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Make it fun

décembre 10, 2012

Ce sont des choses comme ça que j’aime dans le Lindy Hop. Les moments où, tout en continuant à danser la bonne vieille danse, on sort un peu du cadre, comme ça, pour le fun.

Tenez cette compétition, par exemple. C’est un invitational jack & jill. « Jack & Jill », comme je l’ai déjà expliqué par-ci par là sur ce blogue, ça veut dire que c’est une compétition où les partenaires sont tirés au hasard. « Invitational », c’est qu’on n’y participe que si on y est invité (d’ordinaire, les professeurs invités à l’événement pour y donner des ateliers).

En lindy hop, ces compétitions se déroulent souvent, comme ici, en deux parties: un « spotlight », où les coupes dansent à tour de rôle, et un « all-skates » à la fin, où tous les couples dansent en même temps. Il ne faut pas se faire d’illusions, le spotlight est généralement la partie la plus intéressante de la compétition (et accessoirement, celle où se décident les vainqueurs). Mais ici, un petit truc se passe, qui met de la folie dans le all-skates.

D’abord, j’imagine qu’une participante s’est désistée au dernier moment, mais il y a un gars en surnombre. Ce qui fait qu’une danseuse (Alice Mei) danse avec deux partenaires différents. Les cyniques diront que ça lui donne deux fois plus de chances de gagner.

Ça semble compliquer un peu la situation pour le All-Skates. Ils doivent danser à trois, les deux gars s’échangeant leur partenaires à intervalles réguliers. Ils en profitent un peu, en faisant, dans les transitions, des figures à trois. Et puis, à 24:55, on voit un danseur (Peter Strom) abandonner sa partenaire (Jo Hoffberg). Ah! pour abandonner une danseuse comme elle, il faut que ça vaille la peine! Lui s’immisce au sein du trio, elle ne tarde pas à être rejointe par l’un des danseurs. Dès lors, c’est l’effet boule de neige. Les partenaires s’échangent à qui mieux-mieux, un autre couple rejoint la mêlée, les échanges sont font à une vitesse difficile à suivre – le tout demeurant fluide! On multiplie les combinaisons, à deux, ou à trois. Et à la fin, à l’heure de la finale, personne ne danse seul.

J’adore!

C’est le genre de choses qui n’est rendu possible que par l’Esprit du Fun, cette volonté de jouer, qui habite tout entier cette danse.

Quand ça décolle…

mars 7, 2012

Ça fait quelques fois que je regarde ce vidéo, l’un de mes récents coups de coeurs. Je ne connaissais pas Mikaela Hellsten, mais je vais l’avoir à l’oeil à l’avenir. Quand à Kevin Saint-Laurent, c’est ce qu’on appelle un vétéran, dans le décors du lindy depuis, ma foi… pas toujours, parce qu’il n’a pas donné de cours à Frankie Manning en 1920, mais bon… longtemps. C’est d’ailleurs son nom qui m’avait amené à visionner la vidéo.

C’est curieux, parce qu’il y a un moment dans la vidéo où ça décolle. Un moment qui fait la différence entre une danse de pro et un petit coup de coeur. Un moment où on ne peut plus regarder la danse par désoeuvrement, un moment où ça devient fun. Et je suis curieux de savoir si pour vous, quand vous le regarderez, il y aura un tel moment. Si ce sera le même que pour moi.

Cette carte en plastique qui tient lieu de papiers

mai 17, 2011

Hier, 16 mai, cela faisait exactement 40 jours que j’avais reçu la lettre de la extranjería me disant que je pouvais aller chercher ma carte d’identité étranger, celle qui me permet de rester en Espagne jusqu’à la fin de l’année. J’avais commencé les démarches vers la fin octobre/début novembre, c’est dire si la bureaucratie espagnole se traîne comme un escargot handicapé. J’étais allé dès le lendemain chercher ma carte… pour constater que j’avais lu la lettre un peu trop vite: elle disait que je pourrais aller chercher ladite carte à partir de 40 jours après avoir reçu la lettre!

C’était donc hier le grand jour. 39 jours plus tôt, j’étais allé à la extranjería, que j’avais trouvé quasiment déserte. Presque pas de file d’attente, j’étais passé (en vain) presque immédiatement. Cette fois, bien sûr, ultime torture planifiée pour ceux qui allaient être libérés de ce système, tout le monde était là en même temps et il fallait… attendre! Comme si ça ne faisait pas déjà plus de six mois qu’on attendait.

