Posts Tagged ‘qualité de vie’

De la paella au vermouth

mars 7, 2010

Je vous écrit en état d’ébriété. Vous vous en doutez sûrement, c’est parce que j’ai un peu forcé sur le second terme de mon titre. Si j’avais été raisonnable, je serais parti tôt hier et me serait couché à une heure décente, me serait levé à une heure convenable ce matin et aurait pris ma journée pour terminer ce que j’avais à faire il y a quatre ou cinq cents ans (note: vous aurez tous remarqué la figure de style. En vérité, personne ne m’a rien demandé il y a quatre siècles, encore moins il y a cinq). Mais comme je ne suis pas raisonnable, je suis allé à la CA Revolta hier pour la fête mensuelle de Spirit of Saint-Louis, ait suivit le plus grand nombre jusqu’au Frankeinstein juste après et suis rentré chez moi passé 4 heures du matin (tout en en profitant pour avoir ma première discussion politique depuis que je suis en Espagne). Puis, ce matin, j’ai dormi jusqu’à pas d’heure et je me suis parti de chez moi juste à temps pour arriver au Clandestino pour la dernière demi-heure de danse, mon premier Clandestino pluvieux (mais ça va, on danse sous le pont, qui nous protège par conséquent des gouttes de pluie. Et puis j’ai suivi le groupe dans le café le plus proche pour une bière. Et puis j’ai suivi le groupe (et mes impulsions de gourmands) à la recherche d’une paella dans El Carmen (le quartier festif de Valencia).

Mais il se trouve que nous sommes dans la période des Falles. Pendant les Falles, il ne faut pas s’y prendre trop tard pour se trouver une paella. Passé 14h00, ça devient presque introuvable: le stock des restaurants pour la journée est déjà en processus de digestion dans les estomacs des fêtards et des touristes. Nous nous sommes donc retrouvés plutôt au Pilar, institution gastronomique valencienne, spécialisée dans les tapas, et surtout les moules, depuis plus de 80 années (c’est ce que disent les articles placardés sur les murs). Le Pilar produit son propre vermouth, « casero ». Comme je ne comprenais pas « casero », on me l’a traduit: « homemade ». Et qu’0n le sache! le serveur est très rapide à remplir le verre lorsqu’il est presque vide. On n’a souvent pas besoin de le demander. En même temps, on s’est pris toute une sélection de tapas: moules, pepitos, tentacules de calmars frites, et un autre truc dont je ne me rappelle pas le nom. Abondant.

Pour un peu plus de 15 euros, après je ne sais combien de verres de vermouths.

Je vais faire une sieste, puis travailler.

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Le métro de Valencia

mars 2, 2010

Les métros, bien sûr, ne sont pas des attractions touristiques. Néanmoins, j’ai toujours comparé avec curiosité les métros (et tramways) des villes que je visite. Curieusement, peut-être, il me semble qu’ils en disent long sur la qualité de vie dans une ville. C’est que le métro est encore le moyen de transport en commun le plus efficace et le plus rapide, celui qui réduit les distances dans une ville, permet d’accéder rapidement au point A ou au point B. Bien sûr, ce n’est pas un facteur déterminant. Mais c’en est un. Et puis, c’est fascinant de voir comment un moyen de transport, a priori si standardisé, peut revêtir des aspects différents ici ou là.

Le métro de Montréal se situe dans la moyenne, peut-être un peu vers le bas. Le réseau manque de densité par rapport à la taille de la ville (sans parler de l’agglomération!), la propreté laisse à désirer, le prix augmente constamment sans que l’offre de service ne suive. Mais il est rapide, raisonnablement silencieux et il est facile de s’y orienter.

Les métros de Paris et de New York sont pires. Ils sont affreusement vieux et bruyants. Celui de New York est carrément atroce (mon expérience remonte à 2000, il n’est pas exclu qu’il se soit amélioré). De plus, ce sont des dédales où il est difficile de s’orienter, beaucoup plus qu’ailleurs. Les stations de métro de New York sont particulièrement  mal foutus et obligent l’usager à milles détours pour parvenir à destination. De plus, le New Yorkais doit prêter attention pour distinguer les express des métros normaux, les premiers ne s’arrêtant pas à toutes les stations. Ça peut sembler une bonne idée, mais c’est pas mal de trouble pour un faible avantage, puisqu’un métro, c’est déjà rapide. Si ma mémoire est bonne, la densité du réseau est très respectable. Je ne me souviens pas du prix qu’ils chargent.

