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Quelques photos de Lisbonne

février 22, 2011

Mon voyage à Lisbonne commence à dater, mais je n’avais pas encore montré ici de photos. Comme je suis en ce moment dans un gros down de productivité bloguesque, et que des photos, ça ne demande pas des masses d’inspiration, autant donc combler le vide.

Commençons par une vue typiquement lisboète. C’est une des grandes places de la basse-ville (mais j’ai oublié tous les noms depuis mon voyage, donc les précisions ne seront pas pour cette fois-ci.C’est aussi la première photo que j’ai prise en arrivant dans la capitale portugaise.

Sur cette photo, vous pouvez voir vers la gauche une colonne surplombée par une statue, et sur la droite un grand bâtiment blanc, qui se situe dans la haute-ville. Lisbonne étant coincée entre l’océan et la montagne, il y a de fortes dénivellations entre haute et basse ville. La communication est assurée entre les deux par les escaliers, quelques routes, et surtout des moyens de transport spécialisés, pour la plupart des tramways donc la fonction est uniquement de passer de l’une à l’autre. Mais il y a aussi une tour à ascenseur, liée à la haute ville par une passerelle. Cette passerelle, vous pouvez la voir sur la photo ci-haut entre la colonne et le bâtiment blanc.

Quant à la tour elle-même, la voici:

Élévateur.

Elle a été bâti par un élève de monsieur Eiffel. Sa fonction première était d’assurer, comme dit plus haut, le passage entre la basse-ville et la haute-ville, mais aujourd’hui, il ne faut vraiment pas être pressé. Le passage coûte 1 euro, et la file de touriste est très longue. Je ne l’ai pas pris.

Magasin de souliers

Vous avez bien lu la légende de la précédente photo. Il s’agit en effet d’un magasin de souliers. Pas un attrait touristique, mais j’ai trouvé que la décoration pour le moins singulière de l’endroit méritait une photo. Pour ceux qui se posent la question, non, je n’ai pas acheté de souliers. La paire la moins chère y était à 80 euros.

J’aime insérer dans mes photos quelques vues ordinaires. C’est bien joli les attractions touristiques, mais une ville ne se réduit pas à ça. Ci-haut, des graffitis. En bas, un joli coin de rue.

Lisbonne, c’est bien sûr la mer.

Le bord de mer, on y accède par une place, qui s’ouvre par cette arche:

Voici la place en question, dos à la mer. On y voit un tramway, typique du paysage lisboète.

La mer, je vais plutôt vous la montrer depuis une terrasse de la haute-ville (et puis, bon, ça permet de voir un peu la ville. La mer c’est bien joli, mais c’est toujours la même chose):

Et pour finir, un joli château que je n’ai pas eu le temps de visiter, trop occupé que j’étais à expérimenter la gastronomie, à mélanger les alcools et à faire la fête avec les swingers de Lisbonne (fort peu nombreux, mais fort festifs).

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Des nomadismes

janvier 16, 2011

J’ai eu le bonheur, lors de mon séjour à Londres, de revoir une vieille amie. Notre dernière rencontre en personne datait d’environ 5 ans avant. Au cours de ces cinq dernières années, j’ai vécu dans trois pays et quatre villes: Montpellier, Montréal, Valencia, Madrid. Elle, dans deux pays et trois villes. Sachant qu’en étendant le regard sur l’ensemble de la vie, mes chiffres restent stables, mais les siens s’augmentent de deux pays et deux villes. En somme, nous sommes deux nomades.

Mais il y a plusieurs sortes de nomadisme. En jetant simplement en regard sur mes connaissances, je le vois assez bien.