La file d’attente avance… en approchant de la fenêtre, je remarque une inquiétante affiche disant, en gros, que pour ceux qui ont reçu leur lettre, ils doivent venir à partir de 45 jours après avoir reçu la lettre! Mais sur la lettre, c’est bien écrit 40… les paperassistes ont une imagination sans bornes pour inventer de nouveaux supplices. Là, règne l’incertitude.

Mais, non! ils ont reçu ma carte! Pas de demande surprise!

Donc voilà, c’est fini.

Je rentre tranquillement. En sortant de l’extranjería, environ 50 mètres plus loin, un monsieur dans la soixantaine environ m’aborde. Le ton de la voix est celui d’un cassette préenregistrée, le boniment bien rodée d’un mendiant ou d’un vendeur de rue. Absorbé dans mes pensées, qui sont retournées dans leur niche habituelle (appelée « thèse ») je fais négligemment « non » de la tête tandis qu’il me mets sous le nez une carte en plastique et un carnet bleu, et je poursuis mon chemin.

Ce n’est qu’une vingtaine de pas plus loin que l’image se fraye un chemin jusqu’à mon cerveau et passe par le processus de reconnaissance et d’interprétation des images. La carte qu’il m’a montrée ressemble beaucoup à celle que je viens juste d’obtenir. Le carnet bleu a le format d’un passeport. Et je me rappelle bien que dans les mots que je n’ai pas écouté, il y avait effectivement « carné » (carte d’identité) et « pasaporte ». Ce type n’a quand même pas essayé de me vendre des faux papiers, là, comme ça, dans la rue, à 50 mètres de l’extranjería? (en Espagne, ces endroits sont gérés par la police). On irait racoler les désespérés jusque sous le nez de la police dans la plus parfaite indifférence?

Nan, c’est mon imagination qui s’emballe.

Ça devait juste être un vieux monsieur qui a tellement souffert au cours des démarches qu’il était désormais tout fier de montrer sa nouvelle carte à tous les passants.

Il est temps de retourner à une vie normale. Dès que j’aurai renouvelé mon passeport. Et puis il y a aussi les dossiers de bourse.

Et puis…

Et puis…

Et puis…

Deux duels célèbres

janvier 28, 2011

Une longue petit brève aujourd’hui, à propos d’une pratique aussi stupide que fascinante: le duel d’honneur.

Premier cas, le duel opposant François de Vivonne, seigneur de la La Chastaigneraye à Guy Chabot… baron de Jarnac

Je laisse la parole à Arlette Jouanna, dans un extrait où elle traite du pouvoir du roi dans la France de la Renaissance (dans la citation, les crochets qui se terminent par « -A.J. » sont d’Arlette Jouanna. Les autres sont de moi):

[…] maintenir l’équilibre entre les factions […] est un art difficile à maîtriser. […] Henri II y réussit moins [bien que François Ier]. Un événement révélateur, au début de son règne, en fournit une illustration. Le 10 juillet 1547, il autorise ce qu’on peut considérer comme le dernier duel judiciaire entre eux seigneurs de sa cour, Guy Chabot, baron de Jarnac , et François de Vivonne, seigneur de La Chastaigneraye. Peu importe ici la cause de ce duel (l’honneur calominié de la belle-mère du premier). L’essentiel, du point de vue politique, est que chaque champion est soutenu par une faction. Derrière Jarnac, il y a nn seulement sa belle-soeur, Mme d’Étampes, l’ancienne maîtresse de François Ier, mais surtout le puissant connétable Anne de Montmorency, qui vient de rentrer en grâce, le neveu de ce dernier, Odet de Châtillon, et Henri d’Albret, roi de Navarre. La Chastaigneraye est soutenu par le roi lui-même, sa maîtresse Diane de Poitiers et les Guises (le duc François d’Aumale et son frère Charles, archevêque de Reims). Henri II est persuadé que son ami La Chastaigneraye, colosse vigoureux et expérimenté, l’emportera: ce sera une sorte d’investiture sanglante donnée au parti qu’il soutient. Mais, cntre toute attente, le frêle Jarnac réussit, de façon parfaitement régulière d’ailleurs, son fameux « coup »: il parvient à trancher le jarret de son adversaire, qui s’effondre. Le roi est alors frappé d’une sorte d’hébétude. Par trois fois, Jarnac vient au pied de l’estrade le supplier de lui restituer son honneur et de mettre fin au duel, sans que, prostré, il rágisse. Lorsque Henri II finit par entériner la défaite de La Chastaigneraye, celui-ci a déjà perdu beaucoup de sang et meurt peu après, non sans avoir, dit-on, arraché avec rage ses pansements. Commentant cette hésitation fatale, François Billacois [1986] en a souligné la porté politique: « Henri ne sut être le roi [en faisant connaître sa décision immédiatement -A.J.] et n’osa être partisan [en tranchant en faveur de son protégé -A.J.]. » La suite est d’ailleurs un affront à l’autorité de La