Les métros de Barcelona et Madrid sont propres, rapides, pas cher (même en comptant le taux de change, un passage est bien moins cher qu’à Montréal), ils ont des réseaux denses. Et à Madrid, il est assez facile de s’orienter, si ma mémoire est bonne (on s’en reparlera dans quelques mois). À Barcelone, c’est un peu plus compliqué.

À Toulouse, j’ai trouvé le métro le plus propre et le plus silencieux dont j’ai le souvenir. Un vrai charme. Aucun souvenir du prix. Seul défaut: la densité du réseau. Mais il est en développement: une deuxième ligne s’est ajoutée depuis mon passage là-bas.

À Valencia, finalement. Les prix sont très raisonnables. Le métro est très propre et silencieux. Le réseau dessert très bien la ville. On regrette qu’il contourne le centre, mais la construction dans le centre historique d’une ville européenne est quelque chose de compliqué, et puis ça ne fait pas tant que ça à marcher. Principal défaut, donc: l’orientation. Pour le coup, il est assez singulier, celui-là. S’orienter dans les stations, ça va. C’est prendre le train qui demande de l’attention. Premier piège: les lignes se divisent en deux ou trois, parfois (il y a ça aussi à Paris et Barcelone, mais moins systématique). Il faut donc faire attention au terminus du train qui passe. Il faut faire d’autant plus attention que souvent, les trains de lignes différentes se partagent le même quai: ça, c’est le piège à distrait dans lequel je tombe souvent!

À l’ombre des orangers

février 15, 2010

J’ai tellement de choses à raconter que j’oublie de faire quelques billets impressionnistes. Voilà donc un billet sur une banalité. Un petit truc qui ne laisse pas de titiller mon attention depuis mon arrivée à Valencia. Les orangers. Je passe pas mal de temps à regarder les orangers.

Peut-être qu’une partie de l’attention que je leur porte viens de ma formation (qui a dit: depuis quand t’es horticulteur?). Historiquement, les récits de voyage en Espagne, tant dans la période musulmane que dans la période chrétienne, comportent nombre de descriptions enthousiastes et ébahies des orangeraies espagnoles. Bien avant moi, les voyageurs semblent avoir été fascinés par les orangeraies. À l’époque, on s’extasiait devant la richesse que cela représentait et la beauté du paysage. Aujourd’hui, les arbres fruitiers ne sont plus des symboles de richesse, mais c’est quand même pas mal plus beau que des puits de pétrole. En tout cas je trouve ça beau. Mais je le remarque peut-être plus parce que ce sont mes lectures qui, finalement, s’incarnent concrètement.

Sinon, je repense à Montréal et à ses arbres. Là-bas aussi, il y a des arbres, qu’ils soient bien alignés dans les rues ou plus ou moins (dés)organisés dans des parcs. Ils ont pour fonction la décoration et l’adoucissement de l’environnement. C’est sûr qu’ils rendent supportable le béton ambiant, qui transformerait la ville en fournaise l’été. Mais ces arbres décoratifs ne sont pas des arbres fruitiers. Et je me pose des questions:

ces oranges-là, dans les rues, au-dessus de ma tête, c’est bien les mêmes que celles que je peux prendre dans la panier à la maison? y’a pas une arnaque? sont-elles plus sûres, les autres plus sucrées? celles-ci sont-elles des OGM, celle-là naturelles?  bref, ont-elles le même délicieux goût (notez bien: en Espagne les oranges sont plus goûteuses)?

je me demande s’il y a des règlements municipaux sur la cueillette des oranges dans les rues. En Espagne, si on va dans un resto et qu’on commande un jus d’orange, il sera presque toujours fait sur place, à partir de vraies oranges. Est-ce qu’elles viennent de la rue? Mais les orangers ont encore leurs oranges, bien colorées, bien visibles. Ils perdraient un peu leur aspect décoratif si particulier si on les dépouillait. Mais, comme par hasard, aucune n’est à portée de la main: elles sont toutes quelques centimètres trop haut. Faudrait que je saute pour en attraper une.