Il y a ceux qui changent très souvent de ville. Parmi mes connaissances, ce sont souvent des danseurs professionnels ou des circassiens. Ils vont et viennent de par le monde au gré des contrats. Les danseurs professionnels (de swing, s’entend – ceux que je connais) sont surtout appelés par les festivals. Ils y vont pour les compétitions. Puis ils y vont pour les contrats: donner des ateliers, des démonstrations, faire des spectacles, juger les compétitions. Souvent, le contrat demande de faire un peu de toute ça, et ils participent en plus aux compétitions. Évidemment, de tels contrats sont à durée très brève, normalement guère plus que quelques jours. La plupart d’entre eux ont une base permanente, là où ils ont leur école, source de revenu stable. Cette base permanente, c’est aussi l’occasion d’une vie sociale suivie, qui peut reprendre son cours après des absences fréquentes, mais brèves. Leur vie sociale est aussi faite de la fréquentation de ceux qui, comme eux, vont de festival en festival: cela occasionne des rencontre irrégulières et brèves, mais fréquentes. Dans quelques cas, (rares pour autant que je puisse en juger, mais j’ai discuté avec un à Rome), ils n’ont pas de base permanente et vivent uniquement des contrats… leur vie sociale est donc alors principalement constituée des rencontre en festivals dont je parle un peu plus haut.

Chez les circassiens, pour ce que j’en entrevois, les contrats peuvent être de brève ou moyenne durée (quelques jours à quelques semaines), ou au contraire assez long. Dans ce dernier cas, il s’agit souvent de contrats avec des compagnies d’une certaine importance, pour des tournées. Ceux qui font des contrats de brefs et moyenne durée ont l’air d’avoir un mode de vie assez semblable à ce que j’ai décrit pour les danseurs. Pour ceux qui ont des contrats d’une longue durée pour des tournées, la différence, c’est qu’ils bougent fréquemment, mais toujours avec la même gang, qui bougent avec eux. Du moins pour la durée du contrat. C’est encore un mode de vie différent. Ceux qui s’engagent pour des contrats de un à deux ans sur des spectacles fixes doivent avoir un mode de vie qui commence un peu plus à ressembler au mien et à celui de mon amie. Mais je n’en connais pas.

Ce qui nous ramène à moi et l’amie dont je parle. J’ai voyagé sous l’impulsion des études. Elle, pour les études, le travail et le mariage. Des périodes qui vont de quelques mois à un peu plus de deux ans. Le temps, tout juste, de se faire une vie sociale, de prendre racine dans un lieu. Puis, rupture des liens. On en garde quelques-uns (comme nous deux, qui avons bavardé après cinq ans presque comme si on s’était vu la semaine d’avant), et le reste se désagrège avec le temps. Les retours sont faits de reconstructions. Mais en même temps, on expérimente à plein les modes de vie de différents endroits, on les connait à fond, mieux que quand on ne voyage que pour quelques jours.

Ce que je remarque, c’est que j’ai au fond très peu d’amis qui ont vécu ce type d’expérience (ceux qui l’ont vécu appartiennent surtout à la carrière universitaire, qui y est propice). C’est la seule à l’avoir vécu depuis aussi longtemps (en fait, un peu plus longtemps) que moi. Et ça faisait du bien de parler avec quelqu’un qui savait exactement ce que ça signifiait.

Rome la nuit

décembre 21, 2010

Mon séjour romain fut surtout occupé d’archives. Quelques promenades autour de Saint-Pierre ont occupé mes pauses midi – d’ailleurs souvent à la recherche de restaurants pas trop cher. Il est particulier, d’ailleurs, de savoir qu’on peut faire le tour d’un pays – le Vatican – le temps d’une pause midi, sans trop se presser.