Chastaigneraye […]se ruent sur ceux de Jarnac et en viennent au mains avec eux.

Source: JOUANNA, Arlette, La France de la Renaissance, Paris, Perrin, 2009, pp. 343-345.

La botte qui a assuré à Jarnac la victoire est devenue proverbiale. Elle a bien sûr donné lieu à l’expression « coup de Jarnac », un coup imprévisible et décisif. D’aucun disent traître, d’autant plus allègrement que le nom du baron prête le flanc au calembourg: « J’arnaque ». Plus que les implications politiques du duel, ce qui l’a rendu célèbre est bien sûr cette botte qui a offert la victoire à l’underdog de la rencontre.

Évidemment, que le freluquet remporte un duel demeure l’exception. Dans notre autre duel, c’est l’expérience qui l’emporte sur la jeunesse. Ce duel opposant Gaston Deferre et René Ribière est moins connu que celui de Jarnac, mais il est tout à fait notable et parfaitement documenté: on a au moins une coupure de presse assez détaillée ainsi que… des photos et un vidéo! C’est qu’il s’agit du dernier duel d’honneur connu en France, dû à une insulte lancée au parlement. Je n’ai pas retrouvé la référence, mais détail irrésistiblement croustillant, mais j’ai lu à quelque part que Deferre, sachant que Ribière devait se marier le lendemain, aurait, par la suite, raconté en riant avoir tenté de le toucher à l’entrejambe pour qu’il se souvienne de lui lors de la nuit de noce. Mais c’est au bras que Ribière fut finalement touché. Petite note, le compte-rendu de l’article de presse et celui du commentaire vidéo contiennent quelques petites contradictions. Mais je vous laisse vous en rendre compte par vous-mêmes.

Play – pause – play – pause – play …

octobre 26, 2010

Quand je présente des vidéos de danse ici, j’essaie souvent de varier les danseurs. Bien sûr, certains sont apparus à de multiples reprises, mais généralement dansant avec un visage moins connu de mes lecteurs (du moins ceux qui prennent la peine de s’en souvenir d’une fois à l’autre). Celui d’aujourd’hui sera une exception. Ben Morris et Tatiana Mollman font tous les deux parti de mes chouchous (voyez par exemple ici pour le premier et ici pour la seconde). Au gré des jack & jill, ils ont eut assez souvent l’occasion de danser ensemble et il doit y avoir entre quatre et six vidéos sur YouTube où on les voit réunis par le sort. Aucun des deux n’est de tempérament effacé, ils aiment faire leur show, ce qui implique que quand ils dansent ensemble ils doivent trouver un point d’équilibre pour préserver l’harmonie de l’ensemble. Mais le résultat est généralement fort heureux.

Le vidéo d’aujourd’hui en est un que j’aime bien. Son principal défaut réside dans un vieux monsieur qui occupe une chaise mal placé dans l’angle gauche de la caméra (si vous allez à une compétition de danse en personne, un jour, faites-moi plaisir: ne faites pas comme lui!). La deuxième chanson est toute particulièrement réussie, le couple exploitant la musique à fond.