Une rue sur laquelle je passe tous les jours à Burjassot

Expérimentation culinaire

novembre 21, 2008

L’expérimentation culinaire peut être le fruit de la paresse. Quand le frigo est presque vide, qu’il n’y a plus que deux ou trois ingrédients improbables à mélanger et qu’on n’a pas envie de sortir faire l’épicerie. Elle peut aussi être le produit d’une certaine curiosité, d’un brin d’audace, d’un soupçon de courage (puisqu’il faut goûter) ou d’un mélange de cruauté et de lâcheté (si on se contente de faire goûter à d’autres) et d’une bonne part d’inconscience (dans le cas du cuisinier lâche et cruel, il s’agit plutôt d’hyperconscience).

J’ai donc, hier, été curieux, audacieux, courageux et inconscient. Mais non cruel ni lâche. On s’étonnera sans doute que je n’aie même pas été paresseux, puisque j’ai pris la peine d’aller faire l’épicerie justement pour acheter les ingrédients improbables que ma curiosité m’imposait de réunir dans une recette bizarroïde.

À l’origine, le fait que je sois dans une période de consommation de bananes. Il m’est venu à l’esprit que tout ingrédient pouvait être cuit, et je me suis demandé ce que pouvait bien (diable) goûter une banane cuite. L’idée faisant son chemin au cours de la semaine, je me suis demandé à quoi (diantre) pourrait-on bien mélanger des bananes cuites.

Résultat: une omelette bananes et avocats. Les bananes et les avocats ayant des textures relativement semblables et des goûts très doux, je me suis dit que ça devrait se mélanger sans donner des résultats trop catastrophiques. En outre, il m’était déjà arrivé de faire cuire de l’avocat, et le résultat est ma foi assez agréable. Quant à l’omelette, c’est le plat qui se prête, par excellence, à toutes formes d’expérimentations.

D’habitude, je mets des oignons dans toutes mes omelettes. Cette fois, l’idée d’un mélange oignons-bananes ne m’apparaissait pas des plus inspirantes. Exit donc les oignons. J’ai respecté en revanche une autre constante de mes omelettes, du fromage râpé, cette fois du mozzarella. Quelques morceaux de fromage philadelphia (feta) pour ajouter du crémeux fondant. Et pour épicer, de la menthe, de la cardamome (brune et moulée) et du sel de céleri.

Résultat? Étonnant. Dans le sens positif du terme. La banane semble avoir plus de saveur lorsqu’elle est cuite (par contre, elle colle terriblement à la poêle), les saveurs sont subtiles et se mêlent agréablement aux oeufs. Le mozzarella ne gâche rien mais n’ajoute pas grand chose. Par contre, le philadelphia était une bonne idée. Et comme la saveur n’est pas le seul critère pour juger ce type d’expérimentations, la digestion s’est fait sans accrocs.

J’en referrai sans doute à l’occasion.

(PS à Dame Blanche: si tu veux essayer, commence par une petite portion, juste pour goûter. On me dit parfois que j’ai des goûts bizarres, et je voudrais pas me faire fusiller du regard par Roi Noir quand je repasserai à Montpellier :-P)

La fin de semaine

novembre 4, 2008

En fin de semaine, des randonnées au Mont Saint-Hilaire, des délires collectifs entre intellos allumés, le jeu du dictionnaire, les confidences entre collègues, les histoires de familles, les liens qui se nouent. En fin de semaine les paysages, les marches, les feuilles craquelant sous les pieds, les roches où on s’étend pour iguaniser tant que le soleil est beau. En fin de semaine, un peu de danse, des bonbons, de bons repas, des nuits qui n’en finissent pas. De belles photos, pas les miennes, j’ai pas encore l’habitude d’avoir un appareil et je l’ai oublié chez moi.