La muraille du Vatican

Le Tage, gonflé par la pluie

Les soirées pluvieuses se prêtaient mal à la visite. Ma première soirée à Rome n’était de toute façon pas réservée à la visite. D’une de mes contacts facebook, romaine (ajoutée récemment sur recommandation d’une amie, elle aussi romaine mais vivant en Espagne), m’avait en effet envoyé une invitation à un événement swing. L’occasion de voir, avant le festival, le « swing ordinaire » de Rome. Il ne faut pas s’attendre à une grosse communauté. Le grand pôle swing italien se trouve à Como, à environ une heure de Milan. Nous avons affaire à une toute petite communauté, peut-être encore plus petite que celle de Madrid. D’après les informations glanées, la deuxième école vient tout juste d’ouvrir, ce qui laisse espérer une croissance rapide. Quant à la soirée où je suis allé – où mes deux contacts romains n’ont pas pu aller, donc je n’y connaissais personne – elle m’a fait prendre conscience que 00’on appelle le « temps méditerranéen » – jolie manière de désigner les retards systématiques – est variable selon le pays. On m’avait signalé le début de la soirée à 19h00… eh bien, personne, en dehors de moi et la DJ, n’est arrivé avant 22h30. Cela étant, après 23h00, quelques bons danseurs étaient arrivés, assez pour animer la place.

Quelques soirées moins pluvieuses que les autres m’ont permis de faire un peu de tourisme nocturne (les photos ne sont pas terribles, on n’y voit pas grand-chose), guidé notamment par ma nouvelle contact facebook, rencontrée pour la première fois pour déguster une pizza. Le Panthéon est plus petit que ce que j’imaginais. Le palais des Farnèses laisse deviner quelques trésors par ses fenêtres, mais n’est évidemment pas ouvert à la visite la nuit.

L’un des éléments qui m’a le plus impressionné n’est toutefois pas un monument. Il se trouve qu’on était en période de migration de je-ne-sais-quel oiseau. Ces oiseaux, de passage dans la Ville Éternelle, nichent dans de grands arbres. Mais vraiment, de GRANDS arbres. Et ils y nichent en nombre tellement gigantesque qu’ils font un tintamarre incroyable. Un son continue, difficile à identifier au début… d’autant plus difficile à identifier en fait, que les oiseaux en question sont impossibles à voir, nichés dans leurs arbres, dissimulés par l’obscurité. Je n’aurais jamais su que ce son était produit par des oiseaux si on ne me l’avait pas dit.

Sur une note plus terre-à-terre, il est déconseillé de garer sa voiture sous l’un de ces arbres. Une heure plus tard, il faudra la laver d’urgence…

Tutte le strade portano a Roma!

décembre 19, 2010

Je savais que je finirais par aller à Rome pour les études, mais je ne pensais pas y aller si tôt. Même lorsque j’ai reçu une invitation d’un ami romain, connu à Valencia, pour la première édition du Shout Sister Shout au début de décembre, j’ai décliné. Forte dépense, trop tôt par rapport à mes recherches. Sauf qu’au fil des semaines, des amis de Madrid, Valencia et Lisbonne annonçaient leur présence, alors j’ai commencé à y penser plus sérieusement.

L’idée était d’y aller une semaine à l’avance pour visiter Rome, profiter des archives jésuites et, finalement, arriver au festival et me changer les idées. J’ai bien pensé faire les choses dans l’ordre inverse (festival, puis rester pour travailler), mais je me suis dis qu’après le festival, je ne serait plus assez en ordre pour travailler. Bien m’en a pris, car de surcroît Tite-Soeur allait à Barcelone dans les trois jours suivant le SSS. J’aurai juste le temps d’aller la rejoindre. Par ailleurs, coup de chance pour moi, partir une semaine à l’avance m’aura évité les affres de la grève dans les aéroports. J’ai quelques amis ici à Madrid qui ont raté le SSS à cause de ça. J’espère qu’ils vont pouvoir être remboursés, les pauvres.

Parlant d’avion, c’était la première fois que je voyageais avec RyanAir, et leur mauvaise réputation est méritée. Bas prix? oui, mais ils font tout pour charger un supplément. Les plus pointilleux que je connaisse pour la taille du bagage à main. L’avion est surchargé, à tel point que tous les bagages à main n’entrent pas dans les habitacles et qu’il faut les glisser sous ses pieds. Quand en plus c’est la compagnie où on a le moins d’espace sur son siège, si en plus le bagage prend la place que devraient occuper vos pieds, les deux heures de voyage Madrid-Rome, elles sont longues. Comme si ce n’était pas assez, on se sert du micro à toutes les vingts minutes pour vous annoncer qu’on veut vous vendre quelques chose. Pas une belle expérience de voyage.