Mais si je parle de ce vidéo, c’est surtout parce que c’est le premier, et l’un des seuls, où j’ai appris une figure en regardant YouTube. On parle ici de l’enchaînement situé entre 2:20 et 2:27, sans le drop final. La première fois que j’ai vu ça, j’ai beaucoup aimé cette figure… mais surtout, j’ai eu ce sentiment: « je peux faire ça ». Je pouvais, certes, mais à condition d’arriver à bien voir comment Ben Morris faisait son truc. Je l’ai repassé longtemps, souvent. Et y’avait toujours ce p’tit quelque chose qui me manquait; une main dont je ne voyais pas d’où elle sortait. Je l’ai regardé en cliquant compulsivement sur play et pause. C’est comme si ce petit détail se trouvait entre deux images du vidéo: je n’ai jamais réussi à bien l’exposer.

Mais finalement, j’ai fini par comprendre. Il restait à le mettre en pratique. Je l’ai fait en solo, avec une danseuse imaginaire, pour bien me situer dans l’espace. J’ai aussi emprunté quelques instants de bonne volonté de Tite-soeur. Je l’ai raté quelques fois sur le plancher de danse. Puis ça a commencé à passer. Pas toujours. C’est un enchaînement difficile à guider, spécialement parce que l’emmêlement des bras (vers 2:24-2:25) est contre-intuitif pour la danseuse et met sa confiance au guidage à rude épreuve. Il faut guider ce passage avec beaucoup de précision pour que ça marche. Mais avec le temps, et la pratique, la figure a commencé à prendre forme. La mise au point a pu se faire quand ça a commencé à ressembler à quelque chose, et que certaines danseuses douées m’ont donné des conseils sur la rythmique. Maintenant ça marche, sous cette forme, et sous une ou deux variations que je fais de la figure. Le faire avec autant de style que Ben Morris est autre chose. Mais je continue à la pratiquer, cette figure, à peu près à chaque fois que j’ai l’occasion de danser du West Coast Swing.

Quelques tounes

juillet 29, 2010

À mon anniversaire il y a quelques mois, j’avais reçu entre autres une carte itunes pour 25 tounes. Je regardais mes listes récemment, et notamment celle des achats que j’ai fait avec cette carte. Assez indicatif de mes orientations et influences de la dernière année, non seulement dans les choix, mais aussi dans l’ordre dans lequel je les ai faits. Petit récapitulatif pour le fun.

1. Libertango, de Astor Piazzolla. Je trouvais que je manquais de tangos dans mon répertoire, enfin, surtout de classiques du genre. J’ai donc opté pour celui qui est pour moi le plus beau d’entre tous (également lié à une scène d’anthologie), bien qu’il soit sous bien des aspects atypique: nerveux et rythmé, très rapide, il s’avère complexe à danser. Mais c’est quand même le plus beau.

2. Sing Sing Sing, de Benny Goodman. Version remasterisé de 1987, celle qui fait 8:40. LA toune swing archétypique. Les jams du Petit Medley se font pratiquement toujours sur cette toune-là, endiablée et longue. Je ne pouvais pas ne pas l’avoir.

3. Zoot Suit Riot, des Cherry Poppin’ Daddies. Après les must que sont mes deux premiers choix, j’ai mis plus longtemps à me décider pour le troisième. Je voulais un swing endiablé, que je puisse danser intégralement sans mourir ensuite, comme c’est le cas pour Sing Sing Sing.

4. Don’t worry, be happy, de Bobby McFerrin. Le premier choix pas entièrement dicté par la danse. J’ai bien pensé au west coast swing en l’achetant, mais ce n’est pas un grand classique des soirées westies. Elle a quand même l’avantage d’avoir cette petite tournure comique qui inspire de faire des niaiseries en dansant, chose que j’affectionne beaucoup. Mais c’est surtout la feel good tune par excellence, la petite musique simple qui donne envie de sourire.

5. I’m Outta Love, d’Anastacia. Là, par contre, c’est totalement un choix inspiré par le WCS. Avant de danser, je ne l’aurais probablement pas aimé. Là, j’aime bien. Ça se danse très bien. Et comme plusieurs autres tounes de musique pop, elle me renvoie à certaines images, notamment celles de vidéos de danse marquants pour une raison ou une autre. Après un choix tango, deux choix swing et un choix moyennement WCS, en voici un typique du WCS. Avec ces trois danses, j’avais plus ou moins fait le tour de ce que je pratique. Pas une raison pour s’arrêter, cela dit.

