous les visages sont-ils nouveaux, mais encore le style commun à tous est-il nouveau. L’accent de la danse a des parfums d’exotisme. C’est comme un voyage Montréal-Marseille: on parle toujours la même langue, mais les accents et les expressions changent. Dans une nouvelle ville, on découvre l’accent mis sur différents mouvements, commun à tous. Une démarche plus tendue par là, plus souple ici, un jazzstep toujours amené au même endroit, un mouvement plus populaire qu’un autre. « Ah, tiens, ici ils préfèrent faire les swing-out comme ça ». C’est la même danse, mais chaque ville la déguste à sa sauce. Et on a ce sentiment d’être un nouvel ingrédient, celui dont tout le monde cherche la saveur particulière.

Dans une nouvelle ville, non seulement tout le répertoire revient à la mémoire, mais on est aussi mis en contact avec le répertoire le plus pratiqué sur place. Souvent, ce sont des mouvements simples, mais à la mode ici et pas ailleurs. Pour quelqu’un qui a l’habitude, ça s’apprend très vite, parfois sans même à avoir à demander d’explications à personne. On observe et on apprend. On mélange le tout à son style personnel.

La nouveauté peut aussi se provoquer. Il y a les événements pour ça. Qu’on aille à l’étranger pour un événement ou qu’on vive dans la ville hôte, l’événement est l’occasion des nouvelles rencontres, des grands mélanges. Quand on cours les événements, on retrouve des gens rencontrés aux précédents, mais longtemps avant: des retrouvailles aux allures de premières fois. Même local, sans ajouts international, l’événement peut produire des effets semblables, seulement par le message qu’il envoie aux danseurs: ce soir, ce n’est pas comme d’habitude, ce soir, c’est spécial; lancez-vous à fond!

Parfois, il n’y a pas d’événement. Mais c’est tout comme, pour une personne. Ce soir, c’est spécial. On ne sait pas pourquoi. Parfois même le principal intéressé ne sait pas pourquoi. Mais ce soir, ce n’est pas comme les autres. Je regardais un gars de Madrid danser, mercredi dernier, comme jamais je ne l’ai vu danser. Il était en feu! Ce soir-là, il vivait comme son petit événement, et il dansait en dehors des habitudes qu’il avait prises.

Parfois, cela s’imite. Ça demande un sacrifice. Trois semaines, un mois sans danser. Et au retour, ça paraît nouveau.

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Bai Hao Yin Zhen

octobre 19, 2008

J’ai la chance d’habiter juste à côté du marché Jean-Talon. Et l’amateur de thé que je suis ne peut que se réjouir de la présence dans la couronne autour du susdit marché d’une boutique du Camellia Sinensis.

J’ai découvert le thé au cégep, en fréquentant sur la rue Émery, pas très loin du cégep du Vieux-Montréal, un salon de thé nommé d’après le nom latin du thé (pour les amis montpelliérains, l’ambiance ressemble pas mal à celle de l’Enchanthé). À l’époque, les salons de thé n’étaient pas encore très à la mode. Les propriétaires s’étaient donné la mission de faire la promotion du thé, le vrai, celui qu’on ne consomme pas en sachets. Mission accomplie, puisque (ironie du succès) une concurrence de qualité s’est épanouie avec le temps. Depuis, les propriétaire du Camellia ont ouvert deux boutiques pour vendre leur thé, l’une sur la rue Émery, l’autre à côté du marché Jean-Talon. C’est là que je me fourni en thé.

J’ai une préférence pour le thé vert et, à l’occasion, le thé oolong. Les thés aromatisés sont une belle expérience, mais j’ai un petit côté puriste aussi qui aime goûté directement le thé, sans artifice (et donc, pas de sucre ni de lait, évidemment). Éventuellement, un thé fumé change agréablement. Et parlant changement, j’essaie périodiquement des nouveautés, histoire de garder l’esprit ouvert.

Le thé blanc ne m’a jamais particulièrement attiré. Mais il y a une semaine, j’ai tenté le coup. Je me suis procuré, sur les conseils du vendeur du Camellia, un Bai Hao Yin Zhen, le meilleur des deux choix proposés pour « vivre l’expérience du thé blanc ». Je suis en train de devenir fan.

Il sent bon. J’aime simplement ouvrir le sac hermétique pour en respirer les arômes. C’est subtil. Ça sent la fraîcheur. Ça donne l’eau à la bouche. Ce thé, je préfère ne pas le prendre le matin. Quand je suis en processus de réveil je ne suis pas en état de l’apprécier. Je préfère ne pas le prendre non plus en travaillant. Trop distrait quand je travaille.

Je préfère prendre un moment pour ne rien faire d’autre que le goûter.