Pour la semaine avant le SSS, je logeais à l’auberge de jeunesse. La moins cher dans laquelle j’ai logé à ce jour. Et la seule à offrir un repas les soirs de semaine, les « pasta party » du soir. Pâtes gratuites à 19h. Le plat n’est pas bien grand, mais s’accompagne d’un pain (et si on est assez rapide, on peut se resservir) et c’est gratuit.

En dehors de ça, ma première impression de Rome fut biblique: le déluge. Il pleuvait dimanche soir quand je suis arrivé. Il pleuvait lundi. Il pleuvait mardi. Il pleuvait la moitié de mercredi… autant dire que si je n’étais venu que pour le tourisme, j’aurais trouvé le temps long.

En lieu de quoi, j’ai passé mon temps dans les archives jésuites, zone extraterritoriale, tout près de Saint-Pierre de Rome.

Saint-Pierre, première vue, entre deux averses

Les archives jésuites, on y accède après avoir sonné à deux portes, franchi deux portes supplémentaires (dont une assez lourde), grimpé quatre ou cinq escaliers différents et laissé au passage son manteau, sac et autres choses indésirables dans un casier disposé sur le chemin. Au bout du chemin, il y a une vieille dame pour contrôler votre droit d’accès aux archives, accordé si vous avez une preuve que vous faites des recherches, normalement une lettre de recommandation. Il faut par ailleurs signer un papier où on promet d’envoyer une copie de notre travail, une fois achevé, aux archives jésuites. Bon moyen d’avoir une bibliothèque complète sur ce qui se publie sur eux.

De tous les ordres religieux nés au sein de l’Église catholique, les jésuites ont les plus belles archives. Dès les premières décades, une correspondance abondante naît, principalement dirigée vers Rome, et donne non seulement des indications sur l’état des activités jésuites, mais aussi sur ce qu’ils peuvent observer de leur environnement. C’est passionnant à parcourir. (par ailleurs, pour les intéressés, les jésuites sont très actifs -ou du moins le furent- dans la publication des documents. La série Monumenta Histórica Societatis Iesu comprends 127 volumes, presque tous disponiblent en pdf sur internet. Mais il y manque quand même de très nombreux documents. Les historiens des jésuites disent qu’ils n’en ont jamais fini avec leurs archives. Je les crois sans difficulté.

Pour ma part, cette semaine aux archives a surtout été l’occasion de m’y initier. J’avais dans mon ordinateur, comme guide, l’article très complet d’un éminent historien jésuite qui justement travaillait là cette semaine. L’archiviste, fort sympathique, m’a arrangé un rendez-vous avec lui (comme rien n’est parfait, c’est tombé sur le matin où j’avais prévu visiter le musée du Vatican. Pauvre de moi, il va falloir que je retourne éventuellement à Rome pour voir ça. C’est dur, la vie). J’ai donc eu les archives sous la main, ainsi que quelques personnes ressources très utile. À ce sujet, j’ai également croisé là-bas une historienne espagnole dont j’ai justement l’un des livres dans ma bibliothèque (maintenant j’en ai deux, elle m’a donné l’exemplaire d’un livre de vulgarisation qu’elle a écrit sur le protestantisme. Sympa comme tout. Et en plus, c’est un petit livre qui pèse presque rien dans les bagages). On a partagé un parapluie (vue ce qu’il tombait ce soir-là, ça a peut-être sauvé mon ordi…) et quelques bières. Ces rencontres d’intellectuels sont fort plaisantes, donnant lieu à des conversations qui sont non seulement intéressantes, mais nous réapprennent qu’on est pas les seuls à s’intéresser à notre sujet d’étude: une chose éminemment rare et précieuse.