6. Three Bones Shuffle, de la Locomotora Negra. Pas trouvé de vidéos pour vous la faire connaître. Retour au swing, un swing très fluide avec de beaux sons de cuivre, et pas de paroles. Elle passe tous les mardis au Petit Medley, et quand j’y étais, je faisais en sorte de toujours être sur le plancher de danse à ce moment-là. Mais c’est aussi un moment où on se pile sur les pieds, car je ne suis pas le seul à l’aimer.

7. Cause I love you, de Mike Morgan and the Crawls. Retour au WCS. Mais cette fois, la filière blues. Les danseurs de west coast, en effet, séparent la musique en deux catégorie: blues et contemporain. Le blues, c’est du blues, et le contemporain, c’est tout le reste. Si mes précédents choix west coast s’inscrivaient dans cette dernière filière, Cause I love you est on ne peut plus blues, genre musical que j’ai toujours affectionné, bien avant de savoir danser. Et puis, cette carte itune était un cadeau d’anniversaire, et cette toune fittait avec le concept. Pour moi en tout cas.

8. I’ve Got to Be a Rug Cutter, du Boilermaker Jazz Band. Plusieurs versions sur YouTube, mais pas celle que j’ai acheté. Retour au swing, aussi bien pour danser le lindy que pour le balboa. Cette fois, c’est Teedee Hop qui m’a mis sur la piste, en mettant I Would Do Anything for You, du même groupe, dans ses Selec’Son. Séduit, j’ai d’abord envisagé acheté celle proposée par le blogueur, mais au passage, j’ai écouté des extraits d’autres tounes… et finalement craqué pour le Rug Cutter, son piano, et son « swing-out… in the groove! »

9. ‘Taint What You Do, de Jimmy Lunceford. Ce n’est pas tant que je manquais de tounes swing, mais celle-là est spéciale. C’est l’une des deux tounes sur lesquelles ont danse tout le temps le fameux Shim Sham (voir le précédent billet). À chaque groupe sa préférence. À Valence, on préfère Tuxedo Junction; au Petit Medley à Montréal, c’est ‘Taint What You Do. Un must pour tout mordu du swing.

10. Hey Pachuco, du Royal Crown Revue. Il semble que j’étais à fond dans la filière swing. Celle-là, c’est celle qu’on entends dans The Mask. De toute évidence, je ne choisis pas les plus reposantes.

11. Posin’, de Jimmy Lunceford. Pour la première fois de cette liste, je retournais vers un artiste dont je m’étais déjà procuré un morceau. Rien de très planifié là-dedans. Le fait est que j’aime bien Posin’, avec son rythme sautillant et punchs. Et puis, il y a ça.

12. El Amanecer, d’Alfredo de Angelis. Retour au tango. Je réalisais à ce moment que je ne connaissais aucun grand maître du genre en dehors d’Astor Piazzolla. J’ai commencé à exploquer, pour corriger tranquillement cette lacune. Ça a débouché sur ce choix.

13. Love me or Leave me, version de Nina Simone. Un grand classique des pistes de danse de swing. Pourtant pas la plus facile à danser pour les débutants. Je me souviens qu’elle me laissait perplexe au début, avec ses longues envolées de piano. Cette période m’a passé, et depuis j’adore.

14. Just a Gigolo, de Louis Prima. La génération de mes parents connait mieux une version rock de cette chanson, mais celle qui s’est logée dans mes oreilles, c’est la version swing de Prima, qui donne me toujours l’impression de flotter sur les notes.

15. Love me or Leave me, version de Sammy Davis Jr. C’est la même chanson, mais la version est radicalement différente de celle de Nina Simone. Là où cette dernière est fluide et coulante, celle du danseur de claquettes du Rat Pack est plutôt cocasse et pleine de punchs. Parfaite donc pour ces classiques.

16. Seguime, si podés, d’Osvaldo Pugliese. Un titre bien argentin (référence à la grammaire, les hispanophones comprendront). J’ai pris le temps de la réflexion après El Amanecer, et finalement opté pour ce artiste, que je ne connaissais pas avant, connu comme un maître du tango de l’époque précédant Astor Piazzolla.

17. How Can a Fool Go Wrong, de Muddy Waters, Johnny Winter et James Cotton. Ça s’est du bon blues! Particularité: dansable aussi bien en lindy qu’en WCS. Bien que ce soit surtout à cette dernière danse que je l’associe, le rythme est assez dynamique pour bouncer dessus, comme nécessaire pour danser le lindy.Très longue, toutefois, près de 6 minutes. Je vous en présenterai un vidéo prochainement.