En fin de semaine, lâcher-prise.

Au retour de la fin de semaine, une amie qui a accouché d’une petite fille. Petite pensée pour toute la famille.

Coup de gueule post-électoral

octobre 20, 2008

Avis aux ex-candidats, élus ou battus, qui ne l’ont pas encore fait:

ALLEZ-VOUS FINIR DE LES ENLEVER, VOS CÂLISSES DE PANCARTES LAIDES!?!??

Même si je ne l’aime pas, coup de chapeau a Justin Trudeau qui semble avoir bien compris que moins on le voit, mieux on s’en porte (mais il en a oublié une sur Saint-Hubert). Coup de chapeau aussi aux candidats conservateurs du coin dont je n’ai jamais appris le nom, la culture de l’anonymat de leur parti a au moins cet avantage qu’ils sont disparus sans laisser de trace. J’ai pas vu de pancartes NPD non plus, bravo à eux, je les préfères invisibles.

La candidate libérale de Rosemont par contre, désolé, elle a un bien joli minois, mais je suis pu capable de la voir. Le Bloc veut être présent pour le Québec? grand bien leur fasse, mais à Ottawa, loin de mes yeux! Pis les Verts? ILS POLLUENT ENCORE LE PAYSAGE!

Ça vaut aussi pour les groupes citoyens et autres machins du genre. Avis aux Sans-Chemises: vos votes ont parlé, maintenants prenez vos pancarte pis allez manifester ailleurs.

À toute la gang: on vous a accordé un mois et demi d’attention malgré la misère intellectuelle de vos campagnes. Vos têtes et vos slogans envahissants nous ont poursuivit tout ce temps à chaque fois qu’on sortait de chez nous. Impossible de se détendre en prenant l’air sans vous croiser. Maintenant, sacrez-nous la paix.

Bai Hao Yin Zhen

octobre 19, 2008

J’ai la chance d’habiter juste à côté du marché Jean-Talon. Et l’amateur de thé que je suis ne peut que se réjouir de la présence dans la couronne autour du susdit marché d’une boutique du Camellia Sinensis.

J’ai découvert le thé au cégep, en fréquentant sur la rue Émery, pas très loin du cégep du Vieux-Montréal, un salon de thé nommé d’après le nom latin du thé (pour les amis montpelliérains, l’ambiance ressemble pas mal à celle de l’Enchanthé). À l’époque, les salons de thé n’étaient pas encore très à la mode. Les propriétaires s’étaient donné la mission de faire la promotion du thé, le vrai, celui qu’on ne consomme pas en sachets. Mission accomplie, puisque (ironie du succès) une concurrence de qualité s’est épanouie avec le temps. Depuis, les propriétaire du Camellia ont ouvert deux boutiques pour vendre leur thé, l’une sur la rue Émery, l’autre à côté du marché Jean-Talon. C’est là que je me fourni en thé.

J’ai une préférence pour le thé vert et, à l’occasion, le thé oolong. Les thés aromatisés sont une belle expérience, mais j’ai un petit côté puriste aussi qui aime goûté directement le thé, sans artifice (et donc, pas de sucre ni de lait, évidemment). Éventuellement, un thé fumé change agréablement. Et parlant changement, j’essaie périodiquement des nouveautés, histoire de garder l’esprit ouvert.

Le thé blanc ne m’a jamais particulièrement attiré. Mais il y a une semaine, j’ai tenté le coup. Je me suis procuré, sur les conseils du vendeur du Camellia, un Bai Hao Yin Zhen, le meilleur des deux choix proposés pour « vivre l’expérience du thé blanc ». Je suis en train de devenir fan.

Il sent bon. J’aime simplement ouvrir le sac hermétique pour en respirer les arômes. C’est subtil. Ça sent la fraîcheur. Ça donne l’eau à la bouche. Ce thé, je préfère ne pas le prendre le matin. Quand je suis en processus de réveil je ne suis pas en état de l’apprécier. Je préfère ne pas le prendre non plus en travaillant. Trop distrait quand je travaille.

Je préfère prendre un moment pour ne rien faire d’autre que le goûter.