à suivre…

Tolède

octobre 30, 2010

J’ai pris le temps il y a peu de mettre mes photos de voyage sur des sites-hôtes, d’où je peux vous les montrer. Aujourd’hui, quelques photos de Tolède.

Je suis allé à Tolède à l’occasion d’une activité que je ne fais presque jamais: danser. Je crois que cette sortie dans cette ancienne capitale espagnole était déjà planifiée par les Madrilènes quand je suis arrivé ici. Dans la géographie espagnole du swing, il y a en effet Barcelone, qui domine de loin, avec un des événements les plus courus d’Europe (Barswingona) et une communauté de très haut niveau et assez ancienne; il y a Valence, où existent deux groupes, mais l’un d’entre eux en particulier s’est distingué par son dynamisme depuis deux ans, si bien que malgré un nombre relativement restreint de danseurs (les profs peinent à répondre à la demande), ils ont atteint un bon niveau et il y a Madrid, où la danse vivotait depuis longtemps, mais sans que la communauté ne s’organise, jusqu’à plus ou moins l’année dernière où le nombre de danseurs a atteint la masse critique permettant de faire des danses régulières qui rend la communauté vivante, désormais prête à une expansion rapide. Et il y a aussi Vitoria, au pays basque, où paraît-il existe un petit groupe. Et Tolède, où une danseuse italienne s’est installée, organisant des activités  pour faire la promotion du swing.

Cette fin de semaine-là, on devait danser vendredi et samedi soir, dans des salles réservées à l’avance; et samedi et dimanche dans la journée, sur les places et dans les rues de la ville. Et c’est plus ou moins ce qu’on a fait.

Le programme nous laissait tout le loisir de visiter le centre, de goûter aux spécialités locales (du point de vue gastronomique, Tolède n’est pas Madrid) et de prendre des photos.

Porte

Je ne me souviens plus du nom de cette porte. Je sais que juste à côté (mais vraiment à côté), il y a la porte Alfonso VI. C’est celle par laquelle je suis entré, parce que ma pension y était. Mais c’est pas celle-là. Celle-là est plus impressionnante.

Comme vous pouvez le constater, Tolède, et surtout son centre, a un cachet résolument médiéval. Ce n’est pas Carcassonne, bien sûr. C’est plus vivant (mais ce n’est pas une grande ville cosmopolite non plus).

Vue générale

Comme dans la plupart de centre-villes européens, les rues sont étroites et c’est un dédale pas possible. Peut-être encore plus que dans la plupart des centre-villes européens.

Rue étroite

La cathédrale est, bien sûr, très imposante, Tolède ayant été en son temps une ville d’importance majeure.

Cathédrale, vue de la plaza del ayuntamiento

On trouve aussi beaucoup de ce type d’architecture à Tolède:

Je crois qu’il s’agit d’architecture mudéjar, mais je n’en suis pas sûr.

Les deux précédentes photos ont été prises à la Plaza del Ayuntamiento. On y a dansé samedi en après-midi. Si vous regardez sur la gauche de la photo, vos pouvez voir une scène. Personne ne savait pour quel occasion elle était là, mais on s’y est installé.

Nos musiciens s'installent

Le lendemain, on y a redansé, mais pas sur la scène, cette fois. On a été plus timides, je ne sais pourquoi (peut-être parce qu’on n’avait plus d’orchestre?), et on a dansé dans un coin de la place.

Après ça, on s’est dirigé vers le Tage.

Vue un peu au-dessus du pont

Le but était d’aller danser sur le pont.

Pont

Tage

Pont et Tage

Danse sur le pont au-dessus du Tage

Tolède n’est qu’à une demi-heure d’autobus de Madrid. De plus, on y trouve toute une section de l’Archivo Histórico Nacional, qui inclut toutes les archives nobiliaires. J’y retournerai.

La nouveauté et la danse

octobre 23, 2010

Danser, c’est presque toujours le fun. Quand je dis « presque », c’est qu’il faut laisser un espace pour les exceptions, mais très, très petit.