18. Secret, de Maroon 5. C’est du blues ou du « contemporain »? En tout cas c’est du WCS. Maroon 5 a pondu plusieurs succès appréciés par les westies, qui affectionnent particulièrement ses rythmes lents (c’est connu, dans le milieu: un danseur de west coast, ça danse slow).

19. Back to the Middle, de Indie.Arie. Encore du WCS. Je ne sais plus trop où j’ai dégotté celle-là. Je pense que c’est en parcourant une sélection west coast référée par un de mes contacts facebook.

20. Cocaine, de Robin Thicke. Tiens, un très grand succès du west coast. Je ne compte plus les fois où j’ai dansé sur celle-là. Pour les performances, je vous en plogue une en fin de billet, un jack & jill mettant en scène Tatiana Mollman et Arjay Centeno.

21. Like a Slave, de Kalmah. Ah, tiens, celle-là tranche avec ce qui précède. L’échéance de mon départ pour l’Espagne se rapprochait, et il fallait que je fasse mes derniers choix rapidement. Après 20 choix à 98% guidés par mes habitudes de danseur, voici venir du MeloDeath Metal! De fait, je voulais faire différent. Et comme l’ami Darwin mets régulièrement des clips de Kalmah dans les commentaires de la Kaverne, que j’aimais bien, je suis allé examiner quelques-uns sur YouTube et j’ai fixé mon choix sur celle-là.

22. Rock Around the Clock, de Billy Halley & His Comets. Après la coupure radicale représentée par Kalmah, il semble que je sois un peu revenu vers du plus dansable. C’est pas du swing, mais ce genre de vieux rock & roll en est un proche parent, si bien qu’on retrouve assez souvent les compères Elvis, Billy Halley et Chuck Berry sur les pistes de danse peuplées swingers.

23. Highway to Hell, de AC/DC. Faut croire que mon cheminement musical avait pris la route du rock.  Un choix qui a presque été guidé par la même logique que Like a Slave: sortir des tounes de danse. Mais là, je cherchais surtout des grands classiques du rock, des trucs qui sont reconnaissables par n’importe qui dès les premières notes, et qui donne envie de crier les paroles en meute.

24. You Shook Me All Night Long, de AC/DC. Si j’avais eu plus de temps, j’aurais peut-être médité davantage le choix rock suivant, et cherché un groupe différent, histoire de diversifier, mais il fallait vraiment en finir au plus vite (les cartes achetées en Amérique du Nord sont inutilisables en zone européenne). Sinon, je n’ai pas davantage de commentaires à faire que pour Highway to Hell, sinon qu’avec le recul,  celle-ci est encore meilleure que la précédente.

25. Por Una Cabeza, de The Tango Project. Retour à la danse. À la danse pour laquelle j’ai le répertoire le plus maigre, en fait. Ce tango est à l’origine une création d’Astor Piazzolla, mais la version la plus connue est celle-ci, en raison d’une scène cinématographique on ne peut plus connue.

Bilan? 4 tangos, 10 swings (+ un vieux rock très swingable), 6 west coast (+ Bobby McFerrin), 2 gros rocks et un metal. Je pense que la danse influe un peu sur mes choix musicaux. Non, en fait c’est carrément une conquête. Mais il y a un petit village qui résiste.

Bon, quand même, retour à la danse avec le vidéo promis plus haut:

Le remake

juin 27, 2010

Je me rends compte avec surprise que je n’ai pas diffusé ce vidéo, alors que j’étais sûr de l’avoir déjà fait. J’ai déjà, en revanche, diffusé la vidéo de la chorégraphie originale, cette fameuse scène de Hellzapoppin‘ où une brochette de danseurs hallucinants, jouant les domestiques festifs, font la fête en catimini, mais néanmoins bruyamment. Parmi eux, le danseur de lindy hop le plus célèbre du monde swing, Frankie Manning, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler trois fois.

Le 95ième anniversaire de Frankie, « the ambassador of lindy hop », devait donner lieu à d’immenses festivités, des shims shams partout dans le monde, des spectacles spéciaux en hommage au vieil homme. Le tout s’est transformé hommage post-mortem, puisqu’il est mort quelques jours avant ledit anniversaire.