Mais c’est dans la nouveauté que c’est le mieux. La nouveauté stimule, la nouveauté rend créatif, la nouveauté grise, enivre.

En partant de Montréal, j’ai connu les milieux swing de Montpellier, Valencia, Madrid et Lisbonne. J’ai connu à chaque fois un high qui s’est étalé sur quelques semaines. Enfin, quand j’y restait assez longtemps pour que ça dure des semaines (je ne suis resté que deux jours et demi à Lisbonne).

Il y a des avantages à danser avec les mêmes personnes souvent. On apprend à se connaître. On connaît les tics de l’autre. On connaît aussi ses goûts. On peut savoir si la demoiselle préfère qu’on lui laisse ses temps de liberté pour faire son show, si elle préfère des enchaînements rapides, si elle aime tourner (ou pas), si elle a envie de pratiquer tel ou tel pas. Il y a la contrepartie, aussi: la créations de patterns, d’enchaînements automatiques, de répétition.

La nouveauté a l’art de briser les patterns. On ne sait rien l’un de l’autre, on essaie tout, on teste tout. Tout d’un coup, en dansant, me reviennent en mémoire tous les mouvements de mon répertoire, tous ceux que j’ai oubliés dans la routine. Ceux que j’ai appris dans mes premiers cours et oublié, ceux que j’ai vue une fois dans un atelier et presque jamais pratiqués, ceux que je fais juste une fois de temps en temps, remontent tout d’un coup vers la conscience, presque à égalité avec ceux que je fais tout le temps. Et bien sûr, il y a mon préféré, le Grand N’Importe Quoi. Je pourrais lui consacrer tout un billet. Rien de tel pour découvrir une connexion que de faire n’importe quoi et de voir ce qui se produit. Les plus belles surprises viennent de là.

La nouveauté peut s’insérer dans le quotidien. Je me souviens d’un soir qui à bien des égards était un soir comme les autres au Petit Medley. Fun. Mais il y avait aussi un nouveau visage, une fille du New Jersey qui dansait et qui venait s’amuser. Ce n’était pas une de ces grandes vedettes qu’on voit assez régulièrement passer à Montréal, invitée par un des studios de danse pour des workshops spéciaux, ou juste pour rendre visite aux autres, les amis du circuits international basés à Montréal. C’était une fille ordinaire, mais bonne danseuse, de passage à Montréal, qui retrouvait son loisir préféré pour la soirée. Elle aussi était grisée de nouveauté: elle acceptait toutes les invitations, elle invitait elle-même tout le monde. Et elle offrait sa nouveauté à ses partenaires: nouveau visage, nouvelle connexion.

Mais il n’y a pas de nouveauté aussi radicale que changer de ville. Non seulement tous les visages sont-ils nouveaux, mais encore le style commun à tous est-il nouveau. L’accent de la danse a des parfums d’exotisme. C’est comme un voyage Montréal-Marseille: on parle toujours la même langue, mais les accents et les expressions changent. Dans une nouvelle ville, on découvre l’accent mis sur différents mouvements, commun à tous. Une démarche plus tendue par là, plus souple ici, un jazzstep toujours amené au même endroit, un mouvement plus populaire qu’un autre. « Ah, tiens, ici ils préfèrent faire les swing-out comme ça ». C’est la même danse, mais chaque ville la déguste à sa sauce. Et on a ce sentiment d’être un nouvel ingrédient, celui dont tout le monde cherche la saveur particulière.

Dans une nouvelle ville, non seulement tout le répertoire revient à la mémoire, mais on est aussi mis en contact avec le répertoire le plus pratiqué sur place. Souvent, ce sont des mouvements simples, mais à la mode ici et pas ailleurs. Pour quelqu’un qui a l’habitude, ça s’apprend très vite, parfois sans même à avoir à demander d’explications à personne. On observe et on apprend. On mélange le tout à son style personnel.

La nouveauté peut aussi se provoquer. Il y a les événements pour ça. Qu’on aille à l’étranger pour un événement ou qu’on vive dans la ville hôte, l’événement est l’occasion des nouvelles rencontres, des grands mélanges. Quand on cours les événements, on retrouve des gens rencontrés aux précédents, mais longtemps avant: des retrouvailles aux allures de premières fois. Même local, sans ajouts international, l’événement peut produire des effets semblables, seulement par le message qu’il envoie aux danseurs: ce soir, ce n’est pas comme d’habitude, ce soir, c’est spécial; lancez-vous à fond!

Parfois, il n’y a pas d’événement. Mais c’est tout comme, pour une personne. Ce soir, c’est spécial. On ne sait pas pourquoi. Parfois même le principal intéressé ne sait pas pourquoi. Mais ce soir, ce n’est pas comme les autres. Je regardais un gars de Madrid danser, mercredi dernier, comme jamais je ne l’ai vu danser. Il était en feu! Ce soir-là, il vivait comme son petit événement, et il dansait en dehors des habitudes qu’il avait prises.

Parfois, cela s’imite. Ça demande un sacrifice. Trois semaines, un mois sans danser. Et au retour, ça paraît nouveau.

Carcassonne

mai 30, 2010

La première vue, le soir depuis le Pont-Neuf

Quelques photos que j’ai ramenées de Carcassonne. La cité médiévale est à un peu plus d’une demie-heure de marche de la gare. La photo ci-haut est la première vue qu’on en a, elle a été prise vers 21:30, si ma mémoire est bonne. Le coucher du soleil y éclaire la cité, mais pas le Vieux Pont, qu’on voit à l’avant-plan, avec ses pierres grises.

La photo ci-dessous a été prise un peu plus tard, depuis les hauteurs. La cité médiévale se trouve derrière moi, et le clocher nimbé par la lumière du soleil (la photo est belle, mais elle ne rend pas l’intensité du rouge qu’on pouvait voir) se trouve au centre de ce qui fut, à la fin du Moyen Âge, la ville basse de Carcassonne. En effet, en 1240, le roi de France a chassé les habitants de la cité, après que le vicomte de Trencavel, héritier de la dynastie qui avait possédé Carcassonne avant la croisade albigeoise, eut tenté de reprendre la cité avec l’appui d’une partie de la population. Les habitants chassés ont fondé la basse ville sur la rive droite de l’Aude.

Coucher de soleil

La photo suivante est la porte Narbonnaise, la plus importante des quatre portes de la Cité.

Porte narbonnaise

La photo suivante  a été prise du haut des remparts, pendant la visite guidée. C’est la vue depuis les remparts. Comme la cité est surélevée, ça porte loin. On a donc la ville de Carcassonne en bas, et, à quelque part sur la ligne d’horizon, il y a Montréal. Le guide s’est empressé de faire le joke, sachant qu’il y avait des Québécois dans le groupe. Remarquez, il la fait peut-être aussi quand il n’y en a pas.

Vue depuis les remparts

Voici une tour gallo-romaine (enfin, celle-ci est une reconstitution). On la reconnait principalement à sa forme en fer à cheval. Et à l’utilisation de briques rouges.

Tour gallo-romain

Les additions en bois sur la photo suivante sont des hourds, utilisés surtout aux XIIe et XIIIe siècles (donc avant la construction de la seconde enceinte). On les construisaient dans l’expectative d’un siège, pour renforcer les défenses. Ils ont cessés d’être utilisés au profit de structures permanentes en pierre (notamment parce que la pierre brûle rarement). Les hourds de Carcassonne sont visible au château.

Hourds

Dernière photo, depuis le Vieux-Pont Pont-Neuf, sans doute vers 20:00, avec zoom au niveau du château. L’espèce de chemin fortifié que vous voyez descendre devant les remparts menait à la Barbacane, une grosse tour qui n’a pas été restaurée avec le reste (il y a un couvent à son emplacement), qui avait été construite pour pouvoir dominer le vieux pont et les deux rives de l’Aude.