À cette occasion, cette recréation de la chorégraphie de Hellzapoppin’, quelque 68 ans plus tard:

Le hasard fait les choses comme il veut

juin 26, 2010

Dans les compétitions de danse, il y a en général trois types de compétition: 1. chorégraphiée 2. Improvisée avec un partenaire choisi à l’avance et 3. Improvisée avec un partenaire tiré au hasard, ce qu’on appelle un jack & jill. Ceux qui suivent ce blogue depuis longtemps connaissent déjà bien le concept. L’idée du jack & jill, c’est bien sûr de montrer qu’on est assez bon pour danser avec n’importe qui, spontanément comme ça.

Mais comme c’est un tirage au sort, forcément… des fois on pige son partenaire régulier.

C’est un cas comme celui-là qui apparaît dans la vidéo d’aujourd’hui.

Jordan Frisbee et Tatiana Mollman sont déjà apparus à quelques reprises ici, surtout elle dont je ne cache pas qu’elle se trouve parmi mes danseuses favorites. Ici, quant le sort les désigne pour danser ensemble, ils prennent la chose à la blague (voyez la seconde 0:25, puis jetez un coup d’oeil à la chorégraphie qu’ils ont présenté au même événement). Et puis ils démontrent combien danser avec un partenaire qu’on connait bien procure d’aisance. Si j’ai généralement un petit faible pour les performances de Tatiana, du côté de Jordan, je ne pense pas l’avoir vu aussi créatif avec d’autres partenaires.

Évidemment, il est rare, à ce niveau de compétition, que les partenaires n’aient jamais dansé ensemble. Mais dans ce cas-ci, c’est l’autre extrême. On dirait qu’ils se connaissent par coeur.

Un peu de balboa…

juin 14, 2010

Ça fait un bail que j’ai pas mis de vidéo de danse. Bon, ça fait depuis mon dernier séjour à Montpellier, en fait. Mais y’a un truc que ça fait vraiment longtemps que j’avais pas pratiqué, et c’est le balboa. Une danse hier mettait fin à un long carême balboesque, et il m’a fallu, en plus d’écouter la musique, de méditer le prochain mouvement et de le guider (le lot commun du leader), me poser la question: qu’ai-je au juste déjà su de cette danse? Alors au final, ça a été bien plaisant, j’ai même inventé des trucs qui existent déjà mais que je n’ai jamais fait… c’est le genre de chose qui arrivent quand on guide plus vite qu’on ne se souvient de son répertoire.

Après ça, de retour à la maison et devant mon ordinateur, j’ouvre YouTube et, dans les vidéos suggérés, je trouve celui que je vais maintenant partager avec vous.

Max, de Montpellier mais maintenant établi à Montréal, est spécialiste du lindy hop. On le voit tout le temps dans cette danse. On le voit à peine moins souvent en west coast swing, où il kicke tout autant des culs (rappel). J’ai en revanche assez rarement eu l’occasion de le voir danser le balboa. Ici, c’est avec la belle Dominique Blouin, de Québec, qu’on voit par contre, elle, toujours danser le balboa, dont c’est la spécialité.

L’utile et l’agréable

mai 26, 2010

J’achève mon séjour montpelliérain pour retourner à la maison. C’était joindre l’utile et l’agréable, puisque j’avais fait coïncider des rencontres avec mon directeur de thèse avec des rendez-vous avec des amis de Montpellier et le Montpellier Swing Jammerz Festival. Inutile de décrire le tout de long en large, mais ce fut quatre jours de danse intenses, joignant le plaisir des ateliers et celui de la pratique, soit en danse en plein air (à la place Jean-Jaurès, à l’Odysseum) et les soirées à l’Apollo Jazz Café. J’y ai retrouvé quelques-uns de mes profs de Montréal, et j’y ai dansé avec des danseuses toutes plus douées et jolies les unes que les autres.

Le vidéo qui suit est une démo faite par les Ninjammerz lors de la soirée de samedi à l’Apollo:

En fin de semaine dernière, j’ai retrouvé une amie pour visiter Carcassonne. Et hier j’ai profité de ma présence à Montpellier pour aller à une dernière soirée de danse, de west coast swing cette fois: il n’y en a pas à Valence et ça me manque.