Château et chemin de la Barbacane.

Rappelons que les pignons et toitures qu’on voit à Carcassonne ne sont pas de l’époque médiévale. Enfin, pas à Carcassonne, car ce n’est pas de l’architecture du sud. Il s’agit d’un ajout d’Eugène Viollet-le-duc, qui a restauré la cité au XIXe siècle.

Protégé : Chronique d’une arrivée

février 11, 2010

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L’art de ne pas voir Paris

janvier 29, 2010

Prendre l’avion à 20:00 à Montréal pour Paris.

Arriver à 8:30, heure locale, à Charles-de-Gaulle.

Passer les douanes (me semblait que c’était plus long???)

Demander le chemin de la gare de Lyon. Se faire répondre de prendre le métro.

Se diriger vers le métro.

Attendre, parce que l’entrée du métro est bloquée en raison d’une alerte à la bombe (option: ne pas remarquer que le policier et les deux soldats à l’entrée sont là pour vous empêcher de passer, et se faire apostropher en passant entre eux).

Pour passer le temps, se demander lequel des trois (le policier et les deux soldats) inspire le plus confiance (ou pas). Attention: exercice difficile.

Une fois entré dans le métro, se contorsionner et faire des prouesses techniques pour faire passer ses énormes bagages dans une entrée aussi exiguë.

Demander son chemin.

Constater que le métro de Paris est un dédale. Se demander où se trouve le Minotaure.

Trouver la gare de Lyon.

Se perdre dans la gare de Lyon (mais pas trop).

Acheter un billet de TGV pour Montpellier, de préférence le plus vite possible et le moins cher possible. (Option: se faire mal comprendre du gars au guichet, qui vous fait obligeamment économiser 10 euros, mais pour attendre deux heures de plus).

Chercher une place assise pour pouvoir poser ses bagages et souffler une seconde.

Constater qu’à la gare de Lyon, les places assises sont toutes exposées aux courants d’air. (Option: avoir fait le voyage un jour où il fait plus froid à Paris qu’à Montréal).

Cogner des clous sur place. Tenter de ne pas s’endormir pour pouvoir 1) ne pas passer tout droit 2) surveiller les voleurs qui, à en croire les messages diffusés sur place, sont monnaie courante à la gare de Lyon

Se lever à l’occasion pour faire des promenades pour se garder en éveil (bien sûr avec tous ses bagages).

Trouver une machine à café et commander un cappuccino (note: le nom est usurpé et le café est dégueux). Le boire à la recherche des effets de la caféine (durée: 15 minutes à tout casser).

Retourner à sa place assise et recommencer plusieurs fois le cycle, selon les besoins. (Option à insérer une fois dans le cycle: appeler une amie à Montpellier sous prétexte de prévenir de l’heure de son arrivée, mais en réalité parce que la conversation garde éveillé).

Embarquer finalement dans le train vers Montpellier et Perpignan. (Option durant le voyage: discuter avec le petit vieux comique qui s’en va à Nîmes).

Cogner des clous dans le train (mais là, on peut se laisser aller – option: le faire en s’appuyant sur la tablette devant soi et avoir une marque rouge sur le front au réveil – avertissement: le sommeil n’est jamais long dans un train, 2e classe).

Débarquer du train à Montpellier avec 20 minutes de retard.

Se rendre chez son amie pour poser ses bagages (option déraisonnable mais agréable: discuter longuement).

Aller prendre le tram pour l’auberge de jeunesse (avant minuit, parce que l’accueil ferme après cette heure).

– Alors, Paris? C’est beau?

– Bof. L’aéroport, c’est un aéroport. Le métro, c’est laid. Dans la gare, on peut voir des combats de pigeons barbares, des touristes, des clodos et des employés de la SNCF.

– Et la culture?

– Ah, oui, grande ville culturelle: il y a au moins deux librairies de gare EN PLUS de la librairie Relay.


Protégé : Deux nouvelles

juillet 14, 2